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mercredi 7 mai 2008

Balade autour de l'Öresund : les photos

À défaut d’entre­te­nir régu­liè­re­ment le con­tenu de ce blog, je me suis aujourd’hui occupé de met­tre en ligne un album photo de la visite que nous avions faite à Quen­tin, à Lund en Suède, à la der­nière Tous­saint. En pro­fi­tant éga­le­ment de l’occa­sion pour exploi­ter la fonc­tion­na­lité de Pica­sa­web per­met­tant de géo­lo­ca­li­ser les cli­chés.

Par­tis de Paris pour Copen­ha­gue, nous avions ensuite tra­versé le détroit de l’Öre­sund via le pont-tun­nel pour rejoin­dre la Sca­nie en Suède.

Ce fut en vérité un très joli voyage. Le temps était cer­tes un peu fris­quet en ce début novem­bre au bord de la Bal­ti­que, mais cela dit, le soleil était aussi de la par­tie pour ce court aperçu scan­di­nave.

Après quel­ques péri­pé­ties sué­doi­ses, nous avions con­clu par une visite de la capi­tale danoise avant de nous en retour­ner. Une belle balade éclai­rée par les cou­leurs de l’automne, dans un pay­sage où il me plai­rait de reve­nir en d’autres sai­sons, sous d’autres lumiè­res.

Album photo

jeudi 30 août 2007

Vacances en Écosse

Édim­bourg, la ville, le fes­ti­val (2-5 août)

Pen­dant le mois d’août, le cœur de la capi­tale de l’Écosse bat au rythme des mul­ti­ples mani­fes­ta­tions qui s’entre­mê­lent et qui drai­nent près d’un mil­lion de visi­teurs le temps de quel­ques semai­nes. Le fes­ti­val inter­na­tio­nal, bien sûr ! et ses nom­breu­ses scè­nes dis­sé­mi­nées dans la cité et puis le “off” avec le Fringe, le long du Royal Mile.
Les rues four­millent et il est très agréa­ble de décou­vrir cette jolie ville du nord de l’Europe sous un aspect très “vivant”. Plu­sieurs cho­ses me frap­pent agréa­ble­ment à son abord :
— C’est une cité qui sem­ble à taille humaine ; pas d’oppres­sion ici. La ville “bouge” ; et au vu du nom­bre de pubs et autres bars, elle sem­ble être vivante aussi bien en haute qu’en basse sai­son.
— Le relief de la ville est assez par­ti­cu­lier : au milieu de la ville s’élè­vent de drô­les de col­li­nes qui pren­nent par­fois des allu­res de peti­tes mon­ta­gnes, comme Arthur’s seat.
— De nom­breu­ses zones ver­tes, qu’elles soient sim­ples jar­dins ou immen­ses parcs, par­sè­ment la ville et “l’aèrent”.
— Le nom­bre de vieilles pier­res au mètre carré est assez impres­sion­nant dans la vieille ville. Or, comme celle-ci s’étale et des­cend le long des flancs de l’épe­ron rocheux au som­met duquel se dresse le châ­teau, cela donne l’impres­sion d’avoir des monu­ments col­lés les uns aux autres…

Les qua­tre jours enso­leillés à Édim­bourg sont l’occa­sion de visi­ter les “clas­si­ques” de la ville. Au pre­mier rang duquel se trouve le châ­teau (le plus haut en alti­tude aussi !). L’édi­fice se trouve au som­met de son épe­ron et domine toute la ville, en par­ti­cu­lier la New Town, sur laquelle il offre une vue impre­na­ble. En plus d’être un monu­ment très bien entre­tenu, le châ­teau est éga­le­ment le lieu de rési­dence d’un régi­ment écos­sais. Si l’on laisse de côté quel­ques musées aux thé­ma­ti­ques mili­tai­res rare­ment objec­ti­ves, les inté­rieurs n’ont rien d’excep­tion­nel, si ce n’est le palais qui abrite les “hon­neurs d’Écosse” : les ins­tru­ments du pou­voir du trône écos­sais (cou­ronne, scep­tre, bijoux…). L’inté­rêt est réso­lu­ment en exté­rieur.
Par­tant à l’est du châ­teau des­cend le Royal Mile, bordé de nom­breu­ses bou­ti­ques tou­ris­ti­ques, d’échop­pes de kilt­ma­kers, de vieux bâti­ments (dont l’ancien par­le­ment), mais éga­le­ment d’une célè­bre fabri­que qui pré­sente sa col­lec­tion de tar­tans. Tout au bout du mile, se trouve le châ­teau d’Holy­rood, la rési­dence royale offi­cielle des sou­ve­rains à Édim­bourg. Lui fai­sant direc­te­ment face, tel un pied de nez, se trouve le tout neuf par­le­ment écos­sais. Une archi­tec­ture très moderne, toute de bois, de béton et de métal brillant qui me plaît énor­mé­ment.

Le samedi soir, nous assis­tons à une mani­fes­ta­tion esti­vale très pri­sée dans la ville : le Mili­tary Tat­tooo. Il s’agit d’un fes­ti­val de fan­fa­res mili­tai­res venant des qua­tre coins du monde qui vien­nent se pro­duire dans la grande cour du châ­teau d’Édim­bourg où d’énor­mes gra­dins sont ins­tal­lés à cette occa­sion pour accueillir les 200.000 spec­ta­teurs du mois d’août. Cette année, en plus de l’obli­ga­toire fan­fare de la garde écos­saise (Bla­ck­watch, Dra­gons…) défi­lant au son de la cor­ne­muse, sont venus jouer : le con­ser­va­toire mili­taire de Mos­cou (joli mor­ceau jazzy), un orches­tre mili­taire de Tri­ni­dad et Tobago (drôle de mélange entre steel band et uni­for­mes), un régi­ment amé­ri­cain de style XVIIIème vêtus à la Lafayette (pipeau, pipeau) , etc.
Le show est très bien rodé, bien mis en scène et fina­le­ment la musi­que aux accents mili­tai­res devient un spec­ta­cle gran­diose plei­ne­ment inté­gré dans cet envi­ron­ne­ment excep­tion­nel qu’est le châ­teau. Ne me reste plus qu’à com­pren­dre pour­quoi les spec­ta­teurs Fran­çais ont été les seuls à avoir été sif­flés alors que le pré­sen­ta­teur chauf­fait l’assis­tance…

East low­lands et Gram­pians (6 août)

Bien que ne pro­fi­tant pas de la dou­ceur du Gulf Stream et n’étant pas aussi décou­pée et mon­ta­gneuse que sa sœur de l’ouest, la côte est de l’Écosse n’en est pas moins dépour­vue de charme. Des col­li­nes ondu­lent dou­ce­ment le long de la mer du Nord où se nichent de jolies peti­tes vil­les. Comme Saint-Andrews, qui abrite les bâti­ments coquets de la plus ancienne uni­ver­sité du pays et où Marie Stuart aurait joué à l’ancê­tre du golf, natif de la bour­gade sem­ble-t-il…

Les Gram­pians sont l’une des trois prin­ci­pa­les chaî­nes de mon­ta­gnes écos­sai­ses. Ils s’éti­rent depuis l’Aber­deen­shire jusqu’à la région d’Oban selon un axe nord-est sud-ouest, comme l’ensem­ble des mas­sifs écos­sais. Ils com­por­tent des zones très inhos­pi­ta­liè­res et comp­tent quel­ques-uns des plus hauts pics du pays.

C’est au cours du lundi et du mardi que nous tra­ver­sons la par­tie est du mas­sif. Après avoir fran­chi Dun­dee et le Firth of Tay, il n’y a qua­si­ment qu’une seule petite route — l’A93 — qui con­ti­nue à s’enga­ger dans les Gram­pians. Après une halte à Bridge of Cally, dans un B&B bien tenu par un cou­ple de retrai­tés fort aima­bles, nous con­ti­nuons notre route. Au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans les ter­res et que l’alti­tude aug­mente, la tem­pé­ra­ture, elle, des­cend : au plus haut, au pied de la sta­tion de ski de Devil’s elbow, le ther­mo­mè­tre de la voi­ture indi­que vers 10h00 les 8,0°C… Mais passé Brae­mar, le fond de l’air se réchauffe. Arri­vés à Bal­mo­ral — la rési­dence d’été de la reine —, il fait même 14,0 °C ! Le châ­teau est bien gardé et est invi­si­ble de la route. On arrive seu­le­ment à dis­tin­guer un pavillon flot­tant au som­met de la tour la plus haute, le pavillon royal : la vieille est là ! ;-)
Plus loin, nous déci­dons de ne pas aller jusqu’à Aber­deen — vers où la route nous mène logi­que­ment — mais plu­tôt de res­ter encore dans le mas­sif en con­ti­nuant sur de peti­tes rou­tes en direc­tion du nord, vers la région des dis­til­le­ries. Ainsi, à Duff­town, nous visi­tons la dis­til­le­rie Glen­fid­dich, où une char­mante guide fran­co­phone nous apprend que Glen signi­fie “val­lée” et Fid­dich “Cerf” : “Val­lée du cerf” en gaé­li­que. La visite est très inté­res­sante entre ces énor­mes cuves de fer­men­ta­tion ou ces gros alam­bics en cui­vre. Le site de pro­duc­tion est très impor­tant et la firme déploie tous ses efforts pour com­mu­ni­quer sur le côté com­plè­te­ment “tradi” de leur whisky.

Loch Ness (6-7 août)

Après un détour du côté d’Elgin pour aller admi­rer les jolies pla­ges de sable fin de la côte nord, nous arri­vons sur Inver­ness pour un trou­ver un endroit où dor­mir. C’est sans comp­ter sur le fait que tous les hôtels et B&B de la ville sem­blent com­plets. Aussi, nous déci­dons de con­ti­nuer nos recher­ches direc­te­ment en lon­geant la rive sud du fameux Loch Ness — dont l’ouver­ture sur la mer du Nord se fait à Inver­ness — et de quit­ter cette ville sans charme par­ti­cu­lier. Après quel­ques ten­ta­ti­ves infruc­tueu­ses, nous posons les sacs dans un B&B pas­sa­ble, mais offrant une pleine vue sur le loch, à Dores.

Le len­de­main, nous pour­sui­vons notre route sur la rive sud du loch jusqu’à son extré­mité, à Fort Augus­tus. L’inté­rêt de cette bour­gade est la série d’éclu­ses en esca­lier qui per­met­tent de pas­ser du Loch Ness (se jetant dans la mer du Nord) au Loch Oich, qui lui-même est relié aux autres lochs du Great Glen jusqu’à l’océan Atlan­ti­que. De là, nous déci­dons de gagner Ulla­pool, sur la côte nord-ouest. Nous lon­geons donc la face nord du Loch Ness cette fois-ci, puis obli­quons en direc­tion des High­lands du nord-ouest. Mal­gré nos efforts, nous n’aurons pas vu Nes­sie…

C’est à l’occa­sion d’un pique-nique devant un magni­fi­que pay­sage de tour­biè­res et de bruyè­res que nous avons fait la con­nais­sance des célè­bres mid­ges. Com­ment les décrire ? J’ose­rais dire qu’ils sont aux mous­ti­ques ce que les piran­has sont aux requins blancs. C’est-à-dire qu’un seul indi­vidu, aussi micro­sco­pi­que qu’il soit, pro­vo­que déjà de sérieux dégâts (piqûre, déman­geai­sons sou­te­nues, etc.) ; mais, le midge aime la com­pa­gnie de ses sem­bla­bles et ne se déplace jamais sans au moins quel­ques dizai­nes de mil­liers de potes. Aussi, dès qu’il n’y a plus de brise pour les chas­ser, ni de plein soleil pour les des­sé­cher, ils sor­tent de leurs taniè­res humi­des et s’abat­tent en nuées com­pac­tes sur tout orga­nisme vivant pour lui pom­per tout son sang. Je ne com­pre­nais pas pour­quoi les habi­tants allaient jar­di­ner dans leur pota­ger et les grands ran­don­neurs tra­ver­ser les prés humi­des accou­trés de tenues d’api­cul­teurs. Après cette pre­mière ren­con­tre avec la “plaie des High­lands”, je com­prends mieux… :-)

High­lands (7-9 août)

Sur la route en direc­tion d’Ulla­pool, nous pro­fi­tons d’un site inté­res­sant pour une petite pro­me­nade diges­tive. Une jolie balade autour des falls of Rogie dont un petit pont enjambe le flux bouillon­nant.
Après Garve sur l’A835, le pay­sage change subi­te­ment : les col­li­nes boi­sées lais­sent d’un coup la place a des reliefs plus escar­pés et recou­verts d’une végé­ta­tion rase et ver­dâ­tre tirant sur le fauve. Une vision lunaire dont la cou­leur me rap­pelle cer­tains pay­sa­ges du Con­ne­mara. Enfin, les habi­ta­tions revien­nent petit à petit et les pre­miers pics de la côte nord-ouest appa­rais­sent. Nous arri­vons enfin à Ulla­pool, un port de pêche abrité dans le Loch Broom. Un gros cha­lu­tier embar­que d’ailleurs quel­ques vivres pour la pro­chaine cam­pa­gne de pêche. Comme la veille à Inver­ness, les hôtels et B&B ont été pris d’assaut et nous devons nous éloi­gner de plu­sieurs kilo­mè­tres de la bour­gade. Nous en pro­fi­tons pour amor­cer une des­cente vers le sud en con­tour­nant le loch. Nous atter­ris­sons dans un excel­lent B&B[1] tenu par un jeune cou­ple, au bord des eaux du Lit­tle Loch Broom.

Len­de­main jeudi, nous lon­geons la côte en direc­tion du sud. Les pay­sa­ges sont splen­di­des et le soleil est tou­jours de la par­tie. Sur les con­seils de Paula, nous nous enfon­çons dans une presqu’île à la recher­che d’une plage de sable fin à l’hori­zon barré par les High­lands. Nous trou­vons ce petit coin de para­dis à Mel­lon Udri­gle. Les nom­breu­ses rui­nes alen­tour sont des ves­ti­ges des Clea­ran­ces, nous apprend-t-on. Épo­que à laquelle les nobles Anglais ayant pris pos­ses­sion de ces ter­res ont forcé les pay­sans à les quit­ter pour y faire pâtu­rer des mou­tons ; les obli­geant sou­vent à embar­quer pour le Nou­veau Monde.
La pro­chaine étape se situe au jar­din d’Inve­rewe, à côté de Poo­lewe. Bien que située à plus de 57° de lati­tude nord, la région subit les influen­ces du Gulf stream à tel point que l’on y fait pous­ser sur quel­ques hec­ta­res au bord de la mer, des espè­ces végé­ta­les exo­ti­ques que j’aurais peur de lais­ser en exté­rieur, l’hiver au Cor­mier, à 10° de lati­tude plus au sud ! La végé­ta­tion est luxu­riante et l’on y ren­con­tre de nom­breu­ses Gun­ne­ras, Fou­gè­res arbo­res­cen­tes… Les ter­res aci­des des high­lands sont éga­le­ment un bon­heur pour les Aza­lées arbo­res­cen­tes et Rho­do­den­drons. Dom­mage que la flo­rai­son soit ter­mi­née, j’ose à peine ima­gi­ner la splen­deur des mas­sifs au prin­temps !
Nous pous­sons ensuite jusqu’au Glen Tor­ri­don en pas­sant par des pay­sa­ges tel­le­ment magni­fi­ques que j’ai peur de finir blasé ! ;-)

Une spé­cia­lité rou­tière du pays sem­ble-t-il sont les sin­gle track roads. Ce sont des rou­tes trop étroi­tes pour deux véhi­cu­les où sont amé­na­gées des pla­ces sur le bas-côté à inter­val­les régu­liers pour lais­ser pas­ser les véhi­cu­les qui vien­nent en sens inverse. On en ren­con­tre des dizai­nes de kilo­mè­tres dans les High­lands, elles sont fati­gan­tes pour les péda­les d’embrayage, mais sont sou­vent les seu­les voies d’accès à des pay­sa­ges extra­or­di­nai­res.

Île de Skye (10-11 août)

« L’île de Skye, nous a dit une de nos hôtes­ses de B&B, c’est toute l’Écosse à un seul endroit. À cha­que virage de nou­veaux pay­sa­ges appa­rais­sent ! » Je crois qu’elle n’a pas tort. Skye est la plus grande des îles Hébri­des inté­rieu­res, reliée au con­ti­nent par le pont du même nom. Ses plus hauts pics cha­touillent les 1.000 mètres d’alti­tude et n’ont rien à envier à leurs homo­lo­gues du “con­ti­nent”. L’île est un haut-lieu tou­ris­ti­que d’Écosse notam­ment pour ses nom­breu­ses curio­si­tés géo­lo­gi­ques for­mées par l’éro­sion, ses pay­sa­ges splen­di­des, son riche patri­moine mais éga­le­ment car elle per­met de gagner d’autres îles grâce au réseau de fer­ries.

Nous arri­vons sur l’île le ven­dredi. Le temps est très varia­ble. Nous lon­geons la côte est de l’île en pas­sant par Por­tree, la ville prin­ci­pale de l’île. C’est sur cette face de Skye que se trou­vent les curio­si­tés géo­lo­gi­ques les plus con­nues : le Kilt Rock, dont les failles ver­ti­ca­les figu­rent le plissé d’un kilt ou encore l‘Old man of Storr, une curieuse roche dres­sée qui sem­ble se déta­cher en équi­li­bre de la paroi. La géo­lo­gie de l’île est en effet très curieuse et les pay­sa­ges gran­dio­ses. Arri­vés au nord de l’île, nous con­ti­nuons en lon­geant la côte est jusqu’à Dun­ve­gan. C’est dans cette ville que se trouve le châ­teau du célè­bre clan MacLeod qui se par­ta­geait autre­fois l’île avec le non-moins célè­bre clan des Mac­Do­nald. À proxi­mité, un petit che­min de mar­che côtier per­met de gagner un éton­nant site : “Coral beach”. Il s’agit d’une plage de véri­ta­ble sable blanc coral­lien dont la blan­cheur tran­che avec les autres pla­ges dont le sable tire plu­tôt sur le noir. Un endroit assez magi­que en fait où nous ren­con­trons quel­ques pai­si­bles loca­tai­res : un trou­peau de vaches des High­lands ; un mélange de style déton­nant avec une élé­gante robe crème et un long tou­pet limite négligé qui leur tombe sur les yeux. ;-)

Le samedi matin, avant de quit­ter un char­mant B&B situé dans une ancienne école[2], nous visi­tons la dis­til­le­rie Talis­ker. Le con­traste avec le côté “indus­triel” de Glen­fid­dich est sai­sis­sant tant celle-ci sem­ble arti­sa­nale.
Quel­ques kilo­mè­tres après la sor­tie de l’île, sur la route de Fort Williams, se situe le roman­ti­que châ­teau dEilean Donan bâti sur un îlot au milieu des eaux cal­mes du Loch Duich. Relié par un petit pont à la terre ferme, ce châ­teau est célè­bre dans le monde entier pour avoir été le lieu de tour­nage de nom­breux films, dont « High­lan­der » ou encore « Haute-vol­tige ».

Great Glen (11-12 août)

Le “Great Glen” est le nom donné à la mons­trueuse faille géo­lo­gi­que qui coupe les high­lands en deux selon un axe nord-est sud-ouest, depuis Inver­ness jusqu’à Oban en pas­sant par Fort Augus­tus et Fort William ; laquelle dépres­sion a donné nais­sance à plu­sieurs lochs, dont le Loch Ness. C’est notam­ment sur la frange sud de cette faille, dans les Gram­pians à proxi­mité de Fort Williams, que cul­mine le plus haut som­met de Grande-Bre­ta­gne : le Ben Nevis (1.341 m).

Le samedi après-midi, nous fai­sons halte à Fort Williams. Le temps est humide, bru­meux, et la ville inin­té­res­sante : elle est laide et peu d’acti­vi­tés sont pro­po­sées. Bien que située au bord de l’eau, elle est le point de départ pour explo­rer les pics alen­tour tel le Ben Nevis. Elle se donne d’ailleurs de faux-airs de sta­tion de ski. Fort Williams n’est qu’une étape, au mieux une base de rando.

Diman­che matin, le ciel se dégage à mesure que nous appro­chons de la sor­tie du Great Glen. Nous déci­dons alors d’effec­tuer un petit cro­chet sur la route d’Oban pour aller faire une mar­che dans le Glen Coe. Outre pour sa grande beauté ui en fait l’un des pay­sa­ges incon­tour­na­bles de l’Écosse, cette val­lée inhos­pi­ta­lière est éga­le­ment con­nue pour les mas­sa­cres qui s’y dérou­lè­rent à la fin du XVIIème.

Oban, Glas­gow (12-14 août)

Oban est avant tout célè­bre pour le fameux whisky qui porte son nom mais c’est aussi un point de départ obligé des fer­ries qui per­met­tent de rejoin­dre de nom­breu­ses îles Hébri­des. Il est très agréa­ble de se bala­der sur son petit port de pêche et sur le front de mer qui fait face à l’île de Mull. Il y a peu de cho­ses à visi­ter à Oban, sinon cet étrange pseudo-monu­ment, une éton­nante muraille cir­cu­laire imi­tant un Coli­sée en minia­ture, posé au som­met de la col­line sur­plom­bant la ville, comme une sorte de cou­ronne. Il y a éga­le­ment d’excel­lents res­tau­rants sur le port, où l’on peut dégus­ter la pêche du jour cui­si­née à la mode Écos­saise.

Si Édim­bourg est la capi­tale his­to­ri­que, la ville-musée de l’Écosse, nul doute que Glas­gow en est le pou­mon éco­no­mi­que. Avec une zone urbaine et une popu­la­tion qua­tre fois plus impor­tan­tes, cette grande ville tran­che avec sa vieille voi­sine (dis­tante de seu­le­ment 60km) par l’impres­sion de moder­nisme et de dyna­misme qu’elle dégage, même si par­fois, les immeu­bles en verre des nou­veaux quar­tiers d’affai­res lui don­nent un air froid de petit New-York. Car des nou­vel­les cons­truc­tions, il y en a à Glas­gow ! Les ancien­nes fri­ches indus­triel­les de la cité ouvrière, bâties le long des rives de la Clyde, font désor­mais place à de riches fau­bourgs inves­tis par le Science Cen­tre, les bureaux de BBC Scot­land ou d’élé­gants ponts à hau­bans, par exem­ple. Cela dit, le cen­tre-ville pos­sède de bel­les et lar­ges ave­nues qui four­millent de monde.

Cette escale à Glas­gow est l’occa­sion de faire dans le cul­tu­rel ; en com­men­çant tout d’abord par la Gal­lery of Modern Art, située dans un vieil édi­fice du cen­tre. La GoMA pro­pose une expo tem­po­raire qui dénonce les déri­ves du com­mu­nau­ta­risme, en par­ti­cu­lier dans des régions tel­les que l’Irlande du Nord où les ten­sions com­mu­nau­tai­res sont for­tes. Quel­ques œuvres de Hok­ney et Andy Warhol sont éga­le­ment pré­sen­tées.
En s’éloi­gnant du cœur de ville, à côté de l’uni­ver­sité de Glas­gow, se situe le Kel­vin­grove Art Gal­lery and Museum. Un immense et somp­tueux palais baro­que de pierre rouge cons­truit à la fin du XIXème siè­cle pour l’exhi­bi­tion inter­na­tio­nale de 1901. L’inté­rieur est tout aussi gran­diose que l’exté­rieur et pré­sente de mul­ti­ples ailes, sal­les et gale­ries reliées par d’immen­ses volu­mes riche­ment déco­rés. L’on peut y admi­rer un large éven­tail de pein­tu­res euro­péen­nes, clas­si­ques et moder­nes et notam­ment une large col­lec­tion d’œuvres écos­sai­ses. Bien que le clou de la visite soit la toile du “Christ de Saint Jean de la Croix” de Dalí, Je suis sur­tout attiré par l’expo sur le tra­vail de Char­les Ren­nie Mackin­tosh, chef de file de l’Art Nou­veau en Écosse.
Cette visite à Glas­gow est aussi l’occa­sion d’aller visi­ter le Science Cen­tre (envahi par un raz-de-marée de mar­maille hur­lante) et d’aller voir le der­nier Harry Pot­ter sur écran IMAX.

Édim­bourg, fin du voyage (15 août)

Le der­nier jour en Écosse, et à Édim­bourg de sur­croît, est l’occa­sion d’une der­nière balade au jar­din bota­ni­que de la ville, d’une séance d’essayage de kilt sur le Royal mile, des der­niers achats et d’une der­nière nuit dans un bel hôtel.

C’est donc la fin d’un très joli séjour, encore une fois trop court pour appro­fon­dir la con­nais­sance du pays ; un goût d’ina­chevé me reste. Voilà encore une des­ti­na­tion où il me tarde de reve­nir.

Notes

[1] Eas­ter Bad­bea B&B, Phil et Paula CROSS, Bad­bea. Vue impre­na­ble sur le loch, cham­bres neu­ves et pro­pres. Les hôtes sont par ailleurs d’une ama­bi­lité et d’une pré­ve­nance rares. Notre meilleur sou­ve­nir de B&B.

[2] Old School House, Scon­ser (Isle of Skye). Jolie vue, ambiance tra­di­tion­nelle.

mardi 3 juillet 2007

À Madère, en honeste compagnie

Cela fai­sait déjà quel­ques temps que nous ne nous étions pas revus. Aussi, c’est sur l’île de Madère que nous avons décidé de pas­ser une semaine de retrou­vailles entre ex-étu­diants stra­bour­geois. Du 17 au 24 mai, j’ai arpenté pour la seconde fois le jar­din flot­tant de l’Atlan­ti­que mais cette fois-ci en com­pa­gnie de Dédé et d’Anisa.

Même si la météo n’était pas tou­jours au ren­dez-vous, nous nous y som­mes beau­coup amusé. Aussi, éta­blir le récit de nos exploits est une rude tâche que j’avais con­fiée à la Belle. Hélas ! (façon de par­ler) tout acca­pa­rée par les bras de son amant, le billet tarde à venir. Mais ce n’est pas bien grave : car elle aurait bien tort de se pri­ver et car les nom­breu­ses pho­tos pri­ses au cours du séjour par­lent sou­vent d’elles-mêmes… :-)

Gale­rie Gles­ker

Gale­rie MAIL

mardi 8 mai 2007

En Irlande

Jeudi 3 mai

Il pleut sur le tar­mac de l’aéro­port de Nan­tes. Nous som­mes douze et nous grim­pons à bord du gros Boeing affrété par Rya­nair. Quel­ques minu­tes plus tard, celui-ci prend son envol pour la côte ouest de l’Irlande, vers l’aéro­port inter­na­tio­nal de Shan­non.

Il est près de minuit locale lors­que nous garons les trois voi­tu­res de loca­tion à proxi­mité de notre pre­mière étape. Il s’agit d’un pub auberge situé à Ennis, ville prin­ci­pale du comté de Clare, non loin de l’aéro­port. La mai­son est n’est pas toute jeune, mais cela suf­fira pour une nuit. Des musi­ciens sont d’ailleurs en train de jouer quel­ques airs tan­dis que sur un plasma, Sky­news dif­fuse le résul­tat des élec­tions Écos­saise. Voici le moment de pren­dre la pre­mière Guin­ness du voyage, breu­vage som­bre, quasi élevé au rang de bois­son natio­nale ! ;-)

Ven­dredi 4 mai

Après une visite som­maire du cen­tre-ville d’Ennis sous le soleil, nous pre­nons la direc­tion du nord, vers Gal­way. Sur le tra­jet, nous sor­tons de l’axe prin­ci­pal pour nous diri­ger vers la côte, à l’ouest. Bien que pré­venu, je cons­tate de visu l’état des rou­tes secon­dai­res du pays : peu nom­breu­ses, elles sont de plus très étroi­tes, sou­vent sinueu­ses et par­fois même en mau­vais état. À proxi­mité de Gort, nous nous arrê­tons visi­ter un monas­tère en rui­nes au milieu des champs, à Kil­mac­duagh. Une éton­nante tour ronde déli­ca­te­ment pen­chée se dresse en son cen­tre. J’apprends que ce genre d’ouvra­ges qui ne pos­sè­dent pas de por­tes, per­met­taient aux moi­nes de s’y retran­cher lors des raids bar­ba­res. Ces tours sont ancien­nes (post-an mil) et se ren­con­trent dans d’autres sites du même genre.

À mesure que nous appro­chons de la côte, le pay­sage se vide de grande végé­ta­tion. Plus un arbre, seu­le­ment des arbus­tes et des her­bes qui subis­sent mieux les tem­pê­tes de l’hiver. Enfin, nous arri­vons aux Cliffs of Moher, une série de hau­tes et bel­les falai­ses qui cou­rent sur quel­ques kilo­mè­tres. Les abords de cette curio­sité géo­lo­gi­que très appré­ciée des tou­ris­tes vien­nent d’être tota­le­ment réa­mé­na­gés. Et je suis par­tagé entre les sen­ti­ments de voir ce site trans­for­més en pres­que-Dis­ney­land et le sou­cis de sécu­rité ainsi que le cons­tat que les archi­tec­tes ont tenté au mieux d’inté­grer les infra­struc­tu­res à l’envi­ron­ne­ment. C’est vrai qu’elles sont bel­les ces falai­ses. Pas aussi hau­tes que le Prei­kes­to­len, bien entendu, mais cette guir­lande qui se découpe dans la brume de mer donne matière à quel­ques bon­nes pho­tos sous un soleil qui tape dur.

En remon­tant vers le nord, nous tra­ver­sons le Bur­ren : une région sèche, miné­rale qu’un géo­mè­tre de Crom­well[1] décri­vait de la manière sui­vante : « Sur ces ter­res, point assez d’eau pour noyer un homme, pas d’arbre pour le pen­dre, ni de terre pour l’enter­rer ». Un bou­clier de roche fis­su­rée, au bord de la mer, com­plè­te­ment inhos­pi­ta­lier et pour­tant… C’est l’un des pay­sa­ges qui m’a le plus fas­ciné, par sa déso­la­tion et pour sa vie. Car para­doxa­le­ment, les fis­su­res dans les­quel­les l’eau de pluie pénè­tre con­cen­trent ne nom­breu­ses varié­tés végé­ta­les qui, en ce prin­temps, égayent de leurs cou­leurs le gris mono­tone de la pierre. C’est ainsi le vio­let des géra­niums san­guins, le bleu pro­fond des gen­tia­nes prin­ta­niè­res ou le jaune soleil d’une autre fleur que je n’ai pu iden­ti­fier.

La route de Gal­way se fait lon­gue et une halte s’impose. Un petit bourg sympa recueille notre assen­ti­ment pour aller sécher une Guin­ness. Or, com­ble de chance, ce week-end à lieu à Kin­vara (puisqu’il s’agit du nom de ce petit port) le Fleadh na gCuach : un fes­ti­val annuel de musi­que tra­di­tion­nelle. Les musi­cos sont ravis et se pro­met­tent d’y reve­nir les soirs sui­vants.

Plus tard, nous posons les vali­ses pour trois jours dans un hôtel moderne à l’est du cen­tre de Gal­way, puis nous allons dîner en cen­tre-ville, car le ser­vice à lieu de bonne heure ici. Plus tard dans la soi­rée, nous irons écou­ter de la musi­que et boire quel­ques biè­res au Quays, dans la rue du même nom, avant de retour­ner à pied à l’hôtel.

Samedi 5 mai

Un savou­reux petit déjeu­ner irlan­dais avalé, nous déci­dons de retour­ner dans le cen­tre-ville pour un peu de visite et de shop­ping tout au long de l’après-midi. Aujourd’hui, le ciel est chan­geant : quel­que­fois nua­geux et frais et par­fois tota­le­ment enso­leillé.

Comme prévu la veille, nous retour­nons en soi­rée à Kin­vara. Il n’y a pas foule mais du monde se presse quand même aux por­tes des mul­ti­ples pubs du vil­lage pour aller écou­ter les musi­ciens du cru. C’est joli, c’est typi­que et il y a peu de tou­ris­tes. Plus tard dans la soi­rée, alors que les pubs ne désem­plis­sent pas et que la bière coule à flot, quel­ques aver­ses com­men­cent à chas­ser les audi­toi­res vers l’inté­rieur ou dans les voi­tu­res. C’est vers cette seconde option que nous nous rabat­tons pour ren­trer à l’hôtel. De nuit, la con­duite à gau­che est encore plus impres­sion­nante sur ces rou­tes sinueu­ses.

Diman­che 6 mai

Aujourd’hui, nous avons décidé de pous­ser vers le nord-ouest, vers cette région que tout le monde con­naît au moins de nom : le Con­ne­mara. Il ne fait pas très beau : le ciel est cou­vert et humide ; mais cela dit, le Con­ne­mara sous le soleil, ce n’est plus vrai­ment le Con­ne­mara ! Non ?
En effet, à quel­ques dizai­nes de kilo­mè­tres de la ville, les pay­sa­ges chan­gent : la végé­ta­tion se fait plus rase et des tour­biè­res sur­gis­sent les pre­miè­res col­li­nes. L’eau est ici très pré­sente, qu’elle le soit sous forme de lacs, de ruis­seaux ou de maré­ca­ges. Au milieu de ces pay­sa­ges d’une drôle de cou­leur fauve, la végé­ta­tion est pour le moins sur­pre­nante ; en effet, les rho­do­den­drons et gun­ne­ras y pro­li­fè­rent. Et que dire de ces kilo­mè­tres de haies de fuch­sias qui bor­dent les rou­tes ? Cela est éton­nant lors­que l’on sait que ces espè­ces végé­ta­les qui ont colo­nisé toute la région ne sont aucu­ne­ment ori­gi­nai­res du pays : elles sont tou­tes exo­ti­ques.

Le petit port de Cleg­gan est pré­texte à déjeu­ner et à décou­vrir la côte du Con­ne­mara tour­men­tée et bat­tue par les hou­les d’ouest.

Au détour d’une route, se décou­vre l’abbaye de Kyle­more, un joyau néo-gothi­que niché au creux de la col­line dans son écrin de ver­dure. Autre­fois demeure pri­vée, c’est depuis les années 20 une ins­ti­tu­tion reli­gieuse. Res­tau­rée par les sœurs en 1996, c’est aujourd’hui l’un des sites tou­ris­ti­ques les plus visi­tés de la région. Comme le ciel se dégage un peu, nous retour­nons quel­ques kilo­mè­tres en arrière pour une petite ran­don­née dans le parc natio­nal du Con­ne­mara. Mais c’est déjà l’heure du retour. Pour rejoin­dre Gal­way, nous déci­dons de faire le tour en pre­nant plein est pour con­tour­ner le Lough Cor­rib. À peine fran­chie la limite sépa­rant ce grand lac du Lough Mask ,au nord, le chan­ge­ment de pay­sage est radi­cal : nous ne som­mes plus au Con­ne­mara.
Une belle jour­née s’achève, riche en pay­sa­ges magni­fi­ques, mal­heu­reu­se­ment gâchée par les résul­tats élec­to­raux qui tom­bent en soi­rée. Cer­tains, trou­vent encore la moti­va­tion pour retour­ner à Kin­vara écou­ter de la musi­que tra­di­tion­nelle. Pour ma part, je pré­fère un dîner en famille dans le cen­tre-ville.

Lundi 7 mai

C’est notre der­nière jour­née com­plète en Irlande. Nous quit­tons l’hôtel de Gal­way et pre­nons la route du sud, en direc­tion de l’aéro­port, vers la ville de Lime­rick. Quel­ques kilo­mè­tres avant d’entrer dans cette agglo­mé­ra­tion, nous sor­tons de la voie express pour aller visi­ter le châ­teau de Bun­ratty et son parc.
Le châ­teau actuel, cons­truit au XVème siè­cle est une grosse bâtisse car­rée flan­quée de qua­tre tours cré­ne­lées. Res­tauré par Lord et Lady Gort dans les années 50, il a vu lors de son inau­gu­ra­tion défi­ler le gra­tin de l’épo­que. Hier à l’état de ruine, le voici désor­mais entiè­re­ment remeu­blé et prêt à une inté­res­sante visite.
Der­rière le châ­teau s’étend son immense parc dans lequel se niche un vil­lage irlan­dais du XIXème, con­servé ou recons­truit avec ses ruel­les, jar­dins, école, église, etc. C’est très mignon, pas trop sur­fait et mille fois plus authen­ti­que que le Puy du Fou.

En soi­rée, la météo n’invite pas à la visite du cen­tre de Lime­rick. Il est temps de dîner une der­nière fois tous ensem­bles avant une courte nuit : l’avion décolle tôt demain.

Album photo

Notes

[1] Oli­ver Crom­well, alors chef d’État en Angle­terre, s’était lancé à la con­quête de l’Irlande en 1649 et l’inté­gra au Com­mon­wealth.

mardi 1 mai 2007

Cinq jours en Norvège

Jeudi 26 avril

Il est 23h50 et le vol en pro­ve­nance de Franc­fort se pose sur l’aéro­port de Sta­van­ger. C’est la qua­trième ville de Nor­vège, bien que n’ayant qu’un peu plus de 100.000 habi­tants, et sur­tout la capi­tale de l’indus­trie pétro­lière du pays. À l’exté­rieur il fait frais, les 28°C de Paris sont vite balayés, et l’air sent l’océan : la ville est située à l’extré­mité sud-ouest de la Nor­vège, dans le pays des fjords. Nos hôtes nous atten­dent pour une soi­rée de retrou­vailles dans l’atmo­sphère cha­leu­reuse d’une typi­que mai­son en bois Scan­di­nave.

Ven­dredi 27 avril

Je suis réveillé par la lumière du jour qui à cette date se lève un peu plus tôt qu’en France. Je peux décou­vrir des fenê­tres les envi­rons, au bord des eaux du Hafrsf­jord illu­mi­nées par un soleil radieux. Au pro­gramme de la mati­née, un petit tour dans le cen­tre ville est pro­grammé, à la décou­verte du port et de la vieille ville de Sta­van­ger qui bâtit autre­fois sa pros­pé­rité sur la pêche, la con­serve et la cons­truc­tion navale ; avant que des gise­ments de pétrole off­shore ne soient décou­verts et ne modi­fient du tout au tout la voca­tion de la cité. La vie sem­ble calme et sereine : les gens ne s’inter­pel­lent que très peu, la limi­ta­tion de vitesse des voi­tu­res invite à la patience (60 à 70km/h en cam­pa­gne).
Après la sor­tie des éco­les, direc­tion la pointe de Tun­ge­nes pour une petite balade à l’entrée de la baie de Sta­van­ger. La miné­ra­lité du pay­sage me frappe énor­mé­ment : la roche est par­tout pré­sente, dure, déchi­que­tée, à peine recou­verte d’une mince cou­che de terre ara­ble dans laquelle s’ancre la végé­ta­tion. Les champs sont tous bor­dés de murets faits de pier­res ron­des que les pay­sans ont décou­vert en retour­nant la terre. Les plus gros rochers, tout lis­ses, gisent au milieu des prai­ries ou des pla­ques rocheu­ses, arra­chés, rou­lés, polis et aban­don­nés là par d’anciens gla­ciers lors de la fonte.

Samedi 28 avril

Ce matin comme hier, le ciel est radieux pour la jour­née. Et nous avons prévu une excur­sion vers l’attrac­tion géo­lo­gi­que du coin : le Prei­kes­to­len.
Dans le port de Sta­van­ger, nous embar­quons à bord du ferry qui per­met de rejoin­dre en 40 minu­tes la ville de Tau en sla­lo­mant entre les îles de la baie. Ensuite, nous sui­vons une route côtière vers le sud tra­ver­sant Jør­pe­land jusqu’à un par­king situé sur la com­mune de Jøs­sang, au bord d’un joli lac. C’est là que com­mence la petite ran­don­née.
Le par­cours pro­gresse de façon inho­mo­gène, par­fois en grim­pant de gros­siè­res et hau­tes mar­ches taillées dans la pierre, ou tra­ver­sant quel­ques zones pla­tes et humi­des res­sem­blant à des tour­biè­res, tan­tôt en esca­la­dant de gros ébou­lis à pic ou par­cou­rant de grands pla­teaux miné­raux. Au bout de deux heu­res, nous avons gagné quel­ques cen­tai­nes de mètres en alti­tude et les pre­miers pano­ra­mas sur le Lysef­jord appa­rais­sent : c’est somp­tueux. Puis, une cor­ni­che lon­geant le vide nous con­duit jusqu’à ce fameux Prei­kes­to­len. Il s’agit en fait d’un pro­mon­toire rocheux juché au som­met d’une falaise de 604 mètres de haut au-des­sus des eaux du Lysef­jord. Une des plus hau­tes falai­ses d’Europe. C’est gran­diose et effrayant à la fois. C’est en ram­pant au sol — comme de nom­breu­ses per­son­nes — que je m’appro­che du bord. C’est encore plus stu­pé­fiant que la Cabo Giraõ de Madère, et la vue sur le fjord est ter­ri­ble.
C’est ainsi assis en face d’un pano­rama excep­tion­nel que je teste le bar­be­cue jeta­ble nor­vé­gien pour dégus­ter quel­ques sand­wich à la sau­cisse…

En soi­rée, nous avons réservé une table sur le port de Sta­van­ger. Il n’est pour­tant que 20h30 et pour­tant, beau­coup d’autoch­to­nes sont de sor­tie et sont déjà bien émé­chés : ici, la fête com­mence tôt. Plus tard, nous assis­tons à un con­cert dans un bar-boîte rap­pe­lant un peu Sigur Ròs. Il fait nuit, et la tem­pé­ra­ture est bien redes­cen­due (7°C). Je suis fri­go­ri­fié ; ce qui n’est pas le cas des nor­vé­giens qui se bala­dent sans crainte du froid, qui en mini-jupes et débar­deurs, qui en pan­ta­courts, tongs et petits T-shirts[1]

Diman­che 29 avril

Aujourd’hui et demain, nous avons à dis­po­si­tion un joli voi­lier d’une tren­taine de pieds pour navi­guer autour des îles de la baie. Nous nous ren­dons au petit port de Dusa­vika, qui res­sem­ble à tou­tes ces peti­tes mari­nas que l’on ren­con­tre un peu par­tout sur la côte.
Le vent est un peu mou, alors nous nous voguons len­te­ment sous un soleil tou­jours au ren­dez-vous. Au pro­gramme : petit pique-nique bercé par les vagues et décou­verte depuis la mer des îles d’Åmøy, Ren­nesøy et Mos­terøy ainsi que des fjords qui les sépa­rent. La navi­ga­tion est aisée étant donné qu’il y a peu de cou­rant et que les fonds oscil­lent entre 3m et 300m de pro­fon­deur. Gare tou­te­fois aux écueils.

Lundi 30 avril

Aujourd’hui, le pro­gramme est le même qu’hier à ceci près que le vent est vrai­ment pro­pice à la navi­ga­tion. Nous sla­lo­mons entre les îles de la baie, et pro­fi­tons même d’une escale à Vassøy pour aller faire un peu de gasoil. On a beau être dans l’une des régions phare en Europe de l’indus­trie pétro­lière, je suis sur­pris de cons­ta­ter que le car­bu­rant y est plus cher qu’en France…
Après être allés amar­rer le voi­lier au port de Dusa­vika, nous par­tons pour une petite balade en vélo au bord du Hafrsf­jord. Dans un ciel vide de nua­ges, le soleil se cou­che et les tem­pé­ra­tu­res chu­tent. Les huî­triers pies glous­sent tout en se lan­çant dans de drô­les de loo­ping au-des­sus des prés lit­to­raux. Les der­niers mar­cheurs et jog­geurs du soir ren­trent chez eux.

Mardi 1er mai

Avant de par­tir pour l’aéro­port, nous nous ren­dons au fond du Hafrsf­jord voir un monu­ment par­ti­cu­lier aux yeux des Nor­vé­giens : les “Trois épées”. Il s’agit d’un monu­ment com­posé de trois glai­ves de bronze plan­tés dans le roc, com­mé­mo­rant la vic­toire en 872 de Harald à la belle che­ve­lure sur la noblesse unie nor­vé­gienne, à l’issue d’une bataille dans le Hafrsf­jord qui lui per­mit de fon­der le royaume de Nor­vège. D’une cer­taine façon, le pays est né ici. C’est joli, peu com­mun et donne l’occa­sion de pren­dre de curieu­ses pho­tos.
Puis vient l’heure fati­di­que du retour vers Paris via Franc­fort.
Le soleil est tou­jours là, tou­jours radieux : il ne nous aura pas quitté une seule fois tout au long de ce week-end pro­longé.

P.S. : À ce jour, je n’ai pas encore eu le temps de char­ger une sélec­tion de pho­tos dans l’album web Picasa. Ceci est fort dom­mage au vu de la beauté des pay­sa­ges. Cela sera réparé sous peu ! ;-)

ÉDIT du 14 mai 2007 :
L’album photo est désor­mais dis­po­ni­ble.

Album photo

Notes

[1] Un pro­verbe des expa­triés fran­çais dit : « Quand le Nor­vé­gien met une che­mise, prend un pull. Quand le nor­vé­gien met son pull, prend ta parka. Quand le nor­vé­gien met sa parka… reste chez toi ! »