Entre autres joies de ce 17 décembre dernier étaient deux places pour le concert de MUSE qui passait à Nantes. Une bonne et agréable façon de poursuivre ma découverte de ce groupe dont j'appréciais à l'époque assez les chansons sans pour autant être un fan hystérique ; et de découvrir le tout neuf Zénith qui venait d'achever ses deux premières semaines de concerts d'inauguration.

Il n'aura fallu que dix-huit mois pour sortir de terre cette grande salle de concert (8.500 places) à Saint-Herblain, à côté d'Atlantis dans la banlieue ouest de l'agglomération. Située juste au bord du périphérique, les parkings sont très faciles d'accès et ô joie, nous trouvons une place sans trop de mal même à quarante minutes du début du concert. Arrivés devant les entrées, il ne semble pas y avoir foule, c'est un peu louche, mais j'imagine que le gros des troupes à déjà dû investir les lieux il y a longtemps pour s'assurer d'une bonne place. J'avais raison, l'immense salle qui sentirait presque encore le béton frais est déjà bien remplie. Mais nous réussissons tout de même à trouver des places de libres dans les premiers gradins, pas exactement dans l'axe de la scène, mais très bien placées.

Puis arrive la première partie avec le groupe de rock anglais Razorlight. Je dois dire qu'à l'exception d'une ou deux chansons (dont America) je n'arrive pas à accrocher : j'ai un peu de mal avec la voix du chanteur, et l'ambiance n'est pas trop au rendez-vous. Il y a bien quelques prépubères hystériques qui hurlent et sautillent dans les gradins ou dans la fosse, mais bon... On atteint quand même le grand ridicule lorsqu'après seulement deux ou trois chansons, le chanteur enflé comme une crevette anorexique, revient sur scène torse nu... on y croit...
Ce n'est donc pas sans soulagement que je les vois conclure leur prestation et remballer leur matos de l'avant-scène.

Enfin, après une attente un peu longue arrive le vrai son. Les lumières s'éteignent, la rumeur de soulagement s'étend, le rideau tombe et le spectacle commence ! Le morceau d'introduction, Map of the problematique (c'est la vidéo de YouTube ci-contre) du dernier album Black holes and revelations est parfait pour débuter. Il permet de découvrir le splendide décor monté sur scène qui s'illumine : sous une espèce de dais fait de néons tendu entre des armatures métalliques, se tient sur la gauche une sorte d'estrade polygonale pour le batteur dont le "chapeau" monte et descend au fur et à mesure du spectacle, revêtu d'écrans géants, tout comme l'arrière-scène. C'est très lumineux, très coloré et assez bluffant en fait. La musique est très bonne et le choix des titres très judicieux : ils reprend en grande partie le dernier album Black holes and revelations mais également les meilleurs morceaux des albums précédents Absolution et Origin of symmetry. Il semblerait en revanche que deux morceaux programmés n'aient pas été joués, le bassiste souffrant d'une petite gastro ; cela dit, 1H45 de concert c'est assez honorable, surtout quand il s'achève sur Knights of Cydonia, une véritable apothéose. Bon, je dois avouer que le chanteur n'a pas été très communiquant, mais il a été poli, c'est toujours ça ; en tout cas, bien plus que Placebo deux semaines plutôt, dont Brian Molko n'a pas sorti un seul mot !

Après observation, je ne regrette toutefois pas de ne pas être allé dans la fosse : il semblerait que lors des premiers titres, il y ait eu quelques mouvements de foule qui ont semé le trouble. J'ai également été effaré de constater que certains spectateurs ont passé leur concert le bras en l'air à prendre des photos ou des vidéos avec leur portable ou encore le nez sur leur écran à envoyer des MMS pendant 1h45... Toutefois, je les remercie quand même d'avoir pris quelques vidéos disponibles dans le billet : certes, l'image n'est pas top et le son complètement pourri, mais ça donne au moins une idée du concert.

Bref, voici une belle conclusion de journée d'anniversaire : après cet excellent concert, l'on peut maintenant me compter parmi les adeptes de MUSE. La mise en scène était impeccable, j'ai en particulier beaucoup aimé le moment où, lâchés depuis les entretoises du plafond, une bonne dizaine d'énormes baudruches blanches — Comme dans le Prisonnier, pour les connaisseurs — sont tombées et ont roulé sur la foule, propulsées par des dizaines de mains jusqu'au moment de leur explosion, lâchant des poignées de confettis rouges sur la foule.