Bamako
Abderrahmane SISSAKO
Dans la cour d'une maison de la capitale Malienne dans laquelle vivent plusieurs famille, un tribunal a été dressé. Un lieu insolite pour un procès qui l'est tout autant : le peuple Africain contre le FMI et la Banque Mondiale. Viennent ainsi témoigner des gens d'extraction modeste tout comme des dignitaires Africains. Certaines dépositions sont poignantes, comme celle de ce paysan qui vient "chanter" sa plainte. Parallèlement, un drame se joue dans l'une des familles de la cour.
Ce film est un curieux mélange empreint de docu-fiction qui m'a permis de mieux saisir la partie d'échec que se jouent les occidentaux en Afrique au dépends de la population et de l'avenir de ce continent. Intéressant donc, mais un peu long.
Dans Paris
Christophe HONORÉ
De C. Honoré, je ne connaissais que "17 fois Cécile Cassard" dont l'atmosphère lourde et saturée de malaise m'avait marqué et impressionné. Cette fois-ci l'on a un film plus léger, plus drôle, mais où flotte toujours un peu de malaise et quelque chose que je n'arrive pas à définir et qui rend les personnages "vrais". Toutefois, je ne me risquerais pas à décrire le film étant donné que je ne l'ai pas aimé : j'ai l'impression que l'on déploie de l'énergie dans du vide : comme un coup d'épée dans l'air... Seule l'ambiance musicale jazzy du film m'a accroché.
Le parfum
Tom TYKVER
Ce roman de SÜSKIND avait la réputation d'être intransposable au cinéma ; le réalisateur qui s'y risquerait serait donc nécessairement attendu au tournant. En effet, comment rendre visuellement compte de la palette olfactive déployée dans le livre ? Hé bien, TYKVER se sort relativement bien de ce piège notamment par l'enchaînement rapide de plans serrés rehaussés par quelques bruitages astucieusement organisés. Le résultat est éloquent et très acceptable. Quant au récit, à quelques exceptions près, il est mené de bout en bout, y compris l'apothéose du roman : la scène orgiaque de la place du marché.
L'esthétique globale du film m'a beaucoup enthousiasmé même si je lui reproche de verser par moments un peu trop dans le lyrisme. Voici un des rares livres dont l'adaptation au cinéma ne me déçoit pas outre mesure. Mais qu'on ai lu le roman ou pas, ce film est résolument un bon choix de toile.
Scoop
Woody ALLEN
Après "Match Point", Woody ALLEN continue à allonger la liste de sa filmographie en poursuivant ses mises en scène de la haute société Londonienne. Mais cette fois-ci, il revient à la comédie un brin loufoque sous les traits d'un prestidigitateur minable embarqué dans l'enquête menée par Sondra. Cette jeune journaliste contactée par le fantôme d'un grand reporter, s'apprête à démasquer le "Tueur au tarot" qu'elle suppose être le jeune et séduisant fils de Lord Lyman.
Le film est servi par une distribution de choix : outre Woody, on trouve Scarlett JOHANSSON qui rempile cette fois dans le rôle de l'étudiante un peu potiche et bien sûr Hugh JACKMAN, qui a troqué de façon très convaincante les griffes de Wolverine pour les costumes chics du beau gosse aristo. L'enquête ne casse pas des briques, mais l'humour est présente ainsi que son cortège de géniales loufoqueries : qui aurait imaginé que la traversée vers la mort soit si distrayante ?