Dimanche 3 septembre

Enfin ! Voilà une semaine de vacances attendue de longue date qui commence ! Mieux encore, la météo promet qu'aujourd'hui c'est la fin de l'hiver aoûtien et le début de l'été indien !
Mais bon, pour mettre toutes les chances de soleil de notre côté, c'est vers le sud que nous prenons la route. Direction.... euh à vrai dire, nous n'y avons pas tellement réfléchi, mais le Périgord semble être un bon départ. Soit !
La route n'est pas si longue que ça. Alors, afin d'éviter la monotonie asphaltée de l'autoroute, je programme un petit circuit vert à travers la campagne. Je goûte ainsi à la fraîcheur des routes de sous-bois du Limousin. Un joli pays valonné, vert, nature.. et totalement vide.
En fin d'après-midi, il fait toujours beau et chaud et Sarlat est en vue : il est temps de trouver un endroit pour dormir. Je dégotte un hôtel bien sympa sur les pentes de Domme. La chambre dispose d'un petit balcon avec un joli panorama sur les rives de la Dordogne. Mais, pas de bol, la memory stick de l'appareil photo fait des siennes et il est impossible de prendre de photo. Je me contente donc de la fonction photo du téléphone qui, il faut bien l'avouer, n'est pas de même qualité. Toutefois, cela ne gâchera pas les vacances pour autant ! Après un dîner à Domme, dans cette bastide perchée sur son piton, nous redescendons à l'hôtel piquer une tête dans la piscine (il fait encore chaud ! ;-)).

Lundi 4 septembre

Aujourd'hui est un jour particulier puisqu'il s'agit de la rentrée des classes. Hé oui ! quand certains reprennent le travail, d'autres savourent de délicieuses vacances de mi-saison avec une météo estivale : le rêve.
À Carsac, nous réservons un canoë pour le lendemain et le surlendemain ; puis nous roulons vers Castelnaud, pour visiter son magnifique château. Une belle forteresse médiévale qui, du haut de son éperon rocheux, surveille les méandres de la Dordogne. L'édifice à bénéficié de sérieux travaux de restauration au cours des dernières décennies et fait désormais figure de star Périgourdine dans sa catégorie. Il est vrai que ce château est superbe et restitue une atmosphère qui plonge directement le visiteur dans les guerres franco-anglaises et autres croisades contre les Cathares (Houhou Messire, où êtes-vous ?). Depuis le donjon, la vue sur les vallées environnantes est magnifique.
Alors que nous quittons à peine Castelnaud, surprise ! le capricieux appareil photo daigne fonctionner à nouveau : bien !
Après déjeuner, nous nous promenons en aval, à Beynac, qui dispose également d'une très belle citadelle. Ce pays à une richesse patrimoniale impressionnante ! En fin d'après-midi, nous montons la tente dans une ferme auberge des environs, pour y passer la nuit. Puis, viens la surprise.
À 18h00, nous nous rendons à la Roque-Gageac à côté d'un grand champ où d'autres personnes attendent. Mais qu'attendent-elles au juste ? Je ne tarde pas à comprendre. Bientôt, un petit convoi arrive au détour du chemin pour décharger dans le pré, nacelles et matériel nécessaires à l'envol de deux ballons ! Houah, un baptême en montgolfière !
Les volontaires sont mis à contribution pour l'étape de gonflage : alors que la toile a été déroulée sur le gazon, de gros ventilateurs insufflent l'air qui gonfle petit à petit le ballon comme une baudruche. Ensuite, le ballon toujours couché, le gaz est chauffé par les "torches" au propane. La bulle d'air chaud s'agite dans sa prison d'étoffe et prend bientôt son envol, redressant la nacelle. Il est est temps de grimper dans cette grande caisse d'osier ! Un dernier coup de gaz et le ballon quitte le niveau des ruminants. Il est 18h30, il fait bon et et la montgolfière s'élève dans les airs avec une douceur désarmante. Bercée par les salves de la torche dont le rayonnement cuit le crâne, la nacelle joue au yo-yo au-dessus du cours scintillant de la Dordogne. À 600m d'altitude, le panorama est appréciable et l'atmosphère suffisamment dégagée pour apercevoir loin au nord, les contreforts du Cantal. Progressivement, nous retournons à de plus basses altitudes pour admirer les curiosités au sol, plonger dans les combes et remonter le long des pentes boisées. Le vent pousse mollement les deux montgolfières en direction du sud, à la vitesse de 10 km/h. De temps à autres nous apercevons le convoi formé par l'équipe au sol qui suit notre progression. Les riverains, affolés par cette ombre curieuse qui s'abbat soudainement sur leur jardin sortent à l'extérieur et saluent les aéronautes. Au terme de plus d'une heure de vol, le soleil rasant se couche. Le second ballon trouve un pré dégagé et tente un atterrissage. Quant à nous, la forêt environnante n'offre pas de possibilités pour mettre le pied à terre. Qu'importe, le vol n'en est que plus long ! ;-) Puis, non loin d'une ferme, un petit champ apparaît pile dans la trajectoire. Le ballon descend, caresse la cime de quelques noyers puis touche le sol délicatement : atterrissage tout en douceur ! Ensuite, tous les passagers s'activent : il faut coucher, dégonfler le ballon et replier la toile. Un bout en main, je m'occupe du couchage et du dégonflage alors que le jour décroît encore. L'air contenue dans le ballon s'échappe ; elle est chaude et humide : je ne vois plus rien, mes lunettes sont pleines de buée ! :-D
L'équipe au sol à eu du mal à nous repérer : nous avons atterri dans une petite cuvette à Campagnac-lès-Quercy ; le ballon a volé sur 14 km. Lorsque tout le matériel est replié et correctement rangé, nous prenons la route, non sans auparavant avoir fêté les baptêmes de chacun avec l'équipe des aéronautes — que je remercie au passage pour leur prestation.
Il fait maintenant nuit, nous rentrons à la ferme sous la tente.

Mardi 5 septembre

Le chant des coqs et la mélodie des tronçonneuses me tirent de mon sommeil aérien...
La tente pliée, nous préparons les pique-niques nécessaires à l'expédition puis prenons la route pour Carsac afin de charger les bidons étanches. Le minibus nous dépose ensuite en amont, à Saint-Sozy — dans le Lot — où nous embarquons à bord du canoë pour une petite descente de deux jours sur la Dordogne. Aujourd'hui encore, le soleil est radieux mais il tape dur : sortons couverts.
Le cours de la rivière est assez sinueux : il progresse lascivement entre les massifs calcaires qu'il contourne de ses boucles. Le courant est assez régulier et nous longeons de belles falaises blanches, quelques belles bâtisses et des campagnes relativement désertes. Tout est calme et détendu. Sans se presser, nous passons Souillac en milieu d'après-midi. Puis, vers 18h00, nous guettons les endroits propices à un campement de fortune. Nous trouvons le lieu idéal sur une île boisée coincée entre les bras de la rivière. Nous montons l'igloo sur une plage de galets et s'ensuivent baignade — où je réussis quand même à me choper un bébé sangsue ! — débarbouillage et pique-nique. La nuit tombe et les galets diffusent la chaleur qu'ils ont accumulé au soleil le jour durant : il fait très bon. Je m'endors au son du glouglou des remous.

Mercredi 6 septembre

Le soleil vient de se lever, encore une belle journée... — sans l'ami Ricorée. Aucun animal n'a eu la mauvaise idée d'attaquer le bidon de nourriture et nous déjeunons tranquillement. Je tente ensuite sans grande conviction une toilette dans les eaux froides de la rivière ; mais finalement l'eau n'est pas si froide que ça ! La matériel est replié et le canoë est remis à l'eau. Bercés par les clapotis, nous pagayons de façon... touristique. Nous passons Carsac, le cingle de Montfort et nous pique-niquons au pied de Domme. L'après-midi, nous passons la Roque-Gageac et nous pouvons admirer le château de Castelnaud sous un autre angle. Puis la fin approche : le canoë est restitué avant Beynac.
Cet après-midi le soleil a encore tapé dur et je me délecte d'une sieste de fin d'après-midi dans la faîcheur de la chambre d'hôtel.
En soirée, une petite visite du centre de Sarlat s'improvise ainsi qu'une étape gastronomique incontournable pour apprécier l'autre richesse du Périgord !

Jeudi 7 septembre

Après avoir fait le tour du marché de Domme, nous descendons vers une ferme comme il y en a tant pour assister au gavage des oies et faire le plein de bonnes choses à ramener. Nous prenons ensuite la route au nord-ouest pour descendre dans le gouffre de Proumeyssac, près de la Vézère. Plus que le contraste de température entre l'intérieur et l'extérieur, les concrétions minérales et sculptures calcaires sont saisissantes. Le tout est agrémenté d'un bref son et lumière sans prétention mais qui a l'avantage de mettre en valeur ce site de modeste dimension.
Nous clôturons ce court séjour par Rocamadour ; à arpenter en tous sens et à monter et descendre dans cette curieuse cité accrochée à flanc de falaise. En fin de soirée, un orage éclate alors que nous atteignons le château qui surplombe le tout. Quelques gouttes rafraîchissantes tombent mais point le déluge que nous redoutions.

Vendredi 8 septembre

Ça y est, c'est quasiment la fin, nous reprenons la route du nord. Pour changer, le soleil ne nous quitte pas et brille haut dans le ciel, même lors de la halte "Porcelaine" à côté de Limoges.
Mais heureusement, le week-end est à peine entamé et un grand crochet doit nous conduire dans les Montagnes Noires[1] jusqu'à dimanche soir.

Notes

[1] Pour la petite histoire, là-bas aussi, le soleil était toujours au rendez-vous. ;-)