Vendredi 19 mai

Vol vers Marrakech
MarocPartis de Nantes où nous avons laissé la tempête approchante et le froid, nous atterrissons à l'aéroport de Marrakech après une courte escale à Casablanca. Il est presque minuit locales, mais la chaleur diurne est encore perceptible. L'on nous dirige vers la salle de contrôle des passeports où les douaniers mettent un temps infini à tamponner les documents... Le chauffeur de l'agence nous attend à la sortie et nous conduit immédiatement dans la vieille ville fortifiée de Marrakech, dans la Médina. Les véhicules n'ayant pas la possibilité de circuler dans toutes les ruelles, nous suivons à pied l'un des employés du riad au fil des venelles désertées. MarocLa porte du riad ne paie pas de mine : une grande porte en bois enchâssée dans un mur nu au milieu d'une petite rue sombre. Et pourtant, à peine entrés, je m'aperçois bien vite que les hauts murs cachent en fait vrai un petit paradis. Le riad Lotus Perle surprend de prime abord car sa décoration ne correspond en rien à l'image que l'on pourrait se donner d'un riad marocain. L'on m'expliquera plus tard que cela est justement l'effet escompté : trancher avec l'existant en suggérant une ambiance Art Déco à la New-Yorkaise très glamour, dans un environnement calme invitant à la paresse. L'effet est surprenant, surtout de nuit : la maisonnée baigne dans le silence et le bâtiment est pleinement mis en valeur par les jeux de lumière. Les chambres sont largement à la hauteur du reste, mais inutile de me lancer dans une description, les photos sont plus parlantes que moi.

Samedi 20 mai

Les jardins de Marrakech
MarocAprès une matinée à paresser sur la terrasse du riad, nous marchons en direction de la place principale de la ville, la place Jemaa El Fna, située à proximité de la mosquée de la Koutoubia. Entre ces deux sites emblématiques de la ville se trouve un petit jardin. À l'ombre de ses orangers chargés de fruits amers et de ses jacarandas en fleurs la file des calèches marrakchies attendent les clients. C'est à bord d'un de ses attelages verts que nous sortons de la Médina à la découverte du Jardin Majorelle. Avec la Koutoubia, ce parc créé au début du siècle par un nancéen est l'un des sites les plus emblématiques de la ville. Noyée au milieu d'une forêt de bambous, de palmiers et de cactus, une demeure d'un bleu surprenant flotte au-dessus du bassin aux nénuphars. Après avoir appartenu pendant quelques années à Yves Saint-Laurent, il semblerait que le jardin Majorelle soit désormais la propriété d'un groupe Américain.
Nous contournons en calèche les remparts de la ville en direction du sud-ouest, vers les jardins de la Menara. Lieu très prisé également, je n'y trouve cependant pas l'intérêt escompté. Il s'agit d'un grand bassin d'eau douce, dont l'origine remonte à quelques siècles paraît-il, surplombé par un pavillon du XIXéme. Ce plan d'eau, théâtre de son et lumière se situe au centre d'une grande oliveraie.

Pause détente
Après un bref détour par une coopérative comme il en existe tant à Marrakech, et où l'on peut trouver les produits issus de l'artisanat Marocain, nous retournons au riad Lotus Perle pour notre rendez-vous. Au programme : soins du corps au savon noir dans le hammam et séance de massage d'une heure dans le calme de la chambre. Le bonheur !
Le dîner en terrasse est le bienvenu.

Dimanche 21 mai

La Médina
MarocVers neuf heures, Isham nous attend auprès du bassin dans le patio. Isham est notre guide pour la journée. Nous découvrons en sa compagnie les jardins attenant à la mosquée de la Koutoubia. Il est calme et ses explications sur la culture marocaine et musulmane sont très enrichissantes. Comme la veille, il n'est pas encore midi et pourtant, la chaleur monte tout autour. Cela change du climat semi-hivernal que nous avons quitté.
La visite se poursuit par le palais Bahia (rien à voir avec la plage) un palais du XIXéme construit sur le désir du grand vizir Sidi Moussa. De patios en appartements et du sol au plafond, le décor est absolument époustouflant, . Tandis que nous marchons sur le zellige (mosaïque marocaine), nous admirons les murs couverts de stuc et les plafonds de bois peint. Le tout est d'une incroyable finesse ; et c'est tout ébaubis que nous quittons la profusion de ce joyau pour les tombeaux Saâdiens. Ce cimetière royal, enclave dans l'enclave de la Médina, témoigne de la puissance d'une dynastie du XVIIème et du grand savoir-faire des artisans qui ont réalisés ces chefs d'œuvre.

Les souks
MarocAlors que nous concluons notre déjeuner (Salades marocaines, tajines, etc.), Isham nous emmène nous promener dans les souks de la ville. Véritable dédale où les commerçants et artisans, proposent à la vente les productions locales. Malgré l'apparence d'un joyeux chaos, les choses semblent tout de même bien cloisonnnées : les différents corps sont généralement regroupés ensemble (ferronnerie, cordonnerie, ...). L'avantage de ce gigantesque marché où il est très facile de se perdre au gré de sa flânerie, c'est qu'il est quasiment entièrement couvert. Il est ainsi agréable d'y chiner et d'y marchander l'après-midi quand le soleil tape dur sur les places de la ville.
La soirée s'achève dans la douceur du crépuscule, sur la terrasse, confortablement installé avec un bon livre.

Lundi 22 mai

En direction de la côte
MarocLe dernier petit-déjeuner au riad Lotus Perle me fait déjà regretter cet endroit idyllique. Mais le loueur de voitures est venu nous apporter les clefs de notre véhicule, pour le départ.
Nous expérimentons la conduite marrakchie : un joyeux bordel circulatoire qui permet de tester efficacement ses réflexes au volant.
La route d'Essaouira file presque plein ouest. À mesure que la capitale berbère s'éloigne, les rangées d'eucalyptus apparaissent au bord de la route comme les platanes de France. La végétation disparaît peu à peu mises à part quelques haies de cactées. Paradoxalement, alors que le paysage s'aplanie et se désertifie, la température baisse sensiblement. Puis les arbres réapparaissent en même temps qu'une légère brise, un peu fraîche, qui se transforme en vent puis en bourrasques franches sur la colline qui surplombe de loin la ville d'Essaouira.

Essaouira
MarocLe changement d'ambiance est total ici. Les remparts à la Saint-Malo battus par les vagues de cette ville blanche n'ont rien à voir avec ceux d'un style résolument plus africain de la grande ville rouge au pied de l'Atlas. Si le soleil est bien présent, les alizés ne le sont pas moins ; l'atmosphère est plutôt fraîche et terriblement humide. Cette ville est un port de pêche avec ses petits bateaux bleus ; une cité à taille humaine marquée par une empreinte européenne très perceptible.
Le riad Mimouna que nous avons choisi pour ces trois jours est situé sur les remparts. Il est déconseillé d'ouvrir les fenêtres au risque de se prendre quelques embruns et de créer un courant d'air dévastateur dans la chambre !

Mardi 23 mai

Escapade au sud
MarocLa lecture en terrasse est une activité très plaisante en vacances, surtout lorsque celle-ci domine les flots. Mais en l'occurence, le vent agace mes pages et me fait oublier que le soleil, radieux, est en train de me brûler. Ouille !
Décidés à sortir de la ville, nous prenons la route en direction du sud, pour longer la côte. À portée de vue des rempart d'Essaouira, de l'autre côté de l'embouchure d'un oued, un petit bourg a çà de célèbre qu'il fut en son temps le quartier général de quelques stars de la musique des années 70. En hauteur, il domine une mer de dunes qui filent vers l'océan et qui abritent les ruines d'un ancien palais rongé par les sables. Le site est magnifique et les promoteurs l'ont bien compris : des buldozers sont en train de dénuder et d'aplanir des hectares de dunes pour y contruire un futur hôtel de luxe au milieu de son golf...
La route vers le sud révèle un paysage sec au relief plus prononcé, couvert d'arganiers. Nous obliquons vers la côte dans la région de Tamanar et nous arrivons sur un belvédère qui surplombe une grève magnifique sur la plage de laquelle des dizaines de barques de pêche bleues sont alignées. C'est l'endroit rêvé pour aller goûter l'eau... mais nous sommes bel et bien dans l'Atlantique, et la mer est à la même température qu'au Cormier : glaciale.
MarocL'arganier est un arbre emblématique de la région, puisqu'il sert à tout. Ses feuilles nourrissent les chèvres qui n'hésitent pas à grimper dans ses branches, et ses fruits ont de multiples utilisations. La pulpe séchée du fruit sert de nourriture aux animaux, les coques du noyau servent à se chauffer et l'huile que l'on tire de l'amande à de multiples applications : cosmétique, cuisine, éclairage... Nous visitons ainsi une coopérative de femmes comme il en existe tant, qui produit essentiellement de l'huile d'argane. La plupart des femmes, nous dit-on, sont veuves ou divorcées et retrouvent ainsi par le biais de la communauté et de la coopérative, une activité salariée et une protection.

Mercredi 24 mai

Essaouira, les souks et la racine de thuya
MarocLa région d'Essaouira s'est faite une spécialité des objets confectionnés à partir du bois de la racine du thuya. De nombreuses coopératives, où travaillent de talentueux artisans, proposent à la vente quantité de coffres, plateaux, meubles, bibelots, etc... couverts de marquetterie de bois de citronnier, de nacre... Certaines pièces sont magnifiques et les prix sont tout à fait abordables.
Aujourd'hui nous errons sur le port de pêche à regarder les bateaux puis nous parcourons les souks et les coopératives à admirer le talents des artisans ébénistes. Un peu de marchandage (obligatoire sur les souks Marocains, semble-t-il) et nous repartons avec un splendide coffre.
Le soleil s'est un peu voilé cet après-midi et sa chaleur n'arrive plus à compenser la fraîcheur et l'humidité déposées sur la ville par le puissant souffle des alizés. Il fait un peu frisquet et une petite séance de hammam au riad arrive à point nommé.
En soirée, nous dînons sur le port, chez Sam, un restaurant sympa à l'ambiance rétro : le tajine de poisson est délicieux !

Jeudi 25 mai

Retour à Marrakech
MarocCe matin le vent s'est enfin calmé. Mais dommage ! c'est l'heure du retour vers Marrakech. Nous quittons l'enceinte du riad Mimouna, sortons des remparts de la ville et reprenons la route vers l'est.
Le dernier riad, l'Amira Victoria est situé dans le nord de la Médina. L'originalité de celui-ci par rapport aux deux autres riads, est qu'il possède trois patios sur plusieurs niveaux et que la terrasse forme une ceinture sinueuse où alternent des coins-détente tous décorés différemment. L'ambiance est calme et la déco d'inspiration locale.
Comme nous ne sommes pas loin des souks, nous retournons nous y plonger afin de tester notre sens de l'orientation. Malgré les multiples chemins de ce dédale, nous réussissons sans problème à rejoindre la place Jemaa El Fna écrasée de soleil. Dans leurs roulottes couvertes d'oranges, les marchands vendent leur jus d'orange frais ; quelques charmeurs de serpent jouent du pipeau (?) sous leurs parasols tandis que les vendeurs d'eau, vêtus leurs tenues traditionnelles aux couleurs vives, appelent les hypothétiques clients.

Chez Ali
MarocCe soir, nous avons succombé sur suggestion du guide aux sirènes du tourisme de masse : ce soir : nous allons dîner chez Ali.
Tous les soirs, Ali reçoit quelques centaines "d'invités" et leur propose un aperçu des cultures du Maroc en 3 heures chrono à la façon Disneyland. Accueillis par les danseuses et les musiciens, nous pénétrons dans la cour d'un splendide palais en carton-pâte où les invités dînent sous de grande tentes. Au menu, rien que du traditionnel : salade marocaine, couscous et méchoui. Pendant le repas, plusieurs groupes de danseuses et de musiciens alternent pour présenter les particulartiés folkloriques marocaines. Mais ensuite, pas le temps de digérer, il faut trouver une place autour de l'arène pour admirer le spectacle. Au programme, reconstitution de courses de chevaux, jongleurs, etc.
Chez Ali, l'avantage c'est que l'on a un aperçu du Maroc "touristique" en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. C'est un peu l'usine à touristes quoi, où néanmoins, les employés présentent leur culture avec une fierté et une bonne volonté rassurantes.

Vendredi 26 mai

Retour vers l'hiver
Voilà, c'est déjà la fin. Après une longue attente à l'aéroport de Casablanca, nous quittons les 35° ~ 37° et le soleil limpide de Marrakech pour plonger vers les nuages bas qui masquent notre Bretagne sud. À Nantes-Atlantique, il fait 16°, il fait humide et il fait froid. Arrivés au Cormier, le poêle est aussitôt rallumé. C'est le retour vers l'hiver...

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