licorneTracy CHEVALIER semble s'être fait une spécialité des destins et intrigues amoureuses qui se nouent autour d'une œuvre d'art. Comme ce fut le cas avec "La jeune fille à la perle" d'après le tableau de Vermeer — également adapté au cinéma — et avec "La vierge en bleu".

La toile de fond de "La dame à la licorne", n'est précisément pas une toile, mais des tapisseries ; dont Jean Le Viste, un riche parisien du XVème siècle, commande les modèles à Nicolas des Innocents, jeune peintre bien en vue par ces dames de la Cour. Inspiré par Claude, la fille aînée du notable, Nicolas se lance dans la réalisation d'ébauches mettant en scène une femme et une licorne.

Ces célèbres tapisseries ne sont autres que celles du musée de Cluny aussi connues comme tapisseries des cinq sens, dont l'origine est assez floue.

La conception et la réalisation de ces six œuvres nous font voyager entre la demeure des Le Viste à Paris et l'atelier des lissiers à Bruxelles. À chaque chapitre, l'auteure adopte le point de vue d'un autre personnage, permettant au lecteur de se plonger dans leur intimité. Cette méthode présente également l'avantage de pouvoir suivre l'évolution des rapports humains et l'avancée de la réalisation des tapisseries depuis différents points de vue.

Cet entrelac de destins ayant pour point commun la naissance des tapisseries en fait un récit bien équilibré, malgré un final que j'ai trouvé un peu brusque. Le roman est également passionnant pour la plongée qu'il propose dans le monde des artisans du Moyen-Âge ; il permet de comprendre la valeur de telles œuvres fruits de la patience, de la rigueur et de la minutie. Une très belle histoire.