nouveau_mondeDe ce film je retiendrais principalement deux qualificatifs : beauté et poésie. Dans le prolongement de « La ligne rouge », Terrence MALICK abreuve le spectateur de magnifiques images de la Nature et de la vie des autochtones en harmonie avec elle. On y trouve un schéma similaire : qu’il soit John Smith ou un G.I. à Guadalcanal, c’est l’homme d’arme qui découvre le jardin d’Éden, la beauté et la paix. Mais le rêve tourne court, et le paradis terrestre devient champ de bataille. Les hommes s’affrontent et se déchaînent au milieu d’une nature spectatrice, intouchable, d’une majesté telle que les conflits humains passent pour totale futilité, fantaisie humaine

A priori, s’inspirer du mythe de la rencontre entre Pocahontas, la princesse indienne et John Smith, capitaine anglais venu jeter les bases de la colonisation de la Virginie pouvait se révéler être une idée désastreuse, car versant facilement dans la mièvrerie. Mais finalement non. Le personnage du capitaine est plus complexe et l’histoire d’amour entre les deux tourtereaux plus chaotique que l’interprétation simpliste du conte.
Les Européens, crasseux et dépenaillés débarquent au milieu des terres habitées par un peuple de sauvages dont l’organisation est plus subtile qu’il n’y paraît et dont le raffinement ne passe pas nécessairement par d’opulentes toilettes.

Les dialogues sont peu nombreux et l’expression de l’amour et de l’harmonie se traduit par les caresses, regards et danses des personnages principaux. L’actrice interprétant le rôle de Pocahontas (Q'orianka KILCHER) est d'une beauté surprenante et pleinement crédible. Un choix de casting crucial pour un casting de choix : Colin FARRELL, Christian BALE, Christopher PLUMMER…
Voilà donc un réalisateur qui n’est pas très prolifique en regard de sa notoriété – et donc de la masse de sollicitations qu’il doit recevoir – mais dont chacune des productions est un délice poétique.