Vendredi 16 septembre

Le fjord du Saguenay
Ste_rose_du_nord Étant donné que la descente en rafting prévue pour ce matin tombe à l'eau faute de places disponibles (vive l'organisation !), nous programmons de longer doucement le fjord du Saguenay par le nord jusqu'à Tadoussac.
Après un petit crochet pour nous rapprocher du fjord, nous atterrissons dans un port magnifique, niché au creux d'une petite baie ensoleillée. Ce charmant petit village se nomme Sainte-Rose-du-Nord. Du quais partent quelques petits sentiers menant à des points de vue épatants sur le fjord. Nous guettons les eaux, mais point de bélougas à l'horizon. Seulement des dizaines d'écureuils qui passent leur temps à se poursuivre dans les pins de branches en branches ou à faire les poubelles à la recherche de frites...
Tadoussac La halte suivante a lieu dans un parc national, à Baie-Sainte-Marguerite. Après quelques kilomètres de marche dans les bois, nous arrivons à nouveau au bord du fjord sur une estacade slalomant au milieu des pins. L'on nous a annoncé qu'il s'agit d'un des endroits de prédilection pour observer des bélougas. Je scrute, je scrute, mais point de cétacé à l'horizon. Le point de vue est heureusement magnifique. Puis, alors que nous décidons à faire demi-tour, j'aperçois une forme qui sort de l'eau, bientôt suivie d'une autre : ce sont des bélougas. Bien sûr, ce ne sont pas de animaux gigantesque qui sortent de l'eau comme flipper à grand renfort d'éclaboussures ; non, les bélougas percent délicatement la surface des flots où l'on aperçoit simplement leur dos tout blanc et leur aileron atrophié, le tout sans troubler l'eau plus que l'onde. On entend un peu le souffle émis par l'évent et l'on imagine la petite colonie qui évolue sous là, sous la surface.
En toute fin d'après-midi, nous atteignons Tadoussac, là où le Saguenay se jette dans le Saint-Laurent. Après une petite balade sur un monticule rocheux offrant un superbe point de vue sur ce petit port, nous descendons sur la plage. Depuis les rochers, ô surprise ! Ici aussi quelques bélougas évoluent, à notre plus grand régal.

Samedi 17 septembre

Les baleines de Tadoussac
RorqualCe matin nous avons rendez-vous au port. Habillés chaudement nous embarquons à huit dans un grand Zodiac rigide pour aller observer les baleines. L'étudiante/guide du bord nous explique qu'à Tadoussac, le fond du fjord remonte brusquement de quelques centaines de mètres de profondeur à quelques mètres seulement. À cet endroit également, le chenal laurentien remonte. Ces hauts-fonds provoquent une accumulation du krill dans cette zone, dont les cétacés sont friands. Au début de l'excursion, nous observons une troupe de bélougas qui évoluent dans les eaux froides. Puis soudain, un petit rorqual semble rentrer le fjord. Petit ? Tout est relatif ; ce spécimen mesure environ 15 m et pèse certainement 15 tonnes. Nous le suivons un long moment le long des parois tombantes du Saguenay tout en perdant pas de vue les bélougas. Certains sont d'ailleurs accompagnés de petits, qui contrairement aux adultes sont gris foncé. Après deux bonnes heures d'observation, nous remontons le fjord pour en admirer les falaises. Nous croisons un paquebot construit.... aux Chantiers de l'Atlantique : décidément, l'ombre de Saint-Nazaire nous poursuit ! Les paysages sont splendides. Dommage toutefois que sur l'eau il fasse si froid.
De retour au port, nous faisons nos adieux à ce petit village de pêcheurs à l'architecture si typique, pour remonter encore le cours du Saint-Laurent.

Traversier pour la Gaspésie
Traversier Nous déjeunons à Betsiamite, au bord du fleuve non loin d'une réserve indienne, puis nous faisons route jusqu'à l'embarcadère de Baie-Comeau pour prendre le traversier. Ici, de fleuve le Saint-Laurent n'en a plus que le nom : d'une largeur de plus de 60 km, le lit est composé d'eau de mer à 99,9%. Nous embarquons dans le "Camille Marcoux" et rejoignons le pont supérieur pour 2h30 de traversée jusqu'en Gaspésie.
À notre arrivée à Matane, il fait nuit depuis un heure environ. Mais nous décidons de progresser quand même vers l'est pendant une petite heure.

Dimanche 18 septembre

De Matane jusqu'à Gaspé
Phare Le jour se lève et nous révèle la plage à quelques mètres : la rive sud du Saint-Laurent. Le ciel est couvert, les nuages sont bas et il ne fait pas très chaud. C'est un peu dommage car cela ne permet pas au fil de la route d'admirer le fleuve et la côte bizarrement escarpée. Le trajet serpente de villages en villages tantôt au bord de la plage, tantôt en hauteur, mais toujours le long du fleuve. Nous rencontrons en chemin quelques magnifiques phares en bois, parfois tout de rouge vêtus. À Cap-des-Rosiers, nous avons même la chance de pouvoir monter au sommet du phare, dans la lentille, nous offrant un point de vue insolite sur la pointe du Forillon — l'extrémité de la Gaspésie.
Avant de rejoindre la ville de Gaspé, nous nous offrons une promenade dans une érablière ainsi qu'une autre dans un petit fort datant de la Seconde Guerre Mondiale (Fort Péninsule) destiné à protéger la baie de Gaspé.
Nous pensions débarquer dans une ville de taille importante, mais force est de constater que Gaspé non content d'être située au bout du monde pourrait sans problème en être le t. d. c. ;-) Le temps est toujours aussi déprimant : il est temps d'aller se coucher !

Lundi 19 septembre

La réserve du Forillon
Forillon Contrairement à la veille, le temps est aujourd'hui radieux. Nous retournons de bonne heure vers la pointe du Forillon pour une petite randonnée. Par chance, alors que nous arrivons, un garde du parc nous propose de nous faire la visite guidée jusqu'à la pointe. Par chance, nous ne croisons ni ours noirs ni porc-épics qui pullulent pourtant dans le parc. Les rivages sont superbes et la mémoire de l'appareil photo risque de saturer. Au bout de trois heures, nous atteignons la pointe au sommet duquel trône un petit phare. Du sommet nous apercevons quelques baleines à l'horizon que l'on repère grâce à l'air mêlé d'eau qu'elles expulsent en geysers. Les paysages sont d'une beauté saisissante : il s'agit de la plus belle randonnée du séjour sans problème. Vers 13h00 nous rejoignons le véhicule pour déjeuner et prendre la route vers la côte sud de la Gaspésie, bordée par la baie des Chaleurs.

En passant par Percé jusqu'à la baie des Chaleurs
Percé Sur la route menant à la côte sud, Percé est un passage obligé. Les falaises, aussi spectaculaires et belles et percées que celles d'Etretat, font face à l'île Bonaventure où nichent une colonie importante de fous-de-Bassan. Certes, ces curiosités géologiques sont très belles, mais l'atmosphère trop touristique des lieux, la concentration humaine, sont presque opressantes en comparaison des calmes ballades matinales. Après un pot dans un restaurant Acadien, nous continuons notre route vers le fond de la baie des Chaleurs, là où débute la frontière entre les provinces du Québec et du Nouveau-Brunswick.

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