Mardi 13 septembre

Québec
Quebec Après une nuit passée au bord du Saint-Laurent à proximité de Québec, nous débarquons de bonne heure aux abords du château Frontenac. Le ciel est couvert mais la visibilité n'est pas affectée ; depuis les remparts de la ville-haute, les rives du Saint-Laurent et l'extrémité sud de l'île d'Orléans sont parfaitement visibles. Juché au sommet de la falaise du cap Diamant l'on comprend facilement pourquoi l'endroit était stratégiquement idéal pour défendre les intrusions dans le fleuve.
Depuis la citadelle, la vue est encore plus surprenante sur la seule ville fortifiée d'Amérique du nord et sur le château Frontenac, un palace construit il y a un siècle dont l'architecte s'est inspiré des châteaux de la Loire pour édifier ce magnifique donjon de briques qui a donné naissance au style canadien "Château".
Quebec Dans la ville basse se croisent d'étroites rues bordées d'anciennes bâtisses de pierre — chose déjà peu commune au Québec ! Le charme qui s'en dégage rappelle celui d'une vieille cité bretonne. Sur la plupart des maisons sont indiqués la date de construction et le nom du premier propriétaire. L'endroit et l'atmosphère historique en font quequechose d'unique et véritablement différent de ce que l'on a pu voir jusqu'à présent. La seule note discordante est française : face au port, sur la place de Paris, trône une sculpture offerte par la ville de Paris. Une horreur sans nom totalement inadaptée au lieu : quelle honte, les parisiens étaient-ils si jaloux pour offrir une telle verrue ? ;-)
En passant par le port, et les vieilles batteries de canons pointées en direction du fleuve, nous remontons vers la ville-haute. Cette partie de la cité où s'accumulent les monuments historiques semble plus récente que la ville basse. S'y trouvent en particulier l'université Laval, une très vieille université fondée au XVII ainsi que l'hôtel du Parlement où siège l'Assemblée nationale du Québec.

La chute Montmorency
Montmorency Après une bonne journée passée à arpenter la capitale de la province, nous profitons de la fin de l'après-midi pour aller au parc de la chute Montmorency à quelques kilomètres de la ville. Un circuit pédestre mène jusqu'à une passerelle surplombant la chute, empruntant un escalier de quelques 500 marches... Le soleil est revenu et les eaux de la Montmorency se précipitent environ 80 m plus bas dans le Saint-Laurent, au milieu d'une brume irisée. C'est très joli et paraît-il plus haut de 30 m que les chutes du Niagara (sans en avoir malheureusement les proportions en largeur ! ;-) ).
Au sommet de la falaise, avant de rejoindre la passerelle, le circuit longe les vestiges du camp occupé par le général Wolfe avant la prise de Québec défendue par les troupes du général Montcalm est qui marqua la fin de la Nouvelle-France.

Au milieu de nulle part
Landry Le soleil se couche est nous prenons la route en direction du nord, vers la région du lac Saint-Jean. Nous empruntons la route 175 qui traverse seule sur 150 km la réserve faunique des Laurentides. Peu à peu l'altitude augmente, le relief devient plus prononcé et les forêts mixtes cèdent la place aux forêts d'épicéas. Ce gigantesque parc parcouru par la chaîne des Laurentides est moucheté d'innombrables lacs, petits et grands.
Avant que l'obscurité ne soit totale, nous avisons des chemins de terre qui partent de la route principale pour mener à quelques lacs les adeptes du camping sauvage, du canoë, de la pêche et de la chasse. Après quelques kilomètres dans la végétation au milieu de nulle part, nous garons le carosse au bord du lac Landry (quelle coïncidence ! ;-) ). Espérons qu'aucun orignal ou ours noir n'aura envie de savoir qui dort dans cette drôle de roulotte...

Mercredi 14 septembre

Les Laurentides
Laurentides Le jour se lève au milieu de nulle part. La lumière du jour nous révèle la beauté du site que nous n'avions pu apprécier la veille. Cette nuit, aucun bruit suspect ne nous est parvenu : oui, aucune trace de pas d'ours autour du camping-car. Perdu en pleine forêt, à quelques kilomètres de la route 175 le silence est impressionnant.
Nous reprenons la route principale en direction de la région du lac Saint-Jean. Les paysages ne varient pas : toujours ces forêts denses trouées de lac aux eaux calmes. Toutefois, le relief se fait plus prononcé et la route grimpe et descend en lacets au gré des pentes.
Puis soudain, au détour d'un virage, la hauteur nous offre subitement un panorama étonnant sur une gigantesque plaine dénuée d'arbres. Sur trois ou quatre kilomètres de descente le paysage change radicalement : les rochers, montagnes, forêts de sapins et lacs cèdent la place à une étendue parfaitement plate, sans la moindre aspérités ou le plus petit bosquet. C'est la fin des Laurentides, voici les rives du lac Saint-Jean.

Le Lac St-Jean
St_Jean Le lac est une étendue d'eau peu profonde, globalement circulaire, d'une taille de 60 km de diamètre. Il se jette à l'est dans le fjord du Saguenay qui lui-même conduit ses eaux jusqu'au Saint-Laurent. La gigantesque plaine entourant le lac est le domaine des grandes exploitations agricoles, et la patrie du ''bleuet", ce que nous appelons en France myrtille.
Nous déjeunons à Métabetchouan, sur une plage au bord du lac, dont les eaux curieusement colorées de bordeaux n'incitent pas à la baignade. Et pourtant ! Il fait 33° et l'envie ne manque pas. Un vent chaud balaie la plage est nous apporte les bonnes odeurs agricoles.

Val-Jalbert
Jalbert Arrivés au sud du lac, nous avons décidé de contourner le lac dans le sens des aiguilles du montre pour rejoindre Chicoutimi. Cet après-midi, nous faisons escale à Val-Jalbert. Il s'agit d'un village fantôme niché aux contreforts des Laurentides au pied d'une belle cascade.
En réalité, ce village a été bâti au début du XXème autour d'une pulperie ; c'est-à-dire une fabrique de pâte à papier, dont l'eau de la cascade fournissait l'énergie nécessaire au fonctionnement des machines. Pour loger les centaines de familles des ouvriers, le propriétaire des lieux avait fait construire un véritable village dans ce petit valon : école, église, lotissement dont les maisons bénéficiaient à l'époque des techniques les plus avancées en matière de chauffage, etc. Le village vivait presque en autarcie au rythme de la pulperie jusqu'à ce que dans les années 20, elle fît faillite. Comme le village appartenait en entier à l'industriel, tout ce petit monde fut chassé et le village fut laissé à l'abandon jusqu'à il y a quelques années où les populations des communes limitrophes décidèrent de mettre ce patrimoine en valeur et de restaurer quelques maisons.
L'atmosphère des lieux est très curieuse et ne manque pas de charme au pied de la cascade de 70 m. Mais l'un des atouts majeurs du site est sans conteste le point de vue offert sur le lac Saint-Jean par le belvédère construit au sommet de la chute.

Depuis ce midi, la température n'a cessé d'augmenter. Ce soir, le temps est lourd et il fait 36°. Comme nous nous y attendions, le ciel craque soudain et l'orage déverse ses tonnes d'eau. Poursuivant notre route sous le ciel obscurci, nous finissons par dénicher un coin tranquille à proximité de Saint-Félicien.

Jeudi 15 septembre

La Boréalie
zoo Ce matin nous décidons d'aller visiter un parc zoologique dont tous nous vantent les mérites. Il s'agit du zoo sauvage de Saint-Félicien. Effectivement, il s'agit sans problème du meilleur zoo que j'ai visité jusqu'à présent. L'espace est très bien organisé et présente un très large éventail de la faune et des paysages de la Boréalie, c'est-à-dire la zone septentrionale du globe qui couvre la quasi-totalité du territoire Canadien. Ici, les animaux ne sont pas en cage : c'est l'humain ! Un tour de huit kilomètres dans des wagons grillagés traverse plusieurs types de biotopes : forêts mixtes où vivent ours noirs et cerfs de Virginie, forêts d'épinettes et lacs où vivent les orignaux, les grandes Prairies où les chiens de prairie creusent d'innombrables terriers...
zoo Grizzly, lynx, couguars, phoques... Le parc est vraiment bien doté. Mais ma préférence va sans soucis aux ours polaires. Ceux-ci disposent d'une énorme piscine dont une extrémité est close par un système vitré. Les trois animaux s'en donnent à cœur-joie : pirouettes, cabrioles, planche, dos crawlé... ces animaux ont une remarquable aisance dans l'eau, et font preuvre d'une nonchalance à mourir de rire. Ils en feraient presque oublier le fait, qu'en liberté, ils demeurent des prédateurs puissants dont un coup de patte nous enverraient ad pater.
Nous quittons les lieux en milieu d'après-midi des images plein la tête. Le parc a une politique éducative très marquée et très enrichissante que je ne peux que saluer. À recommander !

Jusqu'à Chicoutimi
ChicoutimiLe contournement du lac par le nord ne présente pas d'attrait particulier à mes yeux : les paysages sont invariables. Avant d'atteindre Chicoutimi, nous passons dans le village de Saint-Nazaire... Décidément, les colons manquaient cruellement d'inspiration ! ;-)
Chicoutimi est une ville de taille moyenne située là où commence le fjord Saguenay. Après le pays couché voici le début du pays debout, comme les nomment les indiens pour décrire la platitude de la plaine du lac et les falaises escarpées du fjord. La température est retombée mais ne nous empêche pas de flâner le long des quais, enflammés par le soleil couchant.

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