Fenryder C’est par la radio que j’ai entendu par­ler de ce roman. Les cri­ti­ques indi­quaient qu’il s’agis­sait d’une très bonne his­toire d’épou­vante/fan­tas­ti­que écrite par le Ste­phen KING fran­çais.

Qu’en est-il de mon modeste point de vue ?
Pour com­men­cer, je résu­me­rais briè­ve­ment le récit.

En 1933, trois gamins assis­tent invo­lon­tai­re­ment à l’embra­se­ment spon­ta­née d’une riche demeure où tou­tes les gran­des famil­les du Sud des États-Unis s’étaient réu­nies pour fes­toyer. Le mas­sa­cre est orches­tré par le fils des hôtes, signant ainsi son adhé­sion à une société secrète maî­tri­sant les arca­nes du sur­na­tu­rel : les Loups, du géné­ral Fen­ry­der.
Un des témoins raconte au seuil de la mort à son petit-fils cette hor­ri­ble scène que lui et les deux autres enfants ont tenue secrète tou­tes ces années durant.
De nos jours, le petit-fils en ques­tion est devenu roman­cier à suc­cès. Celui-ci se retrouve invité dans un Bed & break­fast récem­ment ouvert par un cou­ple sympa, dans l’ancienne pro­priété qui avait flambé ; invi­ta­tion for­mu­lée par l’auteur du mas­sa­cre de 1933.
Or, des évé­ne­ments tra­gi­ques se pro­dui­sent depuis que le roman­cier a révélé à la presse le ter­ri­ble témoi­gnage de sa grand-mère. Les Loups savent que ce soir de 1933 il y a eu des témoins. Les Loups veu­lent punir les témoins encore vivants, leur des­cen­dance et tou­tes les per­son­nes qui sont dans la con­fi­dence.

Une très bonne his­toire d’épou­vante à la sauce fan­tas­ti­que ai-je entendu, effec­ti­ve­ment, quel­ques scè­nes sont très pre­nan­tes et sus­ci­tent un peu de la frousse escomp­tée. Tou­te­fois, nous som­mes bien loins des ter­reurs que m’ont pro­vo­qué les lec­tu­res de “Salem” et d’autres romans de S. KING.

Tiens, à pro­pos de ce-der­nier : Le Ste­phen KING fran­çais disait la radio. En effet, tout fait pen­ser à Ste­phen KING : les per­son­na­ges, le rythme… Même le style employé dans le roman est un splen­dide copier-col­ler de celui du maî­tre amé­ri­cain. Une fal­si­fi­ca­tion impec­ca­ble si ce ne sont les quel­ques franco-par­ti­cu­la­ris­mes que l’on retrouve ici et là, qui met­tent la puce à l’oreille car ne pou­vant être le fruit de Ste­phen. Un style fade qui ne m’a pas par­ti­cu­liè­re­ment emballé.

Pour con­clure, je ne vais pas être sympa. Il me sem­ble que la thèse tour­nant autour de la société secrète est trop peu exploi­tée et aurait mérité une pré­sen­ta­tion moins tar­dive dans la trame du récit. D’autre part, l’on se demande si le but final de l’auteur n’est pas de ven­dre les droits de son ouvrage au cinéma ; en effet, l’on croi­rait lire le scé­na­rio d’un film amé­ri­cain d’hor­reur type série B. Les des­crip­tions des per­son­na­ges et des décors, les scè­nes et les plans sont orga­ni­sés de façon ciné­ma­to­gra­phi­que : c’est repo­sant à lire, mais le pro­cédé m’a agacé.
Cela dit, pour un pre­mier roman, c’est plu­tôt pas mal. Et je gage qu’Alec COVIN pro­duira des romans un peu mieux archi­tec­tu­rés : brû­lons sa col­lec­tion de Ste­phen KING et offrons-lui des romans de Jean-Chris­to­phe RUFIN ! ;-)