Ce dimanche, il est midi et nous arrivons aux alentours du nouveau palais de justice. Le but est maintenant de localiser les sites d'attraction. En effet, une particularité des spectacles de rue donnés par Royal de Luxe est qu'il n'y a jamais de programme officiel : au spectateur de déambuler, de trouver et de suivre le spectacle !

La recherche n'est pas longue, alors que nous empruntons la passerelle qui permet de traverser le bras de la Madeleine et de rejoindre l'île Gloriette, une petite foule s'est déjà attroupé sur la place pour admirer l'éléphant à voyager dans le temps, endormi. À première vue, une bonne partie de l'attraction se tiendra ici : les lieux ont été dégagés et la trottinette de la petite géante est stationnée à proximité.

Après s'être un peu renseigné auprès de gens qui en viennent, il semble que la petite géante dort actuellement place Graslin, en face de l'opéra, à 5 minutes de là. Tout une foule s'est attroupé autour d'elle. Elle a le sommeil heureux, mais agité : elle respire doucement (les concepteurs ont poussé le détail jusqu'à soulever sa poitrine à chaque respiration), bouge un peu les paupières et les membres.

Il est 15H00, le sultan quitte l'Hôtel de France accompagné de sa cour pour aller réveiller la géante. Celle-ci est assise à sa suite sur une voiture qui lui sert de carosse. Le cortège descend de la place Graslin vers la petite Hollande pour aller rejoindre l'éléphant du sultan. À proximité, la géante se lève. Les machinistes vêtus d'une livrée rouge s'agitent à ses pieds en tirant sur bouts et palans afin de la faire de mouvoir. Une coordinatrice donne les ordres à l'aide d'un mégaphone au rythme de la musique jouée par un groupe mobile, sur un char : « Jambe gauche... levée !.... posée.... Jambe droite levée !.... posée, etc. »
La foule très dense, est émerveillée.

Alors que le sultan et sa troupe grimpent à l'intérieur du pachyderme, la géante effectue quelques tours de trottinette sur la place. Puis, soudain, les barrissements de l'animal mécanique retentissent avec force : c'est le signal. Il se lève lentement sur ses énormes pattes, s'ébroue, balance sa trompe en tous sens et se met en marche.
L'éléphant quitte la place de l'île Gloriette pour emprunter le quai de la Fosse, la petite géante en trottinette à sa suite. De temps en temps, il s'arrête pour saisir quelques feuilles dans les arbres à portée de trompe.

À hauteur du pont Anne de Bretagne, le cortège traverse la Loire pour se rendre en face, sur la Prairie au Duc à la pointe ouest de l'île Beaulieu. L'éléphant ne cesse de cracher de l'eau à l'aide de sa trompe, sur la foule qui se met à sortir les parapluies. Au loin, on aperçoit la fusée qui a permis à la petite géante d'atterrir place de la cathédrale, quelques jours plus tôt. L'obus a été juché sur une sorte d'estrade, dans les anciens chantiers navals Dubigeon.

Alors que le cortège progresse lentement vers la fusée, la foule se presse et s'entasse autour des quais. Il y a un monde incroyable.

Puis, la petite géante est habillée de son bonnet de pilote, et transportée délicatement dans sa fusée. L'éléphant lui caresse délicatement le visage de sa trompe et barri doucement : les gens se taisent, l'instant est magique. Un dernier adieu de la foule qui applaudi et le couvercle de la fusée est scellé. L'éléphant effectue quelques passes magiques autour de l'engin, puis celui-ci commence à gronder et à cracher feu et fumée. L'éléphant émet un barrissment plus intense que les autres et tout cesse. La fusée est encore au sol : la foule est dubitative et attend la suite...

Les machinistes déscellent le couvercle de la fusée : la géante n'est plus à l'intérieur, elle s'en est allé, sous des tonnerres d'applaudissements.

Ce dimanche-ci, plus de 200.000 personnes sont venus dire adieu à la petite géante venu passer quelques jours dans leur ville.

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