Globalia "La plus grande menace sur la liberté, c'est la liberté elle-même.
Comment défendre la liberté contre elle-même ?
En garantissant à tous la sécurité. La sécurité, c'est la liberté. La sécurité c'est la protection. La protection c'est la surveillance. La surveillance, c'est la liberté.
La protection ce sont les limites. Les limites, c'est la liberté."

C'est en partant de ce postulat de départ, erroné, que RUFIN nous décrit une société future imaginaire, Globalia, dont il s'agit du credo.
Globalia est un monde dans lequel la démocratie et la mondialisation ont été portées jusqu'à leur paroxysme à tel point qu'elle paraît bien plus effrayante que n'importe quelle dictature communiste. Où toutes les libertés sont accordées, à l'exception de celle de réfléchir par soi-même. Un monde où l'hypocrisie est de mise, à grand renfort d'euphémismes. Un monde où le passé de l'humanité est censuré, car jugé trop subversif. Un ensemble de cités construites sous d'immenses coupoles de verre, totalement coupées du monde extérieur, nié : les non-zones.

Les non-zones dans lesquelles s'entassent un tiers-monde refoulé et diabolisé par Globalia.

Dans ce monde, RUFIN conte l'histoire d'un jeune Globalien qui cherche à en savoir davantage et qui tente sa chance de l'autre côté des grandes verrières.

Ce qu'il y a de remarquable dans ce livre, c'est le fait qu'il nous parle beaucoup. Car, outre l'aspect science-fiction du roman, RUFIN décrie à sa façon les dérives de notre mondialisation et de l'abondance de lois sensées combattre l'insécurité publique mais qui ne prennent pas le problème à la racine.

J'ai évidemment beaucoup aimé ce joli roman prêté par Tigroux, et qui m'a conforté dans l'idée que Jean-Christophe RUFIN était un très bon auteur, capable d'appréhender des thèmes variés, avec un style élégant qui me plaît évidemment !

Allez, une petite dernière citation pour la route, tellement vraie ! :

"Les démocraties cultivent leurs ennemis, elles liquident leurs adversaires. Car...
Les ennemis sont ceux qui vous haïssent et qui veulent nous détruire. Alors que...
Les adversaires sont ceux qui nous aiment et qui aimeraient nous transformer."