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mercredi 7 mai 2008

Balade autour de l'Öresund : les photos

À défaut d’entre­te­nir régu­liè­re­ment le con­tenu de ce blog, je me suis aujourd’hui occupé de met­tre en ligne un album photo de la visite que nous avions faite à Quen­tin, à Lund en Suède, à la der­nière Tous­saint. En pro­fi­tant éga­le­ment de l’occa­sion pour exploi­ter la fonc­tion­na­lité de Pica­sa­web per­met­tant de géo­lo­ca­li­ser les cli­chés.

Par­tis de Paris pour Copen­ha­gue, nous avions ensuite tra­versé le détroit de l’Öre­sund via le pont-tun­nel pour rejoin­dre la Sca­nie en Suède.

Ce fut en vérité un très joli voyage. Le temps était cer­tes un peu fris­quet en ce début novem­bre au bord de la Bal­ti­que, mais cela dit, le soleil était aussi de la par­tie pour ce court aperçu scan­di­nave.

Après quel­ques péri­pé­ties sué­doi­ses, nous avions con­clu par une visite de la capi­tale danoise avant de nous en retour­ner. Une belle balade éclai­rée par les cou­leurs de l’automne, dans un pay­sage où il me plai­rait de reve­nir en d’autres sai­sons, sous d’autres lumiè­res.

Album photo

jeudi 30 août 2007

Vacances en Écosse

Édim­bourg, la ville, le fes­ti­val (2-5 août)

Pen­dant le mois d’août, le cœur de la capi­tale de l’Écosse bat au rythme des mul­ti­ples mani­fes­ta­tions qui s’entre­mê­lent et qui drai­nent près d’un mil­lion de visi­teurs le temps de quel­ques semai­nes. Le fes­ti­val inter­na­tio­nal, bien sûr ! et ses nom­breu­ses scè­nes dis­sé­mi­nées dans la cité et puis le “off” avec le Fringe, le long du Royal Mile.
Les rues four­millent et il est très agréa­ble de décou­vrir cette jolie ville du nord de l’Europe sous un aspect très “vivant”. Plu­sieurs cho­ses me frap­pent agréa­ble­ment à son abord :
— C’est une cité qui sem­ble à taille humaine ; pas d’oppres­sion ici. La ville “bouge” ; et au vu du nom­bre de pubs et autres bars, elle sem­ble être vivante aussi bien en haute qu’en basse sai­son.
— Le relief de la ville est assez par­ti­cu­lier : au milieu de la ville s’élè­vent de drô­les de col­li­nes qui pren­nent par­fois des allu­res de peti­tes mon­ta­gnes, comme Arthur’s seat.
— De nom­breu­ses zones ver­tes, qu’elles soient sim­ples jar­dins ou immen­ses parcs, par­sè­ment la ville et “l’aèrent”.
— Le nom­bre de vieilles pier­res au mètre carré est assez impres­sion­nant dans la vieille ville. Or, comme celle-ci s’étale et des­cend le long des flancs de l’épe­ron rocheux au som­met duquel se dresse le châ­teau, cela donne l’impres­sion d’avoir des monu­ments col­lés les uns aux autres…

Les qua­tre jours enso­leillés à Édim­bourg sont l’occa­sion de visi­ter les “clas­si­ques” de la ville. Au pre­mier rang duquel se trouve le châ­teau (le plus haut en alti­tude aussi !). L’édi­fice se trouve au som­met de son épe­ron et domine toute la ville, en par­ti­cu­lier la New Town, sur laquelle il offre une vue impre­na­ble. En plus d’être un monu­ment très bien entre­tenu, le châ­teau est éga­le­ment le lieu de rési­dence d’un régi­ment écos­sais. Si l’on laisse de côté quel­ques musées aux thé­ma­ti­ques mili­tai­res rare­ment objec­ti­ves, les inté­rieurs n’ont rien d’excep­tion­nel, si ce n’est le palais qui abrite les “hon­neurs d’Écosse” : les ins­tru­ments du pou­voir du trône écos­sais (cou­ronne, scep­tre, bijoux…). L’inté­rêt est réso­lu­ment en exté­rieur.
Par­tant à l’est du châ­teau des­cend le Royal Mile, bordé de nom­breu­ses bou­ti­ques tou­ris­ti­ques, d’échop­pes de kilt­ma­kers, de vieux bâti­ments (dont l’ancien par­le­ment), mais éga­le­ment d’une célè­bre fabri­que qui pré­sente sa col­lec­tion de tar­tans. Tout au bout du mile, se trouve le châ­teau d’Holy­rood, la rési­dence royale offi­cielle des sou­ve­rains à Édim­bourg. Lui fai­sant direc­te­ment face, tel un pied de nez, se trouve le tout neuf par­le­ment écos­sais. Une archi­tec­ture très moderne, toute de bois, de béton et de métal brillant qui me plaît énor­mé­ment.

Le samedi soir, nous assis­tons à une mani­fes­ta­tion esti­vale très pri­sée dans la ville : le Mili­tary Tat­tooo. Il s’agit d’un fes­ti­val de fan­fa­res mili­tai­res venant des qua­tre coins du monde qui vien­nent se pro­duire dans la grande cour du châ­teau d’Édim­bourg où d’énor­mes gra­dins sont ins­tal­lés à cette occa­sion pour accueillir les 200.000 spec­ta­teurs du mois d’août. Cette année, en plus de l’obli­ga­toire fan­fare de la garde écos­saise (Bla­ck­watch, Dra­gons…) défi­lant au son de la cor­ne­muse, sont venus jouer : le con­ser­va­toire mili­taire de Mos­cou (joli mor­ceau jazzy), un orches­tre mili­taire de Tri­ni­dad et Tobago (drôle de mélange entre steel band et uni­for­mes), un régi­ment amé­ri­cain de style XVIIIème vêtus à la Lafayette (pipeau, pipeau) , etc.
Le show est très bien rodé, bien mis en scène et fina­le­ment la musi­que aux accents mili­tai­res devient un spec­ta­cle gran­diose plei­ne­ment inté­gré dans cet envi­ron­ne­ment excep­tion­nel qu’est le châ­teau. Ne me reste plus qu’à com­pren­dre pour­quoi les spec­ta­teurs Fran­çais ont été les seuls à avoir été sif­flés alors que le pré­sen­ta­teur chauf­fait l’assis­tance…

East low­lands et Gram­pians (6 août)

Bien que ne pro­fi­tant pas de la dou­ceur du Gulf Stream et n’étant pas aussi décou­pée et mon­ta­gneuse que sa sœur de l’ouest, la côte est de l’Écosse n’en est pas moins dépour­vue de charme. Des col­li­nes ondu­lent dou­ce­ment le long de la mer du Nord où se nichent de jolies peti­tes vil­les. Comme Saint-Andrews, qui abrite les bâti­ments coquets de la plus ancienne uni­ver­sité du pays et où Marie Stuart aurait joué à l’ancê­tre du golf, natif de la bour­gade sem­ble-t-il…

Les Gram­pians sont l’une des trois prin­ci­pa­les chaî­nes de mon­ta­gnes écos­sai­ses. Ils s’éti­rent depuis l’Aber­deen­shire jusqu’à la région d’Oban selon un axe nord-est sud-ouest, comme l’ensem­ble des mas­sifs écos­sais. Ils com­por­tent des zones très inhos­pi­ta­liè­res et comp­tent quel­ques-uns des plus hauts pics du pays.

C’est au cours du lundi et du mardi que nous tra­ver­sons la par­tie est du mas­sif. Après avoir fran­chi Dun­dee et le Firth of Tay, il n’y a qua­si­ment qu’une seule petite route — l’A93 — qui con­ti­nue à s’enga­ger dans les Gram­pians. Après une halte à Bridge of Cally, dans un B&B bien tenu par un cou­ple de retrai­tés fort aima­bles, nous con­ti­nuons notre route. Au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans les ter­res et que l’alti­tude aug­mente, la tem­pé­ra­ture, elle, des­cend : au plus haut, au pied de la sta­tion de ski de Devil’s elbow, le ther­mo­mè­tre de la voi­ture indi­que vers 10h00 les 8,0°C… Mais passé Brae­mar, le fond de l’air se réchauffe. Arri­vés à Bal­mo­ral — la rési­dence d’été de la reine —, il fait même 14,0 °C ! Le châ­teau est bien gardé et est invi­si­ble de la route. On arrive seu­le­ment à dis­tin­guer un pavillon flot­tant au som­met de la tour la plus haute, le pavillon royal : la vieille est là ! ;-)
Plus loin, nous déci­dons de ne pas aller jusqu’à Aber­deen — vers où la route nous mène logi­que­ment — mais plu­tôt de res­ter encore dans le mas­sif en con­ti­nuant sur de peti­tes rou­tes en direc­tion du nord, vers la région des dis­til­le­ries. Ainsi, à Duff­town, nous visi­tons la dis­til­le­rie Glen­fid­dich, où une char­mante guide fran­co­phone nous apprend que Glen signi­fie “val­lée” et Fid­dich “Cerf” : “Val­lée du cerf” en gaé­li­que. La visite est très inté­res­sante entre ces énor­mes cuves de fer­men­ta­tion ou ces gros alam­bics en cui­vre. Le site de pro­duc­tion est très impor­tant et la firme déploie tous ses efforts pour com­mu­ni­quer sur le côté com­plè­te­ment “tradi” de leur whisky.

Loch Ness (6-7 août)

Après un détour du côté d’Elgin pour aller admi­rer les jolies pla­ges de sable fin de la côte nord, nous arri­vons sur Inver­ness pour un trou­ver un endroit où dor­mir. C’est sans comp­ter sur le fait que tous les hôtels et B&B de la ville sem­blent com­plets. Aussi, nous déci­dons de con­ti­nuer nos recher­ches direc­te­ment en lon­geant la rive sud du fameux Loch Ness — dont l’ouver­ture sur la mer du Nord se fait à Inver­ness — et de quit­ter cette ville sans charme par­ti­cu­lier. Après quel­ques ten­ta­ti­ves infruc­tueu­ses, nous posons les sacs dans un B&B pas­sa­ble, mais offrant une pleine vue sur le loch, à Dores.

Le len­de­main, nous pour­sui­vons notre route sur la rive sud du loch jusqu’à son extré­mité, à Fort Augus­tus. L’inté­rêt de cette bour­gade est la série d’éclu­ses en esca­lier qui per­met­tent de pas­ser du Loch Ness (se jetant dans la mer du Nord) au Loch Oich, qui lui-même est relié aux autres lochs du Great Glen jusqu’à l’océan Atlan­ti­que. De là, nous déci­dons de gagner Ulla­pool, sur la côte nord-ouest. Nous lon­geons donc la face nord du Loch Ness cette fois-ci, puis obli­quons en direc­tion des High­lands du nord-ouest. Mal­gré nos efforts, nous n’aurons pas vu Nes­sie…

C’est à l’occa­sion d’un pique-nique devant un magni­fi­que pay­sage de tour­biè­res et de bruyè­res que nous avons fait la con­nais­sance des célè­bres mid­ges. Com­ment les décrire ? J’ose­rais dire qu’ils sont aux mous­ti­ques ce que les piran­has sont aux requins blancs. C’est-à-dire qu’un seul indi­vidu, aussi micro­sco­pi­que qu’il soit, pro­vo­que déjà de sérieux dégâts (piqûre, déman­geai­sons sou­te­nues, etc.) ; mais, le midge aime la com­pa­gnie de ses sem­bla­bles et ne se déplace jamais sans au moins quel­ques dizai­nes de mil­liers de potes. Aussi, dès qu’il n’y a plus de brise pour les chas­ser, ni de plein soleil pour les des­sé­cher, ils sor­tent de leurs taniè­res humi­des et s’abat­tent en nuées com­pac­tes sur tout orga­nisme vivant pour lui pom­per tout son sang. Je ne com­pre­nais pas pour­quoi les habi­tants allaient jar­di­ner dans leur pota­ger et les grands ran­don­neurs tra­ver­ser les prés humi­des accou­trés de tenues d’api­cul­teurs. Après cette pre­mière ren­con­tre avec la “plaie des High­lands”, je com­prends mieux… :-)

High­lands (7-9 août)

Sur la route en direc­tion d’Ulla­pool, nous pro­fi­tons d’un site inté­res­sant pour une petite pro­me­nade diges­tive. Une jolie balade autour des falls of Rogie dont un petit pont enjambe le flux bouillon­nant.
Après Garve sur l’A835, le pay­sage change subi­te­ment : les col­li­nes boi­sées lais­sent d’un coup la place a des reliefs plus escar­pés et recou­verts d’une végé­ta­tion rase et ver­dâ­tre tirant sur le fauve. Une vision lunaire dont la cou­leur me rap­pelle cer­tains pay­sa­ges du Con­ne­mara. Enfin, les habi­ta­tions revien­nent petit à petit et les pre­miers pics de la côte nord-ouest appa­rais­sent. Nous arri­vons enfin à Ulla­pool, un port de pêche abrité dans le Loch Broom. Un gros cha­lu­tier embar­que d’ailleurs quel­ques vivres pour la pro­chaine cam­pa­gne de pêche. Comme la veille à Inver­ness, les hôtels et B&B ont été pris d’assaut et nous devons nous éloi­gner de plu­sieurs kilo­mè­tres de la bour­gade. Nous en pro­fi­tons pour amor­cer une des­cente vers le sud en con­tour­nant le loch. Nous atter­ris­sons dans un excel­lent B&B[1] tenu par un jeune cou­ple, au bord des eaux du Lit­tle Loch Broom.

Len­de­main jeudi, nous lon­geons la côte en direc­tion du sud. Les pay­sa­ges sont splen­di­des et le soleil est tou­jours de la par­tie. Sur les con­seils de Paula, nous nous enfon­çons dans une presqu’île à la recher­che d’une plage de sable fin à l’hori­zon barré par les High­lands. Nous trou­vons ce petit coin de para­dis à Mel­lon Udri­gle. Les nom­breu­ses rui­nes alen­tour sont des ves­ti­ges des Clea­ran­ces, nous apprend-t-on. Épo­que à laquelle les nobles Anglais ayant pris pos­ses­sion de ces ter­res ont forcé les pay­sans à les quit­ter pour y faire pâtu­rer des mou­tons ; les obli­geant sou­vent à embar­quer pour le Nou­veau Monde.
La pro­chaine étape se situe au jar­din d’Inve­rewe, à côté de Poo­lewe. Bien que située à plus de 57° de lati­tude nord, la région subit les influen­ces du Gulf stream à tel point que l’on y fait pous­ser sur quel­ques hec­ta­res au bord de la mer, des espè­ces végé­ta­les exo­ti­ques que j’aurais peur de lais­ser en exté­rieur, l’hiver au Cor­mier, à 10° de lati­tude plus au sud ! La végé­ta­tion est luxu­riante et l’on y ren­con­tre de nom­breu­ses Gun­ne­ras, Fou­gè­res arbo­res­cen­tes… Les ter­res aci­des des high­lands sont éga­le­ment un bon­heur pour les Aza­lées arbo­res­cen­tes et Rho­do­den­drons. Dom­mage que la flo­rai­son soit ter­mi­née, j’ose à peine ima­gi­ner la splen­deur des mas­sifs au prin­temps !
Nous pous­sons ensuite jusqu’au Glen Tor­ri­don en pas­sant par des pay­sa­ges tel­le­ment magni­fi­ques que j’ai peur de finir blasé ! ;-)

Une spé­cia­lité rou­tière du pays sem­ble-t-il sont les sin­gle track roads. Ce sont des rou­tes trop étroi­tes pour deux véhi­cu­les où sont amé­na­gées des pla­ces sur le bas-côté à inter­val­les régu­liers pour lais­ser pas­ser les véhi­cu­les qui vien­nent en sens inverse. On en ren­con­tre des dizai­nes de kilo­mè­tres dans les High­lands, elles sont fati­gan­tes pour les péda­les d’embrayage, mais sont sou­vent les seu­les voies d’accès à des pay­sa­ges extra­or­di­nai­res.

Île de Skye (10-11 août)

« L’île de Skye, nous a dit une de nos hôtes­ses de B&B, c’est toute l’Écosse à un seul endroit. À cha­que virage de nou­veaux pay­sa­ges appa­rais­sent ! » Je crois qu’elle n’a pas tort. Skye est la plus grande des îles Hébri­des inté­rieu­res, reliée au con­ti­nent par le pont du même nom. Ses plus hauts pics cha­touillent les 1.000 mètres d’alti­tude et n’ont rien à envier à leurs homo­lo­gues du “con­ti­nent”. L’île est un haut-lieu tou­ris­ti­que d’Écosse notam­ment pour ses nom­breu­ses curio­si­tés géo­lo­gi­ques for­mées par l’éro­sion, ses pay­sa­ges splen­di­des, son riche patri­moine mais éga­le­ment car elle per­met de gagner d’autres îles grâce au réseau de fer­ries.

Nous arri­vons sur l’île le ven­dredi. Le temps est très varia­ble. Nous lon­geons la côte est de l’île en pas­sant par Por­tree, la ville prin­ci­pale de l’île. C’est sur cette face de Skye que se trou­vent les curio­si­tés géo­lo­gi­ques les plus con­nues : le Kilt Rock, dont les failles ver­ti­ca­les figu­rent le plissé d’un kilt ou encore l‘Old man of Storr, une curieuse roche dres­sée qui sem­ble se déta­cher en équi­li­bre de la paroi. La géo­lo­gie de l’île est en effet très curieuse et les pay­sa­ges gran­dio­ses. Arri­vés au nord de l’île, nous con­ti­nuons en lon­geant la côte est jusqu’à Dun­ve­gan. C’est dans cette ville que se trouve le châ­teau du célè­bre clan MacLeod qui se par­ta­geait autre­fois l’île avec le non-moins célè­bre clan des Mac­Do­nald. À proxi­mité, un petit che­min de mar­che côtier per­met de gagner un éton­nant site : “Coral beach”. Il s’agit d’une plage de véri­ta­ble sable blanc coral­lien dont la blan­cheur tran­che avec les autres pla­ges dont le sable tire plu­tôt sur le noir. Un endroit assez magi­que en fait où nous ren­con­trons quel­ques pai­si­bles loca­tai­res : un trou­peau de vaches des High­lands ; un mélange de style déton­nant avec une élé­gante robe crème et un long tou­pet limite négligé qui leur tombe sur les yeux. ;-)

Le samedi matin, avant de quit­ter un char­mant B&B situé dans une ancienne école[2], nous visi­tons la dis­til­le­rie Talis­ker. Le con­traste avec le côté “indus­triel” de Glen­fid­dich est sai­sis­sant tant celle-ci sem­ble arti­sa­nale.
Quel­ques kilo­mè­tres après la sor­tie de l’île, sur la route de Fort Williams, se situe le roman­ti­que châ­teau dEilean Donan bâti sur un îlot au milieu des eaux cal­mes du Loch Duich. Relié par un petit pont à la terre ferme, ce châ­teau est célè­bre dans le monde entier pour avoir été le lieu de tour­nage de nom­breux films, dont « High­lan­der » ou encore « Haute-vol­tige ».

Great Glen (11-12 août)

Le “Great Glen” est le nom donné à la mons­trueuse faille géo­lo­gi­que qui coupe les high­lands en deux selon un axe nord-est sud-ouest, depuis Inver­ness jusqu’à Oban en pas­sant par Fort Augus­tus et Fort William ; laquelle dépres­sion a donné nais­sance à plu­sieurs lochs, dont le Loch Ness. C’est notam­ment sur la frange sud de cette faille, dans les Gram­pians à proxi­mité de Fort Williams, que cul­mine le plus haut som­met de Grande-Bre­ta­gne : le Ben Nevis (1.341 m).

Le samedi après-midi, nous fai­sons halte à Fort Williams. Le temps est humide, bru­meux, et la ville inin­té­res­sante : elle est laide et peu d’acti­vi­tés sont pro­po­sées. Bien que située au bord de l’eau, elle est le point de départ pour explo­rer les pics alen­tour tel le Ben Nevis. Elle se donne d’ailleurs de faux-airs de sta­tion de ski. Fort Williams n’est qu’une étape, au mieux une base de rando.

Diman­che matin, le ciel se dégage à mesure que nous appro­chons de la sor­tie du Great Glen. Nous déci­dons alors d’effec­tuer un petit cro­chet sur la route d’Oban pour aller faire une mar­che dans le Glen Coe. Outre pour sa grande beauté ui en fait l’un des pay­sa­ges incon­tour­na­bles de l’Écosse, cette val­lée inhos­pi­ta­lière est éga­le­ment con­nue pour les mas­sa­cres qui s’y dérou­lè­rent à la fin du XVIIème.

Oban, Glas­gow (12-14 août)

Oban est avant tout célè­bre pour le fameux whisky qui porte son nom mais c’est aussi un point de départ obligé des fer­ries qui per­met­tent de rejoin­dre de nom­breu­ses îles Hébri­des. Il est très agréa­ble de se bala­der sur son petit port de pêche et sur le front de mer qui fait face à l’île de Mull. Il y a peu de cho­ses à visi­ter à Oban, sinon cet étrange pseudo-monu­ment, une éton­nante muraille cir­cu­laire imi­tant un Coli­sée en minia­ture, posé au som­met de la col­line sur­plom­bant la ville, comme une sorte de cou­ronne. Il y a éga­le­ment d’excel­lents res­tau­rants sur le port, où l’on peut dégus­ter la pêche du jour cui­si­née à la mode Écos­saise.

Si Édim­bourg est la capi­tale his­to­ri­que, la ville-musée de l’Écosse, nul doute que Glas­gow en est le pou­mon éco­no­mi­que. Avec une zone urbaine et une popu­la­tion qua­tre fois plus impor­tan­tes, cette grande ville tran­che avec sa vieille voi­sine (dis­tante de seu­le­ment 60km) par l’impres­sion de moder­nisme et de dyna­misme qu’elle dégage, même si par­fois, les immeu­bles en verre des nou­veaux quar­tiers d’affai­res lui don­nent un air froid de petit New-York. Car des nou­vel­les cons­truc­tions, il y en a à Glas­gow ! Les ancien­nes fri­ches indus­triel­les de la cité ouvrière, bâties le long des rives de la Clyde, font désor­mais place à de riches fau­bourgs inves­tis par le Science Cen­tre, les bureaux de BBC Scot­land ou d’élé­gants ponts à hau­bans, par exem­ple. Cela dit, le cen­tre-ville pos­sède de bel­les et lar­ges ave­nues qui four­millent de monde.

Cette escale à Glas­gow est l’occa­sion de faire dans le cul­tu­rel ; en com­men­çant tout d’abord par la Gal­lery of Modern Art, située dans un vieil édi­fice du cen­tre. La GoMA pro­pose une expo tem­po­raire qui dénonce les déri­ves du com­mu­nau­ta­risme, en par­ti­cu­lier dans des régions tel­les que l’Irlande du Nord où les ten­sions com­mu­nau­tai­res sont for­tes. Quel­ques œuvres de Hok­ney et Andy Warhol sont éga­le­ment pré­sen­tées.
En s’éloi­gnant du cœur de ville, à côté de l’uni­ver­sité de Glas­gow, se situe le Kel­vin­grove Art Gal­lery and Museum. Un immense et somp­tueux palais baro­que de pierre rouge cons­truit à la fin du XIXème siè­cle pour l’exhi­bi­tion inter­na­tio­nale de 1901. L’inté­rieur est tout aussi gran­diose que l’exté­rieur et pré­sente de mul­ti­ples ailes, sal­les et gale­ries reliées par d’immen­ses volu­mes riche­ment déco­rés. L’on peut y admi­rer un large éven­tail de pein­tu­res euro­péen­nes, clas­si­ques et moder­nes et notam­ment une large col­lec­tion d’œuvres écos­sai­ses. Bien que le clou de la visite soit la toile du “Christ de Saint Jean de la Croix” de Dalí, Je suis sur­tout attiré par l’expo sur le tra­vail de Char­les Ren­nie Mackin­tosh, chef de file de l’Art Nou­veau en Écosse.
Cette visite à Glas­gow est aussi l’occa­sion d’aller visi­ter le Science Cen­tre (envahi par un raz-de-marée de mar­maille hur­lante) et d’aller voir le der­nier Harry Pot­ter sur écran IMAX.

Édim­bourg, fin du voyage (15 août)

Le der­nier jour en Écosse, et à Édim­bourg de sur­croît, est l’occa­sion d’une der­nière balade au jar­din bota­ni­que de la ville, d’une séance d’essayage de kilt sur le Royal mile, des der­niers achats et d’une der­nière nuit dans un bel hôtel.

C’est donc la fin d’un très joli séjour, encore une fois trop court pour appro­fon­dir la con­nais­sance du pays ; un goût d’ina­chevé me reste. Voilà encore une des­ti­na­tion où il me tarde de reve­nir.

Notes

[1] Eas­ter Bad­bea B&B, Phil et Paula CROSS, Bad­bea. Vue impre­na­ble sur le loch, cham­bres neu­ves et pro­pres. Les hôtes sont par ailleurs d’une ama­bi­lité et d’une pré­ve­nance rares. Notre meilleur sou­ve­nir de B&B.

[2] Old School House, Scon­ser (Isle of Skye). Jolie vue, ambiance tra­di­tion­nelle.

mardi 3 juillet 2007

À Madère, en honeste compagnie

Cela fai­sait déjà quel­ques temps que nous ne nous étions pas revus. Aussi, c’est sur l’île de Madère que nous avons décidé de pas­ser une semaine de retrou­vailles entre ex-étu­diants stra­bour­geois. Du 17 au 24 mai, j’ai arpenté pour la seconde fois le jar­din flot­tant de l’Atlan­ti­que mais cette fois-ci en com­pa­gnie de Dédé et d’Anisa.

Même si la météo n’était pas tou­jours au ren­dez-vous, nous nous y som­mes beau­coup amusé. Aussi, éta­blir le récit de nos exploits est une rude tâche que j’avais con­fiée à la Belle. Hélas ! (façon de par­ler) tout acca­pa­rée par les bras de son amant, le billet tarde à venir. Mais ce n’est pas bien grave : car elle aurait bien tort de se pri­ver et car les nom­breu­ses pho­tos pri­ses au cours du séjour par­lent sou­vent d’elles-mêmes… :-)

Gale­rie Gles­ker

Gale­rie MAIL

mardi 8 mai 2007

En Irlande

Jeudi 3 mai

Il pleut sur le tar­mac de l’aéro­port de Nan­tes. Nous som­mes douze et nous grim­pons à bord du gros Boeing affrété par Rya­nair. Quel­ques minu­tes plus tard, celui-ci prend son envol pour la côte ouest de l’Irlande, vers l’aéro­port inter­na­tio­nal de Shan­non.

Il est près de minuit locale lors­que nous garons les trois voi­tu­res de loca­tion à proxi­mité de notre pre­mière étape. Il s’agit d’un pub auberge situé à Ennis, ville prin­ci­pale du comté de Clare, non loin de l’aéro­port. La mai­son est n’est pas toute jeune, mais cela suf­fira pour une nuit. Des musi­ciens sont d’ailleurs en train de jouer quel­ques airs tan­dis que sur un plasma, Sky­news dif­fuse le résul­tat des élec­tions Écos­saise. Voici le moment de pren­dre la pre­mière Guin­ness du voyage, breu­vage som­bre, quasi élevé au rang de bois­son natio­nale ! ;-)

Ven­dredi 4 mai

Après une visite som­maire du cen­tre-ville d’Ennis sous le soleil, nous pre­nons la direc­tion du nord, vers Gal­way. Sur le tra­jet, nous sor­tons de l’axe prin­ci­pal pour nous diri­ger vers la côte, à l’ouest. Bien que pré­venu, je cons­tate de visu l’état des rou­tes secon­dai­res du pays : peu nom­breu­ses, elles sont de plus très étroi­tes, sou­vent sinueu­ses et par­fois même en mau­vais état. À proxi­mité de Gort, nous nous arrê­tons visi­ter un monas­tère en rui­nes au milieu des champs, à Kil­mac­duagh. Une éton­nante tour ronde déli­ca­te­ment pen­chée se dresse en son cen­tre. J’apprends que ce genre d’ouvra­ges qui ne pos­sè­dent pas de por­tes, per­met­taient aux moi­nes de s’y retran­cher lors des raids bar­ba­res. Ces tours sont ancien­nes (post-an mil) et se ren­con­trent dans d’autres sites du même genre.

À mesure que nous appro­chons de la côte, le pay­sage se vide de grande végé­ta­tion. Plus un arbre, seu­le­ment des arbus­tes et des her­bes qui subis­sent mieux les tem­pê­tes de l’hiver. Enfin, nous arri­vons aux Cliffs of Moher, une série de hau­tes et bel­les falai­ses qui cou­rent sur quel­ques kilo­mè­tres. Les abords de cette curio­sité géo­lo­gi­que très appré­ciée des tou­ris­tes vien­nent d’être tota­le­ment réa­mé­na­gés. Et je suis par­tagé entre les sen­ti­ments de voir ce site trans­for­més en pres­que-Dis­ney­land et le sou­cis de sécu­rité ainsi que le cons­tat que les archi­tec­tes ont tenté au mieux d’inté­grer les infra­struc­tu­res à l’envi­ron­ne­ment. C’est vrai qu’elles sont bel­les ces falai­ses. Pas aussi hau­tes que le Prei­kes­to­len, bien entendu, mais cette guir­lande qui se découpe dans la brume de mer donne matière à quel­ques bon­nes pho­tos sous un soleil qui tape dur.

En remon­tant vers le nord, nous tra­ver­sons le Bur­ren : une région sèche, miné­rale qu’un géo­mè­tre de Crom­well[1] décri­vait de la manière sui­vante : « Sur ces ter­res, point assez d’eau pour noyer un homme, pas d’arbre pour le pen­dre, ni de terre pour l’enter­rer ». Un bou­clier de roche fis­su­rée, au bord de la mer, com­plè­te­ment inhos­pi­ta­lier et pour­tant… C’est l’un des pay­sa­ges qui m’a le plus fas­ciné, par sa déso­la­tion et pour sa vie. Car para­doxa­le­ment, les fis­su­res dans les­quel­les l’eau de pluie pénè­tre con­cen­trent ne nom­breu­ses varié­tés végé­ta­les qui, en ce prin­temps, égayent de leurs cou­leurs le gris mono­tone de la pierre. C’est ainsi le vio­let des géra­niums san­guins, le bleu pro­fond des gen­tia­nes prin­ta­niè­res ou le jaune soleil d’une autre fleur que je n’ai pu iden­ti­fier.

La route de Gal­way se fait lon­gue et une halte s’impose. Un petit bourg sympa recueille notre assen­ti­ment pour aller sécher une Guin­ness. Or, com­ble de chance, ce week-end à lieu à Kin­vara (puisqu’il s’agit du nom de ce petit port) le Fleadh na gCuach : un fes­ti­val annuel de musi­que tra­di­tion­nelle. Les musi­cos sont ravis et se pro­met­tent d’y reve­nir les soirs sui­vants.

Plus tard, nous posons les vali­ses pour trois jours dans un hôtel moderne à l’est du cen­tre de Gal­way, puis nous allons dîner en cen­tre-ville, car le ser­vice à lieu de bonne heure ici. Plus tard dans la soi­rée, nous irons écou­ter de la musi­que et boire quel­ques biè­res au Quays, dans la rue du même nom, avant de retour­ner à pied à l’hôtel.

Samedi 5 mai

Un savou­reux petit déjeu­ner irlan­dais avalé, nous déci­dons de retour­ner dans le cen­tre-ville pour un peu de visite et de shop­ping tout au long de l’après-midi. Aujourd’hui, le ciel est chan­geant : quel­que­fois nua­geux et frais et par­fois tota­le­ment enso­leillé.

Comme prévu la veille, nous retour­nons en soi­rée à Kin­vara. Il n’y a pas foule mais du monde se presse quand même aux por­tes des mul­ti­ples pubs du vil­lage pour aller écou­ter les musi­ciens du cru. C’est joli, c’est typi­que et il y a peu de tou­ris­tes. Plus tard dans la soi­rée, alors que les pubs ne désem­plis­sent pas et que la bière coule à flot, quel­ques aver­ses com­men­cent à chas­ser les audi­toi­res vers l’inté­rieur ou dans les voi­tu­res. C’est vers cette seconde option que nous nous rabat­tons pour ren­trer à l’hôtel. De nuit, la con­duite à gau­che est encore plus impres­sion­nante sur ces rou­tes sinueu­ses.

Diman­che 6 mai

Aujourd’hui, nous avons décidé de pous­ser vers le nord-ouest, vers cette région que tout le monde con­naît au moins de nom : le Con­ne­mara. Il ne fait pas très beau : le ciel est cou­vert et humide ; mais cela dit, le Con­ne­mara sous le soleil, ce n’est plus vrai­ment le Con­ne­mara ! Non ?
En effet, à quel­ques dizai­nes de kilo­mè­tres de la ville, les pay­sa­ges chan­gent : la végé­ta­tion se fait plus rase et des tour­biè­res sur­gis­sent les pre­miè­res col­li­nes. L’eau est ici très pré­sente, qu’elle le soit sous forme de lacs, de ruis­seaux ou de maré­ca­ges. Au milieu de ces pay­sa­ges d’une drôle de cou­leur fauve, la végé­ta­tion est pour le moins sur­pre­nante ; en effet, les rho­do­den­drons et gun­ne­ras y pro­li­fè­rent. Et que dire de ces kilo­mè­tres de haies de fuch­sias qui bor­dent les rou­tes ? Cela est éton­nant lors­que l’on sait que ces espè­ces végé­ta­les qui ont colo­nisé toute la région ne sont aucu­ne­ment ori­gi­nai­res du pays : elles sont tou­tes exo­ti­ques.

Le petit port de Cleg­gan est pré­texte à déjeu­ner et à décou­vrir la côte du Con­ne­mara tour­men­tée et bat­tue par les hou­les d’ouest.

Au détour d’une route, se décou­vre l’abbaye de Kyle­more, un joyau néo-gothi­que niché au creux de la col­line dans son écrin de ver­dure. Autre­fois demeure pri­vée, c’est depuis les années 20 une ins­ti­tu­tion reli­gieuse. Res­tau­rée par les sœurs en 1996, c’est aujourd’hui l’un des sites tou­ris­ti­ques les plus visi­tés de la région. Comme le ciel se dégage un peu, nous retour­nons quel­ques kilo­mè­tres en arrière pour une petite ran­don­née dans le parc natio­nal du Con­ne­mara. Mais c’est déjà l’heure du retour. Pour rejoin­dre Gal­way, nous déci­dons de faire le tour en pre­nant plein est pour con­tour­ner le Lough Cor­rib. À peine fran­chie la limite sépa­rant ce grand lac du Lough Mask ,au nord, le chan­ge­ment de pay­sage est radi­cal : nous ne som­mes plus au Con­ne­mara.
Une belle jour­née s’achève, riche en pay­sa­ges magni­fi­ques, mal­heu­reu­se­ment gâchée par les résul­tats élec­to­raux qui tom­bent en soi­rée. Cer­tains, trou­vent encore la moti­va­tion pour retour­ner à Kin­vara écou­ter de la musi­que tra­di­tion­nelle. Pour ma part, je pré­fère un dîner en famille dans le cen­tre-ville.

Lundi 7 mai

C’est notre der­nière jour­née com­plète en Irlande. Nous quit­tons l’hôtel de Gal­way et pre­nons la route du sud, en direc­tion de l’aéro­port, vers la ville de Lime­rick. Quel­ques kilo­mè­tres avant d’entrer dans cette agglo­mé­ra­tion, nous sor­tons de la voie express pour aller visi­ter le châ­teau de Bun­ratty et son parc.
Le châ­teau actuel, cons­truit au XVème siè­cle est une grosse bâtisse car­rée flan­quée de qua­tre tours cré­ne­lées. Res­tauré par Lord et Lady Gort dans les années 50, il a vu lors de son inau­gu­ra­tion défi­ler le gra­tin de l’épo­que. Hier à l’état de ruine, le voici désor­mais entiè­re­ment remeu­blé et prêt à une inté­res­sante visite.
Der­rière le châ­teau s’étend son immense parc dans lequel se niche un vil­lage irlan­dais du XIXème, con­servé ou recons­truit avec ses ruel­les, jar­dins, école, église, etc. C’est très mignon, pas trop sur­fait et mille fois plus authen­ti­que que le Puy du Fou.

En soi­rée, la météo n’invite pas à la visite du cen­tre de Lime­rick. Il est temps de dîner une der­nière fois tous ensem­bles avant une courte nuit : l’avion décolle tôt demain.

Album photo

Notes

[1] Oli­ver Crom­well, alors chef d’État en Angle­terre, s’était lancé à la con­quête de l’Irlande en 1649 et l’inté­gra au Com­mon­wealth.

mardi 1 mai 2007

Cinq jours en Norvège

Jeudi 26 avril

Il est 23h50 et le vol en pro­ve­nance de Franc­fort se pose sur l’aéro­port de Sta­van­ger. C’est la qua­trième ville de Nor­vège, bien que n’ayant qu’un peu plus de 100.000 habi­tants, et sur­tout la capi­tale de l’indus­trie pétro­lière du pays. À l’exté­rieur il fait frais, les 28°C de Paris sont vite balayés, et l’air sent l’océan : la ville est située à l’extré­mité sud-ouest de la Nor­vège, dans le pays des fjords. Nos hôtes nous atten­dent pour une soi­rée de retrou­vailles dans l’atmo­sphère cha­leu­reuse d’une typi­que mai­son en bois Scan­di­nave.

Ven­dredi 27 avril

Je suis réveillé par la lumière du jour qui à cette date se lève un peu plus tôt qu’en France. Je peux décou­vrir des fenê­tres les envi­rons, au bord des eaux du Hafrsf­jord illu­mi­nées par un soleil radieux. Au pro­gramme de la mati­née, un petit tour dans le cen­tre ville est pro­grammé, à la décou­verte du port et de la vieille ville de Sta­van­ger qui bâtit autre­fois sa pros­pé­rité sur la pêche, la con­serve et la cons­truc­tion navale ; avant que des gise­ments de pétrole off­shore ne soient décou­verts et ne modi­fient du tout au tout la voca­tion de la cité. La vie sem­ble calme et sereine : les gens ne s’inter­pel­lent que très peu, la limi­ta­tion de vitesse des voi­tu­res invite à la patience (60 à 70km/h en cam­pa­gne).
Après la sor­tie des éco­les, direc­tion la pointe de Tun­ge­nes pour une petite balade à l’entrée de la baie de Sta­van­ger. La miné­ra­lité du pay­sage me frappe énor­mé­ment : la roche est par­tout pré­sente, dure, déchi­que­tée, à peine recou­verte d’une mince cou­che de terre ara­ble dans laquelle s’ancre la végé­ta­tion. Les champs sont tous bor­dés de murets faits de pier­res ron­des que les pay­sans ont décou­vert en retour­nant la terre. Les plus gros rochers, tout lis­ses, gisent au milieu des prai­ries ou des pla­ques rocheu­ses, arra­chés, rou­lés, polis et aban­don­nés là par d’anciens gla­ciers lors de la fonte.

Samedi 28 avril

Ce matin comme hier, le ciel est radieux pour la jour­née. Et nous avons prévu une excur­sion vers l’attrac­tion géo­lo­gi­que du coin : le Prei­kes­to­len.
Dans le port de Sta­van­ger, nous embar­quons à bord du ferry qui per­met de rejoin­dre en 40 minu­tes la ville de Tau en sla­lo­mant entre les îles de la baie. Ensuite, nous sui­vons une route côtière vers le sud tra­ver­sant Jør­pe­land jusqu’à un par­king situé sur la com­mune de Jøs­sang, au bord d’un joli lac. C’est là que com­mence la petite ran­don­née.
Le par­cours pro­gresse de façon inho­mo­gène, par­fois en grim­pant de gros­siè­res et hau­tes mar­ches taillées dans la pierre, ou tra­ver­sant quel­ques zones pla­tes et humi­des res­sem­blant à des tour­biè­res, tan­tôt en esca­la­dant de gros ébou­lis à pic ou par­cou­rant de grands pla­teaux miné­raux. Au bout de deux heu­res, nous avons gagné quel­ques cen­tai­nes de mètres en alti­tude et les pre­miers pano­ra­mas sur le Lysef­jord appa­rais­sent : c’est somp­tueux. Puis, une cor­ni­che lon­geant le vide nous con­duit jusqu’à ce fameux Prei­kes­to­len. Il s’agit en fait d’un pro­mon­toire rocheux juché au som­met d’une falaise de 604 mètres de haut au-des­sus des eaux du Lysef­jord. Une des plus hau­tes falai­ses d’Europe. C’est gran­diose et effrayant à la fois. C’est en ram­pant au sol — comme de nom­breu­ses per­son­nes — que je m’appro­che du bord. C’est encore plus stu­pé­fiant que la Cabo Giraõ de Madère, et la vue sur le fjord est ter­ri­ble.
C’est ainsi assis en face d’un pano­rama excep­tion­nel que je teste le bar­be­cue jeta­ble nor­vé­gien pour dégus­ter quel­ques sand­wich à la sau­cisse…

En soi­rée, nous avons réservé une table sur le port de Sta­van­ger. Il n’est pour­tant que 20h30 et pour­tant, beau­coup d’autoch­to­nes sont de sor­tie et sont déjà bien émé­chés : ici, la fête com­mence tôt. Plus tard, nous assis­tons à un con­cert dans un bar-boîte rap­pe­lant un peu Sigur Ròs. Il fait nuit, et la tem­pé­ra­ture est bien redes­cen­due (7°C). Je suis fri­go­ri­fié ; ce qui n’est pas le cas des nor­vé­giens qui se bala­dent sans crainte du froid, qui en mini-jupes et débar­deurs, qui en pan­ta­courts, tongs et petits T-shirts[1]

Diman­che 29 avril

Aujourd’hui et demain, nous avons à dis­po­si­tion un joli voi­lier d’une tren­taine de pieds pour navi­guer autour des îles de la baie. Nous nous ren­dons au petit port de Dusa­vika, qui res­sem­ble à tou­tes ces peti­tes mari­nas que l’on ren­con­tre un peu par­tout sur la côte.
Le vent est un peu mou, alors nous nous voguons len­te­ment sous un soleil tou­jours au ren­dez-vous. Au pro­gramme : petit pique-nique bercé par les vagues et décou­verte depuis la mer des îles d’Åmøy, Ren­nesøy et Mos­terøy ainsi que des fjords qui les sépa­rent. La navi­ga­tion est aisée étant donné qu’il y a peu de cou­rant et que les fonds oscil­lent entre 3m et 300m de pro­fon­deur. Gare tou­te­fois aux écueils.

Lundi 30 avril

Aujourd’hui, le pro­gramme est le même qu’hier à ceci près que le vent est vrai­ment pro­pice à la navi­ga­tion. Nous sla­lo­mons entre les îles de la baie, et pro­fi­tons même d’une escale à Vassøy pour aller faire un peu de gasoil. On a beau être dans l’une des régions phare en Europe de l’indus­trie pétro­lière, je suis sur­pris de cons­ta­ter que le car­bu­rant y est plus cher qu’en France…
Après être allés amar­rer le voi­lier au port de Dusa­vika, nous par­tons pour une petite balade en vélo au bord du Hafrsf­jord. Dans un ciel vide de nua­ges, le soleil se cou­che et les tem­pé­ra­tu­res chu­tent. Les huî­triers pies glous­sent tout en se lan­çant dans de drô­les de loo­ping au-des­sus des prés lit­to­raux. Les der­niers mar­cheurs et jog­geurs du soir ren­trent chez eux.

Mardi 1er mai

Avant de par­tir pour l’aéro­port, nous nous ren­dons au fond du Hafrsf­jord voir un monu­ment par­ti­cu­lier aux yeux des Nor­vé­giens : les “Trois épées”. Il s’agit d’un monu­ment com­posé de trois glai­ves de bronze plan­tés dans le roc, com­mé­mo­rant la vic­toire en 872 de Harald à la belle che­ve­lure sur la noblesse unie nor­vé­gienne, à l’issue d’une bataille dans le Hafrsf­jord qui lui per­mit de fon­der le royaume de Nor­vège. D’une cer­taine façon, le pays est né ici. C’est joli, peu com­mun et donne l’occa­sion de pren­dre de curieu­ses pho­tos.
Puis vient l’heure fati­di­que du retour vers Paris via Franc­fort.
Le soleil est tou­jours là, tou­jours radieux : il ne nous aura pas quitté une seule fois tout au long de ce week-end pro­longé.

P.S. : À ce jour, je n’ai pas encore eu le temps de char­ger une sélec­tion de pho­tos dans l’album web Picasa. Ceci est fort dom­mage au vu de la beauté des pay­sa­ges. Cela sera réparé sous peu ! ;-)

ÉDIT du 14 mai 2007 :
L’album photo est désor­mais dis­po­ni­ble.

Album photo

Notes

[1] Un pro­verbe des expa­triés fran­çais dit : « Quand le Nor­vé­gien met une che­mise, prend un pull. Quand le nor­vé­gien met son pull, prend ta parka. Quand le nor­vé­gien met sa parka… reste chez toi ! »

mercredi 1 novembre 2006

Week-end prolongé à Londres

Samedi 28 octobre

L'Eurostar termine son trajet à Waterloo station aux alentours de 16h00 locales et nous dépose sur la rive droite de la Tamise, à Londres. Partis de Nantes en TGV le matin même avec une escale à Lille, je suis content de m'apercevoir que le temps est aussi ensoleillé qu'en France. Le taxi nous promène dans la ville pour rejoindre l'hôtel, un très bon établissement situé près de Marble Arch (dans le West End) à destination — curieusement — d'une clientèle d'affaire japonaise...
Comme notre QG se situe tout près de l'extrémité ouest d'Oxford Street, nous décidons d'aller faire du lèche-vitrine dans cette artère très (sinon la plus) commerçante de Londres et de pousser jusqu'à Trafalgar Square. Le météo du jour est agréable mais la nuit tombe rapidement à GMT+0. D'ailleurs, entre le décalage horaire et le passage à l'heure d'hiver, je ne sais plus très bien quelle heure il est lorsque nous quittons un pub sympa de Soho.

Dimanche 29 octobre

Ce matin, un lever tôt s'impose pour profiter de ce dimanche ensoleillé et faire le tour de la ville sans être trop gênés par la circulation. Nous commençons par le Royal Albert Hall de l'autre côté de Hyde Park puis par Buckingham palace bien sûr, Picadilly, le parlement et Big Ben près de l'abbaye de Westminster. Nous poursuivons ensuite vers la City, à l'ouest avec la cathédrale St Paul et une partie de l'après-midi est consacrée à la visite de la Tour de Londres, le creuset où est née la civilisation Britannique. Un petit tour est bateau et nous remontons la Tamise en amont jusqu'au débarcadère situé au pied de The London Eye ; cette sorte d'immense roue construite par British Airways à l'occasion du nouveau millénaire à laquelle sont accrochés des nacelles, telles des œufs vitrés dans lesquels nous prenons place. La roue tourne lentement mais sûrement et offre l'occasion d'admirer la ville pendant une demi-heure à une altitude maximale de 135 mètres.

Lundi 30 octobre

Aujourd'hui, c'est journée shopping. Des artères partant de Picadilly jusqu'à Oxford Street, en passant par Regent Street et Carnaby nous arpentons les trottoirs et le plancher des petites boutiques sympas et des vénérables institutions telles que Hamley's pour les jeux et Fortnum & Mason pour l'épicerie fine, so British ! ;-) En soirée, nous avions réservé depuis la France une comédie musicale précédée d'un dîner près du théâtre. Hélas ! Le restaurant qui nous a été communiqué dans la journée lors du retrait des places est français... dommage. Toutefois, l'établissement est très chic ; mais je commence à déchanter lorsque arrivent les plats : si les lieux et le service sont raffinés, la nourriture est très loin de l'être. C'est donc très déçus que nous gagnons le théâtre pour assister à une représentation de la comédie musicale "We will rock you !". Si, à New York, "Mamma mia" était entièrement basée sur la discographie d'Abba, celle-ci puise dans les œuvres de Queen. Ça bouge énormément, la musique est géniale et le show est terrible. La soirée se termine donc en beauté avec le Bohemian rhapsody dans la tête...

Mardi 31 octobre

Ce matin les températures ont sérieusement chuté, mais le soleil brille toujours. Nous nous promenons sur les quais, le long de la Tamise jusqu'à la Tate gallery. De là, un bateau nous permet de descendre le cours du fleuve et de nous déposer à Greenwich, un port juste en aval de la capitale célèbre pour son observatoire, au milieu d'un très agréable parc, et son musée de la Marine.
De retour de cette escapade fluviale, se rendre du Parlement à Knightsbridge est l'occasion d'expérimenter le métro londonien, propre et spacieux (contrairement à son homologue parisien) ainsi que ses fameux courants d'air. Là, sur Brompton Road, nous parcourons les étages de chez Harrods où, paraît-il, l'on trouve de tout. Pour rejoindre le West End, une traversé de nuit de Hyde Park s'impose. Une remontée de Park Lane et un dernier tour sur Oxford Street et la journée s'achève, tout comme cette escapade de quelques jours.

Mercredi 1er novembre

L'Eurostar part en fin de matinée, laissant trop peu de temps pour une ultime visite. Dommage !
Mais cela n'est pas très grave, car ces quelques jours ont été largement mis à profit pour retirer un aperçu très positif de cette capitale si typique qui m'avait également laissé cette forte impression une dizaine d'années auparavant.
Gâté par une météo plus que clémente pour cette fin octobre, je ne pense certainement pas que ce petit séjour à Londres sera le dernier !

P.S.: Une fois n'est pas coutume, la memory stick de l'appareil photo a lâché, mais cette fois-ci, au retour. Impossible donc pour l'heure de récupérer les clichés... :-(. Pour l'illustration de ce billet, j'ai donc pompé dans le domaine public. Mais promis, je publierai mes photos dès que j'aurais réussi à les récupérer.

lundi 11 septembre 2006

Escapade en Périgord - Quercy

Dimanche 3 septembre

Enfin ! Voilà une semaine de vacances attendue de longue date qui commence ! Mieux encore, la météo promet qu'aujourd'hui c'est la fin de l'hiver aoûtien et le début de l'été indien !
Mais bon, pour mettre toutes les chances de soleil de notre côté, c'est vers le sud que nous prenons la route. Direction.... euh à vrai dire, nous n'y avons pas tellement réfléchi, mais le Périgord semble être un bon départ. Soit !
La route n'est pas si longue que ça. Alors, afin d'éviter la monotonie asphaltée de l'autoroute, je programme un petit circuit vert à travers la campagne. Je goûte ainsi à la fraîcheur des routes de sous-bois du Limousin. Un joli pays valonné, vert, nature.. et totalement vide.
En fin d'après-midi, il fait toujours beau et chaud et Sarlat est en vue : il est temps de trouver un endroit pour dormir. Je dégotte un hôtel bien sympa sur les pentes de Domme. La chambre dispose d'un petit balcon avec un joli panorama sur les rives de la Dordogne. Mais, pas de bol, la memory stick de l'appareil photo fait des siennes et il est impossible de prendre de photo. Je me contente donc de la fonction photo du téléphone qui, il faut bien l'avouer, n'est pas de même qualité. Toutefois, cela ne gâchera pas les vacances pour autant ! Après un dîner à Domme, dans cette bastide perchée sur son piton, nous redescendons à l'hôtel piquer une tête dans la piscine (il fait encore chaud ! ;-)).

Lundi 4 septembre

Aujourd'hui est un jour particulier puisqu'il s'agit de la rentrée des classes. Hé oui ! quand certains reprennent le travail, d'autres savourent de délicieuses vacances de mi-saison avec une météo estivale : le rêve.
À Carsac, nous réservons un canoë pour le lendemain et le surlendemain ; puis nous roulons vers Castelnaud, pour visiter son magnifique château. Une belle forteresse médiévale qui, du haut de son éperon rocheux, surveille les méandres de la Dordogne. L'édifice à bénéficié de sérieux travaux de restauration au cours des dernières décennies et fait désormais figure de star Périgourdine dans sa catégorie. Il est vrai que ce château est superbe et restitue une atmosphère qui plonge directement le visiteur dans les guerres franco-anglaises et autres croisades contre les Cathares (Houhou Messire, où êtes-vous ?). Depuis le donjon, la vue sur les vallées environnantes est magnifique.
Alors que nous quittons à peine Castelnaud, surprise ! le capricieux appareil photo daigne fonctionner à nouveau : bien !
Après déjeuner, nous nous promenons en aval, à Beynac, qui dispose également d'une très belle citadelle. Ce pays à une richesse patrimoniale impressionnante ! En fin d'après-midi, nous montons la tente dans une ferme auberge des environs, pour y passer la nuit. Puis, viens la surprise.
À 18h00, nous nous rendons à la Roque-Gageac à côté d'un grand champ où d'autres personnes attendent. Mais qu'attendent-elles au juste ? Je ne tarde pas à comprendre. Bientôt, un petit convoi arrive au détour du chemin pour décharger dans le pré, nacelles et matériel nécessaires à l'envol de deux ballons ! Houah, un baptême en montgolfière !
Les volontaires sont mis à contribution pour l'étape de gonflage : alors que la toile a été déroulée sur le gazon, de gros ventilateurs insufflent l'air qui gonfle petit à petit le ballon comme une baudruche. Ensuite, le ballon toujours couché, le gaz est chauffé par les "torches" au propane. La bulle d'air chaud s'agite dans sa prison d'étoffe et prend bientôt son envol, redressant la nacelle. Il est est temps de grimper dans cette grande caisse d'osier ! Un dernier coup de gaz et le ballon quitte le niveau des ruminants. Il est 18h30, il fait bon et et la montgolfière s'élève dans les airs avec une douceur désarmante. Bercée par les salves de la torche dont le rayonnement cuit le crâne, la nacelle joue au yo-yo au-dessus du cours scintillant de la Dordogne. À 600m d'altitude, le panorama est appréciable et l'atmosphère suffisamment dégagée pour apercevoir loin au nord, les contreforts du Cantal. Progressivement, nous retournons à de plus basses altitudes pour admirer les curiosités au sol, plonger dans les combes et remonter le long des pentes boisées. Le vent pousse mollement les deux montgolfières en direction du sud, à la vitesse de 10 km/h. De temps à autres nous apercevons le convoi formé par l'équipe au sol qui suit notre progression. Les riverains, affolés par cette ombre curieuse qui s'abbat soudainement sur leur jardin sortent à l'extérieur et saluent les aéronautes. Au terme de plus d'une heure de vol, le soleil rasant se couche. Le second ballon trouve un pré dégagé et tente un atterrissage. Quant à nous, la forêt environnante n'offre pas de possibilités pour mettre le pied à terre. Qu'importe, le vol n'en est que plus long ! ;-) Puis, non loin d'une ferme, un petit champ apparaît pile dans la trajectoire. Le ballon descend, caresse la cime de quelques noyers puis touche le sol délicatement : atterrissage tout en douceur ! Ensuite, tous les passagers s'activent : il faut coucher, dégonfler le ballon et replier la toile. Un bout en main, je m'occupe du couchage et du dégonflage alors que le jour décroît encore. L'air contenue dans le ballon s'échappe ; elle est chaude et humide : je ne vois plus rien, mes lunettes sont pleines de buée ! :-D
L'équipe au sol à eu du mal à nous repérer : nous avons atterri dans une petite cuvette à Campagnac-lès-Quercy ; le ballon a volé sur 14 km. Lorsque tout le matériel est replié et correctement rangé, nous prenons la route, non sans auparavant avoir fêté les baptêmes de chacun avec l'équipe des aéronautes — que je remercie au passage pour leur prestation.
Il fait maintenant nuit, nous rentrons à la ferme sous la tente.

Mardi 5 septembre

Le chant des coqs et la mélodie des tronçonneuses me tirent de mon sommeil aérien...
La tente pliée, nous préparons les pique-niques nécessaires à l'expédition puis prenons la route pour Carsac afin de charger les bidons étanches. Le minibus nous dépose ensuite en amont, à Saint-Sozy — dans le Lot — où nous embarquons à bord du canoë pour une petite descente de deux jours sur la Dordogne. Aujourd'hui encore, le soleil est radieux mais il tape dur : sortons couverts.
Le cours de la rivière est assez sinueux : il progresse lascivement entre les massifs calcaires qu'il contourne de ses boucles. Le courant est assez régulier et nous longeons de belles falaises blanches, quelques belles bâtisses et des campagnes relativement désertes. Tout est calme et détendu. Sans se presser, nous passons Souillac en milieu d'après-midi. Puis, vers 18h00, nous guettons les endroits propices à un campement de fortune. Nous trouvons le lieu idéal sur une île boisée coincée entre les bras de la rivière. Nous montons l'igloo sur une plage de galets et s'ensuivent baignade — où je réussis quand même à me choper un bébé sangsue ! — débarbouillage et pique-nique. La nuit tombe et les galets diffusent la chaleur qu'ils ont accumulé au soleil le jour durant : il fait très bon. Je m'endors au son du glouglou des remous.

Mercredi 6 septembre

Le soleil vient de se lever, encore une belle journée... — sans l'ami Ricorée. Aucun animal n'a eu la mauvaise idée d'attaquer le bidon de nourriture et nous déjeunons tranquillement. Je tente ensuite sans grande conviction une toilette dans les eaux froides de la rivière ; mais finalement l'eau n'est pas si froide que ça ! La matériel est replié et le canoë est remis à l'eau. Bercés par les clapotis, nous pagayons de façon... touristique. Nous passons Carsac, le cingle de Montfort et nous pique-niquons au pied de Domme. L'après-midi, nous passons la Roque-Gageac et nous pouvons admirer le château de Castelnaud sous un autre angle. Puis la fin approche : le canoë est restitué avant Beynac.
Cet après-midi le soleil a encore tapé dur et je me délecte d'une sieste de fin d'après-midi dans la faîcheur de la chambre d'hôtel.
En soirée, une petite visite du centre de Sarlat s'improvise ainsi qu'une étape gastronomique incontournable pour apprécier l'autre richesse du Périgord !

Jeudi 7 septembre

Après avoir fait le tour du marché de Domme, nous descendons vers une ferme comme il y en a tant pour assister au gavage des oies et faire le plein de bonnes choses à ramener. Nous prenons ensuite la route au nord-ouest pour descendre dans le gouffre de Proumeyssac, près de la Vézère. Plus que le contraste de température entre l'intérieur et l'extérieur, les concrétions minérales et sculptures calcaires sont saisissantes. Le tout est agrémenté d'un bref son et lumière sans prétention mais qui a l'avantage de mettre en valeur ce site de modeste dimension.
Nous clôturons ce court séjour par Rocamadour ; à arpenter en tous sens et à monter et descendre dans cette curieuse cité accrochée à flanc de falaise. En fin de soirée, un orage éclate alors que nous atteignons le château qui surplombe le tout. Quelques gouttes rafraîchissantes tombent mais point le déluge que nous redoutions.

Vendredi 8 septembre

Ça y est, c'est quasiment la fin, nous reprenons la route du nord. Pour changer, le soleil ne nous quitte pas et brille haut dans le ciel, même lors de la halte "Porcelaine" à côté de Limoges.
Mais heureusement, le week-end est à peine entamé et un grand crochet doit nous conduire dans les Montagnes Noires[1] jusqu'à dimanche soir.

Notes

[1] Pour la petite histoire, là-bas aussi, le soleil était toujours au rendez-vous. ;-)

mercredi 28 juin 2006

Photos du Maroc

La galerie photos des dernières vacances au Maroc, sont disponibles sur ce lien.

vendredi 26 mai 2006

Marrakech, Essaouira

Vendredi 19 mai

Vol vers Marrakech
MarocPartis de Nantes où nous avons laissé la tempête approchante et le froid, nous atterrissons à l'aéroport de Marrakech après une courte escale à Casablanca. Il est presque minuit locales, mais la chaleur diurne est encore perceptible. L'on nous dirige vers la salle de contrôle des passeports où les douaniers mettent un temps infini à tamponner les documents... Le chauffeur de l'agence nous attend à la sortie et nous conduit immédiatement dans la vieille ville fortifiée de Marrakech, dans la Médina. Les véhicules n'ayant pas la possibilité de circuler dans toutes les ruelles, nous suivons à pied l'un des employés du riad au fil des venelles désertées. MarocLa porte du riad ne paie pas de mine : une grande porte en bois enchâssée dans un mur nu au milieu d'une petite rue sombre. Et pourtant, à peine entrés, je m'aperçois bien vite que les hauts murs cachent en fait vrai un petit paradis. Le riad Lotus Perle surprend de prime abord car sa décoration ne correspond en rien à l'image que l'on pourrait se donner d'un riad marocain. L'on m'expliquera plus tard que cela est justement l'effet escompté : trancher avec l'existant en suggérant une ambiance Art Déco à la New-Yorkaise très glamour, dans un environnement calme invitant à la paresse. L'effet est surprenant, surtout de nuit : la maisonnée baigne dans le silence et le bâtiment est pleinement mis en valeur par les jeux de lumière. Les chambres sont largement à la hauteur du reste, mais inutile de me lancer dans une description, les photos sont plus parlantes que moi.

Samedi 20 mai

Les jardins de Marrakech
MarocAprès une matinée à paresser sur la terrasse du riad, nous marchons en direction de la place principale de la ville, la place Jemaa El Fna, située à proximité de la mosquée de la Koutoubia. Entre ces deux sites emblématiques de la ville se trouve un petit jardin. À l'ombre de ses orangers chargés de fruits amers et de ses jacarandas en fleurs la file des calèches marrakchies attendent les clients. C'est à bord d'un de ses attelages verts que nous sortons de la Médina à la découverte du Jardin Majorelle. Avec la Koutoubia, ce parc créé au début du siècle par un nancéen est l'un des sites les plus emblématiques de la ville. Noyée au milieu d'une forêt de bambous, de palmiers et de cactus, une demeure d'un bleu surprenant flotte au-dessus du bassin aux nénuphars. Après avoir appartenu pendant quelques années à Yves Saint-Laurent, il semblerait que le jardin Majorelle soit désormais la propriété d'un groupe Américain.
Nous contournons en calèche les remparts de la ville en direction du sud-ouest, vers les jardins de la Menara. Lieu très prisé également, je n'y trouve cependant pas l'intérêt escompté. Il s'agit d'un grand bassin d'eau douce, dont l'origine remonte à quelques siècles paraît-il, surplombé par un pavillon du XIXéme. Ce plan d'eau, théâtre de son et lumière se situe au centre d'une grande oliveraie.

Pause détente
Après un bref détour par une coopérative comme il en existe tant à Marrakech, et où l'on peut trouver les produits issus de l'artisanat Marocain, nous retournons au riad Lotus Perle pour notre rendez-vous. Au programme : soins du corps au savon noir dans le hammam et séance de massage d'une heure dans le calme de la chambre. Le bonheur !
Le dîner en terrasse est le bienvenu.

Dimanche 21 mai

La Médina
MarocVers neuf heures, Isham nous attend auprès du bassin dans le patio. Isham est notre guide pour la journée. Nous découvrons en sa compagnie les jardins attenant à la mosquée de la Koutoubia. Il est calme et ses explications sur la culture marocaine et musulmane sont très enrichissantes. Comme la veille, il n'est pas encore midi et pourtant, la chaleur monte tout autour. Cela change du climat semi-hivernal que nous avons quitté.
La visite se poursuit par le palais Bahia (rien à voir avec la plage) un palais du XIXéme construit sur le désir du grand vizir Sidi Moussa. De patios en appartements et du sol au plafond, le décor est absolument époustouflant, . Tandis que nous marchons sur le zellige (mosaïque marocaine), nous admirons les murs couverts de stuc et les plafonds de bois peint. Le tout est d'une incroyable finesse ; et c'est tout ébaubis que nous quittons la profusion de ce joyau pour les tombeaux Saâdiens. Ce cimetière royal, enclave dans l'enclave de la Médina, témoigne de la puissance d'une dynastie du XVIIème et du grand savoir-faire des artisans qui ont réalisés ces chefs d'œuvre.

Les souks
MarocAlors que nous concluons notre déjeuner (Salades marocaines, tajines, etc.), Isham nous emmène nous promener dans les souks de la ville. Véritable dédale où les commerçants et artisans, proposent à la vente les productions locales. Malgré l'apparence d'un joyeux chaos, les choses semblent tout de même bien cloisonnnées : les différents corps sont généralement regroupés ensemble (ferronnerie, cordonnerie, ...). L'avantage de ce gigantesque marché où il est très facile de se perdre au gré de sa flânerie, c'est qu'il est quasiment entièrement couvert. Il est ainsi agréable d'y chiner et d'y marchander l'après-midi quand le soleil tape dur sur les places de la ville.
La soirée s'achève dans la douceur du crépuscule, sur la terrasse, confortablement installé avec un bon livre.

Lundi 22 mai

En direction de la côte
MarocLe dernier petit-déjeuner au riad Lotus Perle me fait déjà regretter cet endroit idyllique. Mais le loueur de voitures est venu nous apporter les clefs de notre véhicule, pour le départ.
Nous expérimentons la conduite marrakchie : un joyeux bordel circulatoire qui permet de tester efficacement ses réflexes au volant.
La route d'Essaouira file presque plein ouest. À mesure que la capitale berbère s'éloigne, les rangées d'eucalyptus apparaissent au bord de la route comme les platanes de France. La végétation disparaît peu à peu mises à part quelques haies de cactées. Paradoxalement, alors que le paysage s'aplanie et se désertifie, la température baisse sensiblement. Puis les arbres réapparaissent en même temps qu'une légère brise, un peu fraîche, qui se transforme en vent puis en bourrasques franches sur la colline qui surplombe de loin la ville d'Essaouira.

Essaouira
MarocLe changement d'ambiance est total ici. Les remparts à la Saint-Malo battus par les vagues de cette ville blanche n'ont rien à voir avec ceux d'un style résolument plus africain de la grande ville rouge au pied de l'Atlas. Si le soleil est bien présent, les alizés ne le sont pas moins ; l'atmosphère est plutôt fraîche et terriblement humide. Cette ville est un port de pêche avec ses petits bateaux bleus ; une cité à taille humaine marquée par une empreinte européenne très perceptible.
Le riad Mimouna que nous avons choisi pour ces trois jours est situé sur les remparts. Il est déconseillé d'ouvrir les fenêtres au risque de se prendre quelques embruns et de créer un courant d'air dévastateur dans la chambre !

Mardi 23 mai

Escapade au sud
MarocLa lecture en terrasse est une activité très plaisante en vacances, surtout lorsque celle-ci domine les flots. Mais en l'occurence, le vent agace mes pages et me fait oublier que le soleil, radieux, est en train de me brûler. Ouille !
Décidés à sortir de la ville, nous prenons la route en direction du sud, pour longer la côte. À portée de vue des rempart d'Essaouira, de l'autre côté de l'embouchure d'un oued, un petit bourg a çà de célèbre qu'il fut en son temps le quartier général de quelques stars de la musique des années 70. En hauteur, il domine une mer de dunes qui filent vers l'océan et qui abritent les ruines d'un ancien palais rongé par les sables. Le site est magnifique et les promoteurs l'ont bien compris : des buldozers sont en train de dénuder et d'aplanir des hectares de dunes pour y contruire un futur hôtel de luxe au milieu de son golf...
La route vers le sud révèle un paysage sec au relief plus prononcé, couvert d'arganiers. Nous obliquons vers la côte dans la région de Tamanar et nous arrivons sur un belvédère qui surplombe une grève magnifique sur la plage de laquelle des dizaines de barques de pêche bleues sont alignées. C'est l'endroit rêvé pour aller goûter l'eau... mais nous sommes bel et bien dans l'Atlantique, et la mer est à la même température qu'au Cormier : glaciale.
MarocL'arganier est un arbre emblématique de la région, puisqu'il sert à tout. Ses feuilles nourrissent les chèvres qui n'hésitent pas à grimper dans ses branches, et ses fruits ont de multiples utilisations. La pulpe séchée du fruit sert de nourriture aux animaux, les coques du noyau servent à se chauffer et l'huile que l'on tire de l'amande à de multiples applications : cosmétique, cuisine, éclairage... Nous visitons ainsi une coopérative de femmes comme il en existe tant, qui produit essentiellement de l'huile d'argane. La plupart des femmes, nous dit-on, sont veuves ou divorcées et retrouvent ainsi par le biais de la communauté et de la coopérative, une activité salariée et une protection.

Mercredi 24 mai

Essaouira, les souks et la racine de thuya
MarocLa région d'Essaouira s'est faite une spécialité des objets confectionnés à partir du bois de la racine du thuya. De nombreuses coopératives, où travaillent de talentueux artisans, proposent à la vente quantité de coffres, plateaux, meubles, bibelots, etc... couverts de marquetterie de bois de citronnier, de nacre... Certaines pièces sont magnifiques et les prix sont tout à fait abordables.
Aujourd'hui nous errons sur le port de pêche à regarder les bateaux puis nous parcourons les souks et les coopératives à admirer le talents des artisans ébénistes. Un peu de marchandage (obligatoire sur les souks Marocains, semble-t-il) et nous repartons avec un splendide coffre.
Le soleil s'est un peu voilé cet après-midi et sa chaleur n'arrive plus à compenser la fraîcheur et l'humidité déposées sur la ville par le puissant souffle des alizés. Il fait un peu frisquet et une petite séance de hammam au riad arrive à point nommé.
En soirée, nous dînons sur le port, chez Sam, un restaurant sympa à l'ambiance rétro : le tajine de poisson est délicieux !

Jeudi 25 mai

Retour à Marrakech
MarocCe matin le vent s'est enfin calmé. Mais dommage ! c'est l'heure du retour vers Marrakech. Nous quittons l'enceinte du riad Mimouna, sortons des remparts de la ville et reprenons la route vers l'est.
Le dernier riad, l'Amira Victoria est situé dans le nord de la Médina. L'originalité de celui-ci par rapport aux deux autres riads, est qu'il possède trois patios sur plusieurs niveaux et que la terrasse forme une ceinture sinueuse où alternent des coins-détente tous décorés différemment. L'ambiance est calme et la déco d'inspiration locale.
Comme nous ne sommes pas loin des souks, nous retournons nous y plonger afin de tester notre sens de l'orientation. Malgré les multiples chemins de ce dédale, nous réussissons sans problème à rejoindre la place Jemaa El Fna écrasée de soleil. Dans leurs roulottes couvertes d'oranges, les marchands vendent leur jus d'orange frais ; quelques charmeurs de serpent jouent du pipeau (?) sous leurs parasols tandis que les vendeurs d'eau, vêtus leurs tenues traditionnelles aux couleurs vives, appelent les hypothétiques clients.

Chez Ali
MarocCe soir, nous avons succombé sur suggestion du guide aux sirènes du tourisme de masse : ce soir : nous allons dîner chez Ali.
Tous les soirs, Ali reçoit quelques centaines "d'invités" et leur propose un aperçu des cultures du Maroc en 3 heures chrono à la façon Disneyland. Accueillis par les danseuses et les musiciens, nous pénétrons dans la cour d'un splendide palais en carton-pâte où les invités dînent sous de grande tentes. Au menu, rien que du traditionnel : salade marocaine, couscous et méchoui. Pendant le repas, plusieurs groupes de danseuses et de musiciens alternent pour présenter les particulartiés folkloriques marocaines. Mais ensuite, pas le temps de digérer, il faut trouver une place autour de l'arène pour admirer le spectacle. Au programme, reconstitution de courses de chevaux, jongleurs, etc.
Chez Ali, l'avantage c'est que l'on a un aperçu du Maroc "touristique" en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. C'est un peu l'usine à touristes quoi, où néanmoins, les employés présentent leur culture avec une fierté et une bonne volonté rassurantes.

Vendredi 26 mai

Retour vers l'hiver
Voilà, c'est déjà la fin. Après une longue attente à l'aéroport de Casablanca, nous quittons les 35° ~ 37° et le soleil limpide de Marrakech pour plonger vers les nuages bas qui masquent notre Bretagne sud. À Nantes-Atlantique, il fait 16°, il fait humide et il fait froid. Arrivés au Cormier, le poêle est aussitôt rallumé. C'est le retour vers l'hiver...

La Galerie

samedi 24 septembre 2005

Deux semaines au Québec (fin)

Mardi 20 septembre

Retour à Montréal
Gaspésie Ce matin nous traversons la Gaspésie du sud au nord pour rejoindre les rives du Saint-Laurent. Le soleil est au rendez-vous et illumine les forêts qui commencent à arborer les couleurs : les jaunes, orangés, rouges et pourpres apparaissent franchement sur les feuillages.
Alors que nous approchons du fleuve en direction de Rimouski, le temps change du tout au tout : le ciel se couvre progressivement et bientôt une pluie importante se met à tomber. Cela tombe mal car nous comptions visiter quelques unes des villes qui bordent la rive sud du Saint-Laurent en direction de Québec. En désespoir de cause, nous poursuivons notre route en amont à la recherche du beau temps. Mais plus les minutes puis les heures passent, plus le temps est mauvais. La pluie se fait violente à tel point que nous sommes contraints de nous arrêter à plusieurs reprises tant la visibilité est diminuée.
La pluie ne cesse qu'au coucher du soleil alors que nous approchons de Montréal. Nous décidons de profiter de cette soirée sans pluie pour nous promener dans le centre-ville, sur Sainte-Catherine Est et dîner dans un restaurant sympa du Village.

Mercredi 21 septembre

Le Mont Tremblant
canoeTôt ce matin, nous prenons la direction du parc national du Mont-Tremblant, au nord de Montréal. Le parc, gigantesque, est divisé en plusieurs secteurs dont celui du Nord, où a été construite une station de ski dont l'allure fait immédiatement penser à Disneyland ! ;-) Pour notre part, nous choisissons le secteur de La Diable car nous y avons repéré une base de loisirs. En fait de parc, il s'agit d'une grande réserve fort prisée en été où les citadins viennent camper, faire des randonnées et s'amuser en pleine nature mais avec tout le confort !
Nous louons un canoë au lac Chat pour descendre pendant quatre bonnes heures le cours sinueux de la Diable. La descente s'effectue paisiblement au milieu de la forêt, en silence, si ce n'est quelques terribles rapides de niveau I ;-). Quelques volatils appeurés s'enfuient à notre approche, mais toujours point d'ours, d'orignaux ou toute autre créature sauvage à l'horizon (à moins qu'elles ne se soient enfuies également à notre approche !). Le soleil est radieux et nous en profitons pour pique-niquer sur un banc de sable bien sec.
feuilles Nous passons le reste de l'après-midi dans le parc à marcher en forêt en amont de la Diable, pour admirer quelques belles chutes et rapides. Ici aussi, les couleurs apparaissent franchement et enflamment les frondaisons.
Alors que nous désespérons de rencontrer la moindre bestiole, c'est finalement tout à fait par hasard que nous découvrons une biche et son faon broutant tranquillement dans le camping déserté. Ils ne sont pas farouches et se laissent approcher de très près tout en gardant un œil sur nos mouvements. Il semble que ce soit des cerfs de Virginie si j'en crois mes récents cours de faune Canadienne à Saint-Félicien ;-).

Jeudi 22 septembre

La cabane à sucre
Alors que nous rentrons sur Montréal, nous croisons en chemin une cabane à sucre où nous décidons d'aller prendre le petit-déjeuner. Manque de chance, nous arrivons en même temps qu'un gros groupe de retraités Allemands venus déguster, eux, un plat de lard accompagnés de bines (haricots) au rythme joyeux d'un violoniste country au meilleur de sa forme...
L'extase ! ;-)

Magasinage à Montréal
Arrivés à Montréal, nous empruntons le métro pour nous rendre en centre-ville pour approfondir la visite et magasiner. La principale artère commerçante est la rue Sainte-Catherine sur environ 3,5 km, que nous parcourons de long en large pendant une bonne partie de la journée. Nous nous égarons volontiers de temps à autres dans les quartiers adjacents (quartier Chinois, ...). Nous découvrons le système souterrain de galleries qui relie les immeubles et magasins entre eux tout en évitant de sortir à l'extérieur (bien pratique en hiver !). Nous en profitons pour goûter à l'effroyable poutine (plat (?) typiquement Québécois)....
En soirée, nous nous en allons à la découverte de la rue Saint-Denis où nous en profitons pour prendre un verre.
Quelle chance, ce soir, il y a un concert en plein air sur Ste-Catherine où jouent les Respectables dans le cadre de la journée "En ville sans ma voiture".
En fin de soirée nous en profitons pour aller au cinéma voir « C.R.A.Z.Y. » (cf. billet), une production locale qui a fait un carton au Québec cet été.

Vendredi 23 septembre

Dernier tour en ville
Derniers achats chez Simon's, Caban... Puis, histoire de dire au revoir à toute la ville, nous profitons du soleil couchant pour monter prendre un verre sur la terrasse du 737. Il s'agit d'un club/restaurant situé aux derniers étages de l'immeuble de la Banque Royale du Canada, et dont les quatre énormes terrasses dominent l'ensemble de la ville. C'est un des points de vue les plus hauts de la ville. D'ici, le Mont-Royal se détache nettement et s'illumine des derniers rayons. C'est splendide.

Samedi 24 septembre

Au revoir !
Ça y est ! C'est l'heure ! Il y a une file monstre à l'embarquement et nous embarquons au dernier appel. Il est 15H00, dans sept heures nous serons à Paris... pour l'aube !

Voici donc la fin d'un séjour riche en paysages et en découvertes. Mis à part deux jours de très mauvais temps, nous avons été gâtés par la météo : les températures étaient supérieures aux normales saisonnières. Bien sûr, nous avons dû, à cause d'un calendrier serré, faire l'impasse sur certains coins adorables. Mais nous reviendrons !
Pour finir, ce que j'en retiens principalement, c'est l'accueil et l'ouverture des gens, incomparable à ce que l'on pourrait trouver en France. J'imagine tout à fait leur déconvenue lorsqu'ils débarquent à Paris... Nous avons certainement beaucoup à gagner à apprendre d'eux et à mieux apprendre qui ils sont. Enfin, c'est mon avis ! :-)

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lundi 19 septembre 2005

Deux semaines au Québec (3)

Vendredi 16 septembre

Le fjord du Saguenay
Ste_rose_du_nord Étant donné que la descente en rafting prévue pour ce matin tombe à l'eau faute de places disponibles (vive l'organisation !), nous programmons de longer doucement le fjord du Saguenay par le nord jusqu'à Tadoussac.
Après un petit crochet pour nous rapprocher du fjord, nous atterrissons dans un port magnifique, niché au creux d'une petite baie ensoleillée. Ce charmant petit village se nomme Sainte-Rose-du-Nord. Du quais partent quelques petits sentiers menant à des points de vue épatants sur le fjord. Nous guettons les eaux, mais point de bélougas à l'horizon. Seulement des dizaines d'écureuils qui passent leur temps à se poursuivre dans les pins de branches en branches ou à faire les poubelles à la recherche de frites...
Tadoussac La halte suivante a lieu dans un parc national, à Baie-Sainte-Marguerite. Après quelques kilomètres de marche dans les bois, nous arrivons à nouveau au bord du fjord sur une estacade slalomant au milieu des pins. L'on nous a annoncé qu'il s'agit d'un des endroits de prédilection pour observer des bélougas. Je scrute, je scrute, mais point de cétacé à l'horizon. Le point de vue est heureusement magnifique. Puis, alors que nous décidons à faire demi-tour, j'aperçois une forme qui sort de l'eau, bientôt suivie d'une autre : ce sont des bélougas. Bien sûr, ce ne sont pas de animaux gigantesque qui sortent de l'eau comme flipper à grand renfort d'éclaboussures ; non, les bélougas percent délicatement la surface des flots où l'on aperçoit simplement leur dos tout blanc et leur aileron atrophié, le tout sans troubler l'eau plus que l'onde. On entend un peu le souffle émis par l'évent et l'on imagine la petite colonie qui évolue sous là, sous la surface.
En toute fin d'après-midi, nous atteignons Tadoussac, là où le Saguenay se jette dans le Saint-Laurent. Après une petite balade sur un monticule rocheux offrant un superbe point de vue sur ce petit port, nous descendons sur la plage. Depuis les rochers, ô surprise ! Ici aussi quelques bélougas évoluent, à notre plus grand régal.

Samedi 17 septembre

Les baleines de Tadoussac
RorqualCe matin nous avons rendez-vous au port. Habillés chaudement nous embarquons à huit dans un grand Zodiac rigide pour aller observer les baleines. L'étudiante/guide du bord nous explique qu'à Tadoussac, le fond du fjord remonte brusquement de quelques centaines de mètres de profondeur à quelques mètres seulement. À cet endroit également, le chenal laurentien remonte. Ces hauts-fonds provoquent une accumulation du krill dans cette zone, dont les cétacés sont friands. Au début de l'excursion, nous observons une troupe de bélougas qui évoluent dans les eaux froides. Puis soudain, un petit rorqual semble rentrer le fjord. Petit ? Tout est relatif ; ce spécimen mesure environ 15 m et pèse certainement 15 tonnes. Nous le suivons un long moment le long des parois tombantes du Saguenay tout en perdant pas de vue les bélougas. Certains sont d'ailleurs accompagnés de petits, qui contrairement aux adultes sont gris foncé. Après deux bonnes heures d'observation, nous remontons le fjord pour en admirer les falaises. Nous croisons un paquebot construit.... aux Chantiers de l'Atlantique : décidément, l'ombre de Saint-Nazaire nous poursuit ! Les paysages sont splendides. Dommage toutefois que sur l'eau il fasse si froid.
De retour au port, nous faisons nos adieux à ce petit village de pêcheurs à l'architecture si typique, pour remonter encore le cours du Saint-Laurent.

Traversier pour la Gaspésie
Traversier Nous déjeunons à Betsiamite, au bord du fleuve non loin d'une réserve indienne, puis nous faisons route jusqu'à l'embarcadère de Baie-Comeau pour prendre le traversier. Ici, de fleuve le Saint-Laurent n'en a plus que le nom : d'une largeur de plus de 60 km, le lit est composé d'eau de mer à 99,9%. Nous embarquons dans le "Camille Marcoux" et rejoignons le pont supérieur pour 2h30 de traversée jusqu'en Gaspésie.
À notre arrivée à Matane, il fait nuit depuis un heure environ. Mais nous décidons de progresser quand même vers l'est pendant une petite heure.

Dimanche 18 septembre

De Matane jusqu'à Gaspé
Phare Le jour se lève et nous révèle la plage à quelques mètres : la rive sud du Saint-Laurent. Le ciel est couvert, les nuages sont bas et il ne fait pas très chaud. C'est un peu dommage car cela ne permet pas au fil de la route d'admirer le fleuve et la côte bizarrement escarpée. Le trajet serpente de villages en villages tantôt au bord de la plage, tantôt en hauteur, mais toujours le long du fleuve. Nous rencontrons en chemin quelques magnifiques phares en bois, parfois tout de rouge vêtus. À Cap-des-Rosiers, nous avons même la chance de pouvoir monter au sommet du phare, dans la lentille, nous offrant un point de vue insolite sur la pointe du Forillon — l'extrémité de la Gaspésie.
Avant de rejoindre la ville de Gaspé, nous nous offrons une promenade dans une érablière ainsi qu'une autre dans un petit fort datant de la Seconde Guerre Mondiale (Fort Péninsule) destiné à protéger la baie de Gaspé.
Nous pensions débarquer dans une ville de taille importante, mais force est de constater que Gaspé non content d'être située au bout du monde pourrait sans problème en être le t. d. c. ;-) Le temps est toujours aussi déprimant : il est temps d'aller se coucher !

Lundi 19 septembre

La réserve du Forillon
Forillon Contrairement à la veille, le temps est aujourd'hui radieux. Nous retournons de bonne heure vers la pointe du Forillon pour une petite randonnée. Par chance, alors que nous arrivons, un garde du parc nous propose de nous faire la visite guidée jusqu'à la pointe. Par chance, nous ne croisons ni ours noirs ni porc-épics qui pullulent pourtant dans le parc. Les rivages sont superbes et la mémoire de l'appareil photo risque de saturer. Au bout de trois heures, nous atteignons la pointe au sommet duquel trône un petit phare. Du sommet nous apercevons quelques baleines à l'horizon que l'on repère grâce à l'air mêlé d'eau qu'elles expulsent en geysers. Les paysages sont d'une beauté saisissante : il s'agit de la plus belle randonnée du séjour sans problème. Vers 13h00 nous rejoignons le véhicule pour déjeuner et prendre la route vers la côte sud de la Gaspésie, bordée par la baie des Chaleurs.

En passant par Percé jusqu'à la baie des Chaleurs
Percé Sur la route menant à la côte sud, Percé est un passage obligé. Les falaises, aussi spectaculaires et belles et percées que celles d'Etretat, font face à l'île Bonaventure où nichent une colonie importante de fous-de-Bassan. Certes, ces curiosités géologiques sont très belles, mais l'atmosphère trop touristique des lieux, la concentration humaine, sont presque opressantes en comparaison des calmes ballades matinales. Après un pot dans un restaurant Acadien, nous continuons notre route vers le fond de la baie des Chaleurs, là où débute la frontière entre les provinces du Québec et du Nouveau-Brunswick.

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jeudi 15 septembre 2005

Deux semaines au Québec (2)

Mardi 13 septembre

Québec
Quebec Après une nuit passée au bord du Saint-Laurent à proximité de Québec, nous débarquons de bonne heure aux abords du château Frontenac. Le ciel est couvert mais la visibilité n'est pas affectée ; depuis les remparts de la ville-haute, les rives du Saint-Laurent et l'extrémité sud de l'île d'Orléans sont parfaitement visibles. Juché au sommet de la falaise du cap Diamant l'on comprend facilement pourquoi l'endroit était stratégiquement idéal pour défendre les intrusions dans le fleuve.
Depuis la citadelle, la vue est encore plus surprenante sur la seule ville fortifiée d'Amérique du nord et sur le château Frontenac, un palace construit il y a un siècle dont l'architecte s'est inspiré des châteaux de la Loire pour édifier ce magnifique donjon de briques qui a donné naissance au style canadien "Château".
Quebec Dans la ville basse se croisent d'étroites rues bordées d'anciennes bâtisses de pierre — chose déjà peu commune au Québec ! Le charme qui s'en dégage rappelle celui d'une vieille cité bretonne. Sur la plupart des maisons sont indiqués la date de construction et le nom du premier propriétaire. L'endroit et l'atmosphère historique en font quequechose d'unique et véritablement différent de ce que l'on a pu voir jusqu'à présent. La seule note discordante est française : face au port, sur la place de Paris, trône une sculpture offerte par la ville de Paris. Une horreur sans nom totalement inadaptée au lieu : quelle honte, les parisiens étaient-ils si jaloux pour offrir une telle verrue ? ;-)
En passant par le port, et les vieilles batteries de canons pointées en direction du fleuve, nous remontons vers la ville-haute. Cette partie de la cité où s'accumulent les monuments historiques semble plus récente que la ville basse. S'y trouvent en particulier l'université Laval, une très vieille université fondée au XVII ainsi que l'hôtel du Parlement où siège l'Assemblée nationale du Québec.

La chute Montmorency
Montmorency Après une bonne journée passée à arpenter la capitale de la province, nous profitons de la fin de l'après-midi pour aller au parc de la chute Montmorency à quelques kilomètres de la ville. Un circuit pédestre mène jusqu'à une passerelle surplombant la chute, empruntant un escalier de quelques 500 marches... Le soleil est revenu et les eaux de la Montmorency se précipitent environ 80 m plus bas dans le Saint-Laurent, au milieu d'une brume irisée. C'est très joli et paraît-il plus haut de 30 m que les chutes du Niagara (sans en avoir malheureusement les proportions en largeur ! ;-) ).
Au sommet de la falaise, avant de rejoindre la passerelle, le circuit longe les vestiges du camp occupé par le général Wolfe avant la prise de Québec défendue par les troupes du général Montcalm est qui marqua la fin de la Nouvelle-France.

Au milieu de nulle part
Landry Le soleil se couche est nous prenons la route en direction du nord, vers la région du lac Saint-Jean. Nous empruntons la route 175 qui traverse seule sur 150 km la réserve faunique des Laurentides. Peu à peu l'altitude augmente, le relief devient plus prononcé et les forêts mixtes cèdent la place aux forêts d'épicéas. Ce gigantesque parc parcouru par la chaîne des Laurentides est moucheté d'innombrables lacs, petits et grands.
Avant que l'obscurité ne soit totale, nous avisons des chemins de terre qui partent de la route principale pour mener à quelques lacs les adeptes du camping sauvage, du canoë, de la pêche et de la chasse. Après quelques kilomètres dans la végétation au milieu de nulle part, nous garons le carosse au bord du lac Landry (quelle coïncidence ! ;-) ). Espérons qu'aucun orignal ou ours noir n'aura envie de savoir qui dort dans cette drôle de roulotte...

Mercredi 14 septembre

Les Laurentides
Laurentides Le jour se lève au milieu de nulle part. La lumière du jour nous révèle la beauté du site que nous n'avions pu apprécier la veille. Cette nuit, aucun bruit suspect ne nous est parvenu : oui, aucune trace de pas d'ours autour du camping-car. Perdu en pleine forêt, à quelques kilomètres de la route 175 le silence est impressionnant.
Nous reprenons la route principale en direction de la région du lac Saint-Jean. Les paysages ne varient pas : toujours ces forêts denses trouées de lac aux eaux calmes. Toutefois, le relief se fait plus prononcé et la route grimpe et descend en lacets au gré des pentes.
Puis soudain, au détour d'un virage, la hauteur nous offre subitement un panorama étonnant sur une gigantesque plaine dénuée d'arbres. Sur trois ou quatre kilomètres de descente le paysage change radicalement : les rochers, montagnes, forêts de sapins et lacs cèdent la place à une étendue parfaitement plate, sans la moindre aspérités ou le plus petit bosquet. C'est la fin des Laurentides, voici les rives du lac Saint-Jean.

Le Lac St-Jean
St_Jean Le lac est une étendue d'eau peu profonde, globalement circulaire, d'une taille de 60 km de diamètre. Il se jette à l'est dans le fjord du Saguenay qui lui-même conduit ses eaux jusqu'au Saint-Laurent. La gigantesque plaine entourant le lac est le domaine des grandes exploitations agricoles, et la patrie du ''bleuet", ce que nous appelons en France myrtille.
Nous déjeunons à Métabetchouan, sur une plage au bord du lac, dont les eaux curieusement colorées de bordeaux n'incitent pas à la baignade. Et pourtant ! Il fait 33° et l'envie ne manque pas. Un vent chaud balaie la plage est nous apporte les bonnes odeurs agricoles.

Val-Jalbert
Jalbert Arrivés au sud du lac, nous avons décidé de contourner le lac dans le sens des aiguilles du montre pour rejoindre Chicoutimi. Cet après-midi, nous faisons escale à Val-Jalbert. Il s'agit d'un village fantôme niché aux contreforts des Laurentides au pied d'une belle cascade.
En réalité, ce village a été bâti au début du XXème autour d'une pulperie ; c'est-à-dire une fabrique de pâte à papier, dont l'eau de la cascade fournissait l'énergie nécessaire au fonctionnement des machines. Pour loger les centaines de familles des ouvriers, le propriétaire des lieux avait fait construire un véritable village dans ce petit valon : école, église, lotissement dont les maisons bénéficiaient à l'époque des techniques les plus avancées en matière de chauffage, etc. Le village vivait presque en autarcie au rythme de la pulperie jusqu'à ce que dans les années 20, elle fît faillite. Comme le village appartenait en entier à l'industriel, tout ce petit monde fut chassé et le village fut laissé à l'abandon jusqu'à il y a quelques années où les populations des communes limitrophes décidèrent de mettre ce patrimoine en valeur et de restaurer quelques maisons.
L'atmosphère des lieux est très curieuse et ne manque pas de charme au pied de la cascade de 70 m. Mais l'un des atouts majeurs du site est sans conteste le point de vue offert sur le lac Saint-Jean par le belvédère construit au sommet de la chute.

Depuis ce midi, la température n'a cessé d'augmenter. Ce soir, le temps est lourd et il fait 36°. Comme nous nous y attendions, le ciel craque soudain et l'orage déverse ses tonnes d'eau. Poursuivant notre route sous le ciel obscurci, nous finissons par dénicher un coin tranquille à proximité de Saint-Félicien.

Jeudi 15 septembre

La Boréalie
zoo Ce matin nous décidons d'aller visiter un parc zoologique dont tous nous vantent les mérites. Il s'agit du zoo sauvage de Saint-Félicien. Effectivement, il s'agit sans problème du meilleur zoo que j'ai visité jusqu'à présent. L'espace est très bien organisé et présente un très large éventail de la faune et des paysages de la Boréalie, c'est-à-dire la zone septentrionale du globe qui couvre la quasi-totalité du territoire Canadien. Ici, les animaux ne sont pas en cage : c'est l'humain ! Un tour de huit kilomètres dans des wagons grillagés traverse plusieurs types de biotopes : forêts mixtes où vivent ours noirs et cerfs de Virginie, forêts d'épinettes et lacs où vivent les orignaux, les grandes Prairies où les chiens de prairie creusent d'innombrables terriers...
zoo Grizzly, lynx, couguars, phoques... Le parc est vraiment bien doté. Mais ma préférence va sans soucis aux ours polaires. Ceux-ci disposent d'une énorme piscine dont une extrémité est close par un système vitré. Les trois animaux s'en donnent à cœur-joie : pirouettes, cabrioles, planche, dos crawlé... ces animaux ont une remarquable aisance dans l'eau, et font preuvre d'une nonchalance à mourir de rire. Ils en feraient presque oublier le fait, qu'en liberté, ils demeurent des prédateurs puissants dont un coup de patte nous enverraient ad pater.
Nous quittons les lieux en milieu d'après-midi des images plein la tête. Le parc a une politique éducative très marquée et très enrichissante que je ne peux que saluer. À recommander !

Jusqu'à Chicoutimi
ChicoutimiLe contournement du lac par le nord ne présente pas d'attrait particulier à mes yeux : les paysages sont invariables. Avant d'atteindre Chicoutimi, nous passons dans le village de Saint-Nazaire... Décidément, les colons manquaient cruellement d'inspiration ! ;-)
Chicoutimi est une ville de taille moyenne située là où commence le fjord Saguenay. Après le pays couché voici le début du pays debout, comme les nomment les indiens pour décrire la platitude de la plaine du lac et les falaises escarpées du fjord. La température est retombée mais ne nous empêche pas de flâner le long des quais, enflammés par le soleil couchant.

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lundi 12 septembre 2005

Deux semaines au Québec (1)

Samedi 10 septembre

Arrivée à Montéal
Montreal Partis de Roissy/CDG à 11h00, l'avion atterit sans problème à l'aéroport de Trudeau/Dorval en début d'après-midi. Après quelques formalités de routine — qui m'ont d'ailleurs permis de constater avec plaisir que les douaniers Canadiens sont largement plus accueillants que leurs homologues états-uniens — nous rejoignons le hall des arrivées où JP nous retrouve.
Le ciel est aujourd'hui dégagé sur Montréal, mais je constate que les prédictions météo sur les températures sont correctes : il ne fait pas si chaud que cela.
JP et Fred habitent dans un joli petit quartier de l'île nommé "le Plateau". Les constructions sont toutes conçues de la même manière ; ce sont des condos : de petits immeubles à deux étages où l'on peut trouver en moyenne quatre à cinq appartements. En général, il y a un ou deux logements au RDC, deux appartements au 1er et 1 autre au 2nd, tous déservis par un escalier extérieur. D'ailleurs, tous ces escaliers donnent un certain charmes à ce quartier résidentiel tranquille aux rues ombragées par les érables.

Le vieux Montréal
Montreal Avant d'aller faire une petite promenade sur le vieux port, nous retraversons le pont Jacques Cartier pour aller se balader dans l'île artificielle de Sainte-Hélène où subsistent quelques pavillons de l'exposition universelle de 1967. Dont le pavillon américain : la célèbre biosphère.
Il y a un peu de monde à flâner le long du Saint-Laurent sur le vieux port cet après-midi. Mais apparemment, il y a plus d'animation sur la place Jacques Cartier où tout un groupe de mariées meringuées posent pour la photo, devant un monument. Nous poursuivons notre marche dans les petites rues alentours jusqu'à la Basilique Notre-Dame. L'extérieur de cette bâtisse religieuse paraît un peu austère, mais l'intérieur est absolument flamboyant : une débauche de dorures et de vitraux aux couleurs vives.

Dimanche 11 septembre

Autour du Mont Royal
Montreal Partant du Plateau, nous visitons les quartiers qui cernent le Mont-Royal. Nous commençons par Outremont, au nord de la montagne. C'est un quartier assez chic habité majoritairement par la communauté juive et les francophones aisés. Progressivement, nous abordons vers l'ouest le quartier de Côte-des-Neiges résolument cosmopolite mais également estudiantin ; car s'y trouve le campus de l'université de Montréal (francophone). Arrivés à l'ouest du Mont-Royal, nous grimpons vers les hauteurs de l'oratoire Saint-Joseph. Le quartier surplombe la ville et jouie d'une vue imprenable sur le cours du Saint-Laurent. Les propriétés y sont toutes plus luxueuses les unes que les autres jusqu'à l'indécence ;-). Le dépaysement est total au milieu de ces verdoyantes allées sinueuses et escarpées, l'on pourrait oublier que l'on se situe pourtant dans le centre d'une métropole de quelques millions d'âmes. Peu à peu, nous descendons au sud vers Westmount, le quartier de la bourgeoisie anglophone par excellence pour rejoindre ensuite le centre commercial de la ville autour de la rue Ste-Catherine. Avant de remonter sur St-Laurent, nous avons droit à un bref aperçu sur la prestigieuse Université McGill (anglophone).

Pique-nique dans le parc
Montreal Avant de monter pique-niquer sur les pelouses du parc du Mont-Royal, nous passons prendre notre déjeuner chez Schwartz's sur Saint-Laurent. Il semble que cette enseigne où l'on vend de la smoked meat est une véritable institution culinaire montréalaise.
Aujourd'hui dimanche, il fait très beau beau et les pelouses du parc sont prises d'assaut. Nous trouvons toutefois un petit coin bien sympa près d'où chahutent plein de petits écureuils bruns. Du parc, la vue sur toute la moitié sud de l'île est saisissante ; notamment depuis le belvédère du "Chalet" qui domine le centre-ville.

Lundi 12 septembre

Le carosse
Le squat est terminé. Ce matin nous prenons possession d'une autocaravane (un camping-car) pour poursuivre le périple en direction de l'est. Le véhicule est assez monstrueux, mais de toute façon, même la taille minimale est impressionante ! À l'intérieur, tout le confort nécessaire et même plus que nécessaire ! Plaques de cuisson, hotte, réfrigérateur, congélateur, clim', chauffage, douche... et jusqu'à six couchages ! De quoi se perdre ;-)

Le long du Saint-Laurent
Montreal Après avoir fait le plein de provision, nous quittons Laval — au nord de l'île — et partons le long de la rive nord du grand fleuve en direction du nord-est. Au bout de quelques kilomètres d'autoroute, nous empruntons le Chemin du Roy ; il s'agit de la route qui emprunte le tracé de la première voie construite pour relier Montréal à Québec. En effet, à cette époque lointaine, les villes étaient seulement reliées par bateau. L'avantage de cet itinéraire par rapport à l'autoroute est qu'il permet de traverser quantité de petits villages charmants tout en longeant au plus près le fleuve.
En début d'après-midi, nous atteignons Trois-Rivières. Hélas ! Cette ville n'est pas comme son nom l'indique la capitale mondiale du rhum ;-) mais simplement une cité spécialisée dans l'industrie papetière au centre-ville très coquet.
Aujourd'hui, le temps est clair et la chaleur très humide. Nous en profitons pour effectuer quelques haltes au bord du fleuve pour admirer ses rives déjà, commencent à s'éloigner l'une de l'autre.

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mercredi 29 juin 2005

Vacances à Madère

Dimanche 19 juin

Arrivée
L'avion s'est posé sans encombres vers 16H30 locales sur la piste de l'aéroport de Madère (mais quelle piste ![1]).
Le temps est couvert et la température (24°) largement plus acceptable qu'à Nantes (33°).
De tunnels en viaducs, la nouvelle voie express nous conduit jusqu'à l'hôtel situé dans le quartier hôtelier de l'ouest de Funchal, la capitale de l'île.

Interlude : de Madère
Madère est une île de l'Atlantique située à 660 km à l'ouest des côtes marocaines et à 1000 km de Lisbonne. Il s'agit d'un montagne volcanique pointant la tête hors de l'eau d'environ 75 km de long sur 20 km de large. Le relief est assez tourmenté : sur ce petit territoire s'élèvent des pics atteignant plus de 1800 m entrecoupés de vallées abruptes descendant vers la mer.
La côte n'est pas très accessible puisque les montagnes tombent souvent directement dans la mer, par conséquent l'île ne possède qu'une seule ridicule plage naturelle.
Ces caractéristiques font de Madère une destination rêvée pour les randonnées de toutes sortes, mais certainement pas pour les activités de plage !
Côté climat et végétation, le relief de l'île crée une barrière aux vents humides venant du nord-ouest. Il en résulte que la partie sud de l'île est très souvent ensoleillée et naturellement sèche (voire carrément désertique à la pointe est de l'île) tandis que le nord-ouest est assez humide et recouvert d'épaisses forêts aux multiples essences. Les variations climatiques y sont peu importantes tout au long de l'année, mais aussi entre le jour et la nuit (25° le jour, 20° la nuit : le rêve...).
Pour finir, l'archipel est une région autonome portugaise dont la capitale est Funchal, située sur la côte sud.

Promenade dans le centre de Funchal
FunchalÀ pied, descente vers le port en passant devant les hôtels les plus prestigieux et par le joli Parque de Santa Catarina où croit un magnifique jardin. Il faut savoir que Madère est surnommée "Le jardin flottant" pour ses nombreuses espèces végétales endémiques ou non qui fleurissent tout au long de l'année.
Au port, le sable volcanique définitivement noir crée un drôle de contraste avec la terre de l'île rouge brique. Le mur de la jetée est recouvert de petites peintures de toutes sortes : il s'agit d'une tradition qui veut que l'équipage d'un bateau laisse ici sa marque avant de se lancer dans la traversée de l'Atlantique.
L'architecture antique du centre-ville se rapproche du colonial ibérique ; et la pierre volcanique brune et poreuse utilisée pour la construction des forts et bâtiments religieux leur donne un style exotique, charmant. Derrière le Palaço de São Lourenço se trouve un jardin botanique très intéressant : il est petit, certes, mais il a dû être créé aux premiers temps de la colonisation, les arbres y sont magnifiques et gigantesques.

Lundi 20 juin

Jardim botânico
FunchalAprès avoir loué un scooter, montée jusqu'au jardin botanique de Funchal, à 3 km au nord-est du centre-ville.
Ce sont 5 hectares très bien entretenus répartis sur des terrasses accrochées sur une crête abruptes qui surplombe la ville. Aujourd'hui le temps est mi-couvert mais cela n'en est que meilleur pour apprécier la quantité incroyable de plantes provenant des quatre coins du monde qui poussent ici. Les lieux sont découpés en plusieurs parties dont un jardin de cactées et succulentes très varié, un petit jardin à la française, une palmeraie...
Jouxtant le jardin botanique se trouve le Loiro parque, une collection d'oiseaux multicolores piaillant de concert.

Des hauts de Funchal jusqu'à Porto Cruz
Porto CruzAlors que nous grimpons en scooter les montagnes recouverte d'une forêt d'eucalyptus pour rejoindre l'autre face de l'île, un brouillard venu de la mer envahi la vallée de Funchal et nous rattrape bientôt sur les hauteurs. Les routes sont bordées d'un massif continu de jolies agapanthes bleues et blanches et d'hortensias. À peine la descente vers le nord entamée qu'il se met à crachiner puis à pleuvoir. Il est midi, une petite halte dans une auberge de montagne s'impose avec dégustation d'espetadas ; il s'agit d'une longue brochette sur laquelles sont enfilés des morceaux de bœuf, mise à cuire dans une sorte de four à pain et ensuite suspendue au-dessus de la table grâce à un crochet fixé au plafond.
Il ne pleut plus mais la brume est toujours là. Descente progressive par les lacets de montagne vers Porto Cruz, sur la côte, petite cité "balnéaire" abritée à l'ombre du Penha de Àguia, une gigantesque falaise inaccessible (590 m de haut) plongeant dans la mer et abritant de nombreuses colonies d'oiseaux. Nous découvrons une fabrique de rhum où les machines qui broient la canne à sucre marchent encore à la vapeur. Petite dégustation du bolo de mel (spécialité locale, c'est une sorte de pain d'épices confectionné à base de mélasse) et d'un petit verre de rhum 30 ans d'âge, bien sûr !

De Machico aux halles de Funchal
TarmacLes autorités locales ont lancé depuis une dizaine d'années un ambitieux programme de développement routier afin de desservir l'ensemble de l'île par un réseau de voies express. Le relief ne facilitant guère ce genre d'enteprises, il s'en est suivi la construction d'une multitude de viaducs monumentaux et d'autant de tunnels transformant l'île en gruyère. Il n'empêche que cela change la vie des autochtones. Pour preuve : rallier Funchal à Porto Cruz par les routes classiques a nécessité 3 heures alors que rentrer par la voie express n'a pris que 20 minutes...
Au cours du retour, petit arrêt sur le port de Machico, là où a débuté la colonisation et passage par la voie express qui serpente sous le tarmac : impressionnant !
Les halles de Funchal sont ouvertes toutes la journée. Les petits producteurs y vendent légumes et fruits et surtout des tonnes de fleurs. Malheureusement, le marché aux poissons n'est ouvert que le matin : tant pis, demain sera un autre jour. Pour le moment, depuis que nous sommes revenus de l'autre côté de l'île, le brouillard à disparu et le soleil est revenu.

Fin de journée
Après dîner, petite promenade en scooter le long de la côte en direction de l'ouest pour atteindre Cabo Girão. Mais la nuit tombe vite et la route en lacets est longue : changement de programme et visite du petit port de Câmara de Lobos.

Mardi 21 juin

Marché aux poissons
HallesAvant que la location n'expire, petite visite au marché aux poissons des halles. On y découpe avec une sorte de courte machette le thon rouge fraîchement pêché sur des tables en marbre où les darnes côtoient de curieux poissons noirs vraisemblablement originaire des profondeurs.

Restitution du scooter et location d'une voiture pour le reste du séjour.

Cabo Girão
FunchalSur le chemin menant à l'étape de la journée, se trouve Cabo Girão que nous n'avions pu atteindre la veille au soir.
Il s'agit de la seconde falaise la plus haute du monde, dont le sommet est accessible en voiture et doté d'un belvédère époustouflant. La vue y est grandiose et les perspectives donnent presque le vertige. À plus de 600 mètres au-dessus des flots, l'on voit très nettement les fonds turquoises qui chutent vertigineusement vers les profondeurs bleues. Quelques oiseaux s'amusent dans les courants d'air ascendants générés par les vents qui remontent le long de la paroi.
Un point de vue superbe que, malheureusement, aucune des photos n'arrive à reproduire totalement.

Jusqu'à Rabaçal
Rabaçal se trouve sur le Paùl da Serra, un plateau situé à 1200 mètres d'altitude sur la moitié ouest de l'île. Pour atteindre ce plateau, il faut emprunter la seule voie qui traverse l'île du sud au nord, entre Ribeira Brava et São Vicente. Quelques dizaines de minute après une courte halte sur la plage ensoleillée de Ribeira Brava, nous roulons sur le Paùl da Serra dans une purée de pois infernale. Au milieu d'une lande d'altitude lugubre et déserte, voici le parking d'où il est possible de descendre à pied jusqu'à Rabaçal et de partir en randonnées le long des levadas.

Interlude : Madère et les levadas
La colonisation de l'île s'est naturellement effectuée sur la partie la moins pentue et la moins boisée de l'île : au sud. Malheureusement, c'est également la région de Madère où les ressources en eau sont les plus limitées. Les insulaires ont donc construit un système de drainage permettant de collecter l'eau disponible en abondance sur la face nord de l'île pour la distribuer sur la face sud. Ce système, ce sont les fameuses levadas, de petits canaux ou gouttières taillés dans la roche où faits de maçonnerie, qui serpentent à flanc de montagne dans les forêts humides, qui empruntent parfois des tunnels pour apporter l'eau nécessaires aux cultures et aux habitants de la vallée de Funchal. Chaque levada est flanquée d'un sentier ou d'un rebord suffisamment large pour permettre aux agents d'entretien de circuler et d'intervenir facilement et qui font le bonheur des randonneurs. Ce système est quasi unique au monde, ou du moins à cette échelle : il existe plusieurs centaines de kilomètres.

Les Indiana Jones du dimanche...
LevadaRabaçal se situe à 2 km en contrebas du parking, à descendre dans la vallée du Ribeira de Janela couverte de forêts subtropicales primitives.
Notre premier choix se porte sur le circuit des levadas de 25 fontes qui, selon le guide, est la plus belle et la plus longue (~ 4 heures). Il s'agit en fait d'une boucle qui permet de longer trois levadas et d'admirer deux cascades.
Le temps est mi-couvert, il ne fait pas trop chaud. Les paysages et la forêt sont absolument splendides. Les levadas parcourent parfois la paroi rocheuse à côté du vide : absolument déconseillé aux personnes sujettes au vertige et empruntent des passages sous une voûte de bruyères géantes et de fougères.
Au bout de deux heures de marche, il est possible de sortir de la "boucle" pour aller admirer une cascade. Puis nous poursuivons notre chemin sur quelques centaines de mètres avant de se retrouver dans un cul-de-sac... Bref coup d'œil à la carte : en effet, nous n'étions pas revenu sur la boucle. Nous retournons sur nos pas jusqu'à trouver l'embranchement qui permet de descendre dans la vallée pour rejoindre la seconde levada en contrebas. Le sentier est pentu et dangereux mais permet en quelques minutes d'atteindre cette levada qui ne dispose pas d'un sentier de ciculation : il n'y a que la large margelle...donnant sur le vide. Mais très vite, cette voie permet d'atteindre un pont qui enjambe la gorge et qui permet de rejoindre la troisième et dernière levada qui se présente devant nous en face du pont. Cette levada présente l'originalité d'emprunter un tunnel d'une trentaine de mètres dans la roche, c'est très joli ; mais dommage que le guide ne le mentionne pas, sinon, j'aurais mis une lampe torche dans le sac à dos !
LevadaAu sortir du tunnel, le vide est encore plus prononcé, il est nécessaire de faire attention où poser le pied. Mais bientôt, l'entrée d'un second tunnel se présente. Celui-ci doit être plus ou coudé puisque la sortie est invisible. L'hésitation nous gagne puisque nous n'avons pas de lampes ; toutefois, la margelle à l'entrée est marquée de quelques traces de pas... Nous nous engageons dans l'obscurité, à vue d'abord, éclairés par l'entrée, puis rapidement à tâtons. L'aventure n'a rien pour me rassurer mais la progression est assez rapide. La vue s'habitue progressivement à l'obscurité et je commence à distinguer une ampoule électrique qui brille un peu plus loin... Toutefois, progressivement, le doute s'installe : nous prenons deux fois la douche par des apersions en provenance de la voûte, nous ne voyons véritablement plus rien du tout et la tête d'épingle lumineuse que je prenais pour une ampoule électrique n'est en fait... que la sortie ! Le tunnel est d'une rectitude absolue. Le désespoir me gagne et le doute s'installe : ais-je lu correctement le plan de la randonnée ? Pour l'heure, exaspéré de tâtonnements, je sors l'appareil photo numérique du sac et l'allume : grâce à la faible lueur de l'écran, il est à présent possible de distinguer l'endroit où l'on va poser le pied (oui, MacGyver du dimanche également...).
LevadaLa progression est maintenant un peu plus rapide et au bout de quelques minutes, la lumière s'agrandit, puis, enfin, à mon grand soulagement, nous sortons à l'air libre dans une jolie vallée boisée de résineux et d'eucalyptus. Je consulte la carte des levadas et le verdict tombe : nous nous sommes trompés, il fallait emprunter un sentier qui grimpait sur la gauche après le petit pont au lieu de suivre à droite cette levada ! Ce qui implique que nous devons reprendre le tunnel en sens inverse. Nous nous y soumettons de mauvais gré et en désespoir de cause ; mais c'est ainsi !
Plus tard, nous retrouvons le fameux sentier, qui grimpe sévèrement pour rejoindre le point de départ. Nous avons ainsi perdu au total 1h30 sur la randonnée dont 45 minutes sous terre... Après calcul sur la carte, ce tunnel faisait entre 1,5 et 2 km de long et permet et faire transiter l'eau d'une vallée à une autre... Même si cela laisse des souvenirs impérissables, je ne suis pas prêt de jouer à nouveau les Indiana Jones à six pieds sous terre ! ;-)
Comme il reste un peu de temps, il reste juste de quoi emprunter le second circuit, plus court et plus reposant, qui mène à un promontoire surplombant une cascade. La brume commence à tomber, et lors du retour la vallée disparaît de notre vue : il est temps de rejoindre la voiture.

Côte nord-ouest
MonizDepuis le Paùl da Serra, nous gagnons la côte et notamment l'extrémité ouest de l'île, la Ponta do Pargo. De retour à des altitudes plus basses, le soleil reparaît et ne tarde pas à plonger dans la mer.
La côte nord-ouest est bien différente, contrairement à la côte sud où la montagne plonge progressivement dans la mer, ici, ce ne sont que hauteurs verdoyantes et boisées qui tombent dans l'Atlantique en une succession de falaises majestueuses battue par une houle déchaînée. Une côte maginifique mais bien inhospitalière en réalité.
Le jour décline et la route nous conduit jusqu'à Porto Moniz, une petite station balnéaire. Dans l'obscurité, la tente est vite montée au milieu d'un petit champ, prête à abriter un sommeil bien mérité.

Mercredi 22 juin

De Porto Moniz à Ponta Delgada
DelgaPorto Moniz est une petite ville bien calme. Le temps est maussade, comme souvent sur la côte nord. L'unique caractéristique de cet ancien village dont le bourg est à présent écrasé par quelques hôtels assez chics, sont les piscines d'eau de mer naturelles. Il s'agit à l'origine de petits bassins naturels formés par les rochers volcaniques qui se remplissaient grâce aux vagues qui s'y fracassaient à marée haute[2]. La folie hôtelière les a à présent bétonnés (pour que les pieds fragiles ne s'abîment pas sur les rochers acérés) et transformés en mini-centre de thalasso payant.
La route qui mène à São Vicente (d'où il est ensuite possible de gagner le sud de l'île) serpentait à l'origine le long des falaises vertes et abruptes du nord ; le programme de déploiement routier l'a remplacé par une route plus sûre empruntant tunnels après tunnels. Heureusement (ou malheureusement) l'ouvrage n'est pas encore terminé et les lacets que nous empruntons à partir de Seixal révèlent une côte magnifique. À São Vicente, nous poursuivons jusqu'à Ponta Delgada. La municipalité à reconverti le port désormais inutilisé et protégé par une digue en une piscine naturelle d'eau de mer. Le site est intéressant et calme.

Farniente et chlore
Une fois de plus la rumeur est vraie : à peine sortis du tunnel de Ribeira Brava que le soleil de la partie sud nous assaille alors que quelques minutes plus tôt, au nord, le ciel était mi-couvert. À quelques kilomètres à l'ouest de Ribeira Brava, la plage(artificielle, hélas!) de Ponta do Sol est l'endroit tout indiqué pour paresser au soleil et lire un peu.
Quelques coups de soleil plus tard, nous regagnons l'hôtel à Funchal et décidons d'aller passer la fin d'après-midi dans un "Aquapark" aperçu depuis la route qui mène à l'aéroport. Glissades le long de toboggans clos sur les grosses bouées jaunes et nage tranquille dans les bassins chlorés au programme.
Pour finir la journée, quelques cartes postales rapidement noircies sur fond de coucher de soleil sur le remblai de Santa Cruz.

Jeudi 23 juin

Ponta de São Lourenço
LourencoCe matin, les grosses chaussures de rando sont de sortie pour la seconde fois. Nous gagnons l'extrémité est de l'île, qui se termine en une pointe rocailleuse, sèche et battue par les vents : la Ponta de São Lourenço. Il s'agit d'une très jolie mais périlleuse marche dans un paysage minéral abrupt aux roches coupantes, parfois le long d'à-pics venteux. Le soleil est totalement au rendez-vous, mais la crème solaire veille !
C'est splendide même si, personnellement, les escapades dans les forêts denses du nord ont ma préférence. Au terme de presque 4 heures de marche et parfois même d'escalade, nous retournons à la voiture. Je m'aperçois alors que les crampons et semelles de mes chaussures ont été découpés par les roches !

PMT à Caniçal
canicalAprès déjeuner, Praia da Praìnha s'impose. Il s'agit de la seule plage naturelle de Madère située entre le village de Caniçal et la Ponta de São Lourenço. Malheureusement, le parking semble déjà bien rempli et un bref coup d'œil en bas, sur la plage, m'informe qu'elle ne tardera pas à être saturée. Nous avisons donc une crique, un peu plus loin où il est possible d'étendre les draps de bains sur les éboulis.
Palmes chaussées et masques/tubas enfilés, nous partons barboter dans les rochers pour aller voir ce qu'ils cachent. S'il est bien connu que Madère est le paradis des randonneurs, en revanche, on n'y va pas pour la plongée. En effet, les fonds chutent rapidement et sont plutôt déserts : peu d'algues, pas de coraux et une faune à diversité réduite. Toutefois, l'eau est calme, le soleil est radieux et l'eau n'est pas si froide qu'on le prétend. Les rochers sont tapissés d'oursins-diamants aux longues épines et desquels je conserve mes distances, quelques poissons multicolores sont bien plus intéressants !

Vendredi 24 juin

Côte nord
rib_frioLes Bolos de mel de Porto da Cruz sont excellents, il faudrait en ramener quelques uns au Cormier. Nous retournons donc à la fabrique de rhum. Contrairement à lundi, aujourd'hui la côte nord est totalement ensoleillée. La fameuse Penha de Àguia n'est plus dissimulée en partie par les nuages. Nous poussons vers l'est en direction de Santana pour rencontrer quelques unes des constructions typiques de cette partie de l'île. À part ça et les superbes falaises, rien d'autre à faire dans le coin. Nous préférons monter en montagne jusqu'à Ribeira Frio. Depuis cet élevage de truites alimenté par l'eau des levadas, part une marche tranquille d'une heure dans les sous-bois jusqu'à Balcões. Le bout du parcours est à couper le souffle, au dernier moment, le chemin sort du couvert végétal et débouche subitement sur un promontoire rocheux qui domine à plus de 180° toute la vallée qui s'étend à l'est des plus hauts pics de l'île jusqu'à la mer. Absolument somptueux.

Dernière baignade
Après cette magnifique ballade nous décidons de retourner se baigner à Caniçal et d'aller larver sur les rochers. Une dernière baignade avant le retour, samedi matin.

Notes

[1] Il s'agit d'une piste internationale "sensible" puisque plus courte que la moyenne, construite comme une table à 70 mètres au-dessus de la mer, sur 180 pilotis de 3 mètres de diamètre s'enfonçant à 60 dans le sous-sol ! Un ouvrage impressionnant.

[2] Quoique le marnage à Madère soit très peu important

samedi 12 février 2005

NYC - jour 7

Notre dernier jour à New-York vient de se lever. Alors que nous bouclons les valises, un reportage passe sur la chaîne locale. Il s'agit du maire de la ville interviewé aux côtés d'un couple, au milieu des arches oranges de Central Park À les écouter parler, je comprend enfin la fonction de ces drôles de décorations. Il s'agit en fait d'une œuvre d'art temporaire, création d'un couple franco-bulgare : Christo et Jeann-Claude, imaginé dans les années 70 mais jamais encore réalisé. Il s'agit des mêmes artistes qui ont emballé le Pont-Neuf à Paris ou encore le Reichstag à Berlin.
Puis soudain, les gens dans le parc égrènent un décompte jusqu'à ce que des techniciens libèrent de grands voiles safrans enroulés au sommet de chacun de 7500 "Gates" répartis dans le parc. Tous les gens applaudissent et commencent à déambuler dans les allées, passant sous les voiles qui ondulent dans le vent.
C'est jôôôôôôli !!! ;-)

Les valises sont enfin bouclées. Dernière inspection dans la chambre ; nous descendons confier les bagages à la réception : le vol n'est qu'à 22H00, nous avons le temps de nous balader dans la grande ville une dernière fois.
Nous décidons donc d'aller voir la curiosité du moment à Central Park.

De visu, c'est beaucoup plus joli qu'à la télé. Le soleil illumine au travers des frondaisons dénudées les voiles qui ondulent mollement. Le contraste est saisissant entre l'uniformité grisâtre du parc et ces formes orangées flashy. L'appareil photo s'en donne à cœur joie et n'en peut plus de prendre des clichés (une soixantaine en tout). Comme nous sommes samedi, les gens ont accouru dans le parc ainsi bien moins désert que cette semaine. Des employés distribuent des petits coupons du même tissu dont sont faits les Gates. Autour de nous, j'entend les promeneurs :
« Mais, à quoi ça sert ? »
Hé bien justement, à rien ! C'est joli, c'est tout ! Ensuite, art ou pas art... telle est la question.
En passant dernière le Metropolitan, je m'amuse quelques instants avec des Tic et Tac en leur faisant croire que je leur apporte à manger. Ils sont terribles !

Nous reprenons le métro en direction du sud pour aller nous promener dans le quartier des Nations-Unies complètement déserté le week-end. Le manque d'animation et le froid ont raison de nous. Nous repartons nous promener sur la 6ème et la 5ème faire les boutiques de design. Puis, tranquillement, nous remontons en direction de l'hôtel. Le taxi nous dépose à l'aéroport à 20H30, l'avion décolle à 22H00. Bye bye Manhattan !.

Sept heures plus tard, alors qu'il n'est que cinq heures du mat' à NYC, l'avion atterit à Heathrow après quelques cercles autour de Londres. Il est 11H00 local et je ne suis pas très frais... ;-)
L'enregistrement des bagages à Gatwick prend une éternité pour cause de panne informatique... : merci Windaube.

Il est bientôt 17H00, heure française, et l'avion arrivant plein nord amorce son grand demi-tour au-dessus du pays de Retz pour faire face à la piste. La côte paydrète semble complètement déformée par le point de vue. Nous perdons progressivement de l'altitude, et l'avion fait du rase-mottes au-dessus du lac de Grand-Lieu avant de se poser sur la piste. Nous sommes de retour à Nantes, snif ! C'était quand même super bien New-York... quand est-ce qu'on y retourne ? :-)

vendredi 11 février 2005

NYC - jour 6

La tentative de la veille n'ayant pas été fructueuse, nous reprenons le métro en direction du Guggenheim museum. Effectivement, aujourd'hui il y a un peu plus de monde. L'exposition temporaire du moment concerne la civilisation Aztèque. Dans le Guggenheim, l'on grimpe petits à petit les étages le long d'une sorte de mezzanine hélicoïdale où se tiennent les expos temporaires.
À chaque étage, la mezzanine donne accès à des annexes où se trouve la collection permanente. Comme au MoMa, je constate que l'essentiel est composé de peintures européennes du XIX - XX. J'y découvre de magnifiques Kandinsky et quelques Chagall.

En sortant du musée, j'observe dans Central Park le manège des techniciens qui s'affairent depuis probablement quelques semaines déjà à disposer dans toutes les allées du parcs des espèces de portiques orangés dont la fonction me paraît encore obscure...

Histoire de voir ce qu'il y a en dehors de la ville, nous nous proposons d'aller sur une petite île de pêcheurs, au nord-est, dans la baie de Long Island.
Nous prenons ainsi le métro en direction de City Island. À la sortie de Manhattan, le métro devient aérien, cela nous permet d'avoir un aperçu du Bronx : un amas de petits immeubles de briques pas très jolis. Depuis le terminus, nous prenons un bus qui mène directement à la pointe de l'île. Elle semble un lieu propice au tourisme estival, malheureusement, nous sommes en février et la plupart des boutiques sont fermées. Les ruelles sont toutefois très charmantes et depuis les maigres plages l'on a une superbe vue sur l'agglomération, au loin. Nous apprenons ainsi que c'est dans les chantiers navals de cette île que furent construit le voilier "America" qui donna son nom à la coupe.
Avant de partir, nous allons tester un restaurant de fruits de mer. Malgré l'aperçu douteux que j'avais eu sur la gastronomie (!) américaine deux ans auparavant en Floride, je commande des shrimps. Mes appréhensions sont fondées : ils sont incapable de cuisiner de bons produits. Les mastodontes de crevettes sont cuites en beignets, tandis que la sole est frite et recouverte d'une belle épaisseur de panure ; pour finir, il semblerait que les noix de Saint-Jacques aient effectué un séjour dans la friteuse...
Néanmoins ravis de cette petite excursion, nous retournons en ville.

Nous sortons du métro à la station Grand Central pour aller admirer l'architecture de la gare principale de New York. Elle me paraît légèrement familière et pour cause, je me rend compte qu'un grand nombre de films ont dû y être tournés. Le hall est sublime si ce c'est la grande bannière défigurante.

La fatigue des jours précédents s'est accumulée au cours des kilomètres de marche. En début de soirée, nous retournons à l'hôtel comme des souches ! ;-)

jeudi 10 février 2005

NYC - jour 5

Après les kilomètres avalés ces derniers jours, c'est en métro que nous décidons de nous rendre ce matin au Guggenheim Museum. Nous trouvons une bouche de subway sur Times Square et remontons en direction du nord sous la 5ème avenue.
À propos du métro New-Yorkais justement, même si c'est dur à imaginer, je trouve que celui de Paris est nettement mieux que celui de New-York. En effet, À Manhattan, les plafonds (si l'on peut appeler cela ainsi) sont bas et faits de poutres métalliques noires de saletés et trucs qui pendouillent. Les quais et couloirs du métro sont très étroits et pas toujours bien éclairés. D'autre part, pour une métropole d'une telle envergure, je ne trouve pas qu'il y ait une densité de lignes exceptionnelles. J'ajoute également qu'il est cher et que leur système de locals pas toujours très clair.... Hé oui, en fonction de la catégorie de rame qui passe, elle ne s'arrête pas forcément dans toutes les stations... À expérimenter.

Nous voici donc en face du Reservoir de Central Park, au Guggenheim où je m'étonne de constater que peu de monde se presse. Et pour cause ! Arrivé devant la porte, je lis que le musée est ouvert tous les jours de la semaine, sauf le dimanche et... le jeudi. Génial !
Comme nous avions décidé d'une destination culturelle, nous nous rabattons sur le second choix. J'héle aussitôt un yellow cab et indiquant "The MoMA, please".

Le taxi descend quelques rues sur la cinquième en direction du sud, puis prend à droite pour nous déposer devant le Museum of Modern Art. Et, effectivement, tout le monde semble s'y être donné rendez-vous puisque la queue est phénoménale. Heureusement, les tickets-pass permettent de s'y soustraire ;-)
J'apprend que le Musée a été entièrement refait, il qu'il a réouvert il y a quelques mois. L'architecture du bâtiment est superbe. Sur quatre niveaux on s'en met plein les yeux ; il s'expose le genre d'œuvres que tout le monde connait mais que personne n'a jamais vu dans les musées. Et pour cause ! Je constate, non sans moult interrogations, que l'essentiel des plus grandes œuvres de la peinture Européenne du XIX et du XX sont ici... Inutile de chercher les plus beaux Picasso en Espagne ou les Seurat et autres Rousseau à Paris. Ils sont ici... Ce sont ainsi "Les Demoiselles d'Avignon" de Picasso, "Les Iris" de Van Gogh, "La gitane endormie" de Rousseau. Côté œuvres purement américaines... à part les Warhol... je ne vois pas !
Pour le reste, dans ce musée qui semble envahi par une horde de Français, je suis bluffé de découvrir un iPod dans la section des œuvres de designer ; je ne suis que très moyennement intéressé par les sculptures (comme d'habitude) sauf par le lustre intitulé "Scène de ménage" que j'adore. Je suis en revanche pleinement absorbé par la section dédié à l'architecture où est présentée une partie du travail de Franck Lloyd Wright, qui est notamment le concepteur du Guggenheim, de la célèbre Maison de la cascade ou encore des différentes versions de Taliesin (Dan Simmons fait d'ailleurs référence à ces dernières dans Endymion, il me semble).

En sortant du musée, vers 15h, nous retournons en direction de Times Square au milieu duquel se trouve tkts : les guichets vont bientôt ouvrir et il y a déjà une queue énorme. tkts permet aux différents théâtres de Broadway de vendre à partir de 15H les places invendues du soir-même, en cassant un peu les prix. Il y en a pour tous les goûts, de -15% à -80%. Après une petite attente dans le vent qui s'est rafraîchi ces derniers jours, nous prenons deux places pour "Mamma Mia", qui semble être la comédie musicale qui marche bien ces temps-ci.

Ensuite, petite virée au sud de Manhattan, dans les boutiques in et fashion de SoHo, Chelsea et Greenwich village. Quand nous remontons enfin vers la 48ème, il fait nuit et ce soir, l'Empire State Building s'est paré de bleu, blanc et rouge ; mais je doute que ce soit en l'honneur de la France ! ;-) J'ai en effet, appris là-bas que le "bleu-blanc-rouge" est le drapeau de la ville de New York, à la différence que contrairement au tricolore, le rouge est un peu plus pâlot, et qu'un écusson orange pâle est parfois ajouté dans le blanc pour le distinguer.

À 20H00, les portiers font entrer les spectateurs dans le Cadillac Theatre, une grande et confortable salle de théâtre au décor surchargé, imitation d'un opéra du XVIII européen.
La comédie musicale est génialissime. L'histoire raconte en gros l'histoire d'une jeune fille qui va se marier quelquepart sur une île grecque, un été. Sa mère y tient une auberge qu'elle avait acheté, vingt-cinq ans plus tôt alors qu'elle était en voyage avec ses amies en pleine période Hippie. Or, la jeune fille désespère de ne pouvoir inviter son père à la cérémonie, et pour cause ! Elle n'a pas de père. Elle décidé alors d'emprunter le journal intime de sa môman pour savoir avec qui elle aurait bien pu fricoter dans sa jeunesse... Elle découvre trois clients potentiels qu'elle invite au mariage...
Tout est très "pro", des acteurs/danseurs/chanteurs, en passant par l'orchestre et les décors... Et l'ensemble est très bien fait. (Les acteurs sur la plage aussi, d'ailleurs ;-)).
Mais le clou du spectacle, est que l'intégralité des chansons de la comédie, sont des titres qui ont fait le succès d'ABBA. Et là, forcément de voir les gens chantonner en même temps... la super ambiance.

En sortant du théâtre, le thermomètre a encore baissé. Mais la soirée n'est pas finie pour autant. Nous montons au dernier étage du Mariott pour aller prendre un dernier verre à The View. Il porte son nom à juste titre puisqu'il s'agit d'un bar circulaire qui tourne à 360° en une heure et qui permet d'avoir un panorama complet sur la ville, douillettement assis dans son fauteuil clinquant à siroter un cocktail maison. La classe !

mercredi 9 février 2005

NYC - jour 4

Ce matin nous avons rendez-vous avec le Seigneur ;-)
Nous allons assister à une répétition de messe en Gospel dans Harlem, tout au nord de Manhattan. Mais comme elle ne débute qu'à 11h00, nous en profitons pour aller faire un tour dans les quartiers chics de Harlem, notamment à Sugar Hill où il existe encore de très nombreuses et charmantes demeures de style Victorien qui servaient de maisons de campagnes aux riches New-Yorkais du début du siècle. Cela permet de se rendre compte de l'expansion de la ville qui en l'espace d'un siècle est passé de l'état de collines ondulées à un territoire nivelé où le moindre centimètre carré de terre est recouvert de béton ou de macadam.

Plus bas, dans la Harlem pauvre, nous faisons un détour dans le Mémorial du peuple Noir. Il s'y tient une exposition très intéressante sur les mouvements de population (beaucoup plus important que je l'imginais) qu'a connus ce peuple au cours des trois derniers siècles et les impacts sur l'insertion sociale.

Pour nous rendre à la messe, nous empruntons une avenue (je ne me souviens plus du nom) réputée il y a encore quelques années pour être la moins sûre de la ville. Mais apparemment, la politique de la ville a bien changé les choses puisque les commerçants y sont revenus et que les gens s'y baladent comme n'importe quelle autre rue. À ce sujet, New York est maintenant considérée comme une ville sûre (bien plus que d'autres en tout cas) contrairement à ce qu'elle était dans les années 80.

L'église est difficile à localiser puisque sa façade ne dépareille pas beaucoup de celles des autres immeubles. Elle est déjà presque remplie et le "show" commence. Au début, pour qui a déjà fait l'expérience d'une messe catholique, les choses sont assez déroutantes. L'on se demande à quoi l'on assiste. Bien évidemment, je ne comprend presque rien à ce que débite passionnément le pasteur dans son micro, mais en tout cas, il semble faire preuve d'une immense ferveur. Vient enfin le moment où les choeurs se mettent à chanter. C'est très beau, tout le monde frappe dans ses mains et ceux qui connaissent les paroles ne se privent pas de pousser la chansonnette. Expérience intéressante.

Nous retournons vers le centre et décidons de passer l'après-midi au Museum d'histoire naturelle. Nous pénétrons dans la vénérable institution par le Jefferson Hall dont l'entrée fait face à Central Park ouest. Rien que le hall d'entrée est monumental, avec des plafonds d'une hauteur surprenante et deux immenses squelettes de dinosaures en train de se bagarrer au milieu, sur une estrade en pierre. D'après les plans remis, le musée est gigantesque. C'est aussi le plus grand du monde... Nous commençons donc par visiter les ailes. Un continent par aile. On y voit ainsi des milliers d'animaux naturalisés mis en scène dans des vitrines dans leur biotope d'origine : les reconstitutions sont splendides. Il y a également toute une collections d'objets, de vêtements... des différentes peuplades d'Afrique, d'Amérique Latine, d'Océanie, d'Asie.... Le temps passe et nous ne comptons déjà plus le nombre de kilomètres parcourus dans le musée. Nous terminons par un pavillon qui semble récent et qui est dédié à la Géologie en général. Il est 18H00, le musée va fermé ses portes, nous n'avons pas vu le temps défiler. Mon seul regret : la salle dédiée à la collection de grenouilles du monde entier était fermée pour travaux...

La nuit commence à tomber : nous nous dépêchons donc de traverser Central Park pour rejoindre la 5ème avenue. Nous repassons devant le Plaza hotel, celui dans lequel des scènes de "Maman j'ai encore raté l'avion !" ont été tournées (pour les connaisseurs ! ;-) ). En descendant la 5ème, nous rentrons dans divers magasins de jouets, dont le World of Disney Store. Mais malgré mes recherches, je m'aperçois que les Tigrou ne sont pas à l'honneur cette année ; le choix est classique et très restreint. Désolé Tigroux !

Nous arrivons enfin à hauteur du Rockefeller Center. Au pied de la tour est installée comme chaque hiver la patinoire où s'ébatent les gens sous l'œil doré de Prométhée.

Nous prenons un taxi pour aller dîner Chinois... à Chinatown ! Mmmmm !

mardi 8 février 2005

NYC - jour 3

Ce matin, nous reprenons le ciruit en bus vers le sud en partant de Times Square. Nous passons ainsi au niveau devant l'immense Post Office de New York situé juste derrière le Madison Square Garden. Nous rejoignons ainsi l'arrêt auquel nous avions repris le circuit en cours de route hier, au pied de l'Empire State Building. Nous en profitons pour descendre et aller nous perdre chez Macy's situé dans les environs. Il s'agit du plus grand magasin du monde, il occupe tout un pâté de maison sur huit étages. On y vend de tout, des vêtements bien sûr, mais aussi tous les ustensiles de cuisine, l'électroménager, des robes de mariée, des meubles, de la papeterie, des ordinateurs...

Nous reprenons le circuit toujours en direction du sud. Mais cette fois-ci, nous connaissons déjà le chemin. Quoique, contrairement à la veille le guide commis d'office, lui, ne gueule pas dans le micro à la façon d'un commentateur sportif avec la vitesse et les éclats qui vont avec...

Nous voici donc à nouveau en train de traverser Greenwich Village, Canal Street (dans le quartier chinois), Wall Street (Ha, la tour du Woolworth Building n'a pas bougé depuis hier et est toujours aussi belle :-) ). Nous descendons finalement à Battery Park, à la pointe de l'île, juste le temps de dire bonjour à Tic et Tac en train de chercher des noisettes dans le gazon gelé, probablement. Nous poursuivons à pied sur les quais de l'East River en direction du pont de Brooklyn, en passant par les piers désertés en cette saison.

À hauteur de Wall Street, nous prenons la rue pour nous engager entre les immeubles froids jusqu'à atteindre le site du World Trade Center. Ground zero n'est qu'un trou béant clôt par une palissade et dans lequel s'affaire toute une armée de buldozers. Un ou deux immeubles autour présentent quelques blessures de guerre, mais vers le nord-ouest, une nouvelle construction qui se monte attire notre attention. Les panneaux nous indiquent qu'il s'agit du projet de remplacement des twins, la FreedomTower... D'après ce que je comprend, il s'agit d'une tour au style inspiré des immeubles du World Financial Center situés autour et qui sera "pleine" jusqu'à une certaine hauteur. La moitié supérieure de la tour n'étant qu'une flèche faite de poutrelles métalliques, un peu à la façon de la Tour Eiffel.
Une expo dans le hall d'une des tours du World Financial Center présente les maquettes du projet : autour de l'emplacement des twins s'élèvera un jardin paysager. Et à l'emplacement précis de chacune des deux tours, leur absence sera figuré par deux fosses carrées dans lesquelles coulera des rideaux d'eau pour l'éternité... (Oh, c'est bôôôôôô).

Depuis les quais, la grande dame verte sur son île nous fait de l'œil, nous nous dirigeons donc vers Battery Park, vers l'embarcadère pour la Statue de la Liberté. Là, le cauchemar des aéroports se répète : avant d'embarquer sur la navette, passage des sacs à dos et manteaux aux rayons X et des humains dans les portiques détecteurs de métaux, le tout avec l'amabilité légendaire des gens préposés à ces activités.
Le vent qui souffle dans la baie nous refroidit. Mais bientôt nous arrivons sur Liberty Island où une seconde surprise nous est réservée : aucun bagage à main n'étant admis dans l'enceinte de la statue, il est nécessaire de les déposer dans des casiers High-Tech dont l'ouverture est commandée par.... les empreintes digitales ! Et ce n'est pas tout. Avant de pénétrer dans le piédestal, une seconde fouille est obligatoire : les mantraux passent une seconde fois aux rayons X tandis qu'un autre sort est réservé aux humains ; ils passent sous... comment dire, un portail "sniffeur". Enfin, une sorte de boîte qui te renifle pour voir s'il ne détecte pas sur toi des traces de substances dangereuses : Bienvenue au royaume de la paranoïa.

Le musée situé dans le piédestal nous renseigne sur la façon dont est né le projet et comment celui-ci a-t-il été réalisé. Nous apprenons que les Français était chargés de la conception, de la fabrication, du financement et du transport de la statue tandis que les Américains se réservaient le piédestal. À noter toutefois que le jour où l'Isère arriva dans la baie avec à son bord la statue prête à être montée, les Américains n'avaient pas terminé le moche de piédestal, faute de fonds...
Ha oui, j'oubliais ! La statue ne se visite plus depuis 2001 ! Il est juste permis au visiteur d'observer depuis le dessous, l'enchevêtrement de poutrelles qui supporte l'habillage de plaques de cuivre...
Cependant, cela ne nuit en rien à la beauté du monument dont la construction répondait à des aspirations pures (snif!), même si, contrairement à ce que j'imaginais, la statue est toute petite.
J'ai aussi bien aimé l'anecdote selon laquelle au début du siècle, une immigrante italienne racontait à Ellis Island à ses compagnons d'infortune qu'en arrivant en bateau à New York, dans le noir du hublot, la Vierge Marie lui était apparue dans toute sa lumineuse splendeur et lui indiquait la main haut dressée qu'elle était bien arrivée dans le pays de toutes les espérances ;-)

Après ce petit tour en mer, nous flânons tout l'après-midi au cœur de Chinatown et de SoHo avant de remonter à pied vers UpTown en début de soirée, alors que la nuit tombe. Arrivés au niveau de la 32ème rue, nous apercevons l'Empire State Building qui ce soir s'est paré de rouge et de jaune. Ne résistant pas à son attrait, nous décidons de monter sur la terrasse panoramique, tout en haut, au 88ème étage. Mes a prioris extérieurs étaient trompeurs, ce monument présente un hall magnifique au style résolument Art Déco. Mais que dire du spectacle qui nous attend tout la haut. Désormais construction la plus haute de la ville, elle la domine totalement et offre un point de vue remarquable. Toute illuminée, la flèche du Chrysler est magnifique ! ;-) La ville vue de nuit est éblouissante : cette terrasse est véritablement le lieu à ne pas manquer de passage à New York.

En soirée, nous sommes simplement retournés prendre un verre dans un bar du Village.

lundi 7 février 2005

NYC - jour 2

Ce matin, nous découvrons la 48ème rue depuis le balcon de la chambre située au 13ème étage. Tout là-bas, à droite, l'on aperçoit les miroitements de l'East river tandis qu'à gauche, ce sont ceux de l'Hudson river.
Nous décidons de commencer cette matinée par une promenade le long des piers de l'Hudson pour, soi-disant, pouvoir admirer la ville depuis les quais est de la ville. Ce n'est pas forcément très joli, mais cela nous permet de croiser un porte-avion, de voir le New Jersey de l'autre côté du fleuve, et d'apercevoir les flèches des immeubles les plus connus. Nous passons devant une aire d'atterrissage d'hélicoptères situés sur des pontons flottants. Le spectacle est curieux. Nous passons notre chemin puis nous retournons voir les tarifs des balades en hélico puisqu'apparemment, il s'agit semble-t-il d'hélicoptères de tourisme.

D'hélicoptère Mais à peine franchie la porte de l'héliport, une surprise m'attend : ce n'est que du bluff, les réservations ont déjà été effectuées en cachette depuis la France. :-D
Nous voici donc cinq minute plus tard, dans les airs à faire le tour de la pointe de Manhattan, de Liberty Island (où se trouve la statue) et de Ellis Island (elle a abrité pendant des années les services d'immigration qui triaient les troisième classe qui débarquaient ici en masse, directement depuis l'Europe qu'ils fuyaient). L'hélico remonte ensuite le cours de l'Hudson en direction du nord, pour survoler le campus de Columbia, Harlem puis enfin le Bronx.

D'hélicoptère Après s'en être mis plein les yeux et avoir pris de haut les dimensions de la métropole, nous retournons sur la 8ème pour prendre un circuit en bus. Celui-ci nous emmène en direction du nord, dans le Upper Manhattan côté Westside pour admirer les belles bâtisses qui bordent la flanc ouest de Central Park, dont le grand musée d'histoire naturelle. Le bus redescend ensuite la célèbre 5ème avenue qui longe le bord est du parc, après avoir fait un crochet dans le South of Harlem. Défilent devant nous les luxueux immeubles résidentiels, le musée Guggenheim, le Metropolitan, le Plaza hotel...

D'hélicoptère De retour à Times square, nous poursuivons à pied en direction de l'est, vers le Chrysler building. De tous les immeubles du monde, c'est probablement mon préféré. En partie parce qu'il est presque l'essence même de l'Art Déco. J'ai donc hâte de le voir "en vrai", bien que je sais d'avance qu'il ne se visite pas. Arrivé au pied, je me rend compte que ce n'est vraiment pas le meilleur des points de vue ; peu importe, il y a d'autres endroits pour le contempler en entier.

D'hélicoptère Nous retrouvons plus tard un arrêt du circuit bus au pied de de l'Empire State Building (lui aussi Art Déco... mais quand même moins stylé que le Chrysler ;-) ). Nous poursuivons donc le périple en direction du sud. En commençant par le Madison Square dominée par quelques beaux buildings tels que le Life Insurance Building dont la silhouette évoque le campanile de la place St Marc à Venise, et bien sûr, le Flat iron, le fer à repasser, le premier grand immeuble de New York.

Peu à peu les hauts bâtiments et buildings disparaissent et font place à de charmants quartiers dans lesquels les rues ne se coupent plus à angle droit et où les bâtiments dépassent rarement les quatre étages. Ce sont ainsi Greenwich village que j'ai trouvé très charmant, SoHo et Chinatown.

D'hélicoptère Puis soudain, à l'approche de la pointe de l'île, les immeubles reviennent. Pour commencer, voici le tribunal et la mairie et soudain, magnifique, le Woolworth building. Une espèce de temple du commerce néo-gothique qui se dresse à l'entrée du quartier de Wall street. Il s'agit d'une somptueuse dentelle de pierre qui en impose. Malheureusement, aucune des photos prises n'arrive à restituer la finesse des détails et le spectacle architectural de cet immeuble qui fut en son temps le plus haut du monde. Quant à Wall Streeet, rien de particulier. Ce ne sont que des rues sombres et froides cernées de bureaux. Avant d'atteindre Battery Park à la pointe, nous passons devant Ground zero mais il n'est pas facile de discerner quoi que ce soit ni d'être stupéfié par une quelconque absence dans le paysage lorsque l'on n'a jamais eu l'opportunité d'être venu ici avant que les twins ne disparaissent.

D'hélicoptère Le cicuit remonte ensuite dans le East Village en passant par le quartier des nations unies puis dans le EastSide enfin retourner sur Times Square.

J'ai aujourd'hui eu l'opportunité d'avoir un bref aperçu d'ensemble de la cité. Ne reste plus au cours des prochains jours qu'à appronfondir les endroits qui m'ont semblé du meilleur intérêt.

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