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lundi 5 juin 2006

Le petit Prince et le renard

(...)

— Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu ?
— Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est ce que signifie " apprivoiser " ?
— Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
— Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie " apprivoiser " ?
— C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie " créer des liens... "
— Créer des liens ?
— Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi, qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

(...)

Mais le renard revint à son idée :
— Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé... Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
— S'il te plaît... apprivoise-moi ! dit-il.

(...)

Et il revint vers le renard :
— Adieu, dit-il...
— Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
— L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
— C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
— C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.
— Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.

"Le Petit Prince" (XXI), Antoine de Saint-Éxupéry

dimanche 23 avril 2006

Des responsabilités

Kwakiutl

L'Homme croit quelquefois qu'il a été créé pour dominer, pour diriger.
Mais il se trompe.
Il fait seulement partie du tout. Sa fonction ne consiste pas à exploiter, mais à surveiller, à un être un régisseur. L'Homme n'a ni pouvoir, ni privilèges, seulement des responsabilités.

Oren LYONS, Iroquois Onondaga

mardi 15 novembre 2005

Le baiser, Gustav KLIMT

baiser

Un couple est enlacé sur un parterre de fleurs à l'image d'une prairie, et est enveloppé dans un ample vêtement doré. La décoration de ce dernier, à l'image d'une mosaïque, varie selon le sexe : des rectangles noirs et blancs pour l'homme, des cercles colorés pour la femme. De cet ensemble émergent les têtes et les mains qui constituent l'expression la plus forte de l'intimité dans cette peinture. La femme agenouillée se donne à son compagnon les yeux fermés et se laisse aller à la passion de l'amour. Cette peinture évoque un monde d'harmonie où le couple est isolé dans la sublimation du sentiment amoureux, ignorant du monde réel et évoluant ensemble dans une même impression de puissance amoureuse. Klimt (...) était aussi particulièrement attaché à la représentation d'une beauté idéale.

Src. txt. : Clio et Calliope