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lundi 11 septembre 2006

Escapade en Périgord - Quercy

Dimanche 3 septembre

Enfin ! Voilà une semaine de vacances attendue de longue date qui commence ! Mieux encore, la météo promet qu'aujourd'hui c'est la fin de l'hiver aoûtien et le début de l'été indien !
Mais bon, pour mettre toutes les chances de soleil de notre côté, c'est vers le sud que nous prenons la route. Direction.... euh à vrai dire, nous n'y avons pas tellement réfléchi, mais le Périgord semble être un bon départ. Soit !
La route n'est pas si longue que ça. Alors, afin d'éviter la monotonie asphaltée de l'autoroute, je programme un petit circuit vert à travers la campagne. Je goûte ainsi à la fraîcheur des routes de sous-bois du Limousin. Un joli pays valonné, vert, nature.. et totalement vide.
En fin d'après-midi, il fait toujours beau et chaud et Sarlat est en vue : il est temps de trouver un endroit pour dormir. Je dégotte un hôtel bien sympa sur les pentes de Domme. La chambre dispose d'un petit balcon avec un joli panorama sur les rives de la Dordogne. Mais, pas de bol, la memory stick de l'appareil photo fait des siennes et il est impossible de prendre de photo. Je me contente donc de la fonction photo du téléphone qui, il faut bien l'avouer, n'est pas de même qualité. Toutefois, cela ne gâchera pas les vacances pour autant ! Après un dîner à Domme, dans cette bastide perchée sur son piton, nous redescendons à l'hôtel piquer une tête dans la piscine (il fait encore chaud ! ;-)).

Lundi 4 septembre

Aujourd'hui est un jour particulier puisqu'il s'agit de la rentrée des classes. Hé oui ! quand certains reprennent le travail, d'autres savourent de délicieuses vacances de mi-saison avec une météo estivale : le rêve.
À Carsac, nous réservons un canoë pour le lendemain et le surlendemain ; puis nous roulons vers Castelnaud, pour visiter son magnifique château. Une belle forteresse médiévale qui, du haut de son éperon rocheux, surveille les méandres de la Dordogne. L'édifice à bénéficié de sérieux travaux de restauration au cours des dernières décennies et fait désormais figure de star Périgourdine dans sa catégorie. Il est vrai que ce château est superbe et restitue une atmosphère qui plonge directement le visiteur dans les guerres franco-anglaises et autres croisades contre les Cathares (Houhou Messire, où êtes-vous ?). Depuis le donjon, la vue sur les vallées environnantes est magnifique.
Alors que nous quittons à peine Castelnaud, surprise ! le capricieux appareil photo daigne fonctionner à nouveau : bien !
Après déjeuner, nous nous promenons en aval, à Beynac, qui dispose également d'une très belle citadelle. Ce pays à une richesse patrimoniale impressionnante ! En fin d'après-midi, nous montons la tente dans une ferme auberge des environs, pour y passer la nuit. Puis, viens la surprise.
À 18h00, nous nous rendons à la Roque-Gageac à côté d'un grand champ où d'autres personnes attendent. Mais qu'attendent-elles au juste ? Je ne tarde pas à comprendre. Bientôt, un petit convoi arrive au détour du chemin pour décharger dans le pré, nacelles et matériel nécessaires à l'envol de deux ballons ! Houah, un baptême en montgolfière !
Les volontaires sont mis à contribution pour l'étape de gonflage : alors que la toile a été déroulée sur le gazon, de gros ventilateurs insufflent l'air qui gonfle petit à petit le ballon comme une baudruche. Ensuite, le ballon toujours couché, le gaz est chauffé par les "torches" au propane. La bulle d'air chaud s'agite dans sa prison d'étoffe et prend bientôt son envol, redressant la nacelle. Il est est temps de grimper dans cette grande caisse d'osier ! Un dernier coup de gaz et le ballon quitte le niveau des ruminants. Il est 18h30, il fait bon et et la montgolfière s'élève dans les airs avec une douceur désarmante. Bercée par les salves de la torche dont le rayonnement cuit le crâne, la nacelle joue au yo-yo au-dessus du cours scintillant de la Dordogne. À 600m d'altitude, le panorama est appréciable et l'atmosphère suffisamment dégagée pour apercevoir loin au nord, les contreforts du Cantal. Progressivement, nous retournons à de plus basses altitudes pour admirer les curiosités au sol, plonger dans les combes et remonter le long des pentes boisées. Le vent pousse mollement les deux montgolfières en direction du sud, à la vitesse de 10 km/h. De temps à autres nous apercevons le convoi formé par l'équipe au sol qui suit notre progression. Les riverains, affolés par cette ombre curieuse qui s'abbat soudainement sur leur jardin sortent à l'extérieur et saluent les aéronautes. Au terme de plus d'une heure de vol, le soleil rasant se couche. Le second ballon trouve un pré dégagé et tente un atterrissage. Quant à nous, la forêt environnante n'offre pas de possibilités pour mettre le pied à terre. Qu'importe, le vol n'en est que plus long ! ;-) Puis, non loin d'une ferme, un petit champ apparaît pile dans la trajectoire. Le ballon descend, caresse la cime de quelques noyers puis touche le sol délicatement : atterrissage tout en douceur ! Ensuite, tous les passagers s'activent : il faut coucher, dégonfler le ballon et replier la toile. Un bout en main, je m'occupe du couchage et du dégonflage alors que le jour décroît encore. L'air contenue dans le ballon s'échappe ; elle est chaude et humide : je ne vois plus rien, mes lunettes sont pleines de buée ! :-D
L'équipe au sol à eu du mal à nous repérer : nous avons atterri dans une petite cuvette à Campagnac-lès-Quercy ; le ballon a volé sur 14 km. Lorsque tout le matériel est replié et correctement rangé, nous prenons la route, non sans auparavant avoir fêté les baptêmes de chacun avec l'équipe des aéronautes — que je remercie au passage pour leur prestation.
Il fait maintenant nuit, nous rentrons à la ferme sous la tente.

Mardi 5 septembre

Le chant des coqs et la mélodie des tronçonneuses me tirent de mon sommeil aérien...
La tente pliée, nous préparons les pique-niques nécessaires à l'expédition puis prenons la route pour Carsac afin de charger les bidons étanches. Le minibus nous dépose ensuite en amont, à Saint-Sozy — dans le Lot — où nous embarquons à bord du canoë pour une petite descente de deux jours sur la Dordogne. Aujourd'hui encore, le soleil est radieux mais il tape dur : sortons couverts.
Le cours de la rivière est assez sinueux : il progresse lascivement entre les massifs calcaires qu'il contourne de ses boucles. Le courant est assez régulier et nous longeons de belles falaises blanches, quelques belles bâtisses et des campagnes relativement désertes. Tout est calme et détendu. Sans se presser, nous passons Souillac en milieu d'après-midi. Puis, vers 18h00, nous guettons les endroits propices à un campement de fortune. Nous trouvons le lieu idéal sur une île boisée coincée entre les bras de la rivière. Nous montons l'igloo sur une plage de galets et s'ensuivent baignade — où je réussis quand même à me choper un bébé sangsue ! — débarbouillage et pique-nique. La nuit tombe et les galets diffusent la chaleur qu'ils ont accumulé au soleil le jour durant : il fait très bon. Je m'endors au son du glouglou des remous.

Mercredi 6 septembre

Le soleil vient de se lever, encore une belle journée... — sans l'ami Ricorée. Aucun animal n'a eu la mauvaise idée d'attaquer le bidon de nourriture et nous déjeunons tranquillement. Je tente ensuite sans grande conviction une toilette dans les eaux froides de la rivière ; mais finalement l'eau n'est pas si froide que ça ! La matériel est replié et le canoë est remis à l'eau. Bercés par les clapotis, nous pagayons de façon... touristique. Nous passons Carsac, le cingle de Montfort et nous pique-niquons au pied de Domme. L'après-midi, nous passons la Roque-Gageac et nous pouvons admirer le château de Castelnaud sous un autre angle. Puis la fin approche : le canoë est restitué avant Beynac.
Cet après-midi le soleil a encore tapé dur et je me délecte d'une sieste de fin d'après-midi dans la faîcheur de la chambre d'hôtel.
En soirée, une petite visite du centre de Sarlat s'improvise ainsi qu'une étape gastronomique incontournable pour apprécier l'autre richesse du Périgord !

Jeudi 7 septembre

Après avoir fait le tour du marché de Domme, nous descendons vers une ferme comme il y en a tant pour assister au gavage des oies et faire le plein de bonnes choses à ramener. Nous prenons ensuite la route au nord-ouest pour descendre dans le gouffre de Proumeyssac, près de la Vézère. Plus que le contraste de température entre l'intérieur et l'extérieur, les concrétions minérales et sculptures calcaires sont saisissantes. Le tout est agrémenté d'un bref son et lumière sans prétention mais qui a l'avantage de mettre en valeur ce site de modeste dimension.
Nous clôturons ce court séjour par Rocamadour ; à arpenter en tous sens et à monter et descendre dans cette curieuse cité accrochée à flanc de falaise. En fin de soirée, un orage éclate alors que nous atteignons le château qui surplombe le tout. Quelques gouttes rafraîchissantes tombent mais point le déluge que nous redoutions.

Vendredi 8 septembre

Ça y est, c'est quasiment la fin, nous reprenons la route du nord. Pour changer, le soleil ne nous quitte pas et brille haut dans le ciel, même lors de la halte "Porcelaine" à côté de Limoges.
Mais heureusement, le week-end est à peine entamé et un grand crochet doit nous conduire dans les Montagnes Noires[1] jusqu'à dimanche soir.

Notes

[1] Pour la petite histoire, là-bas aussi, le soleil était toujours au rendez-vous. ;-)

jeudi 24 août 2006

« Faërie hackers », Johan HÉLIOT

Faerie_HackersPani­que sur le Royaume ! Dans cet uni­vers paral­lèle — dou­ble féé­ri­que du nôtre — de mys­té­rieux et impla­ca­bles guer­riers sèment la ter­reur et la mort. Ces évé­ne­ments trou­blants auraient-ils à voir avec l’éva­sion d’un puis­sant démon sur­ve­nue quel­ques décen­nies plus tôt ? Ou bien, seraient-ils cor­ré­lés à la récente sor­tie d’un éton­nant war­game de nou­velle géné­ra­tion édité sur la Sur­face par la société Devil’s Game ? Lil, une fey exi­lée depuis vingt ans dans notre monde, mène l’enquête à Paris, épau­lée par Lar­ta­gne, le beau et téné­breux capi­taine de la garde royale.

Cette his­toire de fées et de magie change de la fan­tasy ! Johan HÉLIOT, que j’avais pré­cé­dem­ment remar­qué avec ‘“La lune seule le sait” et sa suite “La lune n’est pas pour nous”, livre ici quel­que­chose de dif­fé­rent, d’éton­nant et déton­nant. L’his­toire fait appel à nom­bre d’ima­ges de la fan­tasy dans ce qu’elle a de plus clas­si­que, mais se mêle éga­le­ment à une enquête et à des per­son­na­ges réso­lu­ment actuels. Tout comme l’écri­ture employée.
Le rythme du récit est sou­tenu et habi­le­ment entre­coupé de pau­ses qui per­met­tent au lec­teur de mieux cadrer le con­texte ; et le sus­pense main­tenu jusqu’au bout pro­met une lec­ture hale­tante.

Pour ma part, j’ai appré­cié l’humour et le côté frais de l’his­toire — mal­gré une chute un peu trop clas­si­que à mon goût —, le per­son­nage de la fey — une jolie tête brû­lée qui n’a pas sa lan­gue dans sa poche ! — et le style éner­gi­que de l’auteur. Cette agréa­ble expé­rience me dirige main­te­nant tout natu­rel­le­ment vers le roman sui­vant “Faë­rie thril­ler” :-)

samedi 12 août 2006

Une nouvelle pensionnaire

AnnetteSamedi dernier, une surprise m'attendait dans la boîte aux lettres : un gros colis enveloppé de papier kraft qu'une cigogne en provenance du sud avait déposé.
Que cela pouvait-il bien être ? L'adresse de provenance me permis d'élaborer quelques hypothèses que je m'empressai d'aller vérifier.
C'est ainsi qu'en écartant les feuilles brunes qui protégeaient le contenu, je découvris une jolie grenouille bleue qui me tendait déjà les pattes.
Toute heureuse de pouvoir enfin se dégourdir les cuisses au soleil, celle-ci émit un croassement de soulagement. Sans un son de plus, elle entreprit alors de faire le tour de la pièce. Elle s'examina quelques secondes dans le miroir, flanqua une frousse bleue (c'est le cas de le dire !) à Neko et Cabestan qui passaient par là, puis revint vers moi.

— C'est donc ici que je vais vivre désormais ? Me demanda-t-elle de sa curieuse voix.
Comme je répondais par l'affirmative, la grenouille poursuivit :
— Ça me plaît bien ! Mais il faudra quand même m'éloigner des deux boules de poils que j'ai croisées : je suis allergique !
— J'y veillerais, répondis-je. Mais commençons par le commencement, veux-tu ? Quel est ton nom ?
À ma question, la grenouille écarquilla d'étonnement ses grands yeux noirs et répliqua, les pattes sur les hanches :
— Je voudrais bien le savoir ! C'est tout de même bien à toi de me nommer, non ?

Elle m'exposa alors les directives qu'elle avait reçues de Zelly la Cycliste, la fille même de marraine la bonne fée Christine. Sur l'idée de Zelly, la bonne fée avait alors dégainé ciseaux, aiguilles et fil et avait confectionné notre belle grenouille bleue qui croassait volubile ces explications devant moi.

— « Tu verras, tu te plairas chez Glesker » m'ont-elles affirmé. « C'est un grand ami des grenouilles et il te fera goûter tout un tas de plats dont tu nous enverras les recettes ! » Me voici donc, continua-t-elle.
Comme je ne réagissais pas, songeant à son histoire, elle me demanda :
— Alors, où se trouve la cuisine ?



Je lui indiquais la direction et elle s'y dirigea par petits bonds. Puis, elle s'arrêta, se retourna et croassa :
— Au fait, tu ne m'as toujours pas donné de nom !
— Oui, c'est vrai, dis-je décontenancé.
Comme j'y réfléchissais, j'entendis un meuglement familier. Arlette venait de la cuisine découvrir la nouvelle venue et lui souhaiter la bienvenue. Une idée émergea et je lançai :
— Annette, ça te va ?
La grenouille porta un doigt sur sa bouche alors qu'elle contemplait l'air songeuse le plafond. Puis, un sourire illumina sa grande bouche, sa gorge se gonfla et dans un joyeux croassement me dit :
— Ça me va !



Arlette reprit alors le chemin de la cuisine en se dandinant, suivie de sa nouvelle copine bondissante Annette.

Les photos de la première semaine

mardi 25 juillet 2006

« Le lièvre de Vatanen », Arto PAASILINNA

VatanenAlors qu’il ren­tre sur Hel­sinki en com­pa­gnie de son ami pho­to­gra­phe, Vata­nen per­cute en voi­ture un jeune levraut. Cet évé­ne­ment impromptu donne l’occa­sion au héros de faire le bilan de sa vie et de pren­dre une déci­sion radi­cale : tout pla­quer der­rière lui ; femme, ami, tra­vail… tout y passe ! Accom­pa­gné du liè­vre qu’il soi­gne et qu’il pro­tège, Vata­nen va don­ner un nou­veau sens à sa vie, en par­cou­rant la Fin­lande en tous sens. Au con­tact de la nature et des habi­tants de ces régions recu­lées, le jour­na­liste et son curieux com­pa­gnon sau­tent de situa­tions cocas­ses en aven­tu­res rocam­bo­les­ques.

Voici un joli conte emprunt de bonne phi­lo­so­phie, d’un soup­çon d’éco­lo­gie et sau­pou­dré d’une cha­leu­reuse atmo­phère nor­di­que. Au milieu des forêts ou au bord des lacs, pour­suivi par des trac­to­pel­les en furie ou à la pour­suite d’un ours facé­tieux, le récit dif­fuse humour et fraî­cheur enjoués. La lec­ture est facile, le ton est gai… bref, la relaxa­tion assu­rée ! À lire de toute urgence !

P.S.: Ce livre des années 70 vient d’être adapté au cinéma et sor­tira en France à la fin de l’année. Avec une si bonne his­toire, il y a de bon­nes chan­ces que le film soit réussi. Tou­te­fois, j’avoue que j’ai une crainte : le rôle de Vata­nen est tenu par… Chris­to­phe LAM­BERT o_O
Abonné comme il est aux navets, j’espère que la gui­gne l’aura quitté depuis…

samedi 22 juillet 2006

Terrine de chèvre aux tomates confites

Terrine de chèvreUne entrée fraîche et onctueuse qui ravira le palais, par ces temps de chaleurs étouffantes !

Bien sûr, si vous êtes allergiques au fromage de chèvre, passez votre chemin !

Arlette la vachette étant en actuellement en vacances, la recette ne sera présentée sur Cuisine'Pluch qu'à la rentrée. Ceci est donc une publication en avant-première !

Ingrédients

  • Une bûchette de chèvre un peu crémeuse (~ 200 g)
  • Une bûchette de chèvre frais (~ 200 g)
  • 50 cl de crème épaisse ou liquide (allégée de préférence)
  • 100 à 150 g de tomates confites
  • 4 ou 5 feuilles de gélatine
  • Origan
  • Sel, poivre

Préparation
Émietter les bûchettes en petits morceaux (pas en purée !) et assaisonner copieusement d'origan.
Mettre les feuilles de gélatine dans de l'eau froide pour les ramollir.
Faire chauffer la crème fraîche à feu doux, saler, poivrer et assaisonner d'origan à nouveau (selon votre goût).
Lorsque la crème est suffisamment chaude, y faire fondre les feuilles de gélatine et laisser le mélange se refroidir un peu.
Quand le mélange est tiède, l'incorporer au chèvre.
Incorporer au tout les tomates confites découpées en lanières.
Verser la préparation dans un moule à cake et placer au frais 6h, jusqu'à solidification.

À déguster frais, en entrée, accompagné d'une salade de roquette. :-)

mercredi 12 juillet 2006

« Le dernier de son espèce », Andreas ESCHBACH

dernier_de_son_especeDuane Fitz­ge­rald coule une retraite pai­si­ble et réglée comme un métro­nome dans un vil­lage de la côte Irlan­daise. Pour­tant, cet ancien mili­taire amé­ri­cain dis­si­mule un secret que bien des armées envie­raient : lui ! C’est que, Duane n’est pas tout à fait comme vous et moi. Si l’on devait lui prê­ter des parents ima­gi­nai­res, disons qu’il serait le fils de Super Jamie et de Ter­mi­na­tor. Voici en effet quel­ques années que le héros s’est trouvé dégagé d’un pro­gramme de recher­che visant à le trans­for­mer en cyborg… avec plus ou moins de suc­cès. Or, voici que de bien curieux indi­vi­dus vien­nent de débar­quer à Din­gle…

Le Space Teu­ton a encore frappé. Voici le qua­trième livre d’Andreas ESCH­BACH que je lis et, mise à part ma légère décep­tion avec “Kwest”, voilà que cet auteur m’étonne une fois de plus[1] : cette his­toire-ci ne res­sem­ble en rien à ce qu’il a déjà fait, et c’est tant mieux ! Je suis ravi de ren­con­trer un écri­vain pourvu d’un tel talent.
Il relate ici l’his­toire d’un homme que la soli­tude pousse à dres­ser un bilan. Ana­ly­ser les méca­nis­mes qui l’ont amené à s’enga­ger dans une voie de pro­mes­ses : l’illu­sion d’accé­der à la per­fec­tion ultime.

Cette réflexion pla­cée sous le patro­nage du phi­lo­so­phe Sénè­que est pré­sen­tée d’une façon inha­bi­tuelle : comme une let­tre tou­chante, un témoi­gnage de ce surhomme emprunt de mélan­co­lie, pour la belle qu’il aime.
Une his­toire inté­res­sante.

mardi 11 juillet 2006

La nuit des chimères

chimeresDire du Mans qu'il ne s'y passe jamais rien n'est pas très loin de la vérité, mais pas tout a fait exact. Durant tout l'été (du 1er juillet au 2 septembre) la compagnie Skertzò invite les promeneurs du soir à une balade dans les ruelles de la vieille ville, au fil de lumières narratives. Quelques lanternes magiques projettent de curieuses silhouettes sur les pavés et quelques murs vénérables se prêtent, le temps d'une soirée, à servir de toiles géantes pour la projection d'animation colorées et sonorisées.

Ainsi, à l'arrière de la cathédrale Saint-Julien, quelques anges musiciens convient les visiteurs à un petit concert de rue dans une explosion de couleurs. La muraille gallo-romaine se pare de teintes chatoyantes et voit évoluer quelques athlètes antiques ou un chevalier pourfendant le dragon.

Il en résulte une ambiance relaxante et poétique, invitation à la flânerie en duo.

Il faut dire qu'il aurait été dommage de ne pas mettre en valeur ce cadre somptueux. En effet, la ville du Mans semble avoir çà de particulier qu'il semblerait que la vieille ville fut un temps délaissée pour un nouveau centre, plus moderne, condamnant les vieux quartiers à la désolation et à la décrépitude. Alors que ses ruelles tendaient à devenir un ghetto peu recommandable, ces dernières décennies ont vu un engouement pour la sauvegarde de ses vieilles pierres et leur réhabilitation. Aujourd'hui, après des années de travaux et de mise en valeur, le vieux Mans revit, avec cette chance que son isolement l'a préservé d'une urbanisation chaotique et en a conservé son atmosphère médiévale : une véritable petite cité dont la beauté n'a d'égale que la laideur bétonnée de l'actuel centre.

Voilà pourquoi une initiative telle que la Nuit des Chimères qui poursuit la voie de la réappropriation de ces quartiers mérite d'être saluée.

Quelques images

jeudi 29 juin 2006

« L'enjomineur - 1794 », Pierre BORDAGE

Enjomineur 3Juste avant de sauter du train à l'avion, j'ai couru jusqu'à l'Atalante qui venait de mettre en vente ce dernier tome à la jolie couverture bleue. Hé oui ! j'attendais, comme beaucoup, cette parution avec impatience pour connaître la suite et fin[1] des aventures de Milo et de Cornuaud.

En premier lieu, je peux dire que je ne suis pas déçu du tout de cette trilogie qui, à mon sens, est certainement l'œuvre la plus aboutie et la plus travaillée de Pierre BORDAGE. Voilà vraiment un artiste qui se bonifie livres après livres et qui, plus qu'un écrivain, est un véritable conteur. Il a su exploiter et allier à merveille pour l'Enjomineur, le folklore régional et les événements d'une période clef de notre Histoire.

1794 permet au lecteur d'en savoir un peu plus sur les origines et la longue histoire de Mithra, la secte qui opère dans l'ombre des pouvoirs. Ce tome nous offre également quelques révélations sur les origines d'Émile, le héros, et quelques reconstitutions souvent terribles d'exactions commises lors de la Terreur. Dans ce dernier volume, la relation très particulière unissant Cornuaud et l'enjomineuse se nuance et se teinte d'ambiguïté.
Mon ressenti est que l'auteur a su conserver quelques secrets et informations qui lui ont permis de ne pas produire une suite mécanique, c'est-à-dire une suite trop prévisible ; offrant pour le coup au lecteur une trilogie bien équilibrée.
Dans 1794, l'action quitte peu à peu Paris en proie à la paranoïa du régime de Robespierre pour revenir dans l'Ouest qui sombre dans l'horreur au travers des guerres de Vendée et des atrocités commises à Nantes sous la houlette de Carrier.

Cette histoire que j'ai découverte il y a un peu plus d'un an me laisse déjà un très agréable souvenir et figurera en place d'honneur sur mes étagères et sur la liste de mes recommandations de lecture.

Au fait, est-ce pur hasard que les couvertures des trois livres soient bleue, blanche et rouge ? :-)

P.S.: Il est à noter que notre ami Pierre se lance dans le cinéma SF épaulé par Marc CARO (Delicatessen, La cité des enfants perdus). J'attends avec impatience plus de nouvelles sur le fruit de la collaboration entre ces deux artistes de l'Imaginaire au synopsis prometteur (cf. Dante 01).

Notes

[1] L'enjomineur, 1794 fait suite à 1792 et 1793

mercredi 28 juin 2006

Photos du Maroc

La galerie photos des dernières vacances au Maroc, sont disponibles sur ce lien.

lundi 12 juin 2006

Chocolat'...tchoum !

Après mes investigations sur le syndrome photo-sternutatoire, j'ai tout naturellement cherché à savoir quelle branche, maternelle ou paternelle, m'avait légué cette curiosité.
Or, un jour où je demandais à mon père s'il éternuait lorsqu'il regardait le soleil, celui-ci me répondit que non. En revanche, précisa-t-il, lorsque je mange du chocolat, j'éternue.

Sur le coup je n'avais pas relevé, pensant certainement que cela n'était qu'une plaisanterie, et surtout parce que mes recherches étaient pour le moment infructueuses.

Et puis, ce week-end, voilà-t-y pas qu'une amie m'indique qu'elle éternue également quand elle mange du chocolat !
Voici trop de coïncidences, il faut éclaircir la chose !

Je me suis aussitôt lancé dans une enquête avec le fin limier Google, mais les pistes sont hélas ! bien rares. À première vue, il semblerait que la réaction soit simplement due à un allergène contenu dans le cacao. En effet, certaines des personnes atteintes témoignent qu'elles n'éternuent que pour des chocolats au pourcentage élevé en cacao.

Toutefois, je n'ai pas trouvé de réponse claire et d'explications scientifiques valables. Si quelqu'un en sait plus sur le sujet, qu'il n'hésite pas à déposer un commentaire à ce sujet !

lundi 5 juin 2006

Le petit Prince et le renard

(...)

— Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu ?
— Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est ce que signifie " apprivoiser " ?
— Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
— Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie " apprivoiser " ?
— C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie " créer des liens... "
— Créer des liens ?
— Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi, qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

(...)

Mais le renard revint à son idée :
— Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé... Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
— S'il te plaît... apprivoise-moi ! dit-il.

(...)

Et il revint vers le renard :
— Adieu, dit-il...
— Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
— L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
— C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
— C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.
— Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.

"Le Petit Prince" (XXI), Antoine de Saint-Éxupéry

jeudi 1 juin 2006

Lectures en vrac...

Voici quelques brefs commentaires de mes dernières lectures en désordre auxquelles je n'ai soit ni l'envie ou soit ni le temps de consacrer un billet entier de façon individuelle.

Au cours des derniers mois, j'ai pris le temps lire ou de relire quelques classiques, ou du moins, des incontournables. Tel que L'étranger d'Albert Camus ; j'ai beaucoup aimé l'histoire tragique de cet homme un peu perdu, à l'écart de lui-même et le témoignage de la société française dans l'Algérie d'avant-guerre.
La pièce de théâtre d'Eugène Ionesco, La cantatrice chauve, est une comédie un peu loufoque, intriguante, qui ne m'a toutefois pas transcendé.
En revanche, j'ai adoré l'univers poétique créé par Boris Vian dans L'écume des jours ; un décor fantasmagorique pour une histoire très touchante abordant les thèmes universels que sont l'amour, l'amitié...
Quant au Petit prince, j'ai voulu relire ce monument pour tenter d'y percevoir les profonds messages qu'enfants, nous n'avons pas forcément captés. Mon passage favori est sans nul doute celui narrant la rencontre du petit prince avec le renard.

Côté littérature de l'Imaginaire, Ilium de Dan Simmons fut une belle surprise mêlant brillamment mythologie Grecque et "bonne" SF. Un très bon Simmons dont la suite "Olympos" vient de paraître.
La folle semence, par le britannique Anthony Burgess également auteur de "Orange mécanique", décrit une Angleterre du futur surpeuplée, et une société au bord de l'asphyxie qui fonctionne à l'envers et qui pour s'en sortir, se dévore elle-même. Une très bonne histoire empreinte du charme des sixties qui pose la question de savoir jusqu'à quel point l'Homme peut refouler ses instincts naturels.
GeMs, Paradis perdu de C. Guitteaud et I. Wenta, ou la transposition de la Belle et la Bête dans un futur où la société est partagée entre les nantis vivant sous des dômes, servis par des clones réduits en esclavage et les extradés, vivant dans les ruines à l'extérieur des cités protégées. J'admet avoir eu du mal à entrer dans le livre tant je craignais que certains passages frôlent dangereusement la mièvrerie ou le cliché facile. Toutefois, l'histoire s'étoffe au fur et à mesure des pages en prend de la profondeur.

Pour le reste de mes lectures, j'ai eu le coup de cœur pour L'arbre, une vie de David Suzuki. Un ouvrage de vulgarisation qui présente à la façon d'un roman les différentes périodes de la vie d'un sapin de Douglas dans une forêt de la côte ouest Canadienne. L'auteur, zoologiste de son état, décrit clairement l'ensemble des interactions de cet individu avec son environnement végétal et animal. Un livre parsemé de belles illustrations qui permet de mieux comprendre pourquoi les écosystèmes sont souvent très fragiles et pourquoi il est nécessaire pour notre survie future de les protéger.
J'ai beaucoup aimé également Les mauvais anges, d'Éric Jourdan, ou l'histoire tragique d'amours adolescentes dans une famille bourgeoise des années 50. Un roman puissant et émouvant que j'ai lu quasiment d'une traite.
Enfin, pour finir, voici une petite fable tibétaine de Langdün Päljor, La controverse dans le jardin aux fleurs, où un jour la rose trémière déclare qu'elle est la plus belle des fleurs et que les autres se doivent de disparaître. Une critique sur la politique chinoise mais également, un plaidoyer en faveur de la diversité et de la tolérance. Un court texte joliment écrit, et dont la traduction du tibétain rend certaines tournures toutes charmantes...

vendredi 26 mai 2006

Marrakech, Essaouira

Vendredi 19 mai

Vol vers Marrakech
MarocPartis de Nantes où nous avons laissé la tempête approchante et le froid, nous atterrissons à l'aéroport de Marrakech après une courte escale à Casablanca. Il est presque minuit locales, mais la chaleur diurne est encore perceptible. L'on nous dirige vers la salle de contrôle des passeports où les douaniers mettent un temps infini à tamponner les documents... Le chauffeur de l'agence nous attend à la sortie et nous conduit immédiatement dans la vieille ville fortifiée de Marrakech, dans la Médina. Les véhicules n'ayant pas la possibilité de circuler dans toutes les ruelles, nous suivons à pied l'un des employés du riad au fil des venelles désertées. MarocLa porte du riad ne paie pas de mine : une grande porte en bois enchâssée dans un mur nu au milieu d'une petite rue sombre. Et pourtant, à peine entrés, je m'aperçois bien vite que les hauts murs cachent en fait vrai un petit paradis. Le riad Lotus Perle surprend de prime abord car sa décoration ne correspond en rien à l'image que l'on pourrait se donner d'un riad marocain. L'on m'expliquera plus tard que cela est justement l'effet escompté : trancher avec l'existant en suggérant une ambiance Art Déco à la New-Yorkaise très glamour, dans un environnement calme invitant à la paresse. L'effet est surprenant, surtout de nuit : la maisonnée baigne dans le silence et le bâtiment est pleinement mis en valeur par les jeux de lumière. Les chambres sont largement à la hauteur du reste, mais inutile de me lancer dans une description, les photos sont plus parlantes que moi.

Samedi 20 mai

Les jardins de Marrakech
MarocAprès une matinée à paresser sur la terrasse du riad, nous marchons en direction de la place principale de la ville, la place Jemaa El Fna, située à proximité de la mosquée de la Koutoubia. Entre ces deux sites emblématiques de la ville se trouve un petit jardin. À l'ombre de ses orangers chargés de fruits amers et de ses jacarandas en fleurs la file des calèches marrakchies attendent les clients. C'est à bord d'un de ses attelages verts que nous sortons de la Médina à la découverte du Jardin Majorelle. Avec la Koutoubia, ce parc créé au début du siècle par un nancéen est l'un des sites les plus emblématiques de la ville. Noyée au milieu d'une forêt de bambous, de palmiers et de cactus, une demeure d'un bleu surprenant flotte au-dessus du bassin aux nénuphars. Après avoir appartenu pendant quelques années à Yves Saint-Laurent, il semblerait que le jardin Majorelle soit désormais la propriété d'un groupe Américain.
Nous contournons en calèche les remparts de la ville en direction du sud-ouest, vers les jardins de la Menara. Lieu très prisé également, je n'y trouve cependant pas l'intérêt escompté. Il s'agit d'un grand bassin d'eau douce, dont l'origine remonte à quelques siècles paraît-il, surplombé par un pavillon du XIXéme. Ce plan d'eau, théâtre de son et lumière se situe au centre d'une grande oliveraie.

Pause détente
Après un bref détour par une coopérative comme il en existe tant à Marrakech, et où l'on peut trouver les produits issus de l'artisanat Marocain, nous retournons au riad Lotus Perle pour notre rendez-vous. Au programme : soins du corps au savon noir dans le hammam et séance de massage d'une heure dans le calme de la chambre. Le bonheur !
Le dîner en terrasse est le bienvenu.

Dimanche 21 mai

La Médina
MarocVers neuf heures, Isham nous attend auprès du bassin dans le patio. Isham est notre guide pour la journée. Nous découvrons en sa compagnie les jardins attenant à la mosquée de la Koutoubia. Il est calme et ses explications sur la culture marocaine et musulmane sont très enrichissantes. Comme la veille, il n'est pas encore midi et pourtant, la chaleur monte tout autour. Cela change du climat semi-hivernal que nous avons quitté.
La visite se poursuit par le palais Bahia (rien à voir avec la plage) un palais du XIXéme construit sur le désir du grand vizir Sidi Moussa. De patios en appartements et du sol au plafond, le décor est absolument époustouflant, . Tandis que nous marchons sur le zellige (mosaïque marocaine), nous admirons les murs couverts de stuc et les plafonds de bois peint. Le tout est d'une incroyable finesse ; et c'est tout ébaubis que nous quittons la profusion de ce joyau pour les tombeaux Saâdiens. Ce cimetière royal, enclave dans l'enclave de la Médina, témoigne de la puissance d'une dynastie du XVIIème et du grand savoir-faire des artisans qui ont réalisés ces chefs d'œuvre.

Les souks
MarocAlors que nous concluons notre déjeuner (Salades marocaines, tajines, etc.), Isham nous emmène nous promener dans les souks de la ville. Véritable dédale où les commerçants et artisans, proposent à la vente les productions locales. Malgré l'apparence d'un joyeux chaos, les choses semblent tout de même bien cloisonnnées : les différents corps sont généralement regroupés ensemble (ferronnerie, cordonnerie, ...). L'avantage de ce gigantesque marché où il est très facile de se perdre au gré de sa flânerie, c'est qu'il est quasiment entièrement couvert. Il est ainsi agréable d'y chiner et d'y marchander l'après-midi quand le soleil tape dur sur les places de la ville.
La soirée s'achève dans la douceur du crépuscule, sur la terrasse, confortablement installé avec un bon livre.

Lundi 22 mai

En direction de la côte
MarocLe dernier petit-déjeuner au riad Lotus Perle me fait déjà regretter cet endroit idyllique. Mais le loueur de voitures est venu nous apporter les clefs de notre véhicule, pour le départ.
Nous expérimentons la conduite marrakchie : un joyeux bordel circulatoire qui permet de tester efficacement ses réflexes au volant.
La route d'Essaouira file presque plein ouest. À mesure que la capitale berbère s'éloigne, les rangées d'eucalyptus apparaissent au bord de la route comme les platanes de France. La végétation disparaît peu à peu mises à part quelques haies de cactées. Paradoxalement, alors que le paysage s'aplanie et se désertifie, la température baisse sensiblement. Puis les arbres réapparaissent en même temps qu'une légère brise, un peu fraîche, qui se transforme en vent puis en bourrasques franches sur la colline qui surplombe de loin la ville d'Essaouira.

Essaouira
MarocLe changement d'ambiance est total ici. Les remparts à la Saint-Malo battus par les vagues de cette ville blanche n'ont rien à voir avec ceux d'un style résolument plus africain de la grande ville rouge au pied de l'Atlas. Si le soleil est bien présent, les alizés ne le sont pas moins ; l'atmosphère est plutôt fraîche et terriblement humide. Cette ville est un port de pêche avec ses petits bateaux bleus ; une cité à taille humaine marquée par une empreinte européenne très perceptible.
Le riad Mimouna que nous avons choisi pour ces trois jours est situé sur les remparts. Il est déconseillé d'ouvrir les fenêtres au risque de se prendre quelques embruns et de créer un courant d'air dévastateur dans la chambre !

Mardi 23 mai

Escapade au sud
MarocLa lecture en terrasse est une activité très plaisante en vacances, surtout lorsque celle-ci domine les flots. Mais en l'occurence, le vent agace mes pages et me fait oublier que le soleil, radieux, est en train de me brûler. Ouille !
Décidés à sortir de la ville, nous prenons la route en direction du sud, pour longer la côte. À portée de vue des rempart d'Essaouira, de l'autre côté de l'embouchure d'un oued, un petit bourg a çà de célèbre qu'il fut en son temps le quartier général de quelques stars de la musique des années 70. En hauteur, il domine une mer de dunes qui filent vers l'océan et qui abritent les ruines d'un ancien palais rongé par les sables. Le site est magnifique et les promoteurs l'ont bien compris : des buldozers sont en train de dénuder et d'aplanir des hectares de dunes pour y contruire un futur hôtel de luxe au milieu de son golf...
La route vers le sud révèle un paysage sec au relief plus prononcé, couvert d'arganiers. Nous obliquons vers la côte dans la région de Tamanar et nous arrivons sur un belvédère qui surplombe une grève magnifique sur la plage de laquelle des dizaines de barques de pêche bleues sont alignées. C'est l'endroit rêvé pour aller goûter l'eau... mais nous sommes bel et bien dans l'Atlantique, et la mer est à la même température qu'au Cormier : glaciale.
MarocL'arganier est un arbre emblématique de la région, puisqu'il sert à tout. Ses feuilles nourrissent les chèvres qui n'hésitent pas à grimper dans ses branches, et ses fruits ont de multiples utilisations. La pulpe séchée du fruit sert de nourriture aux animaux, les coques du noyau servent à se chauffer et l'huile que l'on tire de l'amande à de multiples applications : cosmétique, cuisine, éclairage... Nous visitons ainsi une coopérative de femmes comme il en existe tant, qui produit essentiellement de l'huile d'argane. La plupart des femmes, nous dit-on, sont veuves ou divorcées et retrouvent ainsi par le biais de la communauté et de la coopérative, une activité salariée et une protection.

Mercredi 24 mai

Essaouira, les souks et la racine de thuya
MarocLa région d'Essaouira s'est faite une spécialité des objets confectionnés à partir du bois de la racine du thuya. De nombreuses coopératives, où travaillent de talentueux artisans, proposent à la vente quantité de coffres, plateaux, meubles, bibelots, etc... couverts de marquetterie de bois de citronnier, de nacre... Certaines pièces sont magnifiques et les prix sont tout à fait abordables.
Aujourd'hui nous errons sur le port de pêche à regarder les bateaux puis nous parcourons les souks et les coopératives à admirer le talents des artisans ébénistes. Un peu de marchandage (obligatoire sur les souks Marocains, semble-t-il) et nous repartons avec un splendide coffre.
Le soleil s'est un peu voilé cet après-midi et sa chaleur n'arrive plus à compenser la fraîcheur et l'humidité déposées sur la ville par le puissant souffle des alizés. Il fait un peu frisquet et une petite séance de hammam au riad arrive à point nommé.
En soirée, nous dînons sur le port, chez Sam, un restaurant sympa à l'ambiance rétro : le tajine de poisson est délicieux !

Jeudi 25 mai

Retour à Marrakech
MarocCe matin le vent s'est enfin calmé. Mais dommage ! c'est l'heure du retour vers Marrakech. Nous quittons l'enceinte du riad Mimouna, sortons des remparts de la ville et reprenons la route vers l'est.
Le dernier riad, l'Amira Victoria est situé dans le nord de la Médina. L'originalité de celui-ci par rapport aux deux autres riads, est qu'il possède trois patios sur plusieurs niveaux et que la terrasse forme une ceinture sinueuse où alternent des coins-détente tous décorés différemment. L'ambiance est calme et la déco d'inspiration locale.
Comme nous ne sommes pas loin des souks, nous retournons nous y plonger afin de tester notre sens de l'orientation. Malgré les multiples chemins de ce dédale, nous réussissons sans problème à rejoindre la place Jemaa El Fna écrasée de soleil. Dans leurs roulottes couvertes d'oranges, les marchands vendent leur jus d'orange frais ; quelques charmeurs de serpent jouent du pipeau (?) sous leurs parasols tandis que les vendeurs d'eau, vêtus leurs tenues traditionnelles aux couleurs vives, appelent les hypothétiques clients.

Chez Ali
MarocCe soir, nous avons succombé sur suggestion du guide aux sirènes du tourisme de masse : ce soir : nous allons dîner chez Ali.
Tous les soirs, Ali reçoit quelques centaines "d'invités" et leur propose un aperçu des cultures du Maroc en 3 heures chrono à la façon Disneyland. Accueillis par les danseuses et les musiciens, nous pénétrons dans la cour d'un splendide palais en carton-pâte où les invités dînent sous de grande tentes. Au menu, rien que du traditionnel : salade marocaine, couscous et méchoui. Pendant le repas, plusieurs groupes de danseuses et de musiciens alternent pour présenter les particulartiés folkloriques marocaines. Mais ensuite, pas le temps de digérer, il faut trouver une place autour de l'arène pour admirer le spectacle. Au programme, reconstitution de courses de chevaux, jongleurs, etc.
Chez Ali, l'avantage c'est que l'on a un aperçu du Maroc "touristique" en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. C'est un peu l'usine à touristes quoi, où néanmoins, les employés présentent leur culture avec une fierté et une bonne volonté rassurantes.

Vendredi 26 mai

Retour vers l'hiver
Voilà, c'est déjà la fin. Après une longue attente à l'aéroport de Casablanca, nous quittons les 35° ~ 37° et le soleil limpide de Marrakech pour plonger vers les nuages bas qui masquent notre Bretagne sud. À Nantes-Atlantique, il fait 16°, il fait humide et il fait froid. Arrivés au Cormier, le poêle est aussitôt rallumé. C'est le retour vers l'hiver...

La Galerie

mercredi 3 mai 2006

« C.R.A.Z.Y. » sort en France

Au mois de septembre dernier, je ne connaissais pas encore la date de la sortie en France de "C.R.A.Z.Y.", de Jean-Marc VALLÉE. Hé bien, il semblerait que sa sortie ait lieu aujourd'hui !

Pour rappel, il s'agit d'un excellent film québécois qui raconte la vie entre les années 60 et 2000 d'une famille de Montréalais ; une histoire drôle, simple, attachante qui mérite amplement que l'on se déplace pour aller la voir ! ;-)

jeudi 27 avril 2006

« La dame à la licorne », Tracy CHEVALIER

licorneTracy CHEVALIER semble s'être fait une spécialité des destins et intrigues amoureuses qui se nouent autour d'une œuvre d'art. Comme ce fut le cas avec "La jeune fille à la perle" d'après le tableau de Vermeer — également adapté au cinéma — et avec "La vierge en bleu".

La toile de fond de "La dame à la licorne", n'est précisément pas une toile, mais des tapisseries ; dont Jean Le Viste, un riche parisien du XVème siècle, commande les modèles à Nicolas des Innocents, jeune peintre bien en vue par ces dames de la Cour. Inspiré par Claude, la fille aînée du notable, Nicolas se lance dans la réalisation d'ébauches mettant en scène une femme et une licorne.

Ces célèbres tapisseries ne sont autres que celles du musée de Cluny aussi connues comme tapisseries des cinq sens, dont l'origine est assez floue.

La conception et la réalisation de ces six œuvres nous font voyager entre la demeure des Le Viste à Paris et l'atelier des lissiers à Bruxelles. À chaque chapitre, l'auteure adopte le point de vue d'un autre personnage, permettant au lecteur de se plonger dans leur intimité. Cette méthode présente également l'avantage de pouvoir suivre l'évolution des rapports humains et l'avancée de la réalisation des tapisseries depuis différents points de vue.

Cet entrelac de destins ayant pour point commun la naissance des tapisseries en fait un récit bien équilibré, malgré un final que j'ai trouvé un peu brusque. Le roman est également passionnant pour la plongée qu'il propose dans le monde des artisans du Moyen-Âge ; il permet de comprendre la valeur de telles œuvres fruits de la patience, de la rigueur et de la minutie. Une très belle histoire.

dimanche 23 avril 2006

Des responsabilités

Kwakiutl

L'Homme croit quelquefois qu'il a été créé pour dominer, pour diriger.
Mais il se trompe.
Il fait seulement partie du tout. Sa fonction ne consiste pas à exploiter, mais à surveiller, à un être un régisseur. L'Homme n'a ni pouvoir, ni privilèges, seulement des responsabilités.

Oren LYONS, Iroquois Onondaga

mercredi 12 avril 2006

« Inside man », Spike LEE

inside_manTout commence comme une histoire de hold-up classique avec prise d'otage ; le genre de films que l'on a vu mille fois. Puis, le film sort du fossé des grotesques clichés. Quelques rencontres intrigantes, des secrets bien gardés : le récit ne suit plus le cours que l'on imaginait au départ. Tant mieux ! le suspense n'en est que meilleur.

Il ne m'est pas possible de m'étendre encore sur l'histoire sans révéler quelques points cruciaux qui lui feraient perdre de sa saveur. Ce que l'on peut dire en revanche, c'est que la casting est de qualité (Denzel WASHINGTON, Jodie FOSTER...) et que le tout est ingénieux et bien ficelé. Voici un film de qualité qui sort du lot par son originalité.

mercredi 29 mars 2006

« Retour en Acadie », Alain DUBOS

retour_acadieLe roman « Acadie, terre promise » se concluait sur l'éclatement de la famille Hébert/Mélanson, embarquée de force sur les vaisseaux du roi George qui déportèrent les 18.000 Acadiens.
« Retour en Acadie » reprend l'histoire au milieu de la mer, au début du cauchemar, en suite directe du premier volume.

Le récit suit alors tour à tour les différents membres de la famille. Certains ont la chance d'être débarqués rapidement et de trouver une place chez des fermiers Amish de Pennsylvanie, d'autres croupissent des mois dans l'obscurité nauséabonde des cales décimées par la variole. Puis un jour, les colons Anglais cèdent peu à peu et autorisent le débarquement de ces Français honnis sur leurs quais de Caroline ou de Virginie, d'où ils ne peuvent s'échapper, vivant en pauvres hères.
Les rares rescapés qui ont eu la "chance" d'éviter les rafles et l'horreur de la déportation, fuient alors ces terres vidées par le "Grand dérangement" et tentent de rejoindre au nord, les cités fortifiées de Québec et de Montréal.

Progressivement, les aventureux à la recherche de leur famille fuient les colonies Anglaises et tentent de joindre à leur tour les villes de la Nouvelle-France. Beaucoup périront de la mer, du froid, de la famine ou de la main des Anglais et des Indiens. Les rares chanceux recomposeront leur famille avant de subir à nouveau les affres de la guerre lors de la prise définitive du Canada par les armées du roi d'Angleterre.

Ce deuxième volume clôt cette formidable saga initiée par l'arrivée de la famille Lestang dans la péninsule en 1695. Elle constitue un brillant hommage à ce peuple méconnu qui malgré les terribles épreuves qu'il eut à affronter est aujourd'hui plus vivant que jamais et disséminé sur les cinq continents.

Sur les 18.000 personnes déportées par les Anglais, 8.000 sont décédées avant d'être débarquées...

Liens

vendredi 24 mars 2006

Facéties googlesques

Après les goojateries du moteur de recherche, voici une autre facétie de Google que je vous invite à découvrir en suivant la procédure suivante :

  • Rendez vous sur Google.
  • Tapez dans le champ de recherche les mots-clef "Miserable failure", qui signifient à peu de choses près en anglais à propos d'une personne : "pauvre raté".
  • Ensuite, au lieu de cliquer sur le bouton "Recherche Google", cliquez sur le bouton "J'ai de la chance" qui permet d'envoyer vers une page directement liée à votre recherche sans passer par une liste classique de sites sélectionnés.

Si vous êtes au boulot, évitez quand même de ne pas rire trop fort (n'est-ce pas Anisa). En espérant que cette plaisante particularité ne soit pas supprimée trop rapidement ! ;-)

dimanche 19 mars 2006

« La brèche », Christophe LAMBERT

la brèche Non, non, vous fai­tes fausse route : il ne s’agit pas d’un acteur abonné depuis quel­ques temps aux navets (à croire qu’il les repère à 100 km à la ronde !) qui aurait décidé de se recon­ver­tir dans l’écri­ture SF, mais plu­tôt d’un auteur homo­nyme rela­ti­ve­ment éclec­ti­que sem­ble-t-il.

Vrai­sem­bla­ble­ment pas­sionné par le dénoue­ment de la deuxième guerre mon­diale, Chris­to­phe se pro­pose de nous faire décou­vrir le D-DAY sous un angle iné­dit : celui de deux hom­mes du futur, envoyés en 1944 sur les pla­ges de Nor­man­die pour revi­vre les évé­ne­ments dans le cadre d’une émis­sion de télé-réa­lité. Mais le jeu tourne court lorsqu’ils décou­vrent l’hor­reur de la bataille et, sur­tout, qu’en ayant malen­con­treu­se­ment bou­le­versé le cours de l’his­toire, le débar­que­ment se trans­forme en ter­rain d’affron­te­ment des puis­san­ces de 2060…

L’idée de départ est excel­lente et menée sans sou­cis jusqu’au final. Les actions sont vives et don­nent véri­ta­ble­ment envie de dévo­rer le bou­quin. Tou­te­fois, je reste un peu sur ma faim : j’ai l’impres­sion d’avoir sur­volé les actions ; je pense que le récit aurait lar­ge­ment mérité d’être étoffé. D’autre part, le style ne m’a pas par­ti­cu­liè­re­ment trans­cendé ; mais sans avoir lu un autre roman de Chris­to­phe LAM­BERT, je ne puis dire s’il s’agit d’un sub­til effet visant à don­ner beau­coup de fraî­cheur à l’his­toire ou de la véri­ta­ble écri­ture de l’auteur.

Cela dit, “La brè­che” est un bon diver­tis­se­ment par­fai­te­ment dis­posé à faire l’objet d’une adap­ta­tion à suc­cès au cinéma, tel que l’a été en son temps “Run­ning man” de Ste­phen KING.

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