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mercredi 7 mai 2008

Balade autour de l'Öresund : les photos

À défaut d'entretenir régulièrement le contenu de ce blog, je me suis aujourd'hui occupé de mettre en ligne un album photo de la visite que nous avions faite à Quentin, à Lund en Suède, à la dernière Toussaint. En profitant également de l'occasion pour exploiter la fonctionnalité de Picasaweb permettant de géolocaliser les clichés.

Partis de Paris pour Copenhague, nous avions ensuite traversé le détroit de l'Öresund via le pont-tunnel pour rejoindre la Scanie en Suède.

Ce fut en vérité un très joli voyage. Le temps était certes un peu frisquet en ce début novembre au bord de la Baltique, mais cela dit, le soleil était aussi de la partie pour ce court aperçu scandinave.

Après quelques péripéties suédoises, nous avions conclu par une visite de la capitale danoise avant de nous en retourner. Une belle balade éclairée par les couleurs de l'automne, dans un paysage où il me plairait de revenir en d'autres saisons, sous d'autres lumières.

Album photo

jeudi 11 octobre 2007

Géocaching : la chasse au trésor dépoussiérée

La chasse au trésor n'est pas morte ! Mais désormais, au lieu de partir en galion à la recherche d'une île inconnue armé de son seul sextant et d'une carte parcheminée, c'est en tenue de randonneur et GPS à la main que le chasseur part à l'aventure.

C'est au coin de la machine à café qu'un collègue m'a récemment parlé de cette chasse d'un nouveau genre, le "Géocaching", exploitant les nouvelles technologies que sont Internet et le positionnement par satellite. Le principe en est des plus simples : un "géocacheur" place dans un endroit présentant un intérêt évident (parc, château, côte sauvage...) une petite boîte hermétique contenant quelques menus "trésors" (figurines, jouets Kinder, portes-clef...) en plus d'un petit carnet et d'un crayon. Il retourne ensuite vite chez lui se connecter sur le site officiel du Géocaching pour publier les coordonnées GPS de la "géocache" qu'il vient de créer. Les "géochasseurs" partent ensuite à la recherche de la géocache à l'aide de ces coordonnées. Lorsqu'ils atteignent le trésor tant convoité, ils laissent trace de leur passage par un bref mot de remerciement dans le carnet ainsi qu'en échangeant un bibelot de la cagnotte par un autre qu'ils n'auront pas manqué d'apporter avec eux. Il ne leur reste plus ensuite qu'à rentrer chez eux signaler sur le site officiel leur découverte et piquer une nouvelle punaise sur la carte de France (ou du monde) transformée pour l'occasion en tableau de chasse.

Pour autant que je m'en souvienne, en tant que digne représentant de la génération des Goonies ;-) j'ai toujours été attiré par le principe des chasses au trésor à énigmes, particulièrement en tant qu'organisateur. La dernière en date étant un rallye vélo organisé à l'occasion de la crémaillère de Libenter. C'est donc tout naturellement que je me suis trouvé dans l'instant emballé par ce concept qui n'est pas nouveau ; il y a d'ailleurs peut-être à parier que vous le connaissez déjà.

Mais qu'importe, voici un tour d'horizon de cette passionnante activité...

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jeudi 30 août 2007

Vacances en Écosse

Édimbourg, la ville, le festival (2-5 août)

Pendant le mois d'août, le cœur de la capitale de l'Écosse bat au rythme des multiples manifestations qui s'entremêlent et qui drainent près d'un million de visiteurs le temps de quelques semaines. Le festival international, bien sûr ! et ses nombreuses scènes disséminées dans la cité et puis le "off" avec le Fringe, le long du Royal Mile.
Les rues fourmillent et il est très agréable de découvrir cette jolie ville du nord de l'Europe sous un aspect très "vivant". Plusieurs choses me frappent agréablement à son abord :
— C'est une cité qui semble à taille humaine ; pas d'oppression ici. La ville "bouge" ; et au vu du nombre de pubs et autres bars, elle semble être vivante aussi bien en haute qu'en basse saison.
— Le relief de la ville est assez particulier : au milieu de la ville s'élèvent de drôles de collines qui prennent parfois des allures de petites montagnes, comme Arthur's seat.
— De nombreuses zones vertes, qu'elles soient simples jardins ou immenses parcs, parsèment la ville et "l'aèrent".
— Le nombre de vieilles pierres au mètre carré est assez impressionnant dans la vieille ville. Or, comme celle-ci s'étale et descend le long des flancs de l'éperon rocheux au sommet duquel se dresse le château, cela donne l'impression d'avoir des monuments collés les uns aux autres...

Les quatre jours ensoleillés à Édimbourg sont l'occasion de visiter les "classiques" de la ville. Au premier rang duquel se trouve le château (le plus haut en altitude aussi !). L'édifice se trouve au sommet de son éperon et domine toute la ville, en particulier la New Town, sur laquelle il offre une vue imprenable. En plus d'être un monument très bien entretenu, le château est également le lieu de résidence d'un régiment écossais. Si l'on laisse de côté quelques musées aux thématiques militaires rarement objectives, les intérieurs n'ont rien d'exceptionnel, si ce n'est le palais qui abrite les "honneurs d'Écosse" : les instruments du pouvoir du trône écossais (couronne, sceptre, bijoux...). L'intérêt est résolument en extérieur.
Partant à l'est du château descend le Royal Mile, bordé de nombreuses boutiques touristiques, d'échoppes de kiltmakers, de vieux bâtiments (dont l'ancien parlement), mais également d'une célèbre fabrique qui présente sa collection de tartans. Tout au bout du mile, se trouve le château d'Holyrood, la résidence royale officielle des souverains à Édimbourg. Lui faisant directement face, tel un pied de nez, se trouve le tout neuf parlement écossais. Une architecture très moderne, toute de bois, de béton et de métal brillant qui me plaît énormément.

Le samedi soir, nous assistons à une manifestation estivale très prisée dans la ville : le Military Tattooo. Il s'agit d'un festival de fanfares militaires venant des quatre coins du monde qui viennent se produire dans la grande cour du château d'Édimbourg où d'énormes gradins sont installés à cette occasion pour accueillir les 200.000 spectateurs du mois d'août. Cette année, en plus de l'obligatoire fanfare de la garde écossaise (Blackwatch, Dragons...) défilant au son de la cornemuse, sont venus jouer : le conservatoire militaire de Moscou (joli morceau jazzy), un orchestre militaire de Trinidad et Tobago (drôle de mélange entre steel band et uniformes), un régiment américain de style XVIIIème vêtus à la Lafayette (pipeau, pipeau) , etc.
Le show est très bien rodé, bien mis en scène et finalement la musique aux accents militaires devient un spectacle grandiose pleinement intégré dans cet environnement exceptionnel qu'est le château. Ne me reste plus qu'à comprendre pourquoi les spectateurs Français ont été les seuls à avoir été sifflés alors que le présentateur chauffait l'assistance...

East lowlands et Grampians (6 août)

Bien que ne profitant pas de la douceur du Gulf Stream et n'étant pas aussi découpée et montagneuse que sa sœur de l'ouest, la côte est de l'Écosse n'en est pas moins dépourvue de charme. Des collines ondulent doucement le long de la mer du Nord où se nichent de jolies petites villes. Comme Saint-Andrews, qui abrite les bâtiments coquets de la plus ancienne université du pays et où Marie Stuart aurait joué à l'ancêtre du golf, natif de la bourgade semble-t-il...

Les Grampians sont l'une des trois principales chaînes de montagnes écossaises. Ils s'étirent depuis l'Aberdeenshire jusqu'à la région d'Oban selon un axe nord-est sud-ouest, comme l'ensemble des massifs écossais. Ils comportent des zones très inhospitalières et comptent quelques-uns des plus hauts pics du pays.

C'est au cours du lundi et du mardi que nous traversons la partie est du massif. Après avoir franchi Dundee et le Firth of Tay, il n'y a quasiment qu'une seule petite route — l'A93 — qui continue à s'engager dans les Grampians. Après une halte à Bridge of Cally, dans un B&B bien tenu par un couple de retraités fort aimables, nous continuons notre route. Au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans les terres et que l'altitude augmente, la température, elle, descend : au plus haut, au pied de la station de ski de Devil's elbow, le thermomètre de la voiture indique vers 10h00 les 8,0°C... Mais passé Braemar, le fond de l'air se réchauffe. Arrivés à Balmoral — la résidence d'été de la reine —, il fait même 14,0 °C ! Le château est bien gardé et est invisible de la route. On arrive seulement à distinguer un pavillon flottant au sommet de la tour la plus haute, le pavillon royal : la vieille est là ! ;-)
Plus loin, nous décidons de ne pas aller jusqu'à Aberdeen — vers où la route nous mène logiquement — mais plutôt de rester encore dans le massif en continuant sur de petites routes en direction du nord, vers la région des distilleries. Ainsi, à Dufftown, nous visitons la distillerie Glenfiddich, où une charmante guide francophone nous apprend que Glen signifie "vallée" et Fiddich "Cerf" : "Vallée du cerf" en gaélique. La visite est très intéressante entre ces énormes cuves de fermentation ou ces gros alambics en cuivre. Le site de production est très important et la firme déploie tous ses efforts pour communiquer sur le côté complètement "tradi" de leur whisky.

Loch Ness (6-7 août)

Après un détour du côté d'Elgin pour aller admirer les jolies plages de sable fin de la côte nord, nous arrivons sur Inverness pour un trouver un endroit où dormir. C'est sans compter sur le fait que tous les hôtels et B&B de la ville semblent complets. Aussi, nous décidons de continuer nos recherches directement en longeant la rive sud du fameux Loch Ness — dont l'ouverture sur la mer du Nord se fait à Inverness — et de quitter cette ville sans charme particulier. Après quelques tentatives infructueuses, nous posons les sacs dans un B&B passable, mais offrant une pleine vue sur le loch, à Dores.

Le lendemain, nous poursuivons notre route sur la rive sud du loch jusqu'à son extrémité, à Fort Augustus. L'intérêt de cette bourgade est la série d'écluses en escalier qui permettent de passer du Loch Ness (se jetant dans la mer du Nord) au Loch Oich, qui lui-même est relié aux autres lochs du Great Glen jusqu'à l'océan Atlantique. De là, nous décidons de gagner Ullapool, sur la côte nord-ouest. Nous longeons donc la face nord du Loch Ness cette fois-ci, puis obliquons en direction des Highlands du nord-ouest. Malgré nos efforts, nous n'aurons pas vu Nessie...

C'est à l'occasion d'un pique-nique devant un magnifique paysage de tourbières et de bruyères que nous avons fait la connaissance des célèbres midges. Comment les décrire ? J'oserais dire qu'ils sont aux moustiques ce que les piranhas sont aux requins blancs. C'est-à-dire qu'un seul individu, aussi microscopique qu'il soit, provoque déjà de sérieux dégâts (piqûre, démangeaisons soutenues, etc.) ; mais, le midge aime la compagnie de ses semblables et ne se déplace jamais sans au moins quelques dizaines de milliers de potes. Aussi, dès qu'il n'y a plus de brise pour les chasser, ni de plein soleil pour les dessécher, ils sortent de leurs tanières humides et s'abattent en nuées compactes sur tout organisme vivant pour lui pomper tout son sang. Je ne comprenais pas pourquoi les habitants allaient jardiner dans leur potager et les grands randonneurs traverser les prés humides accoutrés de tenues d'apiculteurs. Après cette première rencontre avec la "plaie des Highlands", je comprends mieux... :-)

Highlands (7-9 août)

Sur la route en direction d'Ullapool, nous profitons d'un site intéressant pour une petite promenade digestive. Une jolie balade autour des falls of Rogie dont un petit pont enjambe le flux bouillonnant.
Après Garve sur l'A835, le paysage change subitement : les collines boisées laissent d'un coup la place a des reliefs plus escarpés et recouverts d'une végétation rase et verdâtre tirant sur le fauve. Une vision lunaire dont la couleur me rappelle certains paysages du Connemara. Enfin, les habitations reviennent petit à petit et les premiers pics de la côte nord-ouest apparaissent. Nous arrivons enfin à Ullapool, un port de pêche abrité dans le Loch Broom. Un gros chalutier embarque d'ailleurs quelques vivres pour la prochaine campagne de pêche. Comme la veille à Inverness, les hôtels et B&B ont été pris d'assaut et nous devons nous éloigner de plusieurs kilomètres de la bourgade. Nous en profitons pour amorcer une descente vers le sud en contournant le loch. Nous atterrissons dans un excellent B&B[1] tenu par un jeune couple, au bord des eaux du Little Loch Broom.

Lendemain jeudi, nous longeons la côte en direction du sud. Les paysages sont splendides et le soleil est toujours de la partie. Sur les conseils de Paula, nous nous enfonçons dans une presqu'île à la recherche d'une plage de sable fin à l'horizon barré par les Highlands. Nous trouvons ce petit coin de paradis à Mellon Udrigle. Les nombreuses ruines alentour sont des vestiges des Clearances, nous apprend-t-on. Époque à laquelle les nobles Anglais ayant pris possession de ces terres ont forcé les paysans à les quitter pour y faire pâturer des moutons ; les obligeant souvent à embarquer pour le Nouveau Monde.
La prochaine étape se situe au jardin d'Inverewe, à côté de Poolewe. Bien que située à plus de 57° de latitude nord, la région subit les influences du Gulf stream à tel point que l'on y fait pousser sur quelques hectares au bord de la mer, des espèces végétales exotiques que j'aurais peur de laisser en extérieur, l'hiver au Cormier, à 10° de latitude plus au sud ! La végétation est luxuriante et l'on y rencontre de nombreuses Gunneras, Fougères arborescentes... Les terres acides des highlands sont également un bonheur pour les Azalées arborescentes et Rhododendrons. Dommage que la floraison soit terminée, j'ose à peine imaginer la splendeur des massifs au printemps !
Nous poussons ensuite jusqu'au Glen Torridon en passant par des paysages tellement magnifiques que j'ai peur de finir blasé ! ;-)

Une spécialité routière du pays semble-t-il sont les single track roads. Ce sont des routes trop étroites pour deux véhicules où sont aménagées des places sur le bas-côté à intervalles réguliers pour laisser passer les véhicules qui viennent en sens inverse. On en rencontre des dizaines de kilomètres dans les Highlands, elles sont fatigantes pour les pédales d'embrayage, mais sont souvent les seules voies d'accès à des paysages extraordinaires.

Île de Skye (10-11 août)

« L'île de Skye, nous a dit une de nos hôtesses de B&B, c'est toute l'Écosse à un seul endroit. À chaque virage de nouveaux paysages apparaissent ! » Je crois qu'elle n'a pas tort. Skye est la plus grande des îles Hébrides intérieures, reliée au continent par le pont du même nom. Ses plus hauts pics chatouillent les 1.000 mètres d'altitude et n'ont rien à envier à leurs homologues du "continent". L'île est un haut-lieu touristique d'Écosse notamment pour ses nombreuses curiosités géologiques formées par l'érosion, ses paysages splendides, son riche patrimoine mais également car elle permet de gagner d'autres îles grâce au réseau de ferries.

Nous arrivons sur l'île le vendredi. Le temps est très variable. Nous longeons la côte est de l'île en passant par Portree, la ville principale de l'île. C'est sur cette face de Skye que se trouvent les curiosités géologiques les plus connues : le Kilt Rock, dont les failles verticales figurent le plissé d'un kilt ou encore l'Old man of Storr, une curieuse roche dressée qui semble se détacher en équilibre de la paroi. La géologie de l'île est en effet très curieuse et les paysages grandioses. Arrivés au nord de l'île, nous continuons en longeant la côte est jusqu'à Dunvegan. C'est dans cette ville que se trouve le château du célèbre clan MacLeod qui se partageait autrefois l'île avec le non-moins célèbre clan des MacDonald. À proximité, un petit chemin de marche côtier permet de gagner un étonnant site : "Coral beach". Il s'agit d'une plage de véritable sable blanc corallien dont la blancheur tranche avec les autres plages dont le sable tire plutôt sur le noir. Un endroit assez magique en fait où nous rencontrons quelques paisibles locataires : un troupeau de vaches des Highlands ; un mélange de style détonnant avec une élégante robe crème et un long toupet limite négligé qui leur tombe sur les yeux. ;-)

Le samedi matin, avant de quitter un charmant B&B situé dans une ancienne école[2], nous visitons la distillerie Talisker. Le contraste avec le côté "industriel" de Glenfiddich est saisissant tant celle-ci semble artisanale.
Quelques kilomètres après la sortie de l'île, sur la route de Fort Williams, se situe le romantique château d'Eilean Donan bâti sur un îlot au milieu des eaux calmes du Loch Duich. Relié par un petit pont à la terre ferme, ce château est célèbre dans le monde entier pour avoir été le lieu de tournage de nombreux films, dont « Highlander » ou encore « Haute-voltige ».

Great Glen (11-12 août)

Le "Great Glen" est le nom donné à la monstrueuse faille géologique qui coupe les highlands en deux selon un axe nord-est sud-ouest, depuis Inverness jusqu'à Oban en passant par Fort Augustus et Fort William ; laquelle dépression a donné naissance à plusieurs lochs, dont le Loch Ness. C'est notamment sur la frange sud de cette faille, dans les Grampians à proximité de Fort Williams, que culmine le plus haut sommet de Grande-Bretagne : le Ben Nevis (1.341 m).

Le samedi après-midi, nous faisons halte à Fort Williams. Le temps est humide, brumeux, et la ville inintéressante : elle est laide et peu d'activités sont proposées. Bien que située au bord de l'eau, elle est le point de départ pour explorer les pics alentour tel le Ben Nevis. Elle se donne d'ailleurs de faux-airs de station de ski. Fort Williams n'est qu'une étape, au mieux une base de rando.

Dimanche matin, le ciel se dégage à mesure que nous approchons de la sortie du Great Glen. Nous décidons alors d'effectuer un petit crochet sur la route d'Oban pour aller faire une marche dans le Glen Coe. Outre pour sa grande beauté ui en fait l'un des paysages incontournables de l'Écosse, cette vallée inhospitalière est également connue pour les massacres qui s'y déroulèrent à la fin du XVIIème.

Oban, Glasgow (12-14 août)

Oban est avant tout célèbre pour le fameux whisky qui porte son nom mais c'est aussi un point de départ obligé des ferries qui permettent de rejoindre de nombreuses îles Hébrides. Il est très agréable de se balader sur son petit port de pêche et sur le front de mer qui fait face à l'île de Mull. Il y a peu de choses à visiter à Oban, sinon cet étrange pseudo-monument, une étonnante muraille circulaire imitant un Colisée en miniature, posé au sommet de la colline surplombant la ville, comme une sorte de couronne. Il y a également d'excellents restaurants sur le port, où l'on peut déguster la pêche du jour cuisinée à la mode Écossaise.

Si Édimbourg est la capitale historique, la ville-musée de l'Écosse, nul doute que Glasgow en est le poumon économique. Avec une zone urbaine et une population quatre fois plus importantes, cette grande ville tranche avec sa vieille voisine (distante de seulement 60km) par l'impression de modernisme et de dynamisme qu'elle dégage, même si parfois, les immeubles en verre des nouveaux quartiers d'affaires lui donnent un air froid de petit New-York. Car des nouvelles constructions, il y en a à Glasgow ! Les anciennes friches industrielles de la cité ouvrière, bâties le long des rives de la Clyde, font désormais place à de riches faubourgs investis par le Science Centre, les bureaux de BBC Scotland ou d'élégants ponts à haubans, par exemple. Cela dit, le centre-ville possède de belles et larges avenues qui fourmillent de monde.

Cette escale à Glasgow est l'occasion de faire dans le culturel ; en commençant tout d'abord par la Gallery of Modern Art, située dans un vieil édifice du centre. La GoMA propose une expo temporaire qui dénonce les dérives du communautarisme, en particulier dans des régions telles que l'Irlande du Nord où les tensions communautaires sont fortes. Quelques œuvres de Hokney et Andy Warhol sont également présentées.
En s'éloignant du cœur de ville, à côté de l'université de Glasgow, se situe le Kelvingrove Art Gallery and Museum. Un immense et somptueux palais baroque de pierre rouge construit à la fin du XIXème siècle pour l'exhibition internationale de 1901. L'intérieur est tout aussi grandiose que l'extérieur et présente de multiples ailes, salles et galeries reliées par d'immenses volumes richement décorés. L'on peut y admirer un large éventail de peintures européennes, classiques et modernes et notamment une large collection d'œuvres écossaises. Bien que le clou de la visite soit la toile du "Christ de Saint Jean de la Croix" de Dalí, Je suis surtout attiré par l'expo sur le travail de Charles Rennie Mackintosh, chef de file de l'Art Nouveau en Écosse.
Cette visite à Glasgow est aussi l'occasion d'aller visiter le Science Centre (envahi par un raz-de-marée de marmaille hurlante) et d'aller voir le dernier Harry Potter sur écran IMAX.

Édimbourg, fin du voyage (15 août)

Le dernier jour en Écosse, et à Édimbourg de surcroît, est l'occasion d'une dernière balade au jardin botanique de la ville, d'une séance d'essayage de kilt sur le Royal mile, des derniers achats et d'une dernière nuit dans un bel hôtel.

C'est donc la fin d'un très joli séjour, encore une fois trop court pour approfondir la connaissance du pays ; un goût d'inachevé me reste. Voilà encore une destination où il me tarde de revenir.

Notes

[1] Easter Badbea B&B, Phil et Paula CROSS, Badbea. Vue imprenable sur le loch, chambres neuves et propres. Les hôtes sont par ailleurs d'une amabilité et d'une prévenance rares. Notre meilleur souvenir de B&B.

[2] Old School House, Sconser (Isle of Skye). Jolie vue, ambiance traditionnelle.

mardi 3 juillet 2007

À Madère, en honeste compagnie

Cela faisait déjà quelques temps que nous ne nous étions pas revus. Aussi, c'est sur l'île de Madère que nous avons décidé de passer une semaine de retrouvailles entre ex-étudiants strabourgeois. Du 17 au 24 mai, j'ai arpenté pour la seconde fois le jardin flottant de l'Atlantique mais cette fois-ci en compagnie de Dédé et d'Anisa.

Même si la météo n'était pas toujours au rendez-vous, nous nous y sommes beaucoup amusé. Aussi, établir le récit de nos exploits est une rude tâche que j'avais confiée à la Belle. Hélas ! (façon de parler) tout accaparée par les bras de son amant, le billet tarde à venir. Mais ce n'est pas bien grave : car elle aurait bien tort de se priver et car les nombreuses photos prises au cours du séjour parlent souvent d'elles-mêmes... :-)

Galerie Glesker

Galerie MAIL

mardi 8 mai 2007

En Irlande

Jeudi 3 mai

Il pleut sur le tarmac de l'aéroport de Nantes. Nous sommes douze et nous grimpons à bord du gros Boeing affrété par Ryanair. Quelques minutes plus tard, celui-ci prend son envol pour la côte ouest de l'Irlande, vers l'aéroport international de Shannon.

Il est près de minuit locale lorsque nous garons les trois voitures de location à proximité de notre première étape. Il s'agit d'un pub auberge situé à Ennis, ville principale du comté de Clare, non loin de l'aéroport. La maison est n'est pas toute jeune, mais cela suffira pour une nuit. Des musiciens sont d'ailleurs en train de jouer quelques airs tandis que sur un plasma, Skynews diffuse le résultat des élections Écossaise. Voici le moment de prendre la première Guinness du voyage, breuvage sombre, quasi élevé au rang de boisson nationale ! ;-)

Vendredi 4 mai

Après une visite sommaire du centre-ville d'Ennis sous le soleil, nous prenons la direction du nord, vers Galway. Sur le trajet, nous sortons de l'axe principal pour nous diriger vers la côte, à l'ouest. Bien que prévenu, je constate de visu l'état des routes secondaires du pays : peu nombreuses, elles sont de plus très étroites, souvent sinueuses et parfois même en mauvais état. À proximité de Gort, nous nous arrêtons visiter un monastère en ruines au milieu des champs, à Kilmacduagh. Une étonnante tour ronde délicatement penchée se dresse en son centre. J'apprends que ce genre d'ouvrages qui ne possèdent pas de portes, permettaient aux moines de s'y retrancher lors des raids barbares. Ces tours sont anciennes (post-an mil) et se rencontrent dans d'autres sites du même genre.

À mesure que nous approchons de la côte, le paysage se vide de grande végétation. Plus un arbre, seulement des arbustes et des herbes qui subissent mieux les tempêtes de l'hiver. Enfin, nous arrivons aux Cliffs of Moher, une série de hautes et belles falaises qui courent sur quelques kilomètres. Les abords de cette curiosité géologique très appréciée des touristes viennent d'être totalement réaménagés. Et je suis partagé entre les sentiments de voir ce site transformés en presque-Disneyland et le soucis de sécurité ainsi que le constat que les architectes ont tenté au mieux d'intégrer les infrastructures à l'environnement. C'est vrai qu'elles sont belles ces falaises. Pas aussi hautes que le Preikestolen, bien entendu, mais cette guirlande qui se découpe dans la brume de mer donne matière à quelques bonnes photos sous un soleil qui tape dur.

En remontant vers le nord, nous traversons le Burren : une région sèche, minérale qu'un géomètre de Cromwell[1] décrivait de la manière suivante : « Sur ces terres, point assez d'eau pour noyer un homme, pas d'arbre pour le pendre, ni de terre pour l'enterrer ». Un bouclier de roche fissurée, au bord de la mer, complètement inhospitalier et pourtant... C'est l'un des paysages qui m'a le plus fasciné, par sa désolation et pour sa vie. Car paradoxalement, les fissures dans lesquelles l'eau de pluie pénètre concentrent ne nombreuses variétés végétales qui, en ce printemps, égayent de leurs couleurs le gris monotone de la pierre. C'est ainsi le violet des géraniums sanguins, le bleu profond des gentianes printanières ou le jaune soleil d'une autre fleur que je n'ai pu identifier.

La route de Galway se fait longue et une halte s'impose. Un petit bourg sympa recueille notre assentiment pour aller sécher une Guinness. Or, comble de chance, ce week-end à lieu à Kinvara (puisqu'il s'agit du nom de ce petit port) le Fleadh na gCuach : un festival annuel de musique traditionnelle. Les musicos sont ravis et se promettent d'y revenir les soirs suivants.

Plus tard, nous posons les valises pour trois jours dans un hôtel moderne à l'est du centre de Galway, puis nous allons dîner en centre-ville, car le service à lieu de bonne heure ici. Plus tard dans la soirée, nous irons écouter de la musique et boire quelques bières au Quays, dans la rue du même nom, avant de retourner à pied à l'hôtel.

Samedi 5 mai

Un savoureux petit déjeuner irlandais avalé, nous décidons de retourner dans le centre-ville pour un peu de visite et de shopping tout au long de l'après-midi. Aujourd'hui, le ciel est changeant : quelquefois nuageux et frais et parfois totalement ensoleillé.

Comme prévu la veille, nous retournons en soirée à Kinvara. Il n'y a pas foule mais du monde se presse quand même aux portes des multiples pubs du village pour aller écouter les musiciens du cru. C'est joli, c'est typique et il y a peu de touristes. Plus tard dans la soirée, alors que les pubs ne désemplissent pas et que la bière coule à flot, quelques averses commencent à chasser les auditoires vers l'intérieur ou dans les voitures. C'est vers cette seconde option que nous nous rabattons pour rentrer à l'hôtel. De nuit, la conduite à gauche est encore plus impressionnante sur ces routes sinueuses.

Dimanche 6 mai

Aujourd'hui, nous avons décidé de pousser vers le nord-ouest, vers cette région que tout le monde connaît au moins de nom : le Connemara. Il ne fait pas très beau : le ciel est couvert et humide ; mais cela dit, le Connemara sous le soleil, ce n'est plus vraiment le Connemara ! Non ?
En effet, à quelques dizaines de kilomètres de la ville, les paysages changent : la végétation se fait plus rase et des tourbières surgissent les premières collines. L'eau est ici très présente, qu'elle le soit sous forme de lacs, de ruisseaux ou de marécages. Au milieu de ces paysages d'une drôle de couleur fauve, la végétation est pour le moins surprenante ; en effet, les rhododendrons et gunneras y prolifèrent. Et que dire de ces kilomètres de haies de fuchsias qui bordent les routes ? Cela est étonnant lorsque l'on sait que ces espèces végétales qui ont colonisé toute la région ne sont aucunement originaires du pays : elles sont toutes exotiques.

Le petit port de Cleggan est prétexte à déjeuner et à découvrir la côte du Connemara tourmentée et battue par les houles d'ouest.

Au détour d'une route, se découvre l'abbaye de Kylemore, un joyau néo-gothique niché au creux de la colline dans son écrin de verdure. Autrefois demeure privée, c'est depuis les années 20 une institution religieuse. Restaurée par les sœurs en 1996, c'est aujourd'hui l'un des sites touristiques les plus visités de la région. Comme le ciel se dégage un peu, nous retournons quelques kilomètres en arrière pour une petite randonnée dans le parc national du Connemara. Mais c'est déjà l'heure du retour. Pour rejoindre Galway, nous décidons de faire le tour en prenant plein est pour contourner le Lough Corrib. À peine franchie la limite séparant ce grand lac du Lough Mask ,au nord, le changement de paysage est radical : nous ne sommes plus au Connemara.
Une belle journée s'achève, riche en paysages magnifiques, malheureusement gâchée par les résultats électoraux qui tombent en soirée. Certains, trouvent encore la motivation pour retourner à Kinvara écouter de la musique traditionnelle. Pour ma part, je préfère un dîner en famille dans le centre-ville.

Lundi 7 mai

C'est notre dernière journée complète en Irlande. Nous quittons l'hôtel de Galway et prenons la route du sud, en direction de l'aéroport, vers la ville de Limerick. Quelques kilomètres avant d'entrer dans cette agglomération, nous sortons de la voie express pour aller visiter le château de Bunratty et son parc.
Le château actuel, construit au XVème siècle est une grosse bâtisse carrée flanquée de quatre tours crénelées. Restauré par Lord et Lady Gort dans les années 50, il a vu lors de son inauguration défiler le gratin de l'époque. Hier à l'état de ruine, le voici désormais entièrement remeublé et prêt à une intéressante visite.
Derrière le château s'étend son immense parc dans lequel se niche un village irlandais du XIXème, conservé ou reconstruit avec ses ruelles, jardins, école, église, etc. C'est très mignon, pas trop surfait et mille fois plus authentique que le Puy du Fou.

En soirée, la météo n'invite pas à la visite du centre de Limerick. Il est temps de dîner une dernière fois tous ensembles avant une courte nuit : l'avion décolle tôt demain.

Album photo

Notes

[1] Oliver Cromwell, alors chef d'État en Angleterre, s'était lancé à la conquête de l'Irlande en 1649 et l'intégra au Commonwealth.

mardi 1 mai 2007

Cinq jours en Norvège

Jeudi 26 avril

Il est 23h50 et le vol en provenance de Francfort se pose sur l'aéroport de Stavanger. C'est la quatrième ville de Norvège, bien que n'ayant qu'un peu plus de 100.000 habitants, et surtout la capitale de l'industrie pétrolière du pays. À l'extérieur il fait frais, les 28°C de Paris sont vite balayés, et l'air sent l'océan : la ville est située à l'extrémité sud-ouest de la Norvège, dans le pays des fjords. Nos hôtes nous attendent pour une soirée de retrouvailles dans l'atmosphère chaleureuse d'une typique maison en bois Scandinave.

Vendredi 27 avril

Je suis réveillé par la lumière du jour qui à cette date se lève un peu plus tôt qu'en France. Je peux découvrir des fenêtres les environs, au bord des eaux du Hafrsfjord illuminées par un soleil radieux. Au programme de la matinée, un petit tour dans le centre ville est programmé, à la découverte du port et de la vieille ville de Stavanger qui bâtit autrefois sa prospérité sur la pêche, la conserve et la construction navale ; avant que des gisements de pétrole offshore ne soient découverts et ne modifient du tout au tout la vocation de la cité. La vie semble calme et sereine : les gens ne s'interpellent que très peu, la limitation de vitesse des voitures invite à la patience (60 à 70km/h en campagne).
Après la sortie des écoles, direction la pointe de Tungenes pour une petite balade à l'entrée de la baie de Stavanger. La minéralité du paysage me frappe énormément : la roche est partout présente, dure, déchiquetée, à peine recouverte d'une mince couche de terre arable dans laquelle s'ancre la végétation. Les champs sont tous bordés de murets faits de pierres rondes que les paysans ont découvert en retournant la terre. Les plus gros rochers, tout lisses, gisent au milieu des prairies ou des plaques rocheuses, arrachés, roulés, polis et abandonnés là par d'anciens glaciers lors de la fonte.

Samedi 28 avril

Ce matin comme hier, le ciel est radieux pour la journée. Et nous avons prévu une excursion vers l'attraction géologique du coin : le Preikestolen.
Dans le port de Stavanger, nous embarquons à bord du ferry qui permet de rejoindre en 40 minutes la ville de Tau en slalomant entre les îles de la baie. Ensuite, nous suivons une route côtière vers le sud traversant Jørpeland jusqu'à un parking situé sur la commune de Jøssang, au bord d'un joli lac. C'est là que commence la petite randonnée.
Le parcours progresse de façon inhomogène, parfois en grimpant de grossières et hautes marches taillées dans la pierre, ou traversant quelques zones plates et humides ressemblant à des tourbières, tantôt en escaladant de gros éboulis à pic ou parcourant de grands plateaux minéraux. Au bout de deux heures, nous avons gagné quelques centaines de mètres en altitude et les premiers panoramas sur le Lysefjord apparaissent : c'est somptueux. Puis, une corniche longeant le vide nous conduit jusqu'à ce fameux Preikestolen. Il s'agit en fait d'un promontoire rocheux juché au sommet d'une falaise de 604 mètres de haut au-dessus des eaux du Lysefjord. Une des plus hautes falaises d'Europe. C'est grandiose et effrayant à la fois. C'est en rampant au sol — comme de nombreuses personnes — que je m'approche du bord. C'est encore plus stupéfiant que la Cabo Giraõ de Madère, et la vue sur le fjord est terrible.
C'est ainsi assis en face d'un panorama exceptionnel que je teste le barbecue jetable norvégien pour déguster quelques sandwich à la saucisse...

En soirée, nous avons réservé une table sur le port de Stavanger. Il n'est pourtant que 20h30 et pourtant, beaucoup d'autochtones sont de sortie et sont déjà bien éméchés : ici, la fête commence tôt. Plus tard, nous assistons à un concert dans un bar-boîte rappelant un peu Sigur Ròs. Il fait nuit, et la température est bien redescendue (7°C). Je suis frigorifié ; ce qui n'est pas le cas des norvégiens qui se baladent sans crainte du froid, qui en mini-jupes et débardeurs, qui en pantacourts, tongs et petits T-shirts[1]...

Dimanche 29 avril

Aujourd'hui et demain, nous avons à disposition un joli voilier d'une trentaine de pieds pour naviguer autour des îles de la baie. Nous nous rendons au petit port de Dusavika, qui ressemble à toutes ces petites marinas que l'on rencontre un peu partout sur la côte.
Le vent est un peu mou, alors nous nous voguons lentement sous un soleil toujours au rendez-vous. Au programme : petit pique-nique bercé par les vagues et découverte depuis la mer des îles d'Åmøy, Rennesøy et Mosterøy ainsi que des fjords qui les séparent. La navigation est aisée étant donné qu'il y a peu de courant et que les fonds oscillent entre 3m et 300m de profondeur. Gare toutefois aux écueils.

Lundi 30 avril

Aujourd'hui, le programme est le même qu'hier à ceci près que le vent est vraiment propice à la navigation. Nous slalomons entre les îles de la baie, et profitons même d'une escale à Vassøy pour aller faire un peu de gasoil. On a beau être dans l'une des régions phare en Europe de l'industrie pétrolière, je suis surpris de constater que le carburant y est plus cher qu'en France...
Après être allés amarrer le voilier au port de Dusavika, nous partons pour une petite balade en vélo au bord du Hafrsfjord. Dans un ciel vide de nuages, le soleil se couche et les températures chutent. Les huîtriers pies gloussent tout en se lançant dans de drôles de looping au-dessus des prés littoraux. Les derniers marcheurs et joggeurs du soir rentrent chez eux.

Mardi 1er mai

Avant de partir pour l'aéroport, nous nous rendons au fond du Hafrsfjord voir un monument particulier aux yeux des Norvégiens : les "Trois épées". Il s'agit d'un monument composé de trois glaives de bronze plantés dans le roc, commémorant la victoire en 872 de Harald à la belle chevelure sur la noblesse unie norvégienne, à l'issue d'une bataille dans le Hafrsfjord qui lui permit de fonder le royaume de Norvège. D'une certaine façon, le pays est né ici. C'est joli, peu commun et donne l'occasion de prendre de curieuses photos.
Puis vient l'heure fatidique du retour vers Paris via Francfort.
Le soleil est toujours là, toujours radieux : il ne nous aura pas quitté une seule fois tout au long de ce week-end prolongé.

P.S. : À ce jour, je n'ai pas encore eu le temps de charger une sélection de photos dans l'album web Picasa. Ceci est fort dommage au vu de la beauté des paysages. Cela sera réparé sous peu ! ;-)

ÉDIT du 14 mai 2007 :
L'album photo est désormais disponible.

Album photo

Notes

[1] Un proverbe des expatriés français dit : « Quand le Norvégien met une chemise, prend un pull. Quand le norvégien met son pull, prend ta parka. Quand le norvégien met sa parka... reste chez toi ! »

vendredi 6 avril 2007

« Heroes », Tim KRING

HeroesIntrigué d'en entendre parler autour de moi depuis plusieurs semaines, je me suis à mon tour penché sur la question et ai découvert cette série américaine. La première saison est diffusée depuis le mois de septembre en Amérique du Nord et s'achèvera fin mai après avoir égrené sur les petits écrans ses vingt-trois épisodes. La boîte à cons a déjà acheté les droits et diffusera la série en France à partir de la rentrée, vraisemblablement.

Mais quelle est donc cette série ? Me direz-vous si vous ne la connaissez pas déjà ; ce qui n'est pas gagné vu son succès fulgurant et la rapidité à laquelle elle se répand dans les chaumières. Hé bien il s'agit d'une série de science-fiction dans laquelle on découvre que la pression évolutive a conduit certains humains a muter et à se découvrir des pouvoirs extraordinaires faisant d'eux de véritables héros. Cela vous rappelle quelque chose ? En effet, je dois dire que l'idée n'est pas neuve puisqu'elle a déjà été exploitée dans X-Men. Mais là s'arrête la comparaison. Car si dans X-Men les mutants se liguent entre méchants et gentils, sauvent le Monde toutes les trente secondes limite blasés et ont des tenues flashy et des pouvoirs pour le moins ostentatoires, nos héros de Heroes sont à un pouvoir près des monsieur- ou madame-tout-le-monde. Certains d'ailleurs sont bien en peine de leurs extraordinaires capacités et s'en déferaient parfois volontiers.

Ainsi, on découvre au fil des épisodes un flic de LAPD télépathe et dont le couple bat de l'aile, un employé japonais fan de Star Trek qui peut courber l'espace-temps et donc voyager dans le temps tout comme l'arrêter ou alors se téléporter, une pom-pom girl texanne douée du pouvoir de régénération ou encore une jeune femme de Vegas à l'alter-ego terrifiant. Et tout ça grâce à qui nous dit-on ? Grâce aux gène mutants ! ...
J'entends déjà quelqu'un dire « Mais oui bien sûr. Et la marmotte... ? ». En effet, la génétique a bon dos dans l'histoire ; celui qui a fait un peu de biologie comprendra aisément que le jour où il arrivera à voyager dans le temps à l'aide de ses guanines n'est pas près d'arriver. Enfin bon, même si on nous prend un peu pour des bœufs, cela n'entache pas vraiment la série pour autant, mais ça fait du bien de le dire quand même ! ;-)

Au fur et à mesure, le spectateur suit ces citoyens extraordinaires qui apprennent à maîtriser leur pouvoir et à s'en servir à bon escient... ou pas. On lève aussi petit à petit le voile sur une conspiration dont ils font l'objet ; et l'on s'achemine au fil des épisodes vers un évènement dramatique qui clôturera la saison et qui nécessitera vraisemblablement l'intervention groupée de ces heroes pour être empêchée. Ainsi, une trame se dessine entre les personnages, bien qu'encore incomplète à l'épisode 18 (le 19 sera diffusé le 23/04), et l'on brûle d'impatience de connaître le dénouement de l'histoire.

Je pense que l'immense succès (mérité selon moi) dont jouit actuellement cette série est en premier lieu dû à ces héros qui nous ressemblent : bien loin des super-héros de comics ils sont faillibles et doivent faire face aux tracas du quotidien. Ensuite, parce que les scénaristes ont concocté un savant dosage qui tient le spectateur en haleine : l'on fait régulièrement la connaissance d'une nouveau heroe, l'on met à jour des trahisons et des liens insoupçonnés qui maintiennent le suspense. Enfin, parce que le tout est servi par des effets spéciaux parfois assez bluffant (surtout certaines scènes de régénération et de temps suspendu).

Heroes est donc une série de grande qualité qui devrait faire beaucoup de bruit lorsqu'elle sortira sur le hertzien français et que tous les ex-fans de X-Files, Caméléon et autres séries du même accabit devraient découvrir de toute urgence. J'ai déjà réussi à faire six adeptes au cours d'un trop long voyage le week-end dernier.

Voici deux liens vers les bandes-annonce :
Lien 1
Lien 2

mardi 20 mars 2007

« Jenúfa », Leoš JANÁCEK

GraslinOpéra tchèque en trois actes de Leoš JANÁČEK (1854 - 1928).
Créé à Brno le 21 janvier 1904.

Titre original : Jeji pastorkyna ("Sa belle-fille").

Donné au théâtre Graslin à Nantes, les 2, 4, 6, 8 et 10 mars.

Acte 1
Dans un moulin de la campagne tchèque, au début du XXème, Jenůfa attend que Števa, son amant revienne du village. En effet, elle attend en secret un enfant de lui et espère qu'il n'ait pas été sélectionné pour la conscription ; ceci afin qu'ils puissent rapidement se marier et sauver l'honneur. Laca, un cousin, attend également au moulin, mais lui espère que Števa sera enrôlé. En effet, il aime secrètement Jenůfa et compte sur le départ de son rival pour gagner ses faveurs.
Tiens, voilà justement les conscrits qui s'en reviennent, annonçant que Števa ne partira pas. La joie de Jenůfa est cependant de courte durée : son amant est ivre, il l'entraîne dans une danse brutale et la traite avec cruauté.
Interpellée par la présence de la foule, paraît Kostelnička, la sacristine qui a adopté Jenůfa enfant. Outrée par l'attitude du jeune homme, celle-ci décrète qu'il ne pourra épouser Jenůfa tant qu'il n'aura été sobre pendant un an ; au grand désespoir de l'intéressée.
Alors que la foule se disperse, Jenůfa reste seule avec Laca qui profite de l'épreuve de Števa pour se rapprocher de sa cousine. Hélas ! emporté par sa passion et déçu par la réaction de la jeune fille il lui lacère la joue avec son couteau sous le coup de la colère et, réalisant l'horreur de son geste, s'enfuit.

Acte 2
C'est une soirée d'hiver. Cinq mois se sont écoulés depuis l'acte 1, au cours desquels la sacristine Kostelnička a caché la grossesse de sa fille adoptive dans sa maison en prétextant un voyage. Jenůfa a d'ailleurs accouché d'un joli petit garçon il y a une semaine, envers lequel elle regorge d'une attention toute maternelle. Auprès de l'âtre, elle rêve à l'instant où elle présentera l'enfant à Števa et à leur futur union.
Alors que Jenůfa monte se coucher, Kostelnička reçoit justement le jeune homme pour le convaincre d'épouser sa fille et ainsi les sauver du déshonneur. Mais Števa reproche à la jeune fille son hideuse balafre, et mal à l'aise, annonce également qu'il s'est promis à la fille du maire.
Alors que le jeune homme quitte la maison, Kostelnička est en proie à un malaise grandissant. Paraît alors Laca venu prendre des nouvelles du retour de Jenůfa . Épuisée, la sacristine lui dévoile le secret de la grossesse et l'abandon de Števa. Laca, toujours amoureux de Jenůfa souhaite l'épouser mais avoue être réticent à l'idée d'adopter l'enfant de son rival. Entrevoyant une porte de sortie, Kostelnička prétend alors que le bébé est mort peu après sa naissance. Laca quitte alors la maison pour aller faire publier les bans.
Maintenant seule, la sacristine réalise alors la portée de son mensonge et la terrible situation dans laquelle elle vient de plonger. Acculée et déchirée entre la sauvegarde de son honneur et le bonheur de sa fille elle prend alors l'effroyable décision de supprimer l'enfant. Dans un état quasi-second, elle subtilise le bébé et sort dans le froid mordant de la nuit.
À son retour, Jenůfa est réveillée et cherche son enfant. Kostelnička lui annonce alors qu'elle est restée inconsciente quelques jours victime d'une fièvre et que son enfant est mort. Elle lui révèle également la lâcheté de Števa. Jenůfa est effondrée. Mais soudain, Laca revient, réconforte la jeune fille et lui propose de l'épouser. Touchée bien que n'éprouvant aucun sentiments envers lui, Jenůfa accepte.

Acte 3
Deux mois plus tard, c'est le jour des noces. Alors que l'on apprête la mariée, on découvre une Kostelnička ravagée, rongée par son hideux mensonge, qui n'est plus que l'ombre d'elle-même. Laca regorge d'attention pour sa promise et lui annonce l'arrivée prochaine de Števa, avec lequel il s'est réconcilié. Tiens, le voilà justement qui vient présenter ses vœux, accompagné de la fille du maire, sa future femme.
Alors qu'un groupe de jeunes filles enrubannées dansent et chantent pour fêter le bonheur des promis, un villageois arrive soudain épouvanté. Il explique qu'avec le dégel, l'on a découvert le corps d'un nourrisson noyé sous la glace du ruisseau. Jenůfa crie son désespoir lorsqu'elle reconnaît les langes de son bébé. Interloquée, la foule découvre qu'il s'agit de l'enfant secret de Jenůfa et bientôt, les soupçons du meurtre se tournent vers elle. Alors que les villageois s'apprêtent à se jeter sur la jeune mariée pour la châtier, Kostelnička sort de sa torpeur et avoue son forfait à la surprise de tous. Elle implore alors sa fille adoptive de lui pardonner. Jenůfa, pourtant remplie de douleur, comprend alors que le geste de la sacristine, bien qu'inqualifiable, était une forme d'amour gauchi envers elle ; elle lui pardonne avant que le maire ne remette Kostelnička aux autorités.
Puis, seule avec Laca, consciente du déshonneur qui frappe sa famille, Jenůfa propose d'annuler leur mariage et de se séparer. Mais le jeune homme lui renouvelle le témoignage de son amour et lui propose un nouveau commencement...

Rideau

Sans connaître la pièce, le synopsis peut a priori ne pas sembler très engageant : un fait divers chez des paysans d'Europe centrale pourrait vite tomber dans le pathos et/ou friser avec l'ennui. Mais il n'en est rien : ce 10 mars, pour la dernière, le spectacle était à la hauteur de l'œuvre et je ne m'y suis pas ennuyé une seule seconde.
Bien sûr, le thème n'est pas des plus gais, mais cela ne donne que plus de force au séquences dramatiques. Par ailleurs, le spectacle est ponctué à deux reprises de quelques scènes festives aux accents folkloriques pleines de légèreté que j'ai beaucoup aimées. Le clou du spectacle étant ce passage clef de l'acte 2 au cours duquel Kostelnička prend la décision de tuer l'enfant : une scène d'une gravité et d'une intensité extraordinaires qui laisse béat et qui a valu à l'interprète Kathryn HARRIES des ovations interminables et pleinement méritées.
Bref, c'est bien un spectacle d'une qualité exceptionnelle qui a été donné ce soir-là au théâtre Graslin. Les spectateurs ne s'y sont d'ailleurs pas trompé : les multiples rappels, applaudissements sans fin et acclamations rarement aussi nourries n'ont surpris personne.

mardi 20 février 2007

« AQUA™ », Jean-Marc LIGNY

Aqua_TM2030. Les désordres climatiques ont entraîné l'assèchement de certaines régions du globe où les populations meurent de soif, au sens propre du terme. Aussi, lorsque des images piratées en provenance d'un satellite de prospection révèlent à Fatimata Konaté qu'une nappe d'eau gigantesque se cache à quelques centaines de mètres dans le sous-sol de son pays ravagé par la sécheresse, la présidente du Burkina-Faso reprend espoir en la survie de son peuple.
En Europe, à Strasbourg, Catherine la malouine et Rudy le hollandais s'apprêtent à traverser en camion la France, le Maghreb et le Sahara pour convoyer le matériel de forage qu'une grande ONG a promise aux burkinabés.
De son côté, Fuller, un multimilliardaire américain propriétaire du satellite piraté, revendique au nom de sa multinationale la propriété exclusive de cette nappe. Ressource qu'il entend bien exploiter jusqu'à la dernière goutte pour approvisionner en eau le marché américain, quitte à faire appel aux services de la CIA pour faire plier cette présidente africaine opiniâtre qui ose se dresser contre ses intérêts.

Voici donc planté le décor idéal pour une véritable guérilla politique et économique opposant un petit état du Sud et l'incarnation du capitalisme ultra libéral occidental. Conflit dont l'enjeu n'est rien de moins que de l'eau et, par extension, la survie de tout un peuple ignoré.

Jean-Marc LIGNY propose un roman d'anticipation solide, dont les rebondissements et le suspense sont capables de tenir le lecteur en haleine tout au long des quelques cinq cent pages. L'auteur dépeint ce à quoi notre planète et notre société pourraient ressembler d'ici un quart de siècle (autant dire demain) ; il suggère cette vision certes crue et pessimiste, mais issue d'une analyse véritablement pertinente. Pour cela il fait appel aux thèmes "familiers" du genre : dérèglements climatiques violents, nouvelle organisation de la scène internationale, USA étouffant sous le poids de leurs vieux démons, montée des extrémismes religieux, crise énergétique... Il décrit également les conséquences d'un clivage sociétal démesuré, aussi bien à l'échelle globale qu'à celle d'une ville, dans lequel les classes aisées se replient sur elles-mêmes, dans leurs bulles ou au sein de leurs réseaux, aveugles aux classes les plus basses dont l'exclusion atteint un paroxysme.
Cependant, au milieu de ce capharnaüm mondialisé, l'auteur campe des héros ordinaires combattant ce cynisme généralisé et qui redonnent espoir dans la capacité de l'Homme à se réveiller, parfois, et à se serrer les coudes malgré les obstacles pour réaliser de grands actes de solidarité sans chichis et sans gloire.
Les héros nés de l'imaginaire de Jean-Marc LIGNY m'ont beaucoup plu car ils sont attachants et convaincants ; en particulier Fatimata Konaté, la présidente burkinabée joviale et intelligente.

Je regrette toutefois que certains dénouements ou certains rebondissements soient parfois un peu trop faciles... Mais ce bémol est vraiment mineur en regard du reste de l'histoire et de la qualité générale de ce roman : c'est vraiment chercher la broutille pour mieux mettre en valeur les éloges ! ;-)

AQUA™ est donc un roman[1] que j'ai dévoré et dont le sujet m'a véritablement captivé : la vision d'un futur proche qui semble, de notre actuel point de vue, tellement probable, angoissant et cependant si passionnant... C'est donc une très bonne surprise, un coup de cœur en somme ; et une histoire que je recommande naturellement à tous.

Notes

[1] Publié chez l'Atalante

vendredi 9 février 2007

« Olympos », Dan SIMMONS

OlymposIl y a déjà un bout de temps que j'ai terminé la lecture de ce livre prêté par Tigroux et je souhaitais vraiment écrire quelques commentaires sur cette œuvre de Dan SIMMONS que je considère comme majeure dans sa bibliographie.
Pour rappel ou non, ce grand roman est composé de deux livres, titrés « Ilium » ("Troie" en grec) et « Olympos », qui à ma connaissance se limitera à ces deux volumes.

Dans cette belle et grande fresque, l'on peut dire que trois récits cohabitent et s'emboîtent les uns les autres sur la trame du roman. Le premier concerne ce que j'appellerais "Les Grecs" ; dans lequel le scholiaste Hockenberry — un universitaire Américain du XXème siècle spécialiste de l'œuvre d'Homère — est envoyé par les Dieux de l'Olympe en mission d'observation au cœur de la bataille de Troie. Bardé de gadgets faisant appel aux technologies quantiques fournis par sa divine protectrice, Hockenberry se téléporte çà et là dans la peau des protagonistes de la bataille et établit ses rapports auprès des Dieux en s'assurant que les événements collent parfaitement aux récits homériques. Les dieux y sont comme des gamins capricieux et libidineux qui passent leur temps à intriguer contre leurs pairs par l'entremise des pauvres humains manipulés à l'aide de leurs gadgets high-tech. Mais biens sûr, ces dieux ne sont que des imposteurs, ils n'ont rien à voir avec les divinités mythologiques : ils ne sont que les créateurs d'un "remake" ; et leur mont Olympe n'est autre que le plus haut volcan du système solaire : Olympus Mons sur Mars.
Parallèlement, sur les lunes de Jupiter, deux moravecs — des robots mi-machine, mi-organiques, envoyés là par les humains il y a très très longtemps — férus de littérature (l'un est admirateur de Proust et l'autre de Shakespeare) sont envoyés en mission vers Mars pour enquêter sur une activité quantique suspecte, intense et dangereuse.
Le troisième récit se concentre sur un groupe d'humains "à l'ancienne", vivant de façon oisive et indolente sur une Terre dépeuplée. Assistés des voynix, d'inquiétants serviteurs mécaniques, ces humains ne savent rien de l'écriture et de la lecture : leur vie n'est remplie que de fêtes au château d'Ardis ou à Paris-Cratère ; lieux vers lesquels ils voyagent en empruntant des systèmes de téléportation dont ils ignorent l'origine et le fonctionnement ; aspects dont ils se fichent éperdument d'ailleurs.

Dans le premier tome « Ilium », on discerne progressivement quelques liens reliant ces trois groupes sans toutefois savoir où l'auteur les emmène et où ils vont se rencontrer. J'ai même eu des difficultés à comprendre quel était l'intérêt de l'histoire des deux moravecs Orphu d'Io et Mahnmut, qui tuent le temps du voyage en dissertant à loisir sur les œuvres de leurs écrivains fétiches — sans que pour autant cela soit désagréable ; au contraire, ce fut peut-être même une occasion de découverte. De multiples portes et interrogations s'ouvrent ainsi dans « Ilium » ; laissant champ libre à l'auteur pour les fermer dans « Olympos » et par la même pour donner la vision d'ensemble cohérente du système, là où tout ces morceaux épars s'assemblent pour former un tout.

Tout comme pour l'œuvre de Proust et de Shakespeare, la richesse des descriptions de la vie Grecque et des relations entre les héros Achéens (Hector, Hélène..) et Troyens (Odysseus, Achille...) laissent deviner que l'auteur a dû mener un travail de recherche très approfondi pour maîtriser son sujet. Et c'est d'ailleurs un point des plus intéressants : connaître suffisamment l'Histoire pour qu'à un moment donné, le basculement vers l'uchronie donne à l'histoire tout son crédit.

C'est d'ailleurs le récit des aventures "Greco-divine" mais également celle des humains "à l'ancienne" (surtout dans « Olympos ») qui m'ont le plus plu : me viennent par exemple à l'esprit les déboires d'Hockenberry aux prises avec des ennuis divins (quand il ne se retrouve pas embobiné par Hélène..), la frivolité et la grossièreté des pseudo-dieux, ces humains assistés et pétris de naïveté qui face à l'adversité se découvrent la force de se surpasser, etc.

Comme je le disais au début, il me semble que ce roman est actuellement à classer parmi le "Top 3" des œuvres que Dan SIMMONS a écrites de par son foisonnement de personnages, de thèmes, d'intrigues ainsi que pour son originalité ; même si, malgré tout, les Cycles d'Hypérion et d'Endymion restent pour moi encore bien meilleurs !
Je considère que ce sont donc deux livres de grande qualité dont il serait très dommage de passer à côté.

mardi 30 janvier 2007

Prenez-la comme une invitation...

CorsePar un hasard le plus total, je suis tombé sur un site présentant un village de Corse, dont voici le lien. En bas de page, une photo a attiré mon attention. Celle-ci était précédée de la mention :

« J'espére que les diverses pages qui vont suivrent vous conforteront dans votre choix de villégiature à STE LUCIE DE PORTO VECCHIO. Sinon prenez les comme une invitation à visiter la Corse »

Je vous laisse découvrir la photo (en cliquant dessus) et savourer cette petite gaffe (involontaire ou non ?) de l'auteur. ;-)

mercredi 24 janvier 2007

iPhone : le futur surdoué

Au début du mois, Steve JOBS, le patron d'Apple, présentait officiellement la toute dernière nouveauté tant attendue de la firme : l'iPhone. Attendu de longue date, les rumeurs avaient depuis longtemps précédé cette annonce et spéculaient allègrement sur les fonctionnalités que comporterait ce nouveau joujou. Le produit présenté ne déçoit pas : ce tout-en-un inclus un baladeur MP3 (iPod), un lecteur vidéo (iPod vidéo), un agenda électronique (Palm), un lecteur de courriers électroniques (Blackberry) et un appareil photo numérique. C'est également accessoirement un téléphone doté du WiFi, de 4 à 8 Go de stockage ; et, fin du fin, le tout est piloté par un écran tactile géant. Bref, l'indispensable pour tout geek qui se respecte. La sortie de la bestiole est prévue pour juin 2007 aux États-Unis et pour octobre en Europe.

dimanche 31 décembre 2006

MUSE au Zénith de Nantes

Entre autres joies de ce 17 décembre dernier étaient deux places pour le concert de MUSE qui passait à Nantes. Une bonne et agréable façon de poursuivre ma découverte de ce groupe dont j'appréciais à l'époque assez les chansons sans pour autant être un fan hystérique ; et de découvrir le tout neuf Zénith qui venait d'achever ses deux premières semaines de concerts d'inauguration.

Il n'aura fallu que dix-huit mois pour sortir de terre cette grande salle de concert (8.500 places) à Saint-Herblain, à côté d'Atlantis dans la banlieue ouest de l'agglomération. Située juste au bord du périphérique, les parkings sont très faciles d'accès et ô joie, nous trouvons une place sans trop de mal même à quarante minutes du début du concert. Arrivés devant les entrées, il ne semble pas y avoir foule, c'est un peu louche, mais j'imagine que le gros des troupes à déjà dû investir les lieux il y a longtemps pour s'assurer d'une bonne place. J'avais raison, l'immense salle qui sentirait presque encore le béton frais est déjà bien remplie. Mais nous réussissons tout de même à trouver des places de libres dans les premiers gradins, pas exactement dans l'axe de la scène, mais très bien placées.

Puis arrive la première partie avec le groupe de rock anglais Razorlight. Je dois dire qu'à l'exception d'une ou deux chansons (dont America) je n'arrive pas à accrocher : j'ai un peu de mal avec la voix du chanteur, et l'ambiance n'est pas trop au rendez-vous. Il y a bien quelques prépubères hystériques qui hurlent et sautillent dans les gradins ou dans la fosse, mais bon... On atteint quand même le grand ridicule lorsqu'après seulement deux ou trois chansons, le chanteur enflé comme une crevette anorexique, revient sur scène torse nu... on y croit...
Ce n'est donc pas sans soulagement que je les vois conclure leur prestation et remballer leur matos de l'avant-scène.

Enfin, après une attente un peu longue arrive le vrai son. Les lumières s'éteignent, la rumeur de soulagement s'étend, le rideau tombe et le spectacle commence ! Le morceau d'introduction, Map of the problematique (c'est la vidéo de YouTube ci-contre) du dernier album Black holes and revelations est parfait pour débuter. Il permet de découvrir le splendide décor monté sur scène qui s'illumine : sous une espèce de dais fait de néons tendu entre des armatures métalliques, se tient sur la gauche une sorte d'estrade polygonale pour le batteur dont le "chapeau" monte et descend au fur et à mesure du spectacle, revêtu d'écrans géants, tout comme l'arrière-scène. C'est très lumineux, très coloré et assez bluffant en fait. La musique est très bonne et le choix des titres très judicieux : ils reprend en grande partie le dernier album Black holes and revelations mais également les meilleurs morceaux des albums précédents Absolution et Origin of symmetry. Il semblerait en revanche que deux morceaux programmés n'aient pas été joués, le bassiste souffrant d'une petite gastro ; cela dit, 1H45 de concert c'est assez honorable, surtout quand il s'achève sur Knights of Cydonia, une véritable apothéose. Bon, je dois avouer que le chanteur n'a pas été très communiquant, mais il a été poli, c'est toujours ça ; en tout cas, bien plus que Placebo deux semaines plutôt, dont Brian Molko n'a pas sorti un seul mot !

Après observation, je ne regrette toutefois pas de ne pas être allé dans la fosse : il semblerait que lors des premiers titres, il y ait eu quelques mouvements de foule qui ont semé le trouble. J'ai également été effaré de constater que certains spectateurs ont passé leur concert le bras en l'air à prendre des photos ou des vidéos avec leur portable ou encore le nez sur leur écran à envoyer des MMS pendant 1h45... Toutefois, je les remercie quand même d'avoir pris quelques vidéos disponibles dans le billet : certes, l'image n'est pas top et le son complètement pourri, mais ça donne au moins une idée du concert.

Bref, voici une belle conclusion de journée d'anniversaire : après cet excellent concert, l'on peut maintenant me compter parmi les adeptes de MUSE. La mise en scène était impeccable, j'ai en particulier beaucoup aimé le moment où, lâchés depuis les entretoises du plafond, une bonne dizaine d'énormes baudruches blanches — Comme dans le Prisonnier, pour les connaisseurs — sont tombées et ont roulé sur la foule, propulsées par des dizaines de mains jusqu'au moment de leur explosion, lâchant des poignées de confettis rouges sur la foule.

mardi 12 décembre 2006

Des archives et des aïeux

acteÀ la mi-novembre, la Loire-Atlantique a rejoint le club des départements ayant mis en libre accès sur Internet le contenu de leurs archives numérisées. Une aubaine pour les généalogistes, qu'ils soient simples amateurs ou professionnels : plus besoin de prendre rendez-vous avec les Archives, l'État-civil et les registres paroissiaux — dont certains datent du début du XVIéme — sont disponibles chez soi, à toute heure du jour et de la nuit.

L'interface proposée par le site est relativement agréable à l'usage et les fonctionnalités proposées (zoom, contraste...) quoique loin d'être exhaustives, offrent de quoi déchiffrer les actes, même si la qualité de numérisation diffère beaucoup d'un document à l'autre (notamment au niveau de la luminosité). Je regrette toutefois que l'outil n'intègre pas une fonction qui permettrait d'enregistrer sous forme d'un fichier image la sélection d'une zone de l'acte ; mais j'imagine qu'il ne s'agit pas là d'un problème technique, mais plutôt d'une histoire de droits.

Avec un tel outil à disposition, j'ai pu en l'espace de trois semaines, remonter très facilement de neuf à dix générations sur mon ascendance paydrète, c'est-à-dire, jusqu'à des personnes nées vers le milieu du XVIIIème. Pour l'heure, je me cantonne à l'État-civil introduit après la Révolution et dont les actes présentent la particularité d'être fortement formatés : le déchiffrage en est facilité et les informations à dispositions souvent plus riches que dans les actes des registres paroissiaux.

Remonter de génération en génération apporte à chaque fois son lot de nouvelles découvertes ; mais très vite, la liste d'ancêtres, arrière-arrière-cousins, témoins, etc. devient vite énorme et totalement ingérable. Il est alors nécessaire de confier l'organisation de tout cela à des logiciels spécialisés. Pour ma part, j'utilise depuis deux ans Heredis, en version 8[1]. Il dispose d'une paramétrisation intéressante et gère de façon simple l'information récoltée, effectue quelques contrôles de cohérence — en s'assurant par exemple que votre arrière-grand-tante n'a pas eu un enfant à 116 ans ! :-) — et offre la possibilité de créer tout un éventail d'arbres généalogiques : ascendants, descendants, en roue, en 3D... La version dont je dispose permet même de créer automatiquement l'ensemble des fichiers pour publier un site internet sur sa généalogie !

Sans remonter jusqu'à Charlemagne, je publierai probablement un tel site dès que j'aurais suffisamment avancé dans ma quatrième branche. Pour l'heure, le seul document qui, je pense, n'évoluera plus, est le diagramme de répartition géographique.

Notes

[1] Une version 9 est actuellement disponible et propose de nouvelles fonctionnalités très intéressantes.

dimanche 19 novembre 2006

Quatuor de toiles

Bamako
Abderrahmane SISSAKO
Dans la cour d'une maison de la capitale Malienne dans laquelle vivent plusieurs famille, un tribunal a été dressé. Un lieu insolite pour un procès qui l'est tout autant : le peuple Africain contre le FMI et la Banque Mondiale. Viennent ainsi témoigner des gens d'extraction modeste tout comme des dignitaires Africains. Certaines dépositions sont poignantes, comme celle de ce paysan qui vient "chanter" sa plainte. Parallèlement, un drame se joue dans l'une des familles de la cour.
Ce film est un curieux mélange empreint de docu-fiction qui m'a permis de mieux saisir la partie d'échec que se jouent les occidentaux en Afrique au dépends de la population et de l'avenir de ce continent. Intéressant donc, mais un peu long.
Dans Paris
Christophe HONORÉ
De C. Honoré, je ne connaissais que "17 fois Cécile Cassard" dont l'atmosphère lourde et saturée de malaise m'avait marqué et impressionné. Cette fois-ci l'on a un film plus léger, plus drôle, mais où flotte toujours un peu de malaise et quelque chose que je n'arrive pas à définir et qui rend les personnages "vrais". Toutefois, je ne me risquerais pas à décrire le film étant donné que je ne l'ai pas aimé : j'ai l'impression que l'on déploie de l'énergie dans du vide : comme un coup d'épée dans l'air... Seule l'ambiance musicale jazzy du film m'a accroché.
Le parfum
Tom TYKVER
Ce roman de SÜSKIND avait la réputation d'être intransposable au cinéma ; le réalisateur qui s'y risquerait serait donc nécessairement attendu au tournant. En effet, comment rendre visuellement compte de la palette olfactive déployée dans le livre ? Hé bien, TYKVER se sort relativement bien de ce piège notamment par l'enchaînement rapide de plans serrés rehaussés par quelques bruitages astucieusement organisés. Le résultat est éloquent et très acceptable. Quant au récit, à quelques exceptions près, il est mené de bout en bout, y compris l'apothéose du roman : la scène orgiaque de la place du marché.
L'esthétique globale du film m'a beaucoup enthousiasmé même si je lui reproche de verser par moments un peu trop dans le lyrisme. Voici un des rares livres dont l'adaptation au cinéma ne me déçoit pas outre mesure. Mais qu'on ai lu le roman ou pas, ce film est résolument un bon choix de toile.
Scoop
Woody ALLEN
Après "Match Point", Woody ALLEN continue à allonger la liste de sa filmographie en poursuivant ses mises en scène de la haute société Londonienne. Mais cette fois-ci, il revient à la comédie un brin loufoque sous les traits d'un prestidigitateur minable embarqué dans l'enquête menée par Sondra. Cette jeune journaliste contactée par le fantôme d'un grand reporter, s'apprête à démasquer le "Tueur au tarot" qu'elle suppose être le jeune et séduisant fils de Lord Lyman.
Le film est servi par une distribution de choix : outre Woody, on trouve Scarlett JOHANSSON qui rempile cette fois dans le rôle de l'étudiante un peu potiche et bien sûr Hugh JACKMAN, qui a troqué de façon très convaincante les griffes de Wolverine pour les costumes chics du beau gosse aristo. L'enquête ne casse pas des briques, mais l'humour est présente ainsi que son cortège de géniales loufoqueries : qui aurait imaginé que la traversée vers la mort soit si distrayante ?

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