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mercredi 7 mai 2008

Balade autour de l'Öresund : les photos

À défaut d’entre­te­nir régu­liè­re­ment le con­tenu de ce blog, je me suis aujourd’hui occupé de met­tre en ligne un album photo de la visite que nous avions faite à Quen­tin, à Lund en Suède, à la der­nière Tous­saint. En pro­fi­tant éga­le­ment de l’occa­sion pour exploi­ter la fonc­tion­na­lité de Pica­sa­web per­met­tant de géo­lo­ca­li­ser les cli­chés.

Par­tis de Paris pour Copen­ha­gue, nous avions ensuite tra­versé le détroit de l’Öre­sund via le pont-tun­nel pour rejoin­dre la Sca­nie en Suède.

Ce fut en vérité un très joli voyage. Le temps était cer­tes un peu fris­quet en ce début novem­bre au bord de la Bal­ti­que, mais cela dit, le soleil était aussi de la par­tie pour ce court aperçu scan­di­nave.

Après quel­ques péri­pé­ties sué­doi­ses, nous avions con­clu par une visite de la capi­tale danoise avant de nous en retour­ner. Une belle balade éclai­rée par les cou­leurs de l’automne, dans un pay­sage où il me plai­rait de reve­nir en d’autres sai­sons, sous d’autres lumiè­res.

Album photo

jeudi 11 octobre 2007

Géocaching : la chasse au trésor dépoussiérée

La chasse au tré­sor n’est pas morte ! Mais désor­mais, au lieu de par­tir en galion à la recher­che d’une île incon­nue armé de son seul sex­tant et d’une carte par­che­mi­née, c’est en tenue de ran­don­neur et GPS à la main que le chas­seur part à l’aven­ture.

C’est au coin de la machine à café qu’un col­lè­gue m’a récem­ment parlé de cette chasse d’un nou­veau genre, le “Géo­ca­ching”, exploi­tant les nou­vel­les tech­no­lo­gies que sont Inter­net et le posi­tion­ne­ment par satel­lite. Le prin­cipe en est des plus sim­ples : un “géo­ca­cheur” place dans un endroit pré­sen­tant un inté­rêt évi­dent (parc, châ­teau, côte sau­vage…) une petite boîte her­mé­ti­que con­te­nant quel­ques menus “tré­sors” (figu­ri­nes, jouets Kin­der, por­tes-clef…) en plus d’un petit car­net et d’un crayon. Il retourne ensuite vite chez lui se con­nec­ter sur le site offi­ciel du Géo­ca­ching pour publier les coor­don­nées GPS de la “géo­ca­che” qu’il vient de créer. Les “géo­chas­seurs” par­tent ensuite à la recher­che de la géo­ca­che à l’aide de ces coor­don­nées. Lorsqu’ils attei­gnent le tré­sor tant con­voité, ils lais­sent trace de leur pas­sage par un bref mot de remer­cie­ment dans le car­net ainsi qu’en échan­geant un bibe­lot de la cagnotte par un autre qu’ils n’auront pas man­qué d’appor­ter avec eux. Il ne leur reste plus ensuite qu’à ren­trer chez eux signa­ler sur le site offi­ciel leur décou­verte et piquer une nou­velle punaise sur la carte de France (ou du monde) trans­for­mée pour l’occa­sion en tableau de chasse.

Pour autant que je m’en sou­vienne, en tant que digne repré­sen­tant de la géné­ra­tion des Goo­nies ;-) j’ai tou­jours été attiré par le prin­cipe des chas­ses au tré­sor à énig­mes, par­ti­cu­liè­re­ment en tant qu’orga­ni­sa­teur. La der­nière en date étant un ral­lye vélo orga­nisé à l’occa­sion de la cré­maillère de Liben­ter. C’est donc tout natu­rel­le­ment que je me suis trouvé dans l’ins­tant emballé par ce con­cept qui n’est pas nou­veau ; il y a d’ailleurs peut-être à parier que vous le con­nais­sez déjà.

Mais qu’importe, voici un tour d’hori­zon de cette pas­sion­nante acti­vité…

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jeudi 30 août 2007

Vacances en Écosse

Édim­bourg, la ville, le fes­ti­val (2-5 août)

Pen­dant le mois d’août, le cœur de la capi­tale de l’Écosse bat au rythme des mul­ti­ples mani­fes­ta­tions qui s’entre­mê­lent et qui drai­nent près d’un mil­lion de visi­teurs le temps de quel­ques semai­nes. Le fes­ti­val inter­na­tio­nal, bien sûr ! et ses nom­breu­ses scè­nes dis­sé­mi­nées dans la cité et puis le “off” avec le Fringe, le long du Royal Mile.
Les rues four­millent et il est très agréa­ble de décou­vrir cette jolie ville du nord de l’Europe sous un aspect très “vivant”. Plu­sieurs cho­ses me frap­pent agréa­ble­ment à son abord :
— C’est une cité qui sem­ble à taille humaine ; pas d’oppres­sion ici. La ville “bouge” ; et au vu du nom­bre de pubs et autres bars, elle sem­ble être vivante aussi bien en haute qu’en basse sai­son.
— Le relief de la ville est assez par­ti­cu­lier : au milieu de la ville s’élè­vent de drô­les de col­li­nes qui pren­nent par­fois des allu­res de peti­tes mon­ta­gnes, comme Arthur’s seat.
— De nom­breu­ses zones ver­tes, qu’elles soient sim­ples jar­dins ou immen­ses parcs, par­sè­ment la ville et “l’aèrent”.
— Le nom­bre de vieilles pier­res au mètre carré est assez impres­sion­nant dans la vieille ville. Or, comme celle-ci s’étale et des­cend le long des flancs de l’épe­ron rocheux au som­met duquel se dresse le châ­teau, cela donne l’impres­sion d’avoir des monu­ments col­lés les uns aux autres…

Les qua­tre jours enso­leillés à Édim­bourg sont l’occa­sion de visi­ter les “clas­si­ques” de la ville. Au pre­mier rang duquel se trouve le châ­teau (le plus haut en alti­tude aussi !). L’édi­fice se trouve au som­met de son épe­ron et domine toute la ville, en par­ti­cu­lier la New Town, sur laquelle il offre une vue impre­na­ble. En plus d’être un monu­ment très bien entre­tenu, le châ­teau est éga­le­ment le lieu de rési­dence d’un régi­ment écos­sais. Si l’on laisse de côté quel­ques musées aux thé­ma­ti­ques mili­tai­res rare­ment objec­ti­ves, les inté­rieurs n’ont rien d’excep­tion­nel, si ce n’est le palais qui abrite les “hon­neurs d’Écosse” : les ins­tru­ments du pou­voir du trône écos­sais (cou­ronne, scep­tre, bijoux…). L’inté­rêt est réso­lu­ment en exté­rieur.
Par­tant à l’est du châ­teau des­cend le Royal Mile, bordé de nom­breu­ses bou­ti­ques tou­ris­ti­ques, d’échop­pes de kilt­ma­kers, de vieux bâti­ments (dont l’ancien par­le­ment), mais éga­le­ment d’une célè­bre fabri­que qui pré­sente sa col­lec­tion de tar­tans. Tout au bout du mile, se trouve le châ­teau d’Holy­rood, la rési­dence royale offi­cielle des sou­ve­rains à Édim­bourg. Lui fai­sant direc­te­ment face, tel un pied de nez, se trouve le tout neuf par­le­ment écos­sais. Une archi­tec­ture très moderne, toute de bois, de béton et de métal brillant qui me plaît énor­mé­ment.

Le samedi soir, nous assis­tons à une mani­fes­ta­tion esti­vale très pri­sée dans la ville : le Mili­tary Tat­tooo. Il s’agit d’un fes­ti­val de fan­fa­res mili­tai­res venant des qua­tre coins du monde qui vien­nent se pro­duire dans la grande cour du châ­teau d’Édim­bourg où d’énor­mes gra­dins sont ins­tal­lés à cette occa­sion pour accueillir les 200.000 spec­ta­teurs du mois d’août. Cette année, en plus de l’obli­ga­toire fan­fare de la garde écos­saise (Bla­ck­watch, Dra­gons…) défi­lant au son de la cor­ne­muse, sont venus jouer : le con­ser­va­toire mili­taire de Mos­cou (joli mor­ceau jazzy), un orches­tre mili­taire de Tri­ni­dad et Tobago (drôle de mélange entre steel band et uni­for­mes), un régi­ment amé­ri­cain de style XVIIIème vêtus à la Lafayette (pipeau, pipeau) , etc.
Le show est très bien rodé, bien mis en scène et fina­le­ment la musi­que aux accents mili­tai­res devient un spec­ta­cle gran­diose plei­ne­ment inté­gré dans cet envi­ron­ne­ment excep­tion­nel qu’est le châ­teau. Ne me reste plus qu’à com­pren­dre pour­quoi les spec­ta­teurs Fran­çais ont été les seuls à avoir été sif­flés alors que le pré­sen­ta­teur chauf­fait l’assis­tance…

East low­lands et Gram­pians (6 août)

Bien que ne pro­fi­tant pas de la dou­ceur du Gulf Stream et n’étant pas aussi décou­pée et mon­ta­gneuse que sa sœur de l’ouest, la côte est de l’Écosse n’en est pas moins dépour­vue de charme. Des col­li­nes ondu­lent dou­ce­ment le long de la mer du Nord où se nichent de jolies peti­tes vil­les. Comme Saint-Andrews, qui abrite les bâti­ments coquets de la plus ancienne uni­ver­sité du pays et où Marie Stuart aurait joué à l’ancê­tre du golf, natif de la bour­gade sem­ble-t-il…

Les Gram­pians sont l’une des trois prin­ci­pa­les chaî­nes de mon­ta­gnes écos­sai­ses. Ils s’éti­rent depuis l’Aber­deen­shire jusqu’à la région d’Oban selon un axe nord-est sud-ouest, comme l’ensem­ble des mas­sifs écos­sais. Ils com­por­tent des zones très inhos­pi­ta­liè­res et comp­tent quel­ques-uns des plus hauts pics du pays.

C’est au cours du lundi et du mardi que nous tra­ver­sons la par­tie est du mas­sif. Après avoir fran­chi Dun­dee et le Firth of Tay, il n’y a qua­si­ment qu’une seule petite route — l’A93 — qui con­ti­nue à s’enga­ger dans les Gram­pians. Après une halte à Bridge of Cally, dans un B&B bien tenu par un cou­ple de retrai­tés fort aima­bles, nous con­ti­nuons notre route. Au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans les ter­res et que l’alti­tude aug­mente, la tem­pé­ra­ture, elle, des­cend : au plus haut, au pied de la sta­tion de ski de Devil’s elbow, le ther­mo­mè­tre de la voi­ture indi­que vers 10h00 les 8,0°C… Mais passé Brae­mar, le fond de l’air se réchauffe. Arri­vés à Bal­mo­ral — la rési­dence d’été de la reine —, il fait même 14,0 °C ! Le châ­teau est bien gardé et est invi­si­ble de la route. On arrive seu­le­ment à dis­tin­guer un pavillon flot­tant au som­met de la tour la plus haute, le pavillon royal : la vieille est là ! ;-)
Plus loin, nous déci­dons de ne pas aller jusqu’à Aber­deen — vers où la route nous mène logi­que­ment — mais plu­tôt de res­ter encore dans le mas­sif en con­ti­nuant sur de peti­tes rou­tes en direc­tion du nord, vers la région des dis­til­le­ries. Ainsi, à Duff­town, nous visi­tons la dis­til­le­rie Glen­fid­dich, où une char­mante guide fran­co­phone nous apprend que Glen signi­fie “val­lée” et Fid­dich “Cerf” : “Val­lée du cerf” en gaé­li­que. La visite est très inté­res­sante entre ces énor­mes cuves de fer­men­ta­tion ou ces gros alam­bics en cui­vre. Le site de pro­duc­tion est très impor­tant et la firme déploie tous ses efforts pour com­mu­ni­quer sur le côté com­plè­te­ment “tradi” de leur whisky.

Loch Ness (6-7 août)

Après un détour du côté d’Elgin pour aller admi­rer les jolies pla­ges de sable fin de la côte nord, nous arri­vons sur Inver­ness pour un trou­ver un endroit où dor­mir. C’est sans comp­ter sur le fait que tous les hôtels et B&B de la ville sem­blent com­plets. Aussi, nous déci­dons de con­ti­nuer nos recher­ches direc­te­ment en lon­geant la rive sud du fameux Loch Ness — dont l’ouver­ture sur la mer du Nord se fait à Inver­ness — et de quit­ter cette ville sans charme par­ti­cu­lier. Après quel­ques ten­ta­ti­ves infruc­tueu­ses, nous posons les sacs dans un B&B pas­sa­ble, mais offrant une pleine vue sur le loch, à Dores.

Le len­de­main, nous pour­sui­vons notre route sur la rive sud du loch jusqu’à son extré­mité, à Fort Augus­tus. L’inté­rêt de cette bour­gade est la série d’éclu­ses en esca­lier qui per­met­tent de pas­ser du Loch Ness (se jetant dans la mer du Nord) au Loch Oich, qui lui-même est relié aux autres lochs du Great Glen jusqu’à l’océan Atlan­ti­que. De là, nous déci­dons de gagner Ulla­pool, sur la côte nord-ouest. Nous lon­geons donc la face nord du Loch Ness cette fois-ci, puis obli­quons en direc­tion des High­lands du nord-ouest. Mal­gré nos efforts, nous n’aurons pas vu Nes­sie…

C’est à l’occa­sion d’un pique-nique devant un magni­fi­que pay­sage de tour­biè­res et de bruyè­res que nous avons fait la con­nais­sance des célè­bres mid­ges. Com­ment les décrire ? J’ose­rais dire qu’ils sont aux mous­ti­ques ce que les piran­has sont aux requins blancs. C’est-à-dire qu’un seul indi­vidu, aussi micro­sco­pi­que qu’il soit, pro­vo­que déjà de sérieux dégâts (piqûre, déman­geai­sons sou­te­nues, etc.) ; mais, le midge aime la com­pa­gnie de ses sem­bla­bles et ne se déplace jamais sans au moins quel­ques dizai­nes de mil­liers de potes. Aussi, dès qu’il n’y a plus de brise pour les chas­ser, ni de plein soleil pour les des­sé­cher, ils sor­tent de leurs taniè­res humi­des et s’abat­tent en nuées com­pac­tes sur tout orga­nisme vivant pour lui pom­per tout son sang. Je ne com­pre­nais pas pour­quoi les habi­tants allaient jar­di­ner dans leur pota­ger et les grands ran­don­neurs tra­ver­ser les prés humi­des accou­trés de tenues d’api­cul­teurs. Après cette pre­mière ren­con­tre avec la “plaie des High­lands”, je com­prends mieux… :-)

High­lands (7-9 août)

Sur la route en direc­tion d’Ulla­pool, nous pro­fi­tons d’un site inté­res­sant pour une petite pro­me­nade diges­tive. Une jolie balade autour des falls of Rogie dont un petit pont enjambe le flux bouillon­nant.
Après Garve sur l’A835, le pay­sage change subi­te­ment : les col­li­nes boi­sées lais­sent d’un coup la place a des reliefs plus escar­pés et recou­verts d’une végé­ta­tion rase et ver­dâ­tre tirant sur le fauve. Une vision lunaire dont la cou­leur me rap­pelle cer­tains pay­sa­ges du Con­ne­mara. Enfin, les habi­ta­tions revien­nent petit à petit et les pre­miers pics de la côte nord-ouest appa­rais­sent. Nous arri­vons enfin à Ulla­pool, un port de pêche abrité dans le Loch Broom. Un gros cha­lu­tier embar­que d’ailleurs quel­ques vivres pour la pro­chaine cam­pa­gne de pêche. Comme la veille à Inver­ness, les hôtels et B&B ont été pris d’assaut et nous devons nous éloi­gner de plu­sieurs kilo­mè­tres de la bour­gade. Nous en pro­fi­tons pour amor­cer une des­cente vers le sud en con­tour­nant le loch. Nous atter­ris­sons dans un excel­lent B&B[1] tenu par un jeune cou­ple, au bord des eaux du Lit­tle Loch Broom.

Len­de­main jeudi, nous lon­geons la côte en direc­tion du sud. Les pay­sa­ges sont splen­di­des et le soleil est tou­jours de la par­tie. Sur les con­seils de Paula, nous nous enfon­çons dans une presqu’île à la recher­che d’une plage de sable fin à l’hori­zon barré par les High­lands. Nous trou­vons ce petit coin de para­dis à Mel­lon Udri­gle. Les nom­breu­ses rui­nes alen­tour sont des ves­ti­ges des Clea­ran­ces, nous apprend-t-on. Épo­que à laquelle les nobles Anglais ayant pris pos­ses­sion de ces ter­res ont forcé les pay­sans à les quit­ter pour y faire pâtu­rer des mou­tons ; les obli­geant sou­vent à embar­quer pour le Nou­veau Monde.
La pro­chaine étape se situe au jar­din d’Inve­rewe, à côté de Poo­lewe. Bien que située à plus de 57° de lati­tude nord, la région subit les influen­ces du Gulf stream à tel point que l’on y fait pous­ser sur quel­ques hec­ta­res au bord de la mer, des espè­ces végé­ta­les exo­ti­ques que j’aurais peur de lais­ser en exté­rieur, l’hiver au Cor­mier, à 10° de lati­tude plus au sud ! La végé­ta­tion est luxu­riante et l’on y ren­con­tre de nom­breu­ses Gun­ne­ras, Fou­gè­res arbo­res­cen­tes… Les ter­res aci­des des high­lands sont éga­le­ment un bon­heur pour les Aza­lées arbo­res­cen­tes et Rho­do­den­drons. Dom­mage que la flo­rai­son soit ter­mi­née, j’ose à peine ima­gi­ner la splen­deur des mas­sifs au prin­temps !
Nous pous­sons ensuite jusqu’au Glen Tor­ri­don en pas­sant par des pay­sa­ges tel­le­ment magni­fi­ques que j’ai peur de finir blasé ! ;-)

Une spé­cia­lité rou­tière du pays sem­ble-t-il sont les sin­gle track roads. Ce sont des rou­tes trop étroi­tes pour deux véhi­cu­les où sont amé­na­gées des pla­ces sur le bas-côté à inter­val­les régu­liers pour lais­ser pas­ser les véhi­cu­les qui vien­nent en sens inverse. On en ren­con­tre des dizai­nes de kilo­mè­tres dans les High­lands, elles sont fati­gan­tes pour les péda­les d’embrayage, mais sont sou­vent les seu­les voies d’accès à des pay­sa­ges extra­or­di­nai­res.

Île de Skye (10-11 août)

« L’île de Skye, nous a dit une de nos hôtes­ses de B&B, c’est toute l’Écosse à un seul endroit. À cha­que virage de nou­veaux pay­sa­ges appa­rais­sent ! » Je crois qu’elle n’a pas tort. Skye est la plus grande des îles Hébri­des inté­rieu­res, reliée au con­ti­nent par le pont du même nom. Ses plus hauts pics cha­touillent les 1.000 mètres d’alti­tude et n’ont rien à envier à leurs homo­lo­gues du “con­ti­nent”. L’île est un haut-lieu tou­ris­ti­que d’Écosse notam­ment pour ses nom­breu­ses curio­si­tés géo­lo­gi­ques for­mées par l’éro­sion, ses pay­sa­ges splen­di­des, son riche patri­moine mais éga­le­ment car elle per­met de gagner d’autres îles grâce au réseau de fer­ries.

Nous arri­vons sur l’île le ven­dredi. Le temps est très varia­ble. Nous lon­geons la côte est de l’île en pas­sant par Por­tree, la ville prin­ci­pale de l’île. C’est sur cette face de Skye que se trou­vent les curio­si­tés géo­lo­gi­ques les plus con­nues : le Kilt Rock, dont les failles ver­ti­ca­les figu­rent le plissé d’un kilt ou encore l‘Old man of Storr, une curieuse roche dres­sée qui sem­ble se déta­cher en équi­li­bre de la paroi. La géo­lo­gie de l’île est en effet très curieuse et les pay­sa­ges gran­dio­ses. Arri­vés au nord de l’île, nous con­ti­nuons en lon­geant la côte est jusqu’à Dun­ve­gan. C’est dans cette ville que se trouve le châ­teau du célè­bre clan MacLeod qui se par­ta­geait autre­fois l’île avec le non-moins célè­bre clan des Mac­Do­nald. À proxi­mité, un petit che­min de mar­che côtier per­met de gagner un éton­nant site : “Coral beach”. Il s’agit d’une plage de véri­ta­ble sable blanc coral­lien dont la blan­cheur tran­che avec les autres pla­ges dont le sable tire plu­tôt sur le noir. Un endroit assez magi­que en fait où nous ren­con­trons quel­ques pai­si­bles loca­tai­res : un trou­peau de vaches des High­lands ; un mélange de style déton­nant avec une élé­gante robe crème et un long tou­pet limite négligé qui leur tombe sur les yeux. ;-)

Le samedi matin, avant de quit­ter un char­mant B&B situé dans une ancienne école[2], nous visi­tons la dis­til­le­rie Talis­ker. Le con­traste avec le côté “indus­triel” de Glen­fid­dich est sai­sis­sant tant celle-ci sem­ble arti­sa­nale.
Quel­ques kilo­mè­tres après la sor­tie de l’île, sur la route de Fort Williams, se situe le roman­ti­que châ­teau dEilean Donan bâti sur un îlot au milieu des eaux cal­mes du Loch Duich. Relié par un petit pont à la terre ferme, ce châ­teau est célè­bre dans le monde entier pour avoir été le lieu de tour­nage de nom­breux films, dont « High­lan­der » ou encore « Haute-vol­tige ».

Great Glen (11-12 août)

Le “Great Glen” est le nom donné à la mons­trueuse faille géo­lo­gi­que qui coupe les high­lands en deux selon un axe nord-est sud-ouest, depuis Inver­ness jusqu’à Oban en pas­sant par Fort Augus­tus et Fort William ; laquelle dépres­sion a donné nais­sance à plu­sieurs lochs, dont le Loch Ness. C’est notam­ment sur la frange sud de cette faille, dans les Gram­pians à proxi­mité de Fort Williams, que cul­mine le plus haut som­met de Grande-Bre­ta­gne : le Ben Nevis (1.341 m).

Le samedi après-midi, nous fai­sons halte à Fort Williams. Le temps est humide, bru­meux, et la ville inin­té­res­sante : elle est laide et peu d’acti­vi­tés sont pro­po­sées. Bien que située au bord de l’eau, elle est le point de départ pour explo­rer les pics alen­tour tel le Ben Nevis. Elle se donne d’ailleurs de faux-airs de sta­tion de ski. Fort Williams n’est qu’une étape, au mieux une base de rando.

Diman­che matin, le ciel se dégage à mesure que nous appro­chons de la sor­tie du Great Glen. Nous déci­dons alors d’effec­tuer un petit cro­chet sur la route d’Oban pour aller faire une mar­che dans le Glen Coe. Outre pour sa grande beauté ui en fait l’un des pay­sa­ges incon­tour­na­bles de l’Écosse, cette val­lée inhos­pi­ta­lière est éga­le­ment con­nue pour les mas­sa­cres qui s’y dérou­lè­rent à la fin du XVIIème.

Oban, Glas­gow (12-14 août)

Oban est avant tout célè­bre pour le fameux whisky qui porte son nom mais c’est aussi un point de départ obligé des fer­ries qui per­met­tent de rejoin­dre de nom­breu­ses îles Hébri­des. Il est très agréa­ble de se bala­der sur son petit port de pêche et sur le front de mer qui fait face à l’île de Mull. Il y a peu de cho­ses à visi­ter à Oban, sinon cet étrange pseudo-monu­ment, une éton­nante muraille cir­cu­laire imi­tant un Coli­sée en minia­ture, posé au som­met de la col­line sur­plom­bant la ville, comme une sorte de cou­ronne. Il y a éga­le­ment d’excel­lents res­tau­rants sur le port, où l’on peut dégus­ter la pêche du jour cui­si­née à la mode Écos­saise.

Si Édim­bourg est la capi­tale his­to­ri­que, la ville-musée de l’Écosse, nul doute que Glas­gow en est le pou­mon éco­no­mi­que. Avec une zone urbaine et une popu­la­tion qua­tre fois plus impor­tan­tes, cette grande ville tran­che avec sa vieille voi­sine (dis­tante de seu­le­ment 60km) par l’impres­sion de moder­nisme et de dyna­misme qu’elle dégage, même si par­fois, les immeu­bles en verre des nou­veaux quar­tiers d’affai­res lui don­nent un air froid de petit New-York. Car des nou­vel­les cons­truc­tions, il y en a à Glas­gow ! Les ancien­nes fri­ches indus­triel­les de la cité ouvrière, bâties le long des rives de la Clyde, font désor­mais place à de riches fau­bourgs inves­tis par le Science Cen­tre, les bureaux de BBC Scot­land ou d’élé­gants ponts à hau­bans, par exem­ple. Cela dit, le cen­tre-ville pos­sède de bel­les et lar­ges ave­nues qui four­millent de monde.

Cette escale à Glas­gow est l’occa­sion de faire dans le cul­tu­rel ; en com­men­çant tout d’abord par la Gal­lery of Modern Art, située dans un vieil édi­fice du cen­tre. La GoMA pro­pose une expo tem­po­raire qui dénonce les déri­ves du com­mu­nau­ta­risme, en par­ti­cu­lier dans des régions tel­les que l’Irlande du Nord où les ten­sions com­mu­nau­tai­res sont for­tes. Quel­ques œuvres de Hok­ney et Andy Warhol sont éga­le­ment pré­sen­tées.
En s’éloi­gnant du cœur de ville, à côté de l’uni­ver­sité de Glas­gow, se situe le Kel­vin­grove Art Gal­lery and Museum. Un immense et somp­tueux palais baro­que de pierre rouge cons­truit à la fin du XIXème siè­cle pour l’exhi­bi­tion inter­na­tio­nale de 1901. L’inté­rieur est tout aussi gran­diose que l’exté­rieur et pré­sente de mul­ti­ples ailes, sal­les et gale­ries reliées par d’immen­ses volu­mes riche­ment déco­rés. L’on peut y admi­rer un large éven­tail de pein­tu­res euro­péen­nes, clas­si­ques et moder­nes et notam­ment une large col­lec­tion d’œuvres écos­sai­ses. Bien que le clou de la visite soit la toile du “Christ de Saint Jean de la Croix” de Dalí, Je suis sur­tout attiré par l’expo sur le tra­vail de Char­les Ren­nie Mackin­tosh, chef de file de l’Art Nou­veau en Écosse.
Cette visite à Glas­gow est aussi l’occa­sion d’aller visi­ter le Science Cen­tre (envahi par un raz-de-marée de mar­maille hur­lante) et d’aller voir le der­nier Harry Pot­ter sur écran IMAX.

Édim­bourg, fin du voyage (15 août)

Le der­nier jour en Écosse, et à Édim­bourg de sur­croît, est l’occa­sion d’une der­nière balade au jar­din bota­ni­que de la ville, d’une séance d’essayage de kilt sur le Royal mile, des der­niers achats et d’une der­nière nuit dans un bel hôtel.

C’est donc la fin d’un très joli séjour, encore une fois trop court pour appro­fon­dir la con­nais­sance du pays ; un goût d’ina­chevé me reste. Voilà encore une des­ti­na­tion où il me tarde de reve­nir.

Notes

[1] Eas­ter Bad­bea B&B, Phil et Paula CROSS, Bad­bea. Vue impre­na­ble sur le loch, cham­bres neu­ves et pro­pres. Les hôtes sont par ailleurs d’une ama­bi­lité et d’une pré­ve­nance rares. Notre meilleur sou­ve­nir de B&B.

[2] Old School House, Scon­ser (Isle of Skye). Jolie vue, ambiance tra­di­tion­nelle.

mardi 3 juillet 2007

À Madère, en honeste compagnie

Cela fai­sait déjà quel­ques temps que nous ne nous étions pas revus. Aussi, c’est sur l’île de Madère que nous avons décidé de pas­ser une semaine de retrou­vailles entre ex-étu­diants stra­bour­geois. Du 17 au 24 mai, j’ai arpenté pour la seconde fois le jar­din flot­tant de l’Atlan­ti­que mais cette fois-ci en com­pa­gnie de Dédé et d’Anisa.

Même si la météo n’était pas tou­jours au ren­dez-vous, nous nous y som­mes beau­coup amusé. Aussi, éta­blir le récit de nos exploits est une rude tâche que j’avais con­fiée à la Belle. Hélas ! (façon de par­ler) tout acca­pa­rée par les bras de son amant, le billet tarde à venir. Mais ce n’est pas bien grave : car elle aurait bien tort de se pri­ver et car les nom­breu­ses pho­tos pri­ses au cours du séjour par­lent sou­vent d’elles-mêmes… :-)

Gale­rie Gles­ker

Gale­rie MAIL

mardi 8 mai 2007

En Irlande

Jeudi 3 mai

Il pleut sur le tar­mac de l’aéro­port de Nan­tes. Nous som­mes douze et nous grim­pons à bord du gros Boeing affrété par Rya­nair. Quel­ques minu­tes plus tard, celui-ci prend son envol pour la côte ouest de l’Irlande, vers l’aéro­port inter­na­tio­nal de Shan­non.

Il est près de minuit locale lors­que nous garons les trois voi­tu­res de loca­tion à proxi­mité de notre pre­mière étape. Il s’agit d’un pub auberge situé à Ennis, ville prin­ci­pale du comté de Clare, non loin de l’aéro­port. La mai­son est n’est pas toute jeune, mais cela suf­fira pour une nuit. Des musi­ciens sont d’ailleurs en train de jouer quel­ques airs tan­dis que sur un plasma, Sky­news dif­fuse le résul­tat des élec­tions Écos­saise. Voici le moment de pren­dre la pre­mière Guin­ness du voyage, breu­vage som­bre, quasi élevé au rang de bois­son natio­nale ! ;-)

Ven­dredi 4 mai

Après une visite som­maire du cen­tre-ville d’Ennis sous le soleil, nous pre­nons la direc­tion du nord, vers Gal­way. Sur le tra­jet, nous sor­tons de l’axe prin­ci­pal pour nous diri­ger vers la côte, à l’ouest. Bien que pré­venu, je cons­tate de visu l’état des rou­tes secon­dai­res du pays : peu nom­breu­ses, elles sont de plus très étroi­tes, sou­vent sinueu­ses et par­fois même en mau­vais état. À proxi­mité de Gort, nous nous arrê­tons visi­ter un monas­tère en rui­nes au milieu des champs, à Kil­mac­duagh. Une éton­nante tour ronde déli­ca­te­ment pen­chée se dresse en son cen­tre. J’apprends que ce genre d’ouvra­ges qui ne pos­sè­dent pas de por­tes, per­met­taient aux moi­nes de s’y retran­cher lors des raids bar­ba­res. Ces tours sont ancien­nes (post-an mil) et se ren­con­trent dans d’autres sites du même genre.

À mesure que nous appro­chons de la côte, le pay­sage se vide de grande végé­ta­tion. Plus un arbre, seu­le­ment des arbus­tes et des her­bes qui subis­sent mieux les tem­pê­tes de l’hiver. Enfin, nous arri­vons aux Cliffs of Moher, une série de hau­tes et bel­les falai­ses qui cou­rent sur quel­ques kilo­mè­tres. Les abords de cette curio­sité géo­lo­gi­que très appré­ciée des tou­ris­tes vien­nent d’être tota­le­ment réa­mé­na­gés. Et je suis par­tagé entre les sen­ti­ments de voir ce site trans­for­més en pres­que-Dis­ney­land et le sou­cis de sécu­rité ainsi que le cons­tat que les archi­tec­tes ont tenté au mieux d’inté­grer les infra­struc­tu­res à l’envi­ron­ne­ment. C’est vrai qu’elles sont bel­les ces falai­ses. Pas aussi hau­tes que le Prei­kes­to­len, bien entendu, mais cette guir­lande qui se découpe dans la brume de mer donne matière à quel­ques bon­nes pho­tos sous un soleil qui tape dur.

En remon­tant vers le nord, nous tra­ver­sons le Bur­ren : une région sèche, miné­rale qu’un géo­mè­tre de Crom­well[1] décri­vait de la manière sui­vante : « Sur ces ter­res, point assez d’eau pour noyer un homme, pas d’arbre pour le pen­dre, ni de terre pour l’enter­rer ». Un bou­clier de roche fis­su­rée, au bord de la mer, com­plè­te­ment inhos­pi­ta­lier et pour­tant… C’est l’un des pay­sa­ges qui m’a le plus fas­ciné, par sa déso­la­tion et pour sa vie. Car para­doxa­le­ment, les fis­su­res dans les­quel­les l’eau de pluie pénè­tre con­cen­trent ne nom­breu­ses varié­tés végé­ta­les qui, en ce prin­temps, égayent de leurs cou­leurs le gris mono­tone de la pierre. C’est ainsi le vio­let des géra­niums san­guins, le bleu pro­fond des gen­tia­nes prin­ta­niè­res ou le jaune soleil d’une autre fleur que je n’ai pu iden­ti­fier.

La route de Gal­way se fait lon­gue et une halte s’impose. Un petit bourg sympa recueille notre assen­ti­ment pour aller sécher une Guin­ness. Or, com­ble de chance, ce week-end à lieu à Kin­vara (puisqu’il s’agit du nom de ce petit port) le Fleadh na gCuach : un fes­ti­val annuel de musi­que tra­di­tion­nelle. Les musi­cos sont ravis et se pro­met­tent d’y reve­nir les soirs sui­vants.

Plus tard, nous posons les vali­ses pour trois jours dans un hôtel moderne à l’est du cen­tre de Gal­way, puis nous allons dîner en cen­tre-ville, car le ser­vice à lieu de bonne heure ici. Plus tard dans la soi­rée, nous irons écou­ter de la musi­que et boire quel­ques biè­res au Quays, dans la rue du même nom, avant de retour­ner à pied à l’hôtel.

Samedi 5 mai

Un savou­reux petit déjeu­ner irlan­dais avalé, nous déci­dons de retour­ner dans le cen­tre-ville pour un peu de visite et de shop­ping tout au long de l’après-midi. Aujourd’hui, le ciel est chan­geant : quel­que­fois nua­geux et frais et par­fois tota­le­ment enso­leillé.

Comme prévu la veille, nous retour­nons en soi­rée à Kin­vara. Il n’y a pas foule mais du monde se presse quand même aux por­tes des mul­ti­ples pubs du vil­lage pour aller écou­ter les musi­ciens du cru. C’est joli, c’est typi­que et il y a peu de tou­ris­tes. Plus tard dans la soi­rée, alors que les pubs ne désem­plis­sent pas et que la bière coule à flot, quel­ques aver­ses com­men­cent à chas­ser les audi­toi­res vers l’inté­rieur ou dans les voi­tu­res. C’est vers cette seconde option que nous nous rabat­tons pour ren­trer à l’hôtel. De nuit, la con­duite à gau­che est encore plus impres­sion­nante sur ces rou­tes sinueu­ses.

Diman­che 6 mai

Aujourd’hui, nous avons décidé de pous­ser vers le nord-ouest, vers cette région que tout le monde con­naît au moins de nom : le Con­ne­mara. Il ne fait pas très beau : le ciel est cou­vert et humide ; mais cela dit, le Con­ne­mara sous le soleil, ce n’est plus vrai­ment le Con­ne­mara ! Non ?
En effet, à quel­ques dizai­nes de kilo­mè­tres de la ville, les pay­sa­ges chan­gent : la végé­ta­tion se fait plus rase et des tour­biè­res sur­gis­sent les pre­miè­res col­li­nes. L’eau est ici très pré­sente, qu’elle le soit sous forme de lacs, de ruis­seaux ou de maré­ca­ges. Au milieu de ces pay­sa­ges d’une drôle de cou­leur fauve, la végé­ta­tion est pour le moins sur­pre­nante ; en effet, les rho­do­den­drons et gun­ne­ras y pro­li­fè­rent. Et que dire de ces kilo­mè­tres de haies de fuch­sias qui bor­dent les rou­tes ? Cela est éton­nant lors­que l’on sait que ces espè­ces végé­ta­les qui ont colo­nisé toute la région ne sont aucu­ne­ment ori­gi­nai­res du pays : elles sont tou­tes exo­ti­ques.

Le petit port de Cleg­gan est pré­texte à déjeu­ner et à décou­vrir la côte du Con­ne­mara tour­men­tée et bat­tue par les hou­les d’ouest.

Au détour d’une route, se décou­vre l’abbaye de Kyle­more, un joyau néo-gothi­que niché au creux de la col­line dans son écrin de ver­dure. Autre­fois demeure pri­vée, c’est depuis les années 20 une ins­ti­tu­tion reli­gieuse. Res­tau­rée par les sœurs en 1996, c’est aujourd’hui l’un des sites tou­ris­ti­ques les plus visi­tés de la région. Comme le ciel se dégage un peu, nous retour­nons quel­ques kilo­mè­tres en arrière pour une petite ran­don­née dans le parc natio­nal du Con­ne­mara. Mais c’est déjà l’heure du retour. Pour rejoin­dre Gal­way, nous déci­dons de faire le tour en pre­nant plein est pour con­tour­ner le Lough Cor­rib. À peine fran­chie la limite sépa­rant ce grand lac du Lough Mask ,au nord, le chan­ge­ment de pay­sage est radi­cal : nous ne som­mes plus au Con­ne­mara.
Une belle jour­née s’achève, riche en pay­sa­ges magni­fi­ques, mal­heu­reu­se­ment gâchée par les résul­tats élec­to­raux qui tom­bent en soi­rée. Cer­tains, trou­vent encore la moti­va­tion pour retour­ner à Kin­vara écou­ter de la musi­que tra­di­tion­nelle. Pour ma part, je pré­fère un dîner en famille dans le cen­tre-ville.

Lundi 7 mai

C’est notre der­nière jour­née com­plète en Irlande. Nous quit­tons l’hôtel de Gal­way et pre­nons la route du sud, en direc­tion de l’aéro­port, vers la ville de Lime­rick. Quel­ques kilo­mè­tres avant d’entrer dans cette agglo­mé­ra­tion, nous sor­tons de la voie express pour aller visi­ter le châ­teau de Bun­ratty et son parc.
Le châ­teau actuel, cons­truit au XVème siè­cle est une grosse bâtisse car­rée flan­quée de qua­tre tours cré­ne­lées. Res­tauré par Lord et Lady Gort dans les années 50, il a vu lors de son inau­gu­ra­tion défi­ler le gra­tin de l’épo­que. Hier à l’état de ruine, le voici désor­mais entiè­re­ment remeu­blé et prêt à une inté­res­sante visite.
Der­rière le châ­teau s’étend son immense parc dans lequel se niche un vil­lage irlan­dais du XIXème, con­servé ou recons­truit avec ses ruel­les, jar­dins, école, église, etc. C’est très mignon, pas trop sur­fait et mille fois plus authen­ti­que que le Puy du Fou.

En soi­rée, la météo n’invite pas à la visite du cen­tre de Lime­rick. Il est temps de dîner une der­nière fois tous ensem­bles avant une courte nuit : l’avion décolle tôt demain.

Album photo

Notes

[1] Oli­ver Crom­well, alors chef d’État en Angle­terre, s’était lancé à la con­quête de l’Irlande en 1649 et l’inté­gra au Com­mon­wealth.

mardi 1 mai 2007

Cinq jours en Norvège

Jeudi 26 avril

Il est 23h50 et le vol en pro­ve­nance de Franc­fort se pose sur l’aéro­port de Sta­van­ger. C’est la qua­trième ville de Nor­vège, bien que n’ayant qu’un peu plus de 100.000 habi­tants, et sur­tout la capi­tale de l’indus­trie pétro­lière du pays. À l’exté­rieur il fait frais, les 28°C de Paris sont vite balayés, et l’air sent l’océan : la ville est située à l’extré­mité sud-ouest de la Nor­vège, dans le pays des fjords. Nos hôtes nous atten­dent pour une soi­rée de retrou­vailles dans l’atmo­sphère cha­leu­reuse d’une typi­que mai­son en bois Scan­di­nave.

Ven­dredi 27 avril

Je suis réveillé par la lumière du jour qui à cette date se lève un peu plus tôt qu’en France. Je peux décou­vrir des fenê­tres les envi­rons, au bord des eaux du Hafrsf­jord illu­mi­nées par un soleil radieux. Au pro­gramme de la mati­née, un petit tour dans le cen­tre ville est pro­grammé, à la décou­verte du port et de la vieille ville de Sta­van­ger qui bâtit autre­fois sa pros­pé­rité sur la pêche, la con­serve et la cons­truc­tion navale ; avant que des gise­ments de pétrole off­shore ne soient décou­verts et ne modi­fient du tout au tout la voca­tion de la cité. La vie sem­ble calme et sereine : les gens ne s’inter­pel­lent que très peu, la limi­ta­tion de vitesse des voi­tu­res invite à la patience (60 à 70km/h en cam­pa­gne).
Après la sor­tie des éco­les, direc­tion la pointe de Tun­ge­nes pour une petite balade à l’entrée de la baie de Sta­van­ger. La miné­ra­lité du pay­sage me frappe énor­mé­ment : la roche est par­tout pré­sente, dure, déchi­que­tée, à peine recou­verte d’une mince cou­che de terre ara­ble dans laquelle s’ancre la végé­ta­tion. Les champs sont tous bor­dés de murets faits de pier­res ron­des que les pay­sans ont décou­vert en retour­nant la terre. Les plus gros rochers, tout lis­ses, gisent au milieu des prai­ries ou des pla­ques rocheu­ses, arra­chés, rou­lés, polis et aban­don­nés là par d’anciens gla­ciers lors de la fonte.

Samedi 28 avril

Ce matin comme hier, le ciel est radieux pour la jour­née. Et nous avons prévu une excur­sion vers l’attrac­tion géo­lo­gi­que du coin : le Prei­kes­to­len.
Dans le port de Sta­van­ger, nous embar­quons à bord du ferry qui per­met de rejoin­dre en 40 minu­tes la ville de Tau en sla­lo­mant entre les îles de la baie. Ensuite, nous sui­vons une route côtière vers le sud tra­ver­sant Jør­pe­land jusqu’à un par­king situé sur la com­mune de Jøs­sang, au bord d’un joli lac. C’est là que com­mence la petite ran­don­née.
Le par­cours pro­gresse de façon inho­mo­gène, par­fois en grim­pant de gros­siè­res et hau­tes mar­ches taillées dans la pierre, ou tra­ver­sant quel­ques zones pla­tes et humi­des res­sem­blant à des tour­biè­res, tan­tôt en esca­la­dant de gros ébou­lis à pic ou par­cou­rant de grands pla­teaux miné­raux. Au bout de deux heu­res, nous avons gagné quel­ques cen­tai­nes de mètres en alti­tude et les pre­miers pano­ra­mas sur le Lysef­jord appa­rais­sent : c’est somp­tueux. Puis, une cor­ni­che lon­geant le vide nous con­duit jusqu’à ce fameux Prei­kes­to­len. Il s’agit en fait d’un pro­mon­toire rocheux juché au som­met d’une falaise de 604 mètres de haut au-des­sus des eaux du Lysef­jord. Une des plus hau­tes falai­ses d’Europe. C’est gran­diose et effrayant à la fois. C’est en ram­pant au sol — comme de nom­breu­ses per­son­nes — que je m’appro­che du bord. C’est encore plus stu­pé­fiant que la Cabo Giraõ de Madère, et la vue sur le fjord est ter­ri­ble.
C’est ainsi assis en face d’un pano­rama excep­tion­nel que je teste le bar­be­cue jeta­ble nor­vé­gien pour dégus­ter quel­ques sand­wich à la sau­cisse…

En soi­rée, nous avons réservé une table sur le port de Sta­van­ger. Il n’est pour­tant que 20h30 et pour­tant, beau­coup d’autoch­to­nes sont de sor­tie et sont déjà bien émé­chés : ici, la fête com­mence tôt. Plus tard, nous assis­tons à un con­cert dans un bar-boîte rap­pe­lant un peu Sigur Ròs. Il fait nuit, et la tem­pé­ra­ture est bien redes­cen­due (7°C). Je suis fri­go­ri­fié ; ce qui n’est pas le cas des nor­vé­giens qui se bala­dent sans crainte du froid, qui en mini-jupes et débar­deurs, qui en pan­ta­courts, tongs et petits T-shirts[1]

Diman­che 29 avril

Aujourd’hui et demain, nous avons à dis­po­si­tion un joli voi­lier d’une tren­taine de pieds pour navi­guer autour des îles de la baie. Nous nous ren­dons au petit port de Dusa­vika, qui res­sem­ble à tou­tes ces peti­tes mari­nas que l’on ren­con­tre un peu par­tout sur la côte.
Le vent est un peu mou, alors nous nous voguons len­te­ment sous un soleil tou­jours au ren­dez-vous. Au pro­gramme : petit pique-nique bercé par les vagues et décou­verte depuis la mer des îles d’Åmøy, Ren­nesøy et Mos­terøy ainsi que des fjords qui les sépa­rent. La navi­ga­tion est aisée étant donné qu’il y a peu de cou­rant et que les fonds oscil­lent entre 3m et 300m de pro­fon­deur. Gare tou­te­fois aux écueils.

Lundi 30 avril

Aujourd’hui, le pro­gramme est le même qu’hier à ceci près que le vent est vrai­ment pro­pice à la navi­ga­tion. Nous sla­lo­mons entre les îles de la baie, et pro­fi­tons même d’une escale à Vassøy pour aller faire un peu de gasoil. On a beau être dans l’une des régions phare en Europe de l’indus­trie pétro­lière, je suis sur­pris de cons­ta­ter que le car­bu­rant y est plus cher qu’en France…
Après être allés amar­rer le voi­lier au port de Dusa­vika, nous par­tons pour une petite balade en vélo au bord du Hafrsf­jord. Dans un ciel vide de nua­ges, le soleil se cou­che et les tem­pé­ra­tu­res chu­tent. Les huî­triers pies glous­sent tout en se lan­çant dans de drô­les de loo­ping au-des­sus des prés lit­to­raux. Les der­niers mar­cheurs et jog­geurs du soir ren­trent chez eux.

Mardi 1er mai

Avant de par­tir pour l’aéro­port, nous nous ren­dons au fond du Hafrsf­jord voir un monu­ment par­ti­cu­lier aux yeux des Nor­vé­giens : les “Trois épées”. Il s’agit d’un monu­ment com­posé de trois glai­ves de bronze plan­tés dans le roc, com­mé­mo­rant la vic­toire en 872 de Harald à la belle che­ve­lure sur la noblesse unie nor­vé­gienne, à l’issue d’une bataille dans le Hafrsf­jord qui lui per­mit de fon­der le royaume de Nor­vège. D’une cer­taine façon, le pays est né ici. C’est joli, peu com­mun et donne l’occa­sion de pren­dre de curieu­ses pho­tos.
Puis vient l’heure fati­di­que du retour vers Paris via Franc­fort.
Le soleil est tou­jours là, tou­jours radieux : il ne nous aura pas quitté une seule fois tout au long de ce week-end pro­longé.

P.S. : À ce jour, je n’ai pas encore eu le temps de char­ger une sélec­tion de pho­tos dans l’album web Picasa. Ceci est fort dom­mage au vu de la beauté des pay­sa­ges. Cela sera réparé sous peu ! ;-)

ÉDIT du 14 mai 2007 :
L’album photo est désor­mais dis­po­ni­ble.

Album photo

Notes

[1] Un pro­verbe des expa­triés fran­çais dit : « Quand le Nor­vé­gien met une che­mise, prend un pull. Quand le nor­vé­gien met son pull, prend ta parka. Quand le nor­vé­gien met sa parka… reste chez toi ! »

vendredi 6 avril 2007

« Heroes », Tim KRING

HeroesIntri­gué d’en enten­dre par­ler autour de moi depuis plu­sieurs semai­nes, je me suis à mon tour pen­ché sur la ques­tion et ai décou­vert cette série amé­ri­caine. La pre­mière sai­son est dif­fu­sée depuis le mois de sep­tem­bre en Amé­ri­que du Nord et s’achè­vera fin mai après avoir égrené sur les petits écrans ses vingt-trois épi­so­des. La boîte à cons a déjà acheté les droits et dif­fu­sera la série en France à par­tir de la ren­trée, vrai­sem­bla­ble­ment.

Mais quelle est donc cette série ? Me direz-vous si vous ne la con­nais­sez pas déjà ; ce qui n’est pas gagné vu son suc­cès ful­gu­rant et la rapi­dité à laquelle elle se répand dans les chau­miè­res. Hé bien il s’agit d’une série de science-fic­tion dans laquelle on décou­vre que la pres­sion évo­lu­tive a con­duit cer­tains humains a muter et à se décou­vrir des pou­voirs extra­or­di­nai­res fai­sant d’eux de véri­ta­bles héros. Cela vous rap­pelle quel­que chose ? En effet, je dois dire que l’idée n’est pas neuve puisqu’elle a déjà été exploi­tée dans X-Men. Mais là s’arrête la com­pa­rai­son. Car si dans X-Men les mutants se liguent entre méchants et gen­tils, sau­vent le Monde tou­tes les trente secon­des limite bla­sés et ont des tenues fla­shy et des pou­voirs pour le moins osten­ta­toi­res, nos héros de Heroes sont à un pou­voir près des mon­sieur- ou madame-tout-le-monde. Cer­tains d’ailleurs sont bien en peine de leurs extra­or­di­nai­res capa­ci­tés et s’en défe­raient par­fois volon­tiers.

Ainsi, on décou­vre au fil des épi­so­des un flic de LAPD télé­pa­the et dont le cou­ple bat de l’aile, un employé japo­nais fan de Star Trek qui peut cour­ber l’espace-temps et donc voya­ger dans le temps tout comme l’arrê­ter ou alors se télé­por­ter, une pom-pom girl texanne douée du pou­voir de régé­né­ra­tion ou encore une jeune femme de Vegas à l’alter-ego ter­ri­fiant. Et tout ça grâce à qui nous dit-on ? Grâce aux gène mutants ! …
J’entends déjà quelqu’un dire « Mais oui bien sûr. Et la mar­motte… ? ». En effet, la géné­ti­que a bon dos dans l’his­toire ; celui qui a fait un peu de bio­lo­gie com­pren­dra aisé­ment que le jour où il arri­vera à voya­ger dans le temps à l’aide de ses gua­ni­nes n’est pas près d’arri­ver. Enfin bon, même si on nous prend un peu pour des bœufs, cela n’enta­che pas vrai­ment la série pour autant, mais ça fait du bien de le dire quand même ! ;-)

Au fur et à mesure, le spec­ta­teur suit ces citoyens extra­or­di­nai­res qui appren­nent à maî­tri­ser leur pou­voir et à s’en ser­vir à bon escient… ou pas. On lève aussi petit à petit le voile sur une cons­pi­ra­tion dont ils font l’objet ; et l’on s’ache­mine au fil des épi­so­des vers un évè­ne­ment dra­ma­ti­que qui clô­tu­rera la sai­son et qui néces­si­tera vrai­sem­bla­ble­ment l’inter­ven­tion grou­pée de ces heroes pour être empê­chée. Ainsi, une trame se des­sine entre les per­son­na­ges, bien qu’encore incom­plète à l’épi­sode 18 (le 19 sera dif­fusé le 23/04), et l’on brûle d’impa­tience de con­naî­tre le dénoue­ment de l’his­toire.

Je pense que l’immense suc­cès (mérité selon moi) dont jouit actuel­le­ment cette série est en pre­mier lieu dû à ces héros qui nous res­sem­blent : bien loin des super-héros de comics ils sont failli­bles et doi­vent faire face aux tra­cas du quo­ti­dien. Ensuite, parce que les scé­na­ris­tes ont con­cocté un savant dosage qui tient le spec­ta­teur en haleine : l’on fait régu­liè­re­ment la con­nais­sance d’une nou­veau heroe, l’on met à jour des tra­hi­sons et des liens insoup­çon­nés qui main­tien­nent le sus­pense. Enfin, parce que le tout est servi par des effets spé­ciaux par­fois assez bluf­fant (sur­tout cer­tai­nes scè­nes de régé­né­ra­tion et de temps sus­pendu).

Heroes est donc une série de grande qua­lité qui devrait faire beau­coup de bruit lorsqu’elle sor­tira sur le hert­zien fran­çais et que tous les ex-fans de X-Files, Camé­léon et autres séries du même acca­bit devraient décou­vrir de toute urgence. J’ai déjà réussi à faire six adep­tes au cours d’un trop long voyage le week-end der­nier.

Voici deux liens vers les ban­des-annonce :
Lien 1
Lien 2

mardi 20 mars 2007

« Jenúfa », Leoš JANÁCEK

GraslinOpéra tchè­que en trois actes de Leoš JANÁČEK (1854 - 1928).
Créé à Brno le 21 jan­vier 1904.

Titre ori­gi­nal : Jeji pas­tor­kyna (“Sa belle-fille”).

Donné au théâ­tre Gras­lin à Nan­tes, les 2, 4, 6, 8 et 10 mars.

Acte 1
Dans un mou­lin de la cam­pa­gne tchè­que, au début du XXème, Jenůfa attend que Števa, son amant revienne du vil­lage. En effet, elle attend en secret un enfant de lui et espère qu’il n’ait pas été sélec­tionné pour la cons­crip­tion ; ceci afin qu’ils puis­sent rapi­de­ment se marier et sau­ver l’hon­neur. Laca, un cou­sin, attend éga­le­ment au mou­lin, mais lui espère que Števa sera enrôlé. En effet, il aime secrè­te­ment Jenůfa et compte sur le départ de son rival pour gagner ses faveurs.
Tiens, voilà jus­te­ment les cons­crits qui s’en revien­nent, annon­çant que Števa ne par­tira pas. La joie de Jenůfa est cepen­dant de courte durée : son amant est ivre, il l’entraîne dans une danse bru­tale et la traite avec cruauté.
Inter­pel­lée par la pré­sence de la foule, paraît Kos­tel­nička, la sacris­tine qui a adopté Jenůfa enfant. Outrée par l’atti­tude du jeune homme, celle-ci décrète qu’il ne pourra épou­ser Jenůfa tant qu’il n’aura été sobre pen­dant un an ; au grand déses­poir de l’inté­res­sée.
Alors que la foule se dis­perse, Jenůfa reste seule avec Laca qui pro­fite de l’épreuve de Števa pour se rap­pro­cher de sa cou­sine. Hélas ! emporté par sa pas­sion et déçu par la réac­tion de la jeune fille il lui lacère la joue avec son cou­teau sous le coup de la colère et, réa­li­sant l’hor­reur de son geste, s’enfuit.

Acte 2
C’est une soi­rée d’hiver. Cinq mois se sont écou­lés depuis l’acte 1, au cours des­quels la sacris­tine Kos­tel­nička a caché la gros­sesse de sa fille adop­tive dans sa mai­son en pré­tex­tant un voyage. Jenůfa a d’ailleurs accou­ché d’un joli petit gar­çon il y a une semaine, envers lequel elle regorge d’une atten­tion toute mater­nelle. Auprès de l’âtre, elle rêve à l’ins­tant où elle pré­sen­tera l’enfant à Števa et à leur futur union.
Alors que Jenůfa monte se cou­cher, Kos­tel­nička reçoit jus­te­ment le jeune homme pour le con­vain­cre d’épou­ser sa fille et ainsi les sau­ver du déshon­neur. Mais Števa repro­che à la jeune fille son hideuse bala­fre, et mal à l’aise, annonce éga­le­ment qu’il s’est pro­mis à la fille du maire.
Alors que le jeune homme quitte la mai­son, Kos­tel­nička est en proie à un malaise gran­dis­sant. Paraît alors Laca venu pren­dre des nou­vel­les du retour de Jenůfa . Épui­sée, la sacris­tine lui dévoile le secret de la gros­sesse et l’aban­don de Števa. Laca, tou­jours amou­reux de Jenůfa sou­haite l’épou­ser mais avoue être réti­cent à l’idée d’adop­ter l’enfant de son rival. Entre­voyant une porte de sor­tie, Kos­tel­nička pré­tend alors que le bébé est mort peu après sa nais­sance. Laca quitte alors la mai­son pour aller faire publier les bans.
Main­te­nant seule, la sacris­tine réa­lise alors la por­tée de son men­songe et la ter­ri­ble situa­tion dans laquelle elle vient de plon­ger. Accu­lée et déchi­rée entre la sau­ve­garde de son hon­neur et le bon­heur de sa fille elle prend alors l’effroya­ble déci­sion de sup­pri­mer l’enfant. Dans un état quasi-second, elle sub­ti­lise le bébé et sort dans le froid mor­dant de la nuit.
À son retour, Jenůfa est réveillée et cher­che son enfant. Kos­tel­nička lui annonce alors qu’elle est res­tée incons­ciente quel­ques jours vic­time d’une fiè­vre et que son enfant est mort. Elle lui révèle éga­le­ment la lâcheté de Števa. Jenůfa est effon­drée. Mais sou­dain, Laca revient, récon­forte la jeune fille et lui pro­pose de l’épou­ser. Tou­chée bien que n’éprou­vant aucun sen­ti­ments envers lui, Jenůfa accepte.

Acte 3
Deux mois plus tard, c’est le jour des noces. Alors que l’on apprête la mariée, on décou­vre une Kos­tel­nička rava­gée, ron­gée par son hideux men­songe, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Laca regorge d’atten­tion pour sa pro­mise et lui annonce l’arri­vée pro­chaine de Števa, avec lequel il s’est récon­ci­lié. Tiens, le voilà jus­te­ment qui vient pré­sen­ter ses vœux, accom­pa­gné de la fille du maire, sa future femme.
Alors qu’un groupe de jeu­nes filles enru­ban­nées dan­sent et chan­tent pour fêter le bon­heur des pro­mis, un vil­la­geois arrive sou­dain épou­vanté. Il expli­que qu’avec le dégel, l’on a décou­vert le corps d’un nour­ris­son noyé sous la glace du ruis­seau. Jenůfa crie son déses­poir lorsqu’elle recon­naît les lan­ges de son bébé. Inter­lo­quée, la foule décou­vre qu’il s’agit de l’enfant secret de Jenůfa et bien­tôt, les soup­çons du meur­tre se tour­nent vers elle. Alors que les vil­la­geois s’apprê­tent à se jeter sur la jeune mariée pour la châ­tier, Kos­tel­nička sort de sa tor­peur et avoue son for­fait à la sur­prise de tous. Elle implore alors sa fille adop­tive de lui par­don­ner. Jenůfa, pour­tant rem­plie de dou­leur, com­prend alors que le geste de la sacris­tine, bien qu’inqua­li­fia­ble, était une forme d’amour gau­chi envers elle ; elle lui par­donne avant que le maire ne remette Kos­tel­nička aux auto­ri­tés.
Puis, seule avec Laca, cons­ciente du déshon­neur qui frappe sa famille, Jenůfa pro­pose d’annu­ler leur mariage et de se sépa­rer. Mais le jeune homme lui renou­velle le témoi­gnage de son amour et lui pro­pose un nou­veau com­men­ce­ment…

Rideau

Sans con­naî­tre la pièce, le synop­sis peut a priori ne pas sem­bler très enga­geant : un fait divers chez des pay­sans d’Europe cen­trale pour­rait vite tom­ber dans le pathos et/ou fri­ser avec l’ennui. Mais il n’en est rien : ce 10 mars, pour la der­nière, le spec­ta­cle était à la hau­teur de l’œuvre et je ne m’y suis pas ennuyé une seule seconde.
Bien sûr, le thème n’est pas des plus gais, mais cela ne donne que plus de force au séquen­ces dra­ma­ti­ques. Par ailleurs, le spec­ta­cle est ponc­tué à deux repri­ses de quel­ques scè­nes fes­ti­ves aux accents folk­lo­ri­ques plei­nes de légè­reté que j’ai beau­coup aimées. Le clou du spec­ta­cle étant ce pas­sage clef de l’acte 2 au cours duquel Kos­tel­nička prend la déci­sion de tuer l’enfant : une scène d’une gra­vité et d’une inten­sité extra­or­di­nai­res qui laisse béat et qui a valu à l’inter­prète Kathryn HAR­RIES des ova­tions inter­mi­na­bles et plei­ne­ment méri­tées.
Bref, c’est bien un spec­ta­cle d’une qua­lité excep­tion­nelle qui a été donné ce soir-là au théâ­tre Gras­lin. Les spec­ta­teurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompé : les mul­ti­ples rap­pels, applau­dis­se­ments sans fin et accla­ma­tions rare­ment aussi nour­ries n’ont sur­pris per­sonne.

mardi 20 février 2007

« AQUA™ », Jean-Marc LIGNY

Aqua_TM2030. Les désor­dres cli­ma­ti­ques ont entraîné l’assè­che­ment de cer­tai­nes régions du globe où les popu­la­tions meu­rent de soif, au sens pro­pre du terme. Aussi, lors­que des ima­ges pira­tées en pro­ve­nance d’un satel­lite de pros­pec­tion révè­lent à Fati­mata Konaté qu’une nappe d’eau gigan­tes­que se cache à quel­ques cen­tai­nes de mètres dans le sous-sol de son pays ravagé par la séche­resse, la pré­si­dente du Bur­kina-Faso reprend espoir en la sur­vie de son peu­ple.
En Europe, à Stras­bourg, Cathe­rine la malouine et Rudy le hol­lan­dais s’apprê­tent à tra­ver­ser en camion la France, le Magh­reb et le Sahara pour con­voyer le maté­riel de forage qu’une grande ONG a pro­mise aux bur­ki­na­bés.
De son côté, Ful­ler, un mul­ti­mil­liar­daire amé­ri­cain pro­prié­taire du satel­lite piraté, reven­di­que au nom de sa mul­ti­na­tio­nale la pro­priété exclu­sive de cette nappe. Res­source qu’il entend bien exploi­ter jusqu’à la der­nière goutte pour appro­vi­sion­ner en eau le mar­ché amé­ri­cain, quitte à faire appel aux ser­vi­ces de la CIA pour faire plier cette pré­si­dente afri­caine opi­niâ­tre qui ose se dres­ser con­tre ses inté­rêts.

Voici donc planté le décor idéal pour une véri­ta­ble gué­rilla poli­ti­que et éco­no­mi­que oppo­sant un petit état du Sud et l’incar­na­tion du capi­ta­lisme ultra libé­ral occi­den­tal. Con­flit dont l’enjeu n’est rien de moins que de l’eau et, par exten­sion, la sur­vie de tout un peu­ple ignoré.

Jean-Marc LIGNY pro­pose un roman d’anti­ci­pa­tion solide, dont les rebon­dis­se­ments et le sus­pense sont capa­bles de tenir le lec­teur en haleine tout au long des quel­ques cinq cent pages. L’auteur dépeint ce à quoi notre pla­nète et notre société pour­raient res­sem­bler d’ici un quart de siè­cle (autant dire demain) ; il sug­gère cette vision cer­tes crue et pes­si­miste, mais issue d’une ana­lyse véri­ta­ble­ment per­ti­nente. Pour cela il fait appel aux thè­mes “fami­liers” du genre : dérè­gle­ments cli­ma­ti­ques vio­lents, nou­velle orga­ni­sa­tion de la scène inter­na­tio­nale, USA étouf­fant sous le poids de leurs vieux démons, mon­tée des extré­mis­mes reli­gieux, crise éner­gé­ti­que… Il décrit éga­le­ment les con­sé­quen­ces d’un cli­vage socié­tal déme­suré, aussi bien à l’échelle glo­bale qu’à celle d’une ville, dans lequel les clas­ses aisées se replient sur elles-mêmes, dans leurs bul­les ou au sein de leurs réseaux, aveu­gles aux clas­ses les plus bas­ses dont l’exclu­sion atteint un paroxysme.
Cepen­dant, au milieu de ce caphar­naüm mon­dia­lisé, l’auteur campe des héros ordi­nai­res com­bat­tant ce cynisme géné­ra­lisé et qui redon­nent espoir dans la capa­cité de l’Homme à se réveiller, par­fois, et à se ser­rer les cou­des mal­gré les obs­ta­cles pour réa­li­ser de grands actes de soli­da­rité sans chi­chis et sans gloire.
Les héros nés de l’ima­gi­naire de Jean-Marc LIGNY m’ont beau­coup plu car ils sont atta­chants et con­vain­cants ; en par­ti­cu­lier Fati­mata Konaté, la pré­si­dente bur­ki­na­bée joviale et intel­li­gente.

Je regrette tou­te­fois que cer­tains dénoue­ments ou cer­tains rebon­dis­se­ments soient par­fois un peu trop faci­les… Mais ce bémol est vrai­ment mineur en regard du reste de l’his­toire et de la qua­lité géné­rale de ce roman : c’est vrai­ment cher­cher la brou­tille pour mieux met­tre en valeur les élo­ges ! ;-)

AQUA™ est donc un roman[1] que j’ai dévoré et dont le sujet m’a véri­ta­ble­ment cap­tivé : la vision d’un futur pro­che qui sem­ble, de notre actuel point de vue, tel­le­ment pro­ba­ble, angois­sant et cepen­dant si pas­sion­nant… C’est donc une très bonne sur­prise, un coup de cœur en somme ; et une his­toire que je recom­mande natu­rel­le­ment à tous.

Notes

[1] Publié chez l’Ata­lante

vendredi 9 février 2007

« Olympos », Dan SIMMONS

OlymposIl y a déjà un bout de temps que j’ai ter­miné la lec­ture de ce livre prêté par Tigroux et je sou­hai­tais vrai­ment écrire quel­ques com­men­tai­res sur cette œuvre de Dan SIM­MONS que je con­si­dère comme majeure dans sa biblio­gra­phie.
Pour rap­pel ou non, ce grand roman est com­posé de deux livres, titrés « Ilium » (“Troie” en grec) et « Olym­pos », qui à ma con­nais­sance se limi­tera à ces deux volu­mes.

Dans cette belle et grande fres­que, l’on peut dire que trois récits coha­bi­tent et s’emboî­tent les uns les autres sur la trame du roman. Le pre­mier con­cerne ce que j’appel­le­rais “Les Grecs” ; dans lequel le scho­liaste Hocken­berry — un uni­ver­si­taire Amé­ri­cain du XXème siè­cle spé­cia­liste de l’œuvre d’Homère — est envoyé par les Dieux de l’Olympe en mis­sion d’obser­va­tion au cœur de la bataille de Troie. Bardé de gad­gets fai­sant appel aux tech­no­lo­gies quan­ti­ques four­nis par sa divine pro­tec­trice, Hocken­berry se télé­porte çà et là dans la peau des pro­ta­go­nis­tes de la bataille et éta­blit ses rap­ports auprès des Dieux en s’assu­rant que les évé­ne­ments col­lent par­fai­te­ment aux récits homé­ri­ques. Les dieux y sont comme des gamins capri­cieux et libi­di­neux qui pas­sent leur temps à intri­guer con­tre leurs pairs par l’entre­mise des pau­vres humains mani­pu­lés à l’aide de leurs gad­gets high-tech. Mais biens sûr, ces dieux ne sont que des impos­teurs, ils n’ont rien à voir avec les divi­ni­tés mytho­lo­gi­ques : ils ne sont que les créa­teurs d’un “remake” ; et leur mont Olympe n’est autre que le plus haut vol­can du sys­tème solaire : Olym­pus Mons sur Mars.
Paral­lè­le­ment, sur les lunes de Jupi­ter, deux mora­vecs — des robots mi-machine, mi-orga­ni­ques, envoyés là par les humains il y a très très long­temps — férus de lit­té­ra­ture (l’un est admi­ra­teur de Proust et l’autre de Sha­kes­peare) sont envoyés en mis­sion vers Mars pour enquê­ter sur une acti­vité quan­ti­que sus­pecte, intense et dan­ge­reuse.
Le troi­sième récit se con­cen­tre sur un groupe d’humains “à l’ancienne”, vivant de façon oisive et indo­lente sur une Terre dépeu­plée. Assis­tés des voy­nix, d’inquié­tants ser­vi­teurs méca­ni­ques, ces humains ne savent rien de l’écri­ture et de la lec­ture : leur vie n’est rem­plie que de fêtes au châ­teau d’Ardis ou à Paris-Cra­tère ; lieux vers les­quels ils voya­gent en emprun­tant des sys­tè­mes de télé­por­ta­tion dont ils igno­rent l’ori­gine et le fonc­tion­ne­ment ; aspects dont ils se fichent éper­du­ment d’ailleurs.

Dans le pre­mier tome « Ilium », on dis­cerne pro­gres­si­ve­ment quel­ques liens reliant ces trois grou­pes sans tou­te­fois savoir où l’auteur les emmène et où ils vont se ren­con­trer. J’ai même eu des dif­fi­cul­tés à com­pren­dre quel était l’inté­rêt de l’his­toire des deux mora­vecs Orphu d’Io et Mahn­mut, qui tuent le temps du voyage en dis­ser­tant à loi­sir sur les œuvres de leurs écri­vains féti­ches — sans que pour autant cela soit désa­gréa­ble ; au con­traire, ce fut peut-être même une occa­sion de décou­verte. De mul­ti­ples por­tes et inter­ro­ga­tions s’ouvrent ainsi dans « Ilium » ; lais­sant champ libre à l’auteur pour les fer­mer dans « Olym­pos » et par la même pour don­ner la vision d’ensem­ble cohé­rente du sys­tème, là où tout ces mor­ceaux épars s’assem­blent pour for­mer un tout.

Tout comme pour l’œuvre de Proust et de Sha­kes­peare, la richesse des des­crip­tions de la vie Grec­que et des rela­tions entre les héros Achéens (Hec­tor, Hélène..) et Troyens (Odys­seus, Achille…) lais­sent devi­ner que l’auteur a dû mener un tra­vail de recher­che très appro­fondi pour maî­tri­ser son sujet. Et c’est d’ailleurs un point des plus inté­res­sants : con­naî­tre suf­fi­sam­ment l‘His­toire pour qu’à un moment donné, le bas­cu­le­ment vers l’uchro­nie donne à l‘his­toire tout son cré­dit.

C’est d’ailleurs le récit des aven­tu­res “Greco-divine” mais éga­le­ment celle des humains “à l’ancienne” (sur­tout dans « Olym­pos ») qui m’ont le plus plu : me vien­nent par exem­ple à l’esprit les déboi­res d’Hocken­berry aux pri­ses avec des ennuis divins (quand il ne se retrouve pas embo­biné par Hélène..), la fri­vo­lité et la gros­siè­reté des pseudo-dieux, ces humains assis­tés et pétris de naï­veté qui face à l’adver­sité se décou­vrent la force de se sur­pas­ser, etc.

Comme je le disais au début, il me sem­ble que ce roman est actuel­le­ment à clas­ser parmi le “Top 3” des œuvres que Dan SIM­MONS a écri­tes de par son foi­son­ne­ment de per­son­na­ges, de thè­mes, d’intri­gues ainsi que pour son ori­gi­na­lité ; même si, mal­gré tout, les Cycles dHypé­rion et dEndy­mion res­tent pour moi encore bien meilleurs !
Je con­si­dère que ce sont donc deux livres de grande qua­lité dont il serait très dom­mage de pas­ser à côté.

mardi 30 janvier 2007

Prenez-la comme une invitation...

CorsePar un hasard le plus total, je suis tombé sur un site présentant un village de Corse, dont voici le lien. En bas de page, une photo a attiré mon attention. Celle-ci était précédée de la mention :

« J'espére que les diverses pages qui vont suivrent vous conforteront dans votre choix de villégiature à STE LUCIE DE PORTO VECCHIO. Sinon prenez les comme une invitation à visiter la Corse »

Je vous laisse découvrir la photo (en cliquant dessus) et savourer cette petite gaffe (involontaire ou non ?) de l'auteur. ;-)

mercredi 24 janvier 2007

iPhone : le futur surdoué

Au début du mois, Steve JOBS, le patron d'Apple, présentait officiellement la toute dernière nouveauté tant attendue de la firme : l'iPhone. Attendu de longue date, les rumeurs avaient depuis longtemps précédé cette annonce et spéculaient allègrement sur les fonctionnalités que comporterait ce nouveau joujou. Le produit présenté ne déçoit pas : ce tout-en-un inclus un baladeur MP3 (iPod), un lecteur vidéo (iPod vidéo), un agenda électronique (Palm), un lecteur de courriers électroniques (Blackberry) et un appareil photo numérique. C'est également accessoirement un téléphone doté du WiFi, de 4 à 8 Go de stockage ; et, fin du fin, le tout est piloté par un écran tactile géant. Bref, l'indispensable pour tout geek qui se respecte. La sortie de la bestiole est prévue pour juin 2007 aux États-Unis et pour octobre en Europe.

dimanche 31 décembre 2006

MUSE au Zénith de Nantes

Entre autres joies de ce 17 décembre dernier étaient deux places pour le concert de MUSE qui passait à Nantes. Une bonne et agréable façon de poursuivre ma découverte de ce groupe dont j'appréciais à l'époque assez les chansons sans pour autant être un fan hystérique ; et de découvrir le tout neuf Zénith qui venait d'achever ses deux premières semaines de concerts d'inauguration.

Il n'aura fallu que dix-huit mois pour sortir de terre cette grande salle de concert (8.500 places) à Saint-Herblain, à côté d'Atlantis dans la banlieue ouest de l'agglomération. Située juste au bord du périphérique, les parkings sont très faciles d'accès et ô joie, nous trouvons une place sans trop de mal même à quarante minutes du début du concert. Arrivés devant les entrées, il ne semble pas y avoir foule, c'est un peu louche, mais j'imagine que le gros des troupes à déjà dû investir les lieux il y a longtemps pour s'assurer d'une bonne place. J'avais raison, l'immense salle qui sentirait presque encore le béton frais est déjà bien remplie. Mais nous réussissons tout de même à trouver des places de libres dans les premiers gradins, pas exactement dans l'axe de la scène, mais très bien placées.

Puis arrive la première partie avec le groupe de rock anglais Razorlight. Je dois dire qu'à l'exception d'une ou deux chansons (dont America) je n'arrive pas à accrocher : j'ai un peu de mal avec la voix du chanteur, et l'ambiance n'est pas trop au rendez-vous. Il y a bien quelques prépubères hystériques qui hurlent et sautillent dans les gradins ou dans la fosse, mais bon... On atteint quand même le grand ridicule lorsqu'après seulement deux ou trois chansons, le chanteur enflé comme une crevette anorexique, revient sur scène torse nu... on y croit...
Ce n'est donc pas sans soulagement que je les vois conclure leur prestation et remballer leur matos de l'avant-scène.

Enfin, après une attente un peu longue arrive le vrai son. Les lumières s'éteignent, la rumeur de soulagement s'étend, le rideau tombe et le spectacle commence ! Le morceau d'introduction, Map of the problematique (c'est la vidéo de YouTube ci-contre) du dernier album Black holes and revelations est parfait pour débuter. Il permet de découvrir le splendide décor monté sur scène qui s'illumine : sous une espèce de dais fait de néons tendu entre des armatures métalliques, se tient sur la gauche une sorte d'estrade polygonale pour le batteur dont le "chapeau" monte et descend au fur et à mesure du spectacle, revêtu d'écrans géants, tout comme l'arrière-scène. C'est très lumineux, très coloré et assez bluffant en fait. La musique est très bonne et le choix des titres très judicieux : ils reprend en grande partie le dernier album Black holes and revelations mais également les meilleurs morceaux des albums précédents Absolution et Origin of symmetry. Il semblerait en revanche que deux morceaux programmés n'aient pas été joués, le bassiste souffrant d'une petite gastro ; cela dit, 1H45 de concert c'est assez honorable, surtout quand il s'achève sur Knights of Cydonia, une véritable apothéose. Bon, je dois avouer que le chanteur n'a pas été très communiquant, mais il a été poli, c'est toujours ça ; en tout cas, bien plus que Placebo deux semaines plutôt, dont Brian Molko n'a pas sorti un seul mot !

Après observation, je ne regrette toutefois pas de ne pas être allé dans la fosse : il semblerait que lors des premiers titres, il y ait eu quelques mouvements de foule qui ont semé le trouble. J'ai également été effaré de constater que certains spectateurs ont passé leur concert le bras en l'air à prendre des photos ou des vidéos avec leur portable ou encore le nez sur leur écran à envoyer des MMS pendant 1h45... Toutefois, je les remercie quand même d'avoir pris quelques vidéos disponibles dans le billet : certes, l'image n'est pas top et le son complètement pourri, mais ça donne au moins une idée du concert.

Bref, voici une belle conclusion de journée d'anniversaire : après cet excellent concert, l'on peut maintenant me compter parmi les adeptes de MUSE. La mise en scène était impeccable, j'ai en particulier beaucoup aimé le moment où, lâchés depuis les entretoises du plafond, une bonne dizaine d'énormes baudruches blanches — Comme dans le Prisonnier, pour les connaisseurs — sont tombées et ont roulé sur la foule, propulsées par des dizaines de mains jusqu'au moment de leur explosion, lâchant des poignées de confettis rouges sur la foule.

mardi 12 décembre 2006

Des archives et des aïeux

acteÀ la mi-novembre, la Loire-Atlantique a rejoint le club des départements ayant mis en libre accès sur Internet le contenu de leurs archives numérisées. Une aubaine pour les généalogistes, qu'ils soient simples amateurs ou professionnels : plus besoin de prendre rendez-vous avec les Archives, l'État-civil et les registres paroissiaux — dont certains datent du début du XVIéme — sont disponibles chez soi, à toute heure du jour et de la nuit.

L'interface proposée par le site est relativement agréable à l'usage et les fonctionnalités proposées (zoom, contraste...) quoique loin d'être exhaustives, offrent de quoi déchiffrer les actes, même si la qualité de numérisation diffère beaucoup d'un document à l'autre (notamment au niveau de la luminosité). Je regrette toutefois que l'outil n'intègre pas une fonction qui permettrait d'enregistrer sous forme d'un fichier image la sélection d'une zone de l'acte ; mais j'imagine qu'il ne s'agit pas là d'un problème technique, mais plutôt d'une histoire de droits.

Avec un tel outil à disposition, j'ai pu en l'espace de trois semaines, remonter très facilement de neuf à dix générations sur mon ascendance paydrète, c'est-à-dire, jusqu'à des personnes nées vers le milieu du XVIIIème. Pour l'heure, je me cantonne à l'État-civil introduit après la Révolution et dont les actes présentent la particularité d'être fortement formatés : le déchiffrage en est facilité et les informations à dispositions souvent plus riches que dans les actes des registres paroissiaux.

Remonter de génération en génération apporte à chaque fois son lot de nouvelles découvertes ; mais très vite, la liste d'ancêtres, arrière-arrière-cousins, témoins, etc. devient vite énorme et totalement ingérable. Il est alors nécessaire de confier l'organisation de tout cela à des logiciels spécialisés. Pour ma part, j'utilise depuis deux ans Heredis, en version 8[1]. Il dispose d'une paramétrisation intéressante et gère de façon simple l'information récoltée, effectue quelques contrôles de cohérence — en s'assurant par exemple que votre arrière-grand-tante n'a pas eu un enfant à 116 ans ! :-) — et offre la possibilité de créer tout un éventail d'arbres généalogiques : ascendants, descendants, en roue, en 3D... La version dont je dispose permet même de créer automatiquement l'ensemble des fichiers pour publier un site internet sur sa généalogie !

Sans remonter jusqu'à Charlemagne, je publierai probablement un tel site dès que j'aurais suffisamment avancé dans ma quatrième branche. Pour l'heure, le seul document qui, je pense, n'évoluera plus, est le diagramme de répartition géographique.

Notes

[1] Une version 9 est actuellement disponible et propose de nouvelles fonctionnalités très intéressantes.

dimanche 19 novembre 2006

Quatuor de toiles

Bamako
Abderrahmane SISSAKO
Dans la cour d'une maison de la capitale Malienne dans laquelle vivent plusieurs famille, un tribunal a été dressé. Un lieu insolite pour un procès qui l'est tout autant : le peuple Africain contre le FMI et la Banque Mondiale. Viennent ainsi témoigner des gens d'extraction modeste tout comme des dignitaires Africains. Certaines dépositions sont poignantes, comme celle de ce paysan qui vient "chanter" sa plainte. Parallèlement, un drame se joue dans l'une des familles de la cour.
Ce film est un curieux mélange empreint de docu-fiction qui m'a permis de mieux saisir la partie d'échec que se jouent les occidentaux en Afrique au dépends de la population et de l'avenir de ce continent. Intéressant donc, mais un peu long.
Dans Paris
Christophe HONORÉ
De C. Honoré, je ne connaissais que "17 fois Cécile Cassard" dont l'atmosphère lourde et saturée de malaise m'avait marqué et impressionné. Cette fois-ci l'on a un film plus léger, plus drôle, mais où flotte toujours un peu de malaise et quelque chose que je n'arrive pas à définir et qui rend les personnages "vrais". Toutefois, je ne me risquerais pas à décrire le film étant donné que je ne l'ai pas aimé : j'ai l'impression que l'on déploie de l'énergie dans du vide : comme un coup d'épée dans l'air... Seule l'ambiance musicale jazzy du film m'a accroché.
Le parfum
Tom TYKVER
Ce roman de SÜSKIND avait la réputation d'être intransposable au cinéma ; le réalisateur qui s'y risquerait serait donc nécessairement attendu au tournant. En effet, comment rendre visuellement compte de la palette olfactive déployée dans le livre ? Hé bien, TYKVER se sort relativement bien de ce piège notamment par l'enchaînement rapide de plans serrés rehaussés par quelques bruitages astucieusement organisés. Le résultat est éloquent et très acceptable. Quant au récit, à quelques exceptions près, il est mené de bout en bout, y compris l'apothéose du roman : la scène orgiaque de la place du marché.
L'esthétique globale du film m'a beaucoup enthousiasmé même si je lui reproche de verser par moments un peu trop dans le lyrisme. Voici un des rares livres dont l'adaptation au cinéma ne me déçoit pas outre mesure. Mais qu'on ai lu le roman ou pas, ce film est résolument un bon choix de toile.
Scoop
Woody ALLEN
Après "Match Point", Woody ALLEN continue à allonger la liste de sa filmographie en poursuivant ses mises en scène de la haute société Londonienne. Mais cette fois-ci, il revient à la comédie un brin loufoque sous les traits d'un prestidigitateur minable embarqué dans l'enquête menée par Sondra. Cette jeune journaliste contactée par le fantôme d'un grand reporter, s'apprête à démasquer le "Tueur au tarot" qu'elle suppose être le jeune et séduisant fils de Lord Lyman.
Le film est servi par une distribution de choix : outre Woody, on trouve Scarlett JOHANSSON qui rempile cette fois dans le rôle de l'étudiante un peu potiche et bien sûr Hugh JACKMAN, qui a troqué de façon très convaincante les griffes de Wolverine pour les costumes chics du beau gosse aristo. L'enquête ne casse pas des briques, mais l'humour est présente ainsi que son cortège de géniales loufoqueries : qui aurait imaginé que la traversée vers la mort soit si distrayante ?

lundi 6 novembre 2006

Utopiales 2006

utopiales_2006Aller au salon des Utopiales un dimanche n'est pas franchement une très bonne idée, je retiendrais la leçon. En effet, l'on pourrait croire que la dernière journée pourrait être une apothéose, mais c'est en fait le contraire : c'est la baisse de tension. Bon, la journée se clôt par la remise des prix certes, mais cela signifie également que la compétition finie, les projections sont terminées. De même, la librairie de la mezzanine commence à souffrir des ruptures de stock et les séances de dédicaces sont plus rares.

Mais je ne vais quand même pas noircir totalement le tableau, il y a un point positif tout de même : le public étant moins nombreux, il est bien plus facile d'essayer les jeux proposés dans les deux salles prévues à cet effet.

Ainsi donc, vous le comprendrez, je n'ai pas pu assister à une projection, je n'ai pas trouvé les ouvrages que je comptais rapporter et faire dédicacer, et comble, j'ai même loupé Stéphane BEAUVERGER de peu, qui semblait occuper la salle dédiée aux éditions La Volte du rez-de-chaussée. Donc, au final, je ne retiendrais pas un très bon souvenir de ces Utopiales, en grande partie par ma faute : je n'avais qu'à mieux choisir mon jour ! L'an prochain, je tâcherais de mieux m'organiser ! Hum, nostalgie de l'an passé...

mercredi 1 novembre 2006

Week-end prolongé à Londres

Samedi 28 octobre

L'Eurostar termine son trajet à Waterloo station aux alentours de 16h00 locales et nous dépose sur la rive droite de la Tamise, à Londres. Partis de Nantes en TGV le matin même avec une escale à Lille, je suis content de m'apercevoir que le temps est aussi ensoleillé qu'en France. Le taxi nous promène dans la ville pour rejoindre l'hôtel, un très bon établissement situé près de Marble Arch (dans le West End) à destination — curieusement — d'une clientèle d'affaire japonaise...
Comme notre QG se situe tout près de l'extrémité ouest d'Oxford Street, nous décidons d'aller faire du lèche-vitrine dans cette artère très (sinon la plus) commerçante de Londres et de pousser jusqu'à Trafalgar Square. Le météo du jour est agréable mais la nuit tombe rapidement à GMT+0. D'ailleurs, entre le décalage horaire et le passage à l'heure d'hiver, je ne sais plus très bien quelle heure il est lorsque nous quittons un pub sympa de Soho.

Dimanche 29 octobre

Ce matin, un lever tôt s'impose pour profiter de ce dimanche ensoleillé et faire le tour de la ville sans être trop gênés par la circulation. Nous commençons par le Royal Albert Hall de l'autre côté de Hyde Park puis par Buckingham palace bien sûr, Picadilly, le parlement et Big Ben près de l'abbaye de Westminster. Nous poursuivons ensuite vers la City, à l'ouest avec la cathédrale St Paul et une partie de l'après-midi est consacrée à la visite de la Tour de Londres, le creuset où est née la civilisation Britannique. Un petit tour est bateau et nous remontons la Tamise en amont jusqu'au débarcadère situé au pied de The London Eye ; cette sorte d'immense roue construite par British Airways à l'occasion du nouveau millénaire à laquelle sont accrochés des nacelles, telles des œufs vitrés dans lesquels nous prenons place. La roue tourne lentement mais sûrement et offre l'occasion d'admirer la ville pendant une demi-heure à une altitude maximale de 135 mètres.

Lundi 30 octobre

Aujourd'hui, c'est journée shopping. Des artères partant de Picadilly jusqu'à Oxford Street, en passant par Regent Street et Carnaby nous arpentons les trottoirs et le plancher des petites boutiques sympas et des vénérables institutions telles que Hamley's pour les jeux et Fortnum & Mason pour l'épicerie fine, so British ! ;-) En soirée, nous avions réservé depuis la France une comédie musicale précédée d'un dîner près du théâtre. Hélas ! Le restaurant qui nous a été communiqué dans la journée lors du retrait des places est français... dommage. Toutefois, l'établissement est très chic ; mais je commence à déchanter lorsque arrivent les plats : si les lieux et le service sont raffinés, la nourriture est très loin de l'être. C'est donc très déçus que nous gagnons le théâtre pour assister à une représentation de la comédie musicale "We will rock you !". Si, à New York, "Mamma mia" était entièrement basée sur la discographie d'Abba, celle-ci puise dans les œuvres de Queen. Ça bouge énormément, la musique est géniale et le show est terrible. La soirée se termine donc en beauté avec le Bohemian rhapsody dans la tête...

Mardi 31 octobre

Ce matin les températures ont sérieusement chuté, mais le soleil brille toujours. Nous nous promenons sur les quais, le long de la Tamise jusqu'à la Tate gallery. De là, un bateau nous permet de descendre le cours du fleuve et de nous déposer à Greenwich, un port juste en aval de la capitale célèbre pour son observatoire, au milieu d'un très agréable parc, et son musée de la Marine.
De retour de cette escapade fluviale, se rendre du Parlement à Knightsbridge est l'occasion d'expérimenter le métro londonien, propre et spacieux (contrairement à son homologue parisien) ainsi que ses fameux courants d'air. Là, sur Brompton Road, nous parcourons les étages de chez Harrods où, paraît-il, l'on trouve de tout. Pour rejoindre le West End, une traversé de nuit de Hyde Park s'impose. Une remontée de Park Lane et un dernier tour sur Oxford Street et la journée s'achève, tout comme cette escapade de quelques jours.

Mercredi 1er novembre

L'Eurostar part en fin de matinée, laissant trop peu de temps pour une ultime visite. Dommage !
Mais cela n'est pas très grave, car ces quelques jours ont été largement mis à profit pour retirer un aperçu très positif de cette capitale si typique qui m'avait également laissé cette forte impression une dizaine d'années auparavant.
Gâté par une météo plus que clémente pour cette fin octobre, je ne pense certainement pas que ce petit séjour à Londres sera le dernier !

P.S.: Une fois n'est pas coutume, la memory stick de l'appareil photo a lâché, mais cette fois-ci, au retour. Impossible donc pour l'heure de récupérer les clichés... :-(. Pour l'illustration de ce billet, j'ai donc pompé dans le domaine public. Mais promis, je publierai mes photos dès que j'aurais réussi à les récupérer.

mardi 24 octobre 2006

Firefox 2.0

Alors qu'après quelques reports successifs, la sortie de Firefox 2 n'était pas attendue avant la toute fin du mois, les exécutables de cette dernière version sont disponibles au téléchargement depuis ce matin, soit un jour plus tôt que la date de sortie officielle fixée au 25 octobre. Peut-être faut-il voir dans cet empressement la sortie il y a une semaine d'IE7 qui, rappelons-le au passage, a reçu son premier patch correctif vendredi dernier... :-D

Quoi de neuf donc chez le petit renard ? Hé bien, à l'ouverture on n'y décèle pas grande différence avec la version 1.5. En effet, la Fondation ne désirait apparemment pas restructurer l'interface : un simple rafraîchissement de l'IHM a été opéré ; un cosmétique sobre et moins tape-à-l'œil que chez Cro$oft. Les innovations majeures sont donc ailleurs. Citons ainsi quelques plug-ins qui ont été fondus directement au produit, comme le filtre anti-phishing ou encore le correcteur orthographique qui fera soupirer d'aise nombre de blogueurs assidus en froid avec l'orthographe. Les flux RSS sont gérés de façon plus fine et plus ergonomique et il est possible de restaurer au lancement les derniers onglets actifs lors de la fermeture de la précédente session du navigateur (très utile). Pour les experts, il semblerait que la gestion de la mémoire ait également été optimisée. Bref, que du bon à savourer en attendant la sortie de la version 3.0 programmée pour mai 2007 avec à la clef, l'apparition d'innovations encore plus importantes. Petit bonus, Firefox 2.0 est dès aujourd'hui disponible en 39 langues alors qu'IE7 ne l'est qu'en anglais pour le moment.

Aussi, si vous êtes encore un adepte des mammouths hors d'âge, abandonnez-les sans remords et adoptez le gentil petit renard. Vous pouvez même vous lancer dans sa promotion en le proposant à l'installation à votre entourage[1].

Téléchargez dès à présent la version française ici :
http://releases.mozilla.org/pub/mozilla.org/firefox/releases/2.0/win32/fr/

Notes

[1] Une fois installé, n'oubliez pas de supprimer du bureau les liens vers IE !! ;-)

jeudi 19 octobre 2006

« Coalescence », Stephen BAXTER

À la mort de son père, George Poole, un infor­ma­ti­cien anglais qua­dra­gé­naire, décou­vre l’exis­tence d’une sœur jumelle que ses parents lui avaient tou­jours dis­si­mu­lée. Alors qu’il n’était qu’un jeune enfant, Rosa avait été pla­cée dans le mys­té­rieux Ordre de Sainte Marie Reine des Vier­ges, à Rome, fondé au Vème siè­cle par Regina qui selon la légende, serait l’ancê­tre de la famille Poole. George décide de se ren­dre dans la cité éter­nelle pour retrou­ver sa sœur.
Paral­lè­le­ment, alors que l’Empire romain s’effon­dre de toute part, une bre­tonne du nom de Regina, décide de quit­ter son île natale pour retrou­ver sa mère éta­blie à Rome.
Les his­toi­res de George et de Regina s’entre­la­cent : George décou­vre peu à peu l’orga­ni­sa­tion ter­ri­fiante à laquelle appar­tient sa jumelle Rosa et les mys­tè­res qu’elle pré­serve depuis des siè­cles. Regina quant à elle, fuit les îles bri­tan­ni­ques pour Rome où elle jette les bases de son Ordre au cen­tre d’une capi­tale impé­riale en décom­po­si­tion.

Le récit de George n’a pré­senté d’inté­rêt à mes yeux que celui de pré­sen­ter le con­cept qui sous-tend l’orga­ni­sa­tion de l’Ordre. Le reste n’étant là que pour situer psy­cho­lo­gi­que­ment le per­son­nage. Bref, des cha­pi­tres sou­vent longs qui per­met­tent sur­tout de “meu­bler” entre deux cha­pi­tres dédiés au passé.
En revan­che, le récit de Regina (et de sa des­cen­dance) pré­sente à mes yeux un inté­rêt his­to­ri­que indé­nia­ble en plus de tra­cer le che­min vers la nais­sance de l’Ordre. L’auteur a effec­tué des recher­ches vrai­sem­bla­ble­ment très impor­tan­tes sur cette période clef qui pré­cède la chute de Rome et ne lésine pas à en faire une retrans­crip­tion riche, voire trop riche. Ainsi, les trois cent pre­miè­res pages per­met­tent de com­pren­dre com­ment et pour­quoi l’orga­ni­sa­tion impé­riale quitte sou­dain l’île de Bre­ta­gne et plonge sa société paci­fiée dans le chaos ; com­ment en l’espace de quel­ques années, une civi­li­sa­tion peut s’effon­drer et con­duire les popu­la­tions vers une régres­sion tech­ni­que et poli­ti­que impen­sa­ble. L’on assiste ainsi à la fin des gran­des cités et au regrou­pe­ment de ces popu­la­tions cel­tes en tri­bus qui, sou­mi­sent à l’expan­sion des enva­his­seurs saxons qui colo­ni­sent le sud-est du ter­ri­toire, fuient vers le nord où tra­ver­sent les mers vers l’Armo­ri­que : un véri­ta­ble cours sur la dyna­mi­que du peu­ple­ment des îles Bri­tan­ni­ques !
Mais Ste­phen Bax­ter ne se con­tente pas d’un cours d’His­toire, il pro­fite de l’occa­sion pour avan­cer une hypo­thèse sur l’ori­gine du mythe Arthu­rien, au cen­tre de laquelle inter­vient Regina ! Cette der­nière fait ainsi la con­nais­sance du géné­ral Arto­rius (Arthur) décidé à réu­nir une tribu autour d’un empla­ce­ment fort appelé Caml (Came­lot). Pour cela, ce roi­te­let s’entoure de gens talen­tueux : Regina qui accepte de deve­nir sa Mor­ri­gan (Mor­gane), et Myrd­din (Mer­lin) un mage for­ge­ron qui a autre­fois forgé une arme excep­tion­nelle : Cha­lybs (Exca­li­bur). J’ai réussi à rele­ver ces élé­ments dis­si­mu­lés emblé­ma­ti­ques des légen­des arthu­rien­nes mais ai cer­tai­ne­ment dû pas­ser à côté de beau­coup d’autres.

Au final, je peux dire que j’ai rela­ti­ve­ment appré­cié ce livre, mais uni­que­ment pour son inté­rêt his­to­rico-lit­té­raire ; car pour le reste… rien de glo­rieux. Et les ama­teurs de hard-SF, dont Ste­phen Bax­ter est l’un des meilleurs repré­sen­tants à l’heure actuelle, ne s’y seront pas trom­pés : ce pre­mier volume de la tri­lo­gie des Enfants de la des­ti­née n’est pas vrai­ment une réus­site. Dans les pre­miers deux tiers du roman, l’intri­gue est tota­le­ment asphyxiée par la sura­bon­dance des des­crip­tions de la vie de l’épo­que en Bre­ta­gne et à Rome ; tout y passe : socio­lo­gie, archi­tec­ture, poli­ti­que, etc. L’on com­prend l’envie que cer­tains auraient d’aban­don­ner sa lec­ture.

Bref, une entrée dans cette tri­lo­gie en demi-teinte que j’espère que les tomes sui­vant éclair­ci­ront.

jeudi 21 septembre 2006

« Little Miss Sunshine », Jonathan DAYTON, Valerie FARIS

Ainsi donc, le rêve d’Olive, 7 ans, est sur le point de se réa­li­ser : par­ti­ci­per au con­cours de beauté lit­tle Miss Sun­shine, à Redondo Beach. Pour l’occa­sion, toute la famille Hoo­ver se mobi­lise, de gré… ou de force et embar­que dans le combi volks­wa­gen fami­lial tout décrépi, direc­tion : la Cali­for­nie. L’équi­page est com­posé du père, un loo­ser qui s’archarne pour­tant à ensei­gner sa méthode qui per­met de deve­nir un gagnant, du grand-père, un héroï­no­mane lubri­que qui joue les coach auprès d’Olive, du frère, un ado aussi éner­gi­que qu’une gui­mauve qui a fait vœu de silence jusqu’à son admis­sion à l‘Air Force Aca­demy, de l’oncle, un spé­cia­liste de Proust qui vient d’échouer dans sa ten­ta­tive de sui­cide et de la mère, qui essaie tant bien que mal de con­te­nir les ten­sions que ce voyage impromptu ne man­que pas de pro­vo­quer.

Voilà donc une véri­ta­ble “tribu de la loose” qui part sur les rou­tes et qui affronte les évé­ne­ments de manière… inat­ten­due. On rit beau­coup à obser­ver la façon dont la famille arrive à se dépê­trer des situa­tions cocas­ses dans les­quel­les le sort s’acharne à la plon­ger.

J’ai donc beau­coup aimé ce film sans gran­des pré­ten­tions mais néan­moins doté d’une dis­tri­bu­tion inté­res­sante (Toni COL­LETTE, Greg KIN­NEAR) qui m’a bien fait rire. Un bon diver­tis­se­ment à décou­vrir en VO de pré­fé­rence.

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